Élections législatives régionales de 2012 en Sarre

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Siège du Landtag de Sarre, à Sarrebruck.

Les élections législatives régionales de 2012 en Sarre (Landtagswahl im Saarland 2012) se sont tenues le 25 mars 2012[1], afin d'élire les cinquante-et-un députés de la quinzième législature du Landtag, pour un mandat de cinq ans.

Contexte : l'échec de la coalition jamaïcaine[modifier | modifier le code]

À la suite des élections législatives régionales du 27 septembre 2009, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), au pouvoir depuis dix ans et dirigée à l'époque par le ministre-président sortant Peter Müller, avait nettement perdu sa majorité absolue avec un score en recul de treize points et huit députés. Dans son ensemble, la gauche avait remporté 51,2 % des suffrages et vingt-sept députés, notamment grâce à la percée de Die Linke, emmenée par le coprésident fédéral de l'époque, et ancien ministre-président du Land, Oskar Lafontaine.

Toutefois, la CDU est parvenue à se maintenir au pouvoir, grâce à la formation d'une « coalition jamaïcaine » avec le Parti libéral-démocrate/Parti démocrate de Sarre (FDP/DPS) et l'Alliance 90 / Les Verts, une première en Allemagne, qui détenait vingt-sept sièges sur les cinquante-et-un du Landtag.

Le 22 janvier 2011, Müller annonce son retrait de la vie politique pour les prochains mois[2]. La ministre du Travail et des Affaires sociales du Land, Annegret Kramp-Karrenbauer, membre du gouvernement depuis 2000, est aussitôt choisie comme candidate pour lui succéder, à l'unanimité du comité directeur et du groupe parlementaire de la CDU de Sarre[3]. Élue présidente de la fédération régionale chrétienne-démocrate le 28 mai, par 95 % des voix[4], elle est investie ministre-présidente par le Landtag le 10 août, par 26 voix, contre 25 au social-démocrate Heiko Maas, au second tour de scrutin.

À la suite d'importantes dissensions internes au FDP/DPS, elle décide, en janvier 2012, d'entamer des discussions exploratoires avec le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) en vue de constituer une éventuelle « grande coalition ». Devant l'échec de ces discussions et face à l'éclatement de l'alliance au pouvoir, les deux grands partis se mettent finalement d'accord pour convoquer des élections régionales anticipées[5]. Le jeudi 26 janvier, le Landtag, réuni en session spéciale, vote sa dissolution avec les suffrages de la CDU, du SPD, de la Linke et des Grünen[6].

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le Landtag de Sarre, composé de cinquante-et-un députés, est élu au suffrage universel direct, pour un mandat de cinq ans, au scrutin proportionnel plurinominal suivant la méthode d'Hondt. Le droit de vote et d'éligibilité est ouvert aux habitants de Sarre âgés d'au moins dix-huit ans révolus.

Quarante-et-un députés sont élus dans trois circonscriptions, les dix restants étant désignés au niveau Land. Chaque parti ou association électorale doit donc présenter quatre listes. Les électeurs disposent d'une seule voix, contrairement à ce qui se fait habituellement en Allemagne, et votent pour une liste de circonscription. À l'issue du scrutin, l'ensemble des suffrages obtenus est comptabilisé au niveau régional, et les cinquante-et-un sièges répartis à la proportionnelle entre les forces ayant remporté au moins 5 % des suffrages exprimés. Les voix sont ensuite recomptées dans les circonscriptions, et l'éventuelle différence entre le total des sièges de circonscriptions et le total des sièges au niveau régional est compensé par la liste de dix candidats.

Campagne[modifier | modifier le code]

Principaux partis[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Score en 2009
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Annegret Kramp-Karrenbauer
(Ministre-présidente)
34,5 % des voix
19 députés
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Heiko Maas 24,5 % des voix
13 députés
Die Linke Oskar Lafontaine 21,3 % des voix
11 députés
Parti libéral-démocrate/Parti démocrate de Sarre
Freie Demokratische Partei/Demokratische Partei Saar
Oliver Luksic 9,2 % des voix
5 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Simone Peter 5,9 % des voix
3 députés
Parti pirate d'Allemagne
Piratenpartei Deutschland
Jasmin Maurer Absent

Sondages[modifier | modifier le code]

Institut Date CDU SPD Verts FDP Linke Pirates
Forsa 09.03.2012 34,0 % 34,0 % 5,0 % 2,0 % 15,0 % 6,0 %
Infratest 15.03.2012 33,0 % 33,0 % 5,0 % 3,0 % 16,0 % 6,0 %
Forsa 09.03.2012 35,0 % 37,0 % 4,0 % 1,0 % 14,0 % 5,0 %
Infratest 23.02.2012 35,0 % 36,0 % 4,0 % 2,0 % 15,0 % 5,0 %
Emnid 27.01.2012 36,0 % 36,0 % 5,0 % 2,0 % 15,0 % 4,0 %
ZDF 26.01.2012 34,0 % 38,0 % 6,0 % 2,0 % 13,0 % 5,0 %
Emnid 16.11.2011 32,0 % 35,0 % 8,0 % 5,0 % 12,0 % 4,0 %
Dernières élections 27.09.2009 34,5 % 24,5 % 5,9 % 9,2 % 21,3 % 0,0 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Scores[modifier | modifier le code]

Composition politique de la nouvelle législature
Parti Suffrages Sièges
Voix  % +/- Députés +/-
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 169 594 35,24 % en diminution 0,26 19 en stagnation
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 147 160 30,57 % en augmentation 6,03 17 en augmentation 4
Die Linke 77 612 16,12 % en diminution 5,13 9 en diminution 2
Parti pirate d'Allemagne (Piraten) 35 646 7,40 % en augmentation 7,40 4 en augmentation 4
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 24 248 5,03 % en diminution 0,86 2 en diminution 1
Parti libéral-démocrate/Parti démocrate de Sarre (FDP/DPS) 5 871 1,22 % en diminution 7,95 0 en diminution 5
TOTAL (participation : 61,64) 460 091 93,78 % N/A 51 N/A

Liste des membres de la quinzième législature du Landtag de Sarre

Analyse[modifier | modifier le code]

Contrairement à ce qu'annonçaient les sondages, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne, au pouvoir depuis 1999, reste le premier parti du Land, d'environ cinq points, tout en obtenant un résultat similaire à celui de 2009. Le Parti social-démocrate d'Allemagne effectue, de son côté, un net redressement, en progressant de plus de six points et quatre sièges, ce qui lui permet de maintenir Die Linke, pourtant emmenée par l'ancien ministre-président du Land, Oskar Lafontaine, à distance, d'autant que la formation de gauche radicale recule sous la barre des 20 %.

Après les élections de Berlin, en 2011, le Parti pirate d'Allemagne confirme son implantation dans la vie politique allemande en dépassant nettement la barre des 5 % et se classant directement en quatrième place des forces politiques régionales. Il passe devant l'Alliance 90 / Les Verts, qui se maintient de justesse au Landtag, au contraire du Parti libéral-démocrate/Parti démocrate de Sarre, qui s'effondre complètement avec moins de 1,5 % des voix, pire qu'en 1994, quand il avait obtenu 2,1 %.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) « Das Ende vom Leid », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ 26 janvier 2012 (lire en ligne)
  2. (de) « Saar-Ministerpräsident kündigt Rückzug an », Spiegel Online,‎ 22 janvier 2011 (lire en ligne)
  3. (de) « Kramp-Karrenbauer statt Müller », Der Tagesspiegel,‎ 22 janvier 2011 (lire en ligne)
  4. (de) « Kramp-Karrenbauer neue CDU-Chefin an der Saar », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ 28 mai 2011 (lire en ligne)
  5. (de) « Neuwahl nach gescheiterter Sondierung », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ 19 janvier 2012 (lire en ligne)
  6. (de) « Landtag beschließt Auflösung », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ 26 janvier 2012 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]