Élevage bovin en France

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Elevage bovain à Chauvé en France

La France est un important pays d'élevage bovin, grâce en particulier à ses campagnes bien arrosées (Normandie) et à ses massifs de montagnes (Massif central, Alpes, Pyrénées). La France dispose du cheptel allaitant le plus important d'Europe et l'élevage bovin fait vivre plus de 100 000 agriculteurs, ainsi que près de 50 000 personnes dans le secteur de la transformation. Cependant la situation des éleveurs s'est particulièrement dégradée entre 2008 et 2012 et est aujourd'hui critique. Après quatre années consécutives de baisse des revenus, l'ensemble des acteurs de la filière a pris conscience que la crise est structurelle[1] en raison d'augmentation importantes des charges d'exploitation (alimentation, carburant, personnel) sans augmentation proportionnelle des prix de vente.

Sommaire

[modifier] Chiffres

La Charolaise est la vache à viande la plus élevée en France.

La population bovine française comptait en 2010 19,3 millions de têtes de bétail[2].

Les vaches en production (c'est à dire les femelles) représentent 7,7 millions de têtes réparties comme suit :

  • 4,2 millions de vaches allaitantes (à viande). Principalement de race Charolaise (44%), Limousine (26%), Blonde d'Aquitaine (8%), Salers (5%), Aubrac (4%)[3]. Plus de 1,3 million de bêtes partent à l’exportation dont 80% des broutards, les veaux mâles, qui partent à l’engraissement en Italie. En effet, la France exporte massivement ses veaux et importe de la vache de réforme.
  • 3,5 millions de vaches laitières, principalement Prim'Holstein réparties dans 92 000 exploitations soit en moyenne 40 à 50 vaches par exploitation laitière (avec un maximum de 150). la France est ainsi le deuxième pays producteur de lait en Europe après l’Allemagne. Lorsque les vaches laitières ne donnent plus assez de lait, près de la moitié (42%) des vaches «réformées» finissent leur carrière à l’abattoir pour être vendues à bas coût au rayon viande des supermarchés.

Certaines races mixtes, aussi réputées pour leur lait que pour leur viande telles que Normande, Montbéliarde, Tarentaise, Simmental ne représentent plus que 10% du cheptel national.

Le cheptel de vaches allaitantes n'a cessé de progresser depuis le début des années 1980, à un rythme cependant moins soutenu durant les années 1990, passant d'un peu plus de 2 millions de têtes à plus de 4 millions aujourd'hui.

Ce mouvement est inverse à celui de l'effectif des vaches laitières, passé de 6,5 millions en 1985 à 3,7 millions aujourd'hui. Si les quotas laitiers mis en place en 1984 ont figé la production, les producteurs de lait ont connu une hausse spectaculaire de la productivité des vaches laitières, qui a permis de concilier baisse des effectifs et maintien de la production de lait.

La production laitière en 2005 était de 239 millions d'hectolitres [4].

A la différence des élevages intensifs américains ou sud américains, l'élevage bovin français conserve une taille humaine.

En 2010, la production de gros bovins et de veaux représentait respectivement 5,2 et 1,4 milliard de chiffre d'affaires (hors subvention), soit un chiffre d'affaires global de 6,6 milliards d'euros, sur un total de 23 milliards d'euros de chiffre d'affaires concernant l'ensemble des produits animaux bruts et transformés.

La production de viande bovine représente environ 10 % de la production hors subventions de la « ferme France », qui s'élève à 65,7 milliards d'euros en 2010.

Les Français consomment 25,8 kg de viande bovine par an, ce qui constitue la plus importante consommation en Europe, après les danois (26,1 kg), et loin devant la moyenne européenne, qui s'est établie en 2008 à 17,5 kg[5]. Or, la tendance est, partout en Europe, à la baisse de la consommation de viande bovine. La commission européenne estimait en 2008 que cette baisse pourrait être de 0,6 kg par personne et par an entre 2008 et 2015.

[modifier] Système laitier

L'objectif est d'y produire du lait. Il peut être vendu à une coopérative laitière, un industriel, ou être transformé ou vendu directement sur l'exploitation.
Il permet la fabrication de:

En 1997, les exploitations orientées bovin lait représentaient 9% des exploitations agricoles de l'UE[6].

[modifier] Les vaches

La Holstein est devenue la race laitière la plus répandue en France et dans le monde entier.

A l'origine, de nombreuses races ont été utilisées pour la production laitière. Les races bovines du littoral de la mer du Nord (Hollande, Frise et Holstein) étaient les plus productives. Une sélection draconienne de l'une d'entre elles, la Holstein a eu lieu en Europe d'abord, puis en Amérique et est devenue la race incontournable au niveau mondial. Elle bat des records de productivité, tout en étant adaptable, facile à manipuler et à élever intensivement. Elle est "LA" race qui accompagne le développement de l'industrie agroalimentaire laitière (yaourts, fromages frais, lait UHT, crèmes dessert…).

Face à cette race universelle, quelques races tirent leur épingle du jeu. Pour les fromages artisanaux de qualité et AOC, un lait plus riche est précieux pour avoir un produit goûteux. Le lait de montagne, issu de races capables de passer l'été en alpage en plein air est irremplaçable. Ainsi, la Montbéliarde en France, la braunvieh et la simmental en Suisse ou la pinzgauer en Autriche. En parallèle, des races sont capables de donner un lait riche et parfumé dans les plaines herbagères, leur permettant de rivaliser avec la holstein pour les produits de terroir. Il en est ainsi de la Normande en France, des races du rameau celtique ou de la reggiana en Italie. Les pays de tradition fromagère ancienne maintiennent un grand nombre de races laitières, chacune liée à un produit. Pour les autres, le troupeau d'holstein suffit à la consommation locale de produits frais.

Article détaillé : Liste des races bovines.

[modifier] Salle de traite

Traite mécanique, salon de l'agriculture 2003 à Paris.

La salle de traite est l'endroit où les vaches sont traites. Il en existe plusieurs sortes (disposition des vaches différentes, mode de fonctionnement différent…). La vache doit être traite tous les jours de sa lactation afin de continuer sa lactation, c'est une des principales contraintes du métier d'éleveur laitier. Il existe d'autres solutions en phase d'essai. Les vaches sont traites dans la majorité des cas deux fois par jour, mais dans certains systèmes elles ne le sont qu'une fois, dans certain cas il n'y a pas de traite un jour par semaine. Dans certains cas, elles ne sont traites qu'une partie de l’année : elles vêlent l'hiver et allaitent leur veau. À son sevrage, elles transhument en alpage où la traite commence. Seul le meilleur lait, celui des pâturages d'altitude est utilisé, permettant d'élaborer un fromage rare et cher.

Les salles de traites peuvent aussi être remplacées par un robot de traite.

Le lait est ensuite stocké dans un tank à lait en attendant d'être collecté par la laiterie ou transformé sur place.

[modifier] Cultures associées

La vache laitière a besoin d'énergie pour produire son lait et de fibre de cellulose pour le transit et la rumination. Pour alimenter correctement son troupeau l'éleveur cultive donc souvent en parallèle du maïs ensilage (très énergétique), de la luzerne, des prairies temporaires…

Article détaillé : Liste des plantes fourragères.

[modifier] Système boucher

La production nationale de viande bovine est duale : elle résulte, d'une part, de l'abattage des bovins issus du cheptel allaitant, spécifiquement destinés à la production de viande et, d'autre part, de l'abattage des vaches laitières qui ont terminé leur carrière en production laitière et sont mises à la réforme.

Une vache allaitante française sur trois se situe dans le Massif Central. Le cheptel allaitant s’est aussi beaucoup développé dans les Pays de la Loire.

Il existe plusieurs types d'éleveurs de vaches allaitantes :

  • les naisseurs spécialisés ont fait le choix d'un cycle court de production. Ils vendent leurs broutards dans un délai d'un an après leur naissance, non pas à des abattoirs, mais à d'autres éleveurs, qui en assureront l'engraissement. Une part importante de la production française de broutards est exportée.
  • Les engraisseurs spécialisés, à l'inverse, achètent les animaux et en assurent la finition, avant de les vendre aux abattoirs.
  • Les naisseurs-engraisseurs enfin, sont plus polyvalents.

Les veaux élevés « sous la mère » (dénommés ainsi parce qu’ils tètent le lait de leur mère jusqu’au sevrage) donnent de la viande de veau de boucherie (10 %). Les autres veaux (60%) sont élevés plus longtemps pour donner de la viande issue de jeunes bovins ou de taurillons engraissés jusqu’à l’âge de 18 mois environ ou bien issue de bœufs et génisses engraissés jusqu’à l’âge de 3 ans en moyenne. Parmi les jeunes femelles et mâles, certains sont sélectionnés pour le renouvellement du troupeau (30 %).

Les abattages de bovins français ne couvrent pas la totalité des besoins de consommation et la France importe chaque année un peu plus de 400 000 tonnes de viande bovine, soit environ un quart des besoins domestiques, car les éleveurs français produisent beaucoup de jeunes bovins (un tiers des abattages et un quart du tonnage), alors que la demande est plus forte pour de la viande issue de vaches.

Le groupe Bigard est l'acteur majeur de l'abattage en France. Avec une vingtaine d'abattoirs et 17 000 salariés, il traite environ 43 % des volumes abattus, soit entre 27 000 et 31 000 animaux par semaine.

[modifier] Réglementation

L'enregistrement des élevages et de tous les animaux est obligatoire. La naissance d'un veau vivant est soumise à déclaration, comme la vente ou la mort d'un animal. Aucun bovin ne peut circuler sur les routes sans ses documents d'accompagnement.

L'enregistrement d'un animal est attesté par les boucles sur chaque oreille portant ses numéros d'immatriculation.

Marque d'oreilles.
La région nasale du taureau étant relativement sensible, l’éleveur pourra contrôler ses mouvements en remuant légèrement l'anneau nasal.

[modifier] Références

  1. Filière viande bovine : agir maintenant pour sauvegarder nos territoires
  2. http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf_IR_bovins_enq_mai_10cheptel_UE.pdf
  3. 78 000 éleveurs spécialisés dans la viande bovine
  4. http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/saa2006T11-2.pdf
  5. Source : Les cahiers de FranceAgrimer - Edition 2009 - Élevage.
  6. Eurosat - Enquête structure 1997

[modifier] Voir aussi

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[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

  • (fr) Bovins croissance Bovins Croissance permet de suivre génétiquement et de faire évoluer la qualité du cheptel bovin
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