Élections législatives régionales de 2008 en Hesse

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Siège du Landtag de Hesse, à Wiesbaden.

Les élections législatives régionales de 2008 en Hesse (Landtagswahl in Hessen 2008, en allemand) se sont tenues le , afin d'élire les cent dix députés de la dix-septième législature du Landtag de Hesse pour un mandat de cinq ans.

Le scrutin s'est soldé par une égalité parfaite entre l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne, au pouvoir depuis neuf ans, et le Parti social-démocrate d'Allemagne, à la tête du Land entre 1946 et 1999.

Contexte : dix ans de pouvoir de la CDU[modifier | modifier le code]

Aux élections régionales du , l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), arrivée au pouvoir lors des élections de 1999, remporte 48,8 % des voix et 56 députés sur 110 au Landtag, soit juste la majorité absolue.

Le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), emmené par l'ancien ministre de l'Intérieur Gerhard Bökel, passé depuis quatre ans à l'opposition, pour la seconde fois depuis 1946, subit une importante défaite avec 29,1 % des suffrages et 33 élus, tombant pour la première fois de son histoire sous la barre des 30 % des voix. À peine un mois plus tard, la députée Andrea Ypsilanti prend la place de Bökel à la présidence du SPD régional.

Ce recul des sociaux-démocrates fait l'affaire de l'Alliance 90 / Les Verts, qui repasse tout juste la barre des 10 % des suffrages exprimés, avec 10,1 % des voix, sans égaler son record de 1995, à savoir 11,7 %. De même, malgré la forte progression de la CDU, le Parti libéral-démocrate (FDP), alors partenaire de coalition des chrétiens-démocrates, progresse, passant de 5,1 % à 7,9 % des suffrages.

Dans son ensemble, le centre-droit assoit sa domination sur la Hesse, affichant une progression de 7,2 points et neuf députés, tandis que la gauche recule nettement, à cause de la mauvaise performance du SPD.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le Landtag de Hesse se compose de cent dix députés, élus pour un mandat de cinq ans au suffrage universel direct et selon un système mixte à finalité proportionnelle. Cinquante-cinq sièges sont pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour, le reste étant comblé par les candidats présents sur des listes régionales.

Le jour du vote, chaque électeur dispose de deux voix : la première pour voter dans une circonscription, la seconde pour une liste régionale. À la clôture du scrutin, les deuxièmes voix sont décomptées et la totalité des sièges à pourvoir au Landtag est répartie au scrutin proportionnel au plus fort reste, entre les listes ayant remporté au moins 5 % des suffrages exprimés au niveau du Land.

Les partis ayant obtenu des députés dans les circonscriptions commencent à pourvoir les sièges qui leur sont attribués avec ces élus, puis comblent le reste avec les candidats présents sur la liste régionale. Si un parti obtient plus de sièges au scrutin uninominal que la répartition proportionnelle ne lui en accorde, il conserve ces « mandats supplémentaires », mais la taille du Parlement est augmentée, afin de rétablir la proportionnalité, les autres formations obtenant alors des « mandats complémentaires ».

Campagne[modifier | modifier le code]

Principaux partis[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Résultats de 2009
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Roland Koch
(Ministre-président)
48,8 % des voix
56 députés
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Andrea Ypsilanti 29,1 % des voix
33 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Tarek Al-Wazir 10,1 % des voix
12 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Jörg-Uwe Hahn 7,9 % des voix
9 députés
Die Linke Dieter Hooge Inexistante

Sondages[modifier | modifier le code]

Institut Date CDU SPD Verts FDP Linke
AMR 25.01.2008 37,0 % 38,0 % 7,0 % 10,0 % 5,0 %
Forsa 22.01.2008 38,0 % 38,0 % 7,0 % 9,0 % 5,0 %
GMS 18.01.2008 39,0 % 34,0 % 8,0 % 9,0 % 5,0 %
FgW 18.01.2008 38,0 % 37,0 % 8,0 % 8,0 % 5,0 %
Infratest 17.01.2008 38,0 % 37,0 % 7,0 % 8,0 % 6,0 %
FgW 11.01.2008 40,0 % 36,0 % 7,0 % 8,0 % 5,0 %
Infratest 09.01.2008 40,0 % 35,0 % 9,0 % 9,0 % 4,0 %
Emnid 05.01.2008 42,0 % 32,0 % 10,0 % 8,0 % 5,0 %
AMR 29.12.2007 40,0 % 33,0 % 10,0 % 9,0 % 6,0 %
Forsa 12.12.2007 41,0 % 30,0 % 11,0 % 9,0 % 5,0 %
FgW 07.12.2007 40,0 % 34,0 % 9,0 % 7,0 % 6,0 %
Forsa 26.09.2007 43,0 % 30,0 % 9,0 % 8,0 % 5,0 %
Infratest 06.09.2007 42,0 % 32,0 % 10,0 % 8,0 % 4,0 %
TNS Infratest 24.07.2007 40,0 % 33,0 % 11,0 % 7,0 % 5,0 %
Forsa 28.06.2007 41,0 % 27,0 % 11,0 % 9,0 % 6,0 %
Dernières élections 02.02.2003 48,8 % 29,1 % 10,9 % 7,9 % 0,0 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Scores[modifier | modifier le code]

Composition politique de la nouvelle législature.
Parti Suffrages Sièges
Voix  % +/- Députés +/-
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 1 009 775 36,8 % en diminution 12,0 42 en diminution 14
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 1 006 264 36,7 % en augmentation 7,6 42 en augmentation 9
Parti libéral-démocrate (FDP) 258 550 9,4 % en augmentation 1,5 11 en augmentation 2
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 206 610 7,5 % en diminution 2,6 9 en diminution 3
Die Linke 140 769 5,1 % en augmentation 5,1 6 en augmentation 6
TOTAL (participation : 64,3 %) 2 621 968 95,5 % N/A 110 N/A

Analyse[modifier | modifier le code]

Avec à peine 3 500 voix d'avance, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne parvient à rester la première force politique du Land de Hesse, mais recule de douze points et perd un quart de ses députés. La formation de Roland Koch se retrouve ainsi à égalité avec le Parti social-démocrate d'Allemagne qui, sans retrouver sa domination passée, se rétablit nettement en passant au-dessus des 35 % des suffrages exprimés et égalant la CDU en nombre de sièges.

Le reflux des chrétiens-démocrates profite tout juste au Parti libéral-démocrate, dont la légère progression lui permet toutefois de passer devant l'Alliance 90 / Les Verts, troisième force politique régionale depuis vingt-et-un ans et qui repassent sous le seuil symbolique des 10 %. Enfin, Die Linke, formation de gauche radicale récemment créée, confirme son implantation en ex-Allemagne de l'Ouest en dépassant, d'extrême justesse, la barre des 5 % des voix.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Bien que la gauche dispose de la majorité absolue, avec un total de 57 députés, elle est incapable de se mettre d'accord pour gouverner, tandis que la droite, minoritaire, ne peut y prétendre. À l'ouverture de la nouvelle législature, le 5 avril, un gouvernement intérimaire, dirigé par Roland Koch, a alors pris ses fonctions en attendant l'investiture d'un nouveau ministre-président.

Après deux échecs d'Andrea Ypsilanti à constituer un cabinet SPD-Verts toléré par Die Linke au cours de l'année 2008, du fait de résistances internes à son parti, l'ensemble des forces politique parlementaires s'est prononcée pour des élections anticipées, qui se sont tenues le .

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]