Élevage de mâles stériles

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La technique d'élevage de mâles stériles (en anglais Sterile insects technique ou SIT) a été mise au point afin de contrôler des populations d'animaux posant des problèmes, sanitaires, écologiques, économiques ou autres.

La technique permet par exemple de lutter contre des insectes vecteurs de maladies, notamment les mouches, les moustiques vecteurs du paludisme, de la dengue ou d'autres pathologies. Les mâles stérilisés par irradiation, élevés en grande quantité, sont relâchés par millions dans la nature et doivent empêcher les femelles de s'accoupler avec les mâles sauvages fertiles, ce qui les empêche finalement de pondre. Celles-ci ne s'accouplant qu'une seule fois, chaque femelle a une grande probabilité de s'accoupler avec un mâle stérile et donc de ne donner aucune descendance.

La technique a été mise au point dans les années 1950 par les deux entomologistes américains : le Dr. Raymond C. Bushland et le Dr. Edward F. Knipling. Pour leurs travaux, ils reçurent conjointement le World Food Prize en 1992. Le premier succès a été obtenu dans les années 1950, dans le contrôle de la lucilie bouchère, Cochliomyia hominivorax, (diptère) causant des myiases chez le bétail. Des échecs, dû aux capacités d'adaptation des femelles, qui se sont mises à éviter les mâles stériles, ont été observés au Japon, qui a utilisé cette technique dans les années 1970 pour lutter contre la mouche du melon[1]. Dans les années 2000, on renforça ainsi l'attractivité sexuelle des ceratitis capitata (mouches à fruit) stérilisés en leur ajoutant certaines protéines[1].

Dans l'usine mexicaine de Tuxtla Gutiérrez, mille techniciens produisent des millions de mouches stériles par semaine.

Récemment, on a expérimenté l'élevage de moustiques génétiquement modifiés: les mâles génétiquement modifiés, lâchés dans la nature, sont censés s'accoupler avec les femelles, leur descendance héritant de gènes qui leur empêchent d'atteindre la maturité sexuelle. Ceci doit permettre d'éradiquer des populations vectrices de la dengue. Une telle expérience a été entamée en 2011, sous la direction du zoologiste Luke Alphey (Université d'Oxford) [1]. Certains scientifiques, dont Heather Ferguson (Université de Glasgow) soulignent toutefois qu'on manque de données en matière de biologie du comportement sexuel des moustiques, et que seule une meilleure connaissance de ce domaine permettrait de rendre efficace les techniques de modification génétique [1],[2].

Méthodologie du rayonnement ionisant[modifier | modifier le code]

Il est nécessaire de trouver une méthode d'élevage permettant de n'avoir que des mâles. On stérilise alors ceux-ci grâce à l'emploi de rayonnements ionisants.

Influencement du sex ratio[modifier | modifier le code]

Chez le moustique Aedes stimulans, ainsi que chez quelques autres espèces de culicidés, le déterminisme sexuel est dû aux conditions de l'environnement. Le développement de mâles adultes ne se fait que si les larves croissent à relativement basse température. A température plus élevée, toutes les larves se différencient en femelles.

Choix du moments des lâchers[modifier | modifier le code]

Les lâchers des mâles stérilisés se font à des moments précis. Le lâcher au début de la saison, lorsque les femelles sont encore en nombre limité, permet d'obtenir de bons résultats en devant relâcher moins de mâles.

Limites de la technique[modifier | modifier le code]

L'irradiation des mâles pour les stériliser n'est pas sans effet sur eux. Ils peuvent s'en trouver affaiblis. Ils peuvent alors ne pas être assez forts pour entrer en compétition avec les mâles sauvages.

Certaines espèces sont trop fragiles (par exemple le charançon du coton) et ne peuvent pas être irradiées. La stérilisation par cette méthode tue la majorité des mâles obtenus.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Ed Yong, GM Mosquitoes Bite, Slate, 14 novembre 2011
  2. Heather Ferguson et al., Redressing the sex imbalance in knowledge of vector biology, Trends in Ecology & Evolution, Volume 20, Issue 4, 202-209, 1 April 2005, doi:10.1016/j.tree.2005.02.003

Articles connexes[modifier | modifier le code]