Élections législatives régionales de 2009 en Sarre

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Les élections législatives régionales de 2009 en Sarre (Landtagswahl im Saarland 2009) se sont déroulées le 30 août 2009, dans le Land allemand de Sarre, afin d'élire les 51 membres de la 14e législature du Landtag.

Contexte[modifier | modifier le code]

Aux élections du 5 septembre 2004, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), au pouvoir depuis cinq ans sous la direction du ministre-président Peter Müller, avait renforcé d'un siège sa majorité absolue en obtenant 27 des 51 députés avec 47,5 % des voix. Elle avait en outre profité de l'effondrement du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), au pouvoir entre 1985 et 1999, conduit par l'ancien ministre régional de l'Environnement Heiko Maas, qui n'avait recueilli que 30 % des voix, en recul de plus de treize points par rapport à 1999.

Ce faible score avait profité à l'Alliance 90 / Les Verts et au Parti libéral-démocrate (FDP), qui avaient fait leur retour au Landtag en dépassant la barre des 5 % des suffrages exprimés. Ce même score avait été approché, sans être atteint, par le Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD), un parti classé à l'extrême droite, qui avait recueilli 4 % des voix.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le Landtag de Sarre est constitué de cinquante-et-un députés élus pour cinq ans.

Contrairement à ce qui se pratique régulièrement en Allemagne, le Landtag de Sarre n'est pas élu à la proportionnelle mixte, mais uniquement à la représentation proportionnelle de liste, suivant la méthode d'Hondt. Le Land est divisé en trois circonscriptions, qui élisent en tout quarante-et-un députés, et il forme lui-même une circonscription unique élisant dix députés.

L'électeur dispose d'une seule voix, le fait de voter pour une liste dans sa circonscription comptabilisant son vote pour la liste régionale du même parti. Si le parti en question n'a pas présenté de liste régionale, la voix de l'électeur ne compte que dans la circonscription.

À l'issue du scrutin, la répartition se fait en deux temps : d'abord, chaque parti se voit attribuer un nombre de sièges sur le total de cinquante-et-un, puis ils sont répartis entre les trois circonscriptions. Lorsqu'un parti obtient plus de sièges au niveau régional que dans les circonscriptions, les sièges non-pourvus le sont par les candidats de la liste régionale. Si un parti n'a déposé aucune liste nationale, les mandats éventuellement manquants sont pourvus par les candidats non-élus de ses listes de circonscription.

Principaux partis et chefs de file[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Résultats de 2004
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Peter Müller
(Ministre-président)
27 députés
47,5 % des voix
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Heiko Maas 18 députés
30,8 % des voix
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Hubert Ulrich 3 députés
5,6 % des voix
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Christoph Hartmann 3 députés
5,3 % des voix
Die Linke Oskar Lafontaine
(Coprésident fédéral de Die Linke)
0 députés
2,3 % des voix

Campagne[modifier | modifier le code]

Sondages[modifier | modifier le code]

Institut Date CDU SPD Verts FDP Die Linke
Forschungsgruppe Wahlen 21.08.2009 36,0 % 26,0 % 6,0 % 9,0 % 16,0 %
Infratest 20.08.2009 38,0 % 26,0 % 6,0 % 9,0 % 15,0 %
Infratest 22.04.2009 36,0 % 27,0 % 7,0 % 9,0 % 18,0 %
Emnid 16.04.2009 38,0 % 23,0 % 5,0 % 8,0 % 22,0 %
Dernières élections 05.09.2004 47,5 % 30,8 % 5,6 % 5,3 % 2,3 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Composition politique de la nouvelle législature.
Parti Voix  % +/- Sièges +/-
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 184 537 34,5 % en diminution 13 19 en diminution 8
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 131 241 24,5 % en diminution 6,3 13 en diminution 5
Die Linke 113 660 21,3 % en augmentation 19 11 en augmentation 11
Parti libéral-démocrate (FDP) 49 064 9,2 % en augmentation 3,9 5 en augmentation 2
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 31 516 5,9 % en augmentation 0,3 3 en stagnation
TOTAL (participation : 67,6 %) 510 108 94,7 % N/A 51 en stagnation

Analyse du résultat[modifier | modifier le code]

Le principal évènement de cette élection aura été la percée phénoménale de Die Linke. Menée par Oskar Lafontaine en personne, la liste du parti de gauche a fait mentir les sondages de ces dernières semaines, qui la créditaient d'environ 16 % des voix, en gagnant 19 points par rapport au score réalisé par la liste PDS en 2004. Die Linke progresse au détriment de la CDU, qui s'effondre avec une perte de 13 points, et du SPD, qui ne la devance que de deux élus.

Ministre-président de la Sarre de 1985 à 1998, alors qu'il était membre du SPD, ancien maire de Sarrebruck, Oskar Lafontaine doit avant tout ce succès à sa propre personnalité. Natif de ce Land, où on le surnomme « le Napoléon de la Sarre », il y jouit d'une forte popularité[1].

Après le scrutin[modifier | modifier le code]

Malgré la possibilité pour la gauche de gouverner au sein d'une coalition rouge-rouge-verte (Rot-Rot-Grüne Koalition) dirigée par Heiko Maas, les écologistes ont fait le choix de s'allier avec la CDU et le FDP dans la première « coalition jamaïcaine » allemande, ce qui a permis la reconduction de Peter Müller au pouvoir. Dans la mesure où les alliances SPD/Die Linke et CDU/FDP disposaient chacune de 24 élus, les écologistes avaient ici un rôle de « faiseurs de roi », sauf à ce que se forme une grande coalition CDU/SPD.

Source[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le parti d’Oskar Lafontaine bouscule le SPD », Le Monde, 31/08/2009