Élections législatives slovaques de 2012

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Élections législatives slovaques de 2012
Démographie électorale
Inscrits  4 393 451
Votants 2 596 443
  
59,11 %
Représentation de l'assemblée
Diagramme
Gouvernement
Sortant
Élu
Législature élue
VIe

Les élections législatives slovaques de 2012 (Voľby do Národnej rady Slovenskej republiky v roku 2012) se sont tenues le samedi 10 mars 2012, de manière anticipée, afin d'élire les cent cinquante députés du Conseil national de la République slovaque, pour une législature de quatre ans.

Contexte : l'échec de la coalition de centre-droit[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives du 12 juin 2010, le parti Direction - Social-démocratie (Smer-SD), du président du gouvernement sortant, Robert Fico, n'avait pu se maintenir au pouvoir, du fait des mauvais scores de ses alliés. La chef de file de l'Union démocrate et chrétienne slovaque - Parti démocrate (SDKÚ-DS), Iveta Radičová, avait de son côté réussi à former une coalition avec les libéraux de Liberté et Solidarité (SaS), les conservateurs du Mouvement chrétien-démocrate (KDH) et les sociaux-libéraux de MOST-HÍD (MH)[1]. Elle présente alors un programme mettant l'accent sur les réformes de l'éducation, de la justice, la lutte contre la corruption et la réduction des déficits publics[2].

En octobre 2011, dans le cadre de la crise européenne de la dette, SaS annonce qu'il votera contre le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (EFSF), sauf à obtenir de très importantes contreparties, comme un droit de veto et un droit de retrait, lors d'un vote prévu le 11 octobre au Conseil national. La présidente du gouvernement décide alors d'engager sa responsabilité sur ce texte[3], mais les libéraux et les sociaux-démocrates choisissent l'abstention, ce qui conduit à un vote défavorable du Parlement, et donc à la démission du gouvernement[4]. Radičová parvient, le lendemain, à un accord avec Smer-SD permettant, en échange de la tenue d'élections anticipées, le vote du renforcement du fonds[5], qui est adopté par 114 voix le 13 octobre. Juste après, les députés approuvent, par 143 voix, l'organisation des élections au mois de mars 2012[6].

Campagne[modifier | modifier le code]

Principaux partis[modifier | modifier le code]

Parti Tête de liste Idéologie Résultats en 2010
Direction - Social-démocratie (SMER-SD)
SMER - sociálna demokracia
Robert Fico Centre-gauche
Social-démocratie, nationalisme de gauche
34,8 % des voix
62 députés
Union démocrate et chrétienne slovaque - Parti démocrate (SDKÚ-DS)
Slovenská Demokratická a Krestanská Únia-Demokratická Strana
Mikuláš Dzurinda
(Ministre des Affaires étrangères)
Centre-droit
Libéralisme, démocratie chrétienne
15,4 % des voix
28 députés
Liberté et Solidarité (SaS)
Sloboda a Solidarita
Richard Sulík Centre-droit
Libéralisme, euroscepticisme
12,1 % des voix
22 députés
Mouvement chrétien-démocrate (KDH)
Kresťanskodemokratické hnutie
Ján Figeľ
(Ministre des Transports)
Centre-droit
Démocratie chrétienne, conservatisme
8,5 % des voix
15 députés
MOST-HÍD Béla Bugár Centre-droit
Social-libéralisme
8,1 % des voix
14 députés
Parti national slovaque (SNS)
Slovenská národná strana
Ján Slota Extrême droite
Nationalisme, conservatisme
5,0 % des voix
9 députés

Déroulement[modifier | modifier le code]

La campagne électorale est dominée par les conséquences de l'affaire Gorila. De nombreuses accusations de corruption parmi les candidats suscitent le scepticisme des électeurs : quelques jours avant le scrutin, la participation prévue est d'environ 45 %, et un tiers des citoyens interrogés se déclare indécis[7].

Le parti social-démocrate Direction - Social-démocratie (SMER-SD) est donné largement vainqueur et pourrait disposer d'une majorité absolue au Conseil national[8]. Son leader Robert Fico est considéré comme le favori pour la fonction de président du gouvernement. Les principales mesures annoncées par la SMER-SD en cas de victoire sont la fin de l'impôt à taux unique et une plus forte taxation des plus riches et des entreprises[9].

Le parti libéral-conservateur de la présidente du gouvernement sortante Iveta Radičová, l'Union démocrate et chrétienne slovaque - Parti démocrate (SDKÚ-DS), est profondément discrédité par le scandale de l'affaire Gorila, depuis la publication d'un document des services secrets révélant la collusion entre des responsables politiques et le groupe financier Penta sur des projets de privatisation et de marchés publics. Son maintien au Conseil national, qui requiert au moins 5 % des suffrages, n'est pas assuré[9].

Les intentions de vote de la SDKÚ-DS se sont reportées sur plusieurs petits partis de droite, mais ceux-ci souffrent également d'accusations de corruption ainsi que de dissensions internes. Le parti libéral Liberté et Solidarité (SaS), fondé en 2009, la liste dissidente Les gens ordinaires et personnalités indépendantes du député Igor Matovič et le nouveau parti Les 99 % - La voix civique, soutenu par une entreprise d'armement, tous couverts de scandales, s'efforcent de franchir le seuil des 5 % des voix. Le parti nationaliste Parti national slovaque (SNS) de Ján Slota est également confronté à une chute importante des intentions de vote[7].

Sondages[modifier | modifier le code]

Institut Date SMER SDKÚ-DS SaS KDH MH SNS 99 %
MVK Mars 2012 40,0 %
73 dép.
6,0 %
11 dép.
6,0 %
11 dép.
12,0 %
22 dép.
7,0 %
13 dép.
4,5 %
0 dép.
5,5 %
10 dép.
4,0 %
0 dép.
Focus Février 2012 39,7 %
75 dép.
5,1 %
10 dép.
5,1 %
9 dép.
10,4 %
20 dép.
7,0 %
13 dép.
4,7 %
0 dép.
6,7 %
13 dép.
5,2 %
10 dép.
Polis Février 2012 40,8 %
81 dép.
5,1 %
10 dép.
6,6 %
13 dép.
9,8 %
19 dép.
8,4 %
17 dép.
4,6 %
0 dép.
5,0 %
10 dép.
3,3 %
0 dép.
MVK Février 2012 40,6 %
84 dép.
4,3 %
0 dép.
6,1 %
13 dép.
12,0 %
26 dép.
5,9 %
12 dép.
3,6 %
0 dép.
7,0 %
15 dép.
3,4 %
0 dép.
Focus Février 2012 37,3 %
69 dép.
6,1 %
11 dép.
5,9 %
11 dép.
10,3 %
19 dép.
6,0 %
11 dép.
4,2 %
0 dép.
8,9 %
16 dép.
6,9 %
13 dép.
Polis Janvier 2012 41,5 %
77 dép.
7,7 %
14 dép.
6,3 %
12 dép.
11,0 %
20 dép.
7,7 %
14 dép.
7,2 %
13 dép.
MVK Janvier 2012 40,1 %
75 dép.
9,3 %
17 dép.
7,1 %
13 dép.
9,6 %
18 dép.
7,7 %
15 dép.
6,3 %
12 dép.
Focus Janvier 2012 40,8 %
81 dép.
9,6 %
18 dép.
6,4 %
12 dép.
9,7 %
18 dép.
6,4 %
13 dép.
4,8 %
0 dép.
5,4 %
10 dép.
4,6 %
0 dép.
Dernières élections 12 juin 2010 34,8 %
62 dép.
15,4 %
28 dép.
12,1 %
22 dép.
8,5 %
15 dép.
8,1 %
14 dép.
5,0 %
9 dép.
Absent Absent

Résultats[modifier | modifier le code]

Scores[modifier | modifier le code]

Résultats des élections législatives slovaques du 10 mars 2012
Inscrits 4 393 451
Abstentions 1 797 008 40,9 %
Votants 2 596 443 59,1 %
Bulletins enregistrés 2 596 443
Bulletins blancs ou nuls 42 717 1,65 %
Suffrages exprimés 2 553 726 98,35 % 150 sièges à pourvoir
Liste Tête de liste Suffrages Pourcentage Sièges acquis Var.
Direction - Social-démocratie (SMER-SD) Robert Fico 1 134 280 44,42 %
83 / 150
en augmentation 21
Mouvement chrétien-démocrate (KDH) Ján Figeľ 225 361 8,82 %
16 / 150
en augmentation 1
Les gens ordinaires et personnalités indépendantes (OĽaNO) Igor Matovič 218 537 8,56 %
16 / 150
en augmentation 16
Most–Híd Béla Bugár 176 088 6,9 %
13 / 150
en diminution 1
Union démocrate et chrétienne slovaque - Parti démocrate (SDKÚ-DS) Mikuláš Dzurinda 155 744 6,1 %
11 / 150
en diminution 17
Liberté et Solidarité (SaS) Richard Sulík 150 266 5,88 %
11 / 150
en diminution 11
Parti national slovaque (SNS) Ján Slota 116 420 4,56 %
0 / 150
en diminution 9
Parti de la coalition hongroise (SMP-MKP) József Berényi 109 483 4,29 %
0 / 150
en stagnation
Parti populaire - Mouvement pour une Slovaquie démocratique (ĽS-HZDS) Vladimír Mečiar 23 772 0,93 %
0 / 150
en stagnation
Autres listes Néant 243 775 9,55 %
0 / 150


Analyse[modifier | modifier le code]

Alors qu'une forte abstention était attendue, la participation s'élève 59,11 %, soit stable par rapport aux élections de 2010[10].

En obtenant 44 % des voix et 83 députés, Direction - Social-démocratie devient le premier parti de l'histoire slovaque à obtenir la majorité absolue au Conseil national. Avec le Mouvement chrétien-démocrate, qui obtient le statut de premier parti d'opposition, Smer-SD est la seule formation présente dans le Parlement sortant à progresser. L'opposition est toutefois très éclatée, aucun parti autre que les sociaux-démocrates ne dépassant la barre des 10 % des voix.

À l'image de Liberté et Solidarité en 2010, la formation Les gens ordinaires et personnalités indépendantes réalise une belle entrée au Conseil national en se classant troisième. À l'inverse, l'Union démocrate et chrétienne slovaque - Parti démocrate, parti dominant le centre droit depuis dix ans, s'effondre en perdant les deux tiers de ses sièges, tandis que Liberté et Solidarité en abandonne la moitié. En recul de moins d'un demi-point, le Parti national slovaque retombe sous les 5 %, perdant sa représentation parlementaire, une première depuis 2002.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Deux jours après l'élection, Mikuláš Dzurinda annonce sa démission de la présidence de la SDKÚ-DS, affirmant assumer sa responsabilité tant dans l'échec de son parti que dans celle du centre droit en général[11]. Le 13 mars, Robert Fico, fait savoir qu'il a l'intention de consulter l'ensemble des autres partis représentés au Conseil national, ce que les dirigeants des formations concernées acceptent, tout en précisant qu'aucune coopération n'est possible[12].

Le 15 mars, Robert Fico est chargé, par le président Ivan Gašparovič, de former le nouveau gouvernement[13]. Dans le même temps, le ministre des Finances, Ivan Mikloš, renonce à se porter candidat à la présidence ou une vice-présidence de la SDKÚ-DS et que le ministre de l'Intérieur, Daniel Lipšic, annonce envisager une candidature à la direction du KDH, ayant reçu plus de votes préférentiels que le ministre des Transports et président du parti, Ján Figeľ[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) La droite slovaque conclut un accord de coalition, L'Express, le 23 juin 2010
  2. (en) « Radičová’s government finally gets parliament’s OK (video included) », The Slovak Spectator, le 11 août 2010
  3. (fr) « La PM slovaque menace de démissionner si rejet du plan FESF », Les Échos, le 10 octobre 2011
  4. (fr) « Le rejet du FESF fait tomber le gouvernement slovaque », L'Express, le 11 octobre 2011
  5. (fr) « Renforcement du Fonds européen de stabilité financière : accord politique en Slovaquie », Le Monde, le 12 octobre 2011
  6. (fr) « Le Parlement slovaque approuve le renforcement du FESF », Le Nouvel Observateur, le 13 octobre 2011
  7. a et b (fr) « Une élection pour le meilleur et pour le pire », presseurop, 9 mars 2012.
  8. (fr) Slovaquie : la gauche aux portes du pouvoir, Le Figaro, 9 mars 2012.
  9. a et b (fr) « Législatives anticipées en Slovaquie: déroute annoncée de la droite », Radio France internationale, 10 mars 2012.
  10. (fr) « La Slovaquie donne un net coup de barre à gauche », La Tribune, 11 mars 2012.
  11. (en) « Dzurinda to give up SDKÚ chairmanship », The Slovak Spectator, le 12 mars 2012
  12. (en) « ELECTION 2012: Smer invites other parliamentary parties for round-table talks », The Slovak Spectator, le 13 mars 2012
  13. « Slovaquie: le leader de la gauche Robert Fico désigné Premier ministre », Le Parisien, le 15 mars 2012
  14. (en) « Mikloš will not run for SDKÚ chair or vice-chair posts; Lipšic mulls KDH leadership bid », The Slovak Spectator, le 12 mars 2012

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]