Élections législatives régionales de 2009 en Hesse

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Les élections législatives régionales de 2009 en Hesse (Landtagswahl in Hessen 2009) se sont déroulées le 18 janvier 2009 dans le Land allemand de Hesse, afin d'élire les 110 membres de la 18e législature du Landtag.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les élections de 2008 : situation de blocage[modifier | modifier le code]

Lors des élections du 27 janvier 2008, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), du ministre-président Roland Koch, « baron » et vice-président fédéral du parti, au pouvoir depuis 1999, avait essuyé un cuisant échec en recevant 36,8 % des voix, soit douze points de moins qu'en 2003. Parallèlement, le Parti social-démocrate d'Allemagne, conduit par Andrea Ypsilanti, avait raté de peu la place de premier parti du Land, obtenant 36,7 % des suffrages, en progression de plus de sept points sur cinq ans. Toutefois, le Parti libéral-démocrate (FDP), partenaire traditionnel de la CDU, bien qu'il ait recueilli 9,4 % des voix, n'avait pas assez de sièges afin d'assurer la reconduction de Koch. Parallèlement, l'Alliance 90 / Les Verts, allié traditionnel du SPD, avait dû se contenter de 7,5 % des suffrages, insuffisant pour porter Ypsilanti au pouvoir. Ce blocage était en fait induit par l'entrée, de justesse, du nouveau parti Die Linke au Landtag, avec 5,1 % des voix.

Ainsi, lors de la session inaugurale du Parlement, le 5 avril 2008, celui-ci s'avéra dans l'incapacité d'élire un nouveau ministre-président, et un cabinet intérimaire, quasiment identique au gouvernement sortant, fut mis en place. Il s'agissait de la troisième fois qu'une telle situation se produisait, après les blocages parlementaires de 1982 et 1983.

Première tentative de gouvernement rouge-vert minoritaire[modifier | modifier le code]

Le 4 mars 2008, Ypsilanti a fait savoir qu'elle refusait de s'allier formellement avec Die Linke dans une coalition rouge-rouge-verte, mais qu'elle acceptait de former un gouvernement minoritaire soutenu par ce parti, selon le « modèle de Magdebourg ». Cependant, suite à la défection d'un député social-démocrate, elle ne disposait plus que 56 voix assurées, ce qui l'a conduit à renoncer à son projet.

Seconde tentative de gouvernement rouge-vert minoritaire[modifier | modifier le code]

Toutefois, afin de parvenir à remplacer Roland Koch, Andrea Ypsilanti a annoncé la tenue de débats internes au SPD de Hesse, par la convocation de plusieurs conférences régionales. À l'issue de cette phase de réflexion, il est apparu qu'une grande partie de la base soutenait un gouvernement minoritaire rouge-vert toléré par Die Linke. Le 1er novembre 2008, neuf mois et demi après le scrutin, le congrès régional du parti a validé cette proposition, confirmée dès le lendemain par le groupe des députés de l'Alliance 90 / Les Verts. L'investiture d'Ypsilanti était alors prévue pour le surlendemain, mais le 3 novembre, trois députés issus de l'aile droite du SPD ont exprimé leur refus de l'accord en question, qu'ils avaient pourtant soutenu quelques jours plus tôt.

La chef de file des sociaux-démocrates se présenta tout de même au vote d'investiture, mais échoua au second tour en ratant de trois voix la majorité requise.

Convocation de nouvelles élections[modifier | modifier le code]

Peu après cet échec, la CDU, le FDP, Les Verts, Die Linke, et pour finir le SPD, se sont prononcés pour la tenue d'élections anticipées en janvier 2009. Alors que la majorité simple des voix suffisait pour la dissolution du Landtag, 99 députés se sont prononcés pour lors du vote du 19 novembre. Le gouvernement a alors convoqué le nouveau scrutin exactement soixante jours plus tard, le 19 janvier 2009.

Quelques jours plus tôt, le 8 novembre, les sociaux-démocrates ont remplacé Ypsilanti comme chef de file par le député régional Thorsten Schäfer-Gümbel, tandis que la CDU décidait de présenter une nouvelle fois Roland Koch. Si ce dernier a annoncé, au cours de la campagne, vouloir former exclusivement une coalition noire-jaune avec le FDP, le SPD n'a fait aucune déclaration quant aux éventuelles coalitions post-électorales.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le Landtag de Hesse comprend au moins cent dix députés, élus pour un mandat de cinq ans depuis une réforme de 2002. Le Land est divisé en cinquante-cinq circonscriptions élisant chacune un député, au scrutin uninominal majoritaire à un tour, et chaque parti présente une liste de cent dix candidats au niveau régional.

Le jour de l'élection, chaque électeur vote deux fois : dans sa circonscription, et pour une liste. Lors du décompte, l'ensemble des sièges est réparti à la proportionnelle suivant la méthode du quotient de Hare, sur la base des suffrages obtenus par chaque liste, étant entendu que seules les listes ayant recueilli au moins 5 % des suffrages exprimés sont admises à cette répartition.

Une fois celle-ci faite, les partis ayant obtenu des élus dans les circonscriptions soustraient ceux-ci au nombre total de sièges obtenus, et comblent les sièges éventuellement non-pourvus avec les candidats issus de leurs listes. Si une formation se retrouve avec des « mandats supplémentaires », c'est-à-dire plus d'élus à l'uninominal que la répartition proportionnelle ne lui en accorde, il les conserve. Dans ce cas, les autres partis se voient attribuer plus de sièges, afin de respecter la proportionnalité, et le nombre total de députés se trouve augmenté.

Principaux partis et chefs de file[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Résultat de 2008
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Roland Koch 02.jpg Roland Koch
Ministre-président
42 députés
36,8 % des voix
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Thorsten schaefer guembel 2008.jpg Thorsten Schäfer-Gümbel 42 députés
36,7 % des voix
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
JoergUweHahn CRW1767.jpg Jörg-Uwe Hahn 11 députés
9,4 % des voix
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Tarek Al-Wazir.jpg Tarek Al-Wazir 9 députés
7,5 % des voix
Die Linke Willi-van-Ooyen.jpg Willi van Ooyen 6 députés
5,1 % des voix

Campagne[modifier | modifier le code]

Thèmes développés[modifier | modifier le code]

La campagne s'est avant tout distinguée par sa rapidité, le scrutin se tenant mi-janvier et à peine soixante jours après la dissolution de l'assemblée. De ce fait, les temps de préparation, puis la période de l'Avent ont empiété sur le temps politique. Les sociaux-démocrates ont mis l'accent sur l'énergie, l'éducation et l'instauration d'un salaire minimum, tandis que leurs adversaires chrétiens-démocrates, outre la promotion de projets d'infrastructures, se sont présentés comme les mieux à même de gérer les conséquences de la crise économique et financière mondiale.

Sondages[modifier | modifier le code]

Institut Date CDU SPD Verts FDP Die Linke
Forsa 14.01.2009 41,0 % 24,0 % 13,0 % 15,0 % 4,0 %
Forschungsgruppe Wahlen 10.01.2009 41,0 % 25,0 % 13,0 % 13,0 % 5,0 %
Infratest 08.01.2009 42,0 % 24,0 % 13,0 % 13,0 % 5,0 %
GMS 19.12.2008 41,0 % 25,0 % 13,0 % 13,0 % 5,0 %
Emnid 18.12.2008 43,0 % 24,0 % 11,0 % 13,0 % 5,0 %
Forsa 16.12.2008 42,0 % 23,0 % 12,0 % 13,0 % 6,0 %
Dernières élections 27.01.2008 36,8 % 36,7 % 7,5 % 9,4 % 5,1 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Composition politique de la nouvelle législature.
Parti Voix  % +/- Sièges +/-
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 963 763 37,2 % +0,4 46 +4
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 614 648 23,7 % -13,1 29 -13
Parti libéral-démocrate (FDP) 420 426 16,2 % +6,8 20 +9
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 356 040 13,7 % +6,2 17 +8
Die Linke 139 074 5,4 % +0,3 6 n/a
TOTAL (participation : 61,00 %) 2 493 951 96,2 % n/a 118 +8

Analyse et conséquences[modifier | modifier le code]

Si la CDU reste stable par rapport à 2008, le SPD s'effondre complètement, recueillant son plus mauvais résultat depuis la Seconde Guerre mondiale. Cet effondrement profite aussi bien au Parti libéral-démocrate, qui réalise son meilleur score régional depuis les élections de 1954, qu'aux Verts, qui battent eux aussi leur record régional, datant de 1995. Enfin, la crise politique de près d'un an ne semble pas avoir causé préjudice à Die Linke, qui se maintient au Landtag. Les sociaux-démocrates sont donc les seuls grands perdants de ce scrutin, même si l'on peut noter que les chrétiens-démocrates sont assez nettement en dessous de ce qu'annonçaient les sondages, qui voyaient tous la CDU au-dessus des 40 % des suffrages.

Grâce à ce résultat, Roland Koch réussit à se maintenir au pouvoir en constituant une coalition noire-jaune forte de 66 sièges sur les 118 que compte désormais le Parlement régional, étant investi pour un troisième mandat dès le 5 février.