Élections législatives régionales de 2006 en Rhénanie-Palatinat

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Le ministre-président, Kurt Beck, au pouvoir depuis 1994.

Les élections législatives régionales de 2006 en Rhénanie-Palatinat (Landtagswahl in Rheinland-Pfalz 2006) se sont tenues le 26 mars 2006 dans le Land allemand de Rhénanie-Palatinat, afin d'élire les cent un députés de la quinzième législature du Landtag. Le scrutin, qui se tenait le même jour que ceux organisés dans le Bade-Wurtemberg et en Saxe-Anhalt, a vu la victoire, à la majorité absolue, des sociaux-démocrates.

Contexte : la dernière coalition sociale-libérale[modifier | modifier le code]

Depuis 1991, le Land de Rhénanie-Palatinat est dirigé par une coalition sociale-libérale entre le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) et le Parti libéral-démocrate (FDP), conduite depuis 1994 par le ministre-président social-démocrate Kurt Beck. Très courant pendant les années 1960 et 1970, ce type d'alliance s'est raréfié par la suite, du fait de l'émergence des Verts et du retour vers le centre-droit des libéraux. Dès le mois de juin 1991, le gouvernement régional du Land est le seul encore formé suivant une telle coalition, qui sera renouvelée en 1996, alors que le FDP avait la possibilité de s'allier avec l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), et en 2001, quand le SPD a retrouvé la capacité de constituer une coalition rouge-verte. Avant le scrutin, les deux formations avaient indiqué leur volonté de poursuivre leur collaboration au gouvernement.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Article connexe : Système électoral allemand.

Le Landtag de Rhénanie-Palatinat comprend 101 députés, dont 51 élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions. En outre, chaque parti ou association électorale doit constituer une liste régionale comprenant autant de candidats que de sièges à pourvoir au total. Le jour du scrutin, chaque électeur dispose de deux voix : la première permet de voter dans une circonscription, la seconde pour une liste.

À l'issue du vote, la totalité des mandats mis en jeu est répartie à la proportionnelle suivant la méthode de Sainte-Laguë entre les listes ayant recueilli au moins 5 % des suffrages exprimés. Lorsqu'un parti a remporté des sièges avec les premières voix, ceux-ci sont soustraits au total obtenu sur la liste. Les sièges restés vacants se trouvent ensuite comblés par les candidats issus de cette même liste. Il est toutefois possible, avec ce système, qu'une formation obtienne dans les circonscriptions plus de sièges que son nombre de secondes voix ne lui en donne. Il dispose dans ce cas de « mandats supplémentaires » qu'il conserve. Afin de maintenir une représentation proportionnelle au Landtag, les autres formations se voient alors attribuer des « mandats complémentaires ».

Campagne[modifier | modifier le code]

Principaux partis et chefs de file[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Résultats de 2001
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Kurt Beck
Ministre-président
44,7 % des voix
49 députés
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Christoph Böhr 35,3 % des voix
38 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Hans-Artur Bauckhage
Ministre de l'Économie
7,8 % des voix
8 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Ise Thomas 5,2 % des voix
6 députés
Alternative électorale travail et justice sociale
Arbeit & soziale Gerechtigkeit – Die Wahlalternative
Norbert Kepp Absente

Sondages[modifier | modifier le code]

Institut Date CDU SPD Verts FDP WASG
Emnid 21.03.2006 35,0 % 43,0 % 7,0 % 9,0 % 3,0 %
FgW 17.03.2006 36,0 % 43,0 % 6,0 % 8,0 % 3,0 %
Forsa 15.03.2006 34,0 % 39,0 % 8,0 % 10,0 % 4,0 %
Infratest 02.03.2006 35,0 % 42,0 % 6,0 % 8,0 % 4,0 %
Psephos 28.02.2006 38,0 % 42,0 % 5,0 % 8,0 % 2,0 %
Infratest 02.02.2006 36,0 % 42,0 % 6,0 % 8,0 % 4,0 %
Forsa 25.01.2006 37,0 % 37,0 % 7,0 % 11,0 % 4,0 %
Infratest 15.12.2005 37,0 % 39,0 % 6,0 % 10,0 % 4,0 %
Psephos 28.11.2005 37,0 % 41,0 % 5,0 % 10,0 % 3,0 %
Infratest 08.09.2005 43,0 % 35,0 % 6,0 % 8,0 % 4,0 %
Dernières élections 25.03.2001 35,3 % 45,7 % 5,2 % 7,8 % 0,0 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Scores[modifier | modifier le code]

Parti Voix  % +/- Sièges +/-
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 45,6 % +0,9 53 +4
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 32,8 % -2,5 38 ±
Parti libéral-démocrate (FDP) 8,0 % +0,2 10 +2
Alliance 90 / Les Verts (B90/Die Grünen) 4,6 % -0,6 0 -6
Alternative électorale travail et justice sociale (WASG) 2,6 % +2,6 0 ±
TOTAL (participation : 58,2 %) 93,6 % n/a 101 n/a

Analyse[modifier | modifier le code]

Cinq mois à peine après la formation d'une grande coalition fédérale, le SPD, majoritaire depuis 1991 dans ce Land qui fut, pendant plus de quarante ans, un bastion chrétien-démocrate et dirigé, dans les années 1970 par Helmut Kohl, confirme sa suprématie en remportant sa première majorité absolue au Landtag. Il bénéficie notamment de la contre-performance des écologistes, qui se trouvent exclus de l'assemblée où ils siégeaient depuis 1987. Le ministre-président Kurt Beck creuse un peu plus l'écart avec la CDU, qui avait manqué de peu de le dépasser dix ans pluys tôt et qui recueille là le plus mauvais résultat de son histoire régionale. Dans son ensemble, la coalition sociale-libérale sortante progresse d'un point et récupère la totalité des six sièges perdus par les Verts.

Conséquences[modifier | modifier le code]

L'alliance SPD-FDP n'a pas été reconduite dans le cabinet Beck IV, investi le 18 mai 2006 et formé uniquement de sociaux-démocrates. À partir de cette date, il n'existe plus aucune coalition sociale-libérale, fédérale ou régionale, en Allemagne.

Notes et références[modifier | modifier le code]