Élections législatives régionales de 2002 en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale

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Les élections législatives régionales de 2002 en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (Landtagswahl in Mecklenburg-Vorpommern 2002) se sont déroulées le 22 septembre 2002 dans le Land allemand de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, en vue d'élire les soixante-et-onze députés de la quatrième législature du Landtag.

Contexte : la coalition rouge-rouge[modifier | modifier le code]

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Chaque électeur dispose de deux voix, une pour voter dans une circonscription, l'autre pour voter en faveur d'une liste présentée par chaque parti, au niveau régional et comportant autant de candidats que de sièges à pourvoir. Les sièges sont répartis, selon la méthode du quotient de Hare, entre les formations dont la liste a obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés ou qui ont obtenu au moins trois députés dans les circonscriptions. La durée de la législature était fixée à quatre ans et le nombre de députés à soixante-et-onze (dont trente-six élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour).

Situation politique[modifier | modifier le code]

Suite aux élections du 27 septembre 1998, le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) de Harald Ringstorff avait formé une coalition rouge-rouge avec le Parti du socialisme démocratique (PDS). Cette alliance avec le successeur du Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED) avait suscité de nombreux commentaires, certains parlant de « tabou » et d'autres de « normalisation ». Signe du malaise, huit députés de la majorité n'avaient pas voté l'investiture du ministre-président Ringstorff. Ce dernier s'était défendu, arguant d'une stratégie de « démystification » du PDS, qui visait à réduire son influence en le faisant participer aux activités gouvernementales quotidiennes.

Campagne[modifier | modifier le code]

Échec économique[modifier | modifier le code]

Au niveau économique, le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Land le plus pauvre d'Allemagne, n'a connu avancée au cours de la législature. Le taux de chômage continuait ainsi à dépasser les 20 %, le produit intérieur brut poursuivait son recul depuis 1999, et les grands projets industriels, comme l'ouverture d'une usine Airbus à Rostock, ne se sont jamais concrétisés.

Influence fédérale[modifier | modifier le code]

Comme lors des deux précédentes consultations, la campagne électorale a été influencée par les élections fédérales qui se tenaient le même jour. À ce titre, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) a longtemps dominé les sondages. Cependant, quelques semaines avant le scrutin, elle est retombée au niveau du SPD. En effet, la popularité des sociaux-démocrates a connu une hausse grâce aux deux principaux thèmes développés au niveau fédéral : l'opposition du chancelier Gerhard Schröder à la guerre d'Irak et sa bonne gestion des crues de l'Elbe.

Chefs de file[modifier | modifier le code]

Pour ce scrutin, les chefs de file étaient le ministre-président Harald Ringstorff, pour le SPD, tandis que la CDU et le PDS présentaient leurs présidents de groupe parlementaire au Landtag, respectivement Eckhardt Rehberg et Angelika Gramkow.

Sondages[modifier | modifier le code]

Institut Date CDU SPD Verts FDP PDS
Emnid 16.09.2002 33,0 % 37,0 % 3,0 % 3,0 % 19,0 %
Emnid 09.09.2002 34,0 % 37,0 % 3,0 % 4,0 % 18,0 %
FgW 01.09.2002 32,0 % 38,0 % 4,0 % 4,0 % 18,0 %
Emnid 26.08.2002 38,0 % 35,0 % 3,0 % 4,0 % 15,0 %
Emnid 19.08.2002 38,0 % 32,0 % 3,0 % 5,0 % 18,0 %
Emnid 12.08.2002 39,0 % 33,0 % 3,0 % 5,0 % 18,0 %
Emnid 02.08.2002 39,0 % 32,0 % 3,0 % 5,0 % 19,0 %
Infratest 03.07.2002 36,0 % 35,0 % 1,0 % 5,0 % 20,0 %
Dernières élections 27.09.1998 30,2 % 34,3 % 2,7 % 1,6 % 24,2 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Parti  % +/- Sièges +/-
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 40,6 % +6,3 33 +6
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 31,4 % +1,2 25 +1
Parti du socialisme démocratique (PDS) 16,4 % -7,8 13 -7
Parti libéral-démocrate (FDP) 4,7 % +3,1 0 ±
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 2,6 % -0,1 0 ±
TOTAL (participation : 70,6 %) 95,7 % N/A 71 ±

Analyse[modifier | modifier le code]

Le stratégie de Ringstorff, consistant à « démystifier » le PDS en l'impliquant dans les fonctions gouvernementales, a fonctionné à plein puisqu'avec un recul de près de huit points et sept élus, la formation post-communiste est la grande perdante de ce scrutin. La CDU, qui avait dominé le paysage politique et conduit le gouvernement du Land entre 1990 et 1998, ne progresse toutefois que légèrement, tandis que le SPD et le FDP connaissent une franche progression, les libéraux ratant de peu leur retour au Landtag. Quant aux écologistes, ils ne profitent pas de leur belle progression au scrutin fédéral, stagnant nettement en dessous de la barre des 5 % des voix pour siéger au Parlement. La participation connaît en outre une chute importante puisqu'elle était de 79,4 % des inscrits en 1998. Toutefois, la tenue simultanée de l'élection du Bundestag permet de maintenir ce taux à un niveau relativement élevé.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Malgré le net changement d'équilibre entre le SPD et le PDS, les deux partis ont maintenu leur coalition rouge-rouge sous la direction de Harald Ringstorff. Le parti des post-communistes a même conservé les trois portefeuilles qu'il détenait, à savoir le Travail, l'Environnement et les Affaires sociales, seule changeant la titulaire de ce dernier poste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]