Électre (Giraudoux)
|
|
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (juin 2009).
Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». (Modifier l'article)
|
Électre est une pièce de théâtre en deux actes de Jean Giraudoux, représentée pour la première fois le 13 mai 1937 au Théâtre de l'Athénée dans une mise en scène de Louis Jouvet.
Agamemnon, Le Roi des Rois, a sacrifié sa fille Iphigénie aux dieux. Son épouse, Clytemnestre, aidée de son amant, Egisthe, l'assassine à son retour de la Guerre de Troie. Oreste, le fils est banni. Reste Électre, la seconde fille : « Elle ne fait rien, ne dit rien. Mais elle est là ». Aussi Egisthe veut-il la marier au jardinier du palais afin de détourner sur "la famille des Théocathoclès tout ce qui risque de jeter quelque jour un lustre fâcheux sur la famille des Atrides". Sur ce grand mythe de l'Antiquité, Jean Giraudoux a écrit sans doute sa meilleure pièce. Electre possède une force tragique surprenante, sans jamais perdre cet esprit étincelant, cet humour qui ont fait de Jean Giraudoux l'un des plus importants dramaturges du XXe siècle[1].
Passage épique de l'Odyssée d'Homère, repris ensuite sous forme de tragédie aux débuts de celle-ci par Eschyle, Sophocle et Euripide au Ve siècle avant notre ère, l'Électre de Giraudoux apparaît comme la réécriture de la réécriture d'un mythe. Avec de nombreuses modifications anachroniques, notamment le rôle du couple bourgeois comme un mirage burlesque du couple tragique, Électre est une des nombreuses preuves de l'intemporalité de la tragédie. Écrite en 1937, il s'agirait en effet d'une « tragédie bourgeoise », selon Jean Giraudoux lui-même.
Après la tragique mort d'Agamemnon, roi d'Argos assassiné à son retour de Troie, Électre, fille de celui-ci et de la reine Clytemnestre, cherche le coupable tout en ressentant une haine inexplicable pour sa mère. L'arrivée d'Oreste, son frère exilé depuis le mystérieux assassinat, et les confessions d'adultère faites par la femme du président du sénat à celui-ci, aideront Électre dans sa quête qui la mènera finalement à être l'objet de la malédiction qui pèse sur sa famille.
Le personnage éponyme dirige son frère et s'affirme, c'est réellement le personnage principal.
Sommaire |
La quête de la vérité [modifier]
C'est le thème principal de la pièce. Électre vient du grec Elektra qui signifie « la lumineuse ». En fait, Électre est là pour faire la lumière sur les événements, faire éclater la vérité. Grâce à sa présence, de nombreux personnages vont se révéler et faire éclater « leur » vérité, comme Agathe dans l'acte II, 6. De plus, Électre et Égisthe se déclareront au fil de la pièce.
Le personnage du mendiant (à la fois dieu, mendiant et metteur en scène) contribue à rétablir la vérité. C'est lui qui explique comment se déroule l'histoire« l'histoire du poussé ou pas poussé », qui raconte le meurtre d'Agamemnon mais aussi celui d'Égisthe et de Clytemnestre.
La dernière scène montre bien qu'Électre, en rétablissant la vérité, s'est maudite et dépossédée, décimant la ville. L'éclat de cette vérité était trop violent. La dernière réplique « Cela a un très beau nom, Femme Narsès, cela s'appelle l'aurore » termine la pièce sur une ambiguïté délicieuse.
Personnages [modifier]
Personnages principaux [modifier]
- Électre. Comme dit précédemment, elle est réellement le personnage central. Fille d'Agamemnon et de Clytemnestre, elle hait sa mère qui a tué son père avec l'aide de son amant Egisthe, qui est désormais régent du trône. Elle attend la venue d'Oreste pour se venger, bien qu'au début, elle ignore qui a tué son père.
- Oreste. Frère d'Electre, il a été exilé très jeune et revient vers sa famille en se montrant comme un simple étranger.
- Clytemnestre. Mère d'Electre et d'Oreste, veuve d'Agammemnon et amante d'Egisthe, reine d'Argos.
- Egisthe. Régent, il détient le pouvoir dans la cité d'Argos. La pièce commence sur les conséquences d'une de ses idées: marier Electre au jardinier, et ainsi détourner les Dieux de leurs vues sur la lignée des Atrides.
- Le président. Deuxième président du tribunal, il se soucie de sa tranquillité et s'oppose à Egisthe.
- Agathe. Femme du président, elle est jeune et jolie, et trompe son mari.
- Le jardinier. Futur époux d'Electre, il s'occupe du jardin de palais. Il appartient à la même famille que le président.
- Les Euménides. Petites filles au début de la pièce, elles grandissent de plusieurs années en quelques heures. Elles sont liées aux Dieux et à la justice.
- Le mendiant. Personnage énigmatique : « Jamais on n'a vu de mendiant aussi parfait comme mendiant, aussi le bruit court que cela doit être un Dieu ».
- la femme Narsès. Amie du mendiant.
Autres personnages [modifier]
- Un jeune homme
- Un capitaine
- Des majordomes
- Un garçon d'honneur
- Un mendiant
Distribution des rôles à la création [modifier]
- Renée Devillers : Électre
- Gabrielle Dorziat : Clytemnestre
- Madeleine Ozeray : Agathe
- Raymone : la femme Narsès
- Marthe Herlin :Euménide
- Monique Mélinand : Euménide
- Denise Pezzani : Euménide
- Véra Pharès : Petite Euménide
- Nicole Munié-Berny : Petite Euménide
- Clairette Fournier : Petite Euménide
- Louis Jouvet : le mendiant
- Pierre Renoir : Égisthe
- Romain Bouquet : le Président
- Paul Cambo : Oreste
- Alfred Adam : le jardinier
- Jean Deninx : le jeune homme
- Robert Bogar : le Capitaine
- Maurice Castel : le garçon d'honneur
- Julien Barrot : majordome
- René Belloc : majordome
- André Moreau : un mendiant
Lien externe [modifier]
Notes et références [modifier]
- Jean Giraudoux, Électre, éditions Théâtre de poche