Élections législatives portugaises de 1991

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Élections législatives portugaises de 1991
  
67,78 %
Représentation de l'assemblée
Diagramme
Gouvernement
Sortant
Élu
Législature élue
VIe

Les élections législatives portugaises de 1991 (Eleições legislativas portuguesas de 1991) se sont tenues au Portugal le 6 octobre 1991, afin d'élire les deux cent trente députés de la sixième législature de l'Assemblée de la République, pour un mandat de quatre ans. Elles ont été remportées par le Parti social-démocrate (PPD/PSD), de nouveau avec la majorité absolue. Il s'agissait du premier scrutin tenu à terme depuis 1976, si l'on exclut le cas particulier des élections de 1980.

Contexte[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives anticipées du 19 juillet 1987, le PPD/PSD d'Aníbal Cavaco Silva avait conservé le pouvoir et remporté la plus large victoire pour un parti politique depuis la révolution des Œillets, avec 50,2 % des voix et 148 députés. Pour la première fois depuis le retour de la démocratie, en 1975, une formation politique décrochait, à elle seule, la majorité absolue en voix et en sièges.

Bénéficiant des fonds structurels européens, le gouvernement Cavaco Silva poursuivait une politique de développement des infrastructures tout en procédant à la libéralisation du secteur économique. Le soutien socialiste à une révision constitutionnelle autorisant des privatisations coûta d'ailleurs son poste au secrétaire général du PS, Vítor Constâncio, remplacé par Jorge Sampaio en 1988. Toutefois, la gauche retrouva des couleurs aux élections européennes, puis locales, de 1989, en égalant à chaque fois le score du centre-droit, autour des 45 % des voix.

Durant la campagne, le chef du gouvernement a donc appelé les Portugais à lui renouveler sa majorité absolue, afin de maintenir la stabilité gouvernementale. À l'occasion de ce scrutin, le nombre de députés avait été ramené de 250, nombre maximum constitutionnellement autorisé, à 230. Par ailleurs, pour la première fois depuis 1975, le dirigeant historique du Parti communiste portugais (PCP), Álvaro Cunhal, avait renoncé à être chef de file de la coalition emmenée par le PCP.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le mode de scrutin retenu prévoit l'élection des députés au scrutin proportionnel suivant la méthode d'Hondt, connue pour avantager les partis arrivés en tête. La loi électorale établit à 230 le nombre de sièges à pourvoir. Les députés sont élus dans vingt-deux circonscriptions électorales, à savoir les dix-huit districts du Portugal, les Açores, l'île de Madère, le continent européen et le reste du monde.

Principaux partis et chefs de file[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file
Parti social-démocrate
Partido Social Democrata
Aníbal Cavaco Silva
Premier ministre
Parti socialiste
Partido Socialista
Jorge Sampaio
Maire de Lisbonne
Coalition démocratique unitaire
Coligação Democrática Unitária
Carlos Carvalhas
Centre démocratique et social
Centro Democrático Social
Diogo Freitas do Amaral

Résultats[modifier | modifier le code]

Scores[modifier | modifier le code]

Parti Voix  % +/- Sièges +/-
Parti social-démocrate (PPD/PSD) 2 902 351 50,60 % +0,38 135 -13
Parti socialiste (PS) 1 670 758 29,13 % +6,89 72 +12
Coalition démocratique unitaire (CDU)
PCP
PEV
504 583


8,80 %


-3,34


17
• 15
• 2
-14
• -14
• ±
Centre démocratique et social (CDS) 254 317 4,43 % -0,01 5 +1
Parti de la solidarité nationale (PSN) 96 096 1,68 % +1,68 1 +1
Parti rénovateur démocratique (PRD) 35 077 0,61 % -4,30 0 -7
Autres 161 577 2,82 % -1,05 0 ±
Bulletins blancs 47 652 0,83 % -0,05
Bulletins nuls 63 020 1,10 % -0,20
TOTAL (participation : 67,78 %) 5 735 431 100,00 % N/A 230 -20

Analyse[modifier | modifier le code]

En augmentant très légèrement son score par rapport à 1987, le PPD/PSD remporte son pari d'une seconde majorité absolue, même s'il recule en sièges compte tenu de la diminution globale du nombre de députés. Cette nette victoire se fait, une fois encore, au détriment du CDS, qui ne parvient pas à remonter la pente, et ce malgré la présence, en chef de file, de son fondateur, et ancien Vice-Premier ministre, Diogo Freitas do Amaral. Par ailleurs, profitant d'une campagne populiste, le PSN, également connu sous le surnom de « parti des retraités », parvient à faire son entrée à l'Assemblée avec un député.

À gauche, même s'il obtient un résultat moindre qu'annoncé par les sondages, le PS progresse franchement et frôle désormais la barre des 30 %, alors qu'il était juste au-dessus des 20 % six ans plus tôt. Il profite notamment de l'effondrement du PRD, qui disparaît de la scène politique nationale seulement six ans après y être apparu, et du recul de la CDU, qui tombe pour la première fois sous les 10 % des suffrages exprimés. Cet échec lui fait même perdre la première place dans deux de ses trois bastions du sud de l'Alentejo, au profit des sociaux-démocrates, qui ratent ainsi le « grand chelem » d'une seule circonscription électorale, et l'emportent à la fois dans les zones urbaines, comme Lisbonne ou Porto, que rurales, situées dans le sud du pays.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Prenant acte de cette nouvelle victoire, le président de la République, Mário Soares, réélu en janvier avec 70 % des voix, charge de nouveau Aníbal Cavaco Silva, qui établit le record de longévité au poste de Premier ministre, de constituer le gouvernement. Celui-ci, présenté le 5 novembre, comprend seize ministres, un de plus que l'équipe sortante. L'année suivante, le député António Guterres remplace Jorge Sampaio à la direction socialiste.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]