Élections législatives pakistanaises de 2002

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Élections législatives pakistanaises de 2002
342 sièges à l'Assemblée nationale
10 octobre 2002
Zafarullah Khan Jamali.jpg
Ligue musulmane du Pakistan (Q) - Zafarullah Khan Jamali
Voix 7 613 411
  
25,7 %
Sièges obtenus 118
Makhdoom Amin Faheem - Horasis Global Arab Business Meeting 2012.jpg
Parti du peuple pakistanais - Ameen Faheem
Voix 7 632 708
  
25,8 %
Sièges obtenus 81
No flag.svg
Muttahida Majlis-e-Amal - Liaqat Baloch
  
11,3 %
Sièges obtenus 63
Diagramme
Premier ministre sortant
Sortant
Élu

Les élections législatives pakistanaises de 2002 ont eu lieu le 10 octobre 2002 pour renouveler les élus de l'Assemblée nationale et des quatre assemblées provinciales du Pakistan, après la fin de leur mandat de cinq ans reçu lors des élections législatives de 1997. Elles se déroulent dans un climat tendu, trois après le coup d’État du général Pervez Musharraf du 19 octobre 1999 qui renversait le gouvernement civil de Nawaz Sharif.

Les élections conduisent à la victoire de la nouvelle Ligue musulmane du Pakistan (Q) qui se sépare de la Ligue musulmane du Pakistan (N) qui soutient Nawaz Sharif dans le but de soutenir le nouveau président Pervez Musharraf. Les deux principaux meneurs de l'opposition, Sharif et Benazir Bhutto sont en exil, mais le parti de cette dernière, le Parti du peuple pakistanais réalise une bonne performance et conserve sa position de principal parti d'opposition. À l'inverse, la Ligue musulmane du Pakistan (N) réalise la pire performance de son histoire. Ces élections marquent aussi l'émergence d'une nouvelle coalition, la Muttahida Majlis-e-Amal, qui agrègent plusieurs partis islamistes, et devient la troisième force du pays.

Contexte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Coup d'État de 1999 au Pakistan.

Le 19 octobre 1999, à la suite du conflit du Kargil, le chef de l'armée pakistanaise Pervez Musharraf renverse le gouvernement civil de Nawaz Sharif, issu des élections législatives de 1997. Nawaz Sharif est rapidement emprisonné, avant d'être autorisé à quitter le pays pour l'Arabie saoudite.

La Constitution est dans le même temps suspendue par le nouveau pouvoir, qui tente en 2001 de rétablir un régime légal alors que Pervez Musharraf prend officiellement le poste de président. Ce dernier organise un plébiscite le 30 avril 2002 pour légitimer son pouvoir, et recueille 99,7 % de « oui » selon les chiffres officiels, avec une participation de 80 %, taux inhabituellement élevé dans le pays. Alors que des irrégularités sont dénoncées, Musharraf présente ses excuses lors d'une allocution télévisée concernant les irrégularités ayant entaché l'élection.

Pervez Musharraf tente ensuite de légitimer son pouvoir par l'organisation de ses élections, normalement prévu à cette date qui coïncide avec la fin du mandat des élus de l'Assemblée nationale.

Campagne[modifier | modifier le code]

Plus de 70 partis politiques se présentent pour ses élections dans les 272 circonscriptions que compte le pays. Près de 72 millions de Pakistanais sont inscrit sur les listes électorales, et 2 098 candidats ont été acceptés pour concourir[1].

Le Pakistan possède un régime politique parlementaire bicaméral de type système de Westminster, le Parlement du Pakistan, qui se compose de deux chambres, l'Assemblée nationale élue pour la plus grande part au suffrage universel direct uninominal majoritaire à un tour et le Sénat dont les membres sont choisis par les membres des assemblées provinciales, elles-mêmes élues selon le même mode de scrutin que l'Assemblée nationale.

Résultats à l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Assemblée nationale (Pakistan).
Composition de l'Assemblée nationale de 2002 à 2007.

Ces élections conduisent à la victoire dans les circonscriptions de la Ligue musulmane du Pakistan (Q) soutenant le président Pervez Musharraf, qui remporte une majorité relative et la place dans une position idéale pour former le prochain gouvernement.

Le Parti du peuple pakistanais arrive cela dit en tête en termes de votes populaires, mais obtient nettement moins de sièges que la Ligue. Le parti améliorer cela dit considérablement sa position vu sa faible performance aux élections législatives de 1997.

La nouvelle alliance islamiste Muttahida Majlis-e-Amal réalise une bonne performance : avec 11,3 % et 61 députés, elle arrive en tête dans les deux provinces de Khyber Pakhtunkhwa et du Baloutchistan.

Enfin, la Ligue musulmane du Pakistan (N) subit un vrai revers en réalisant la pire performance de son histoire, avec seulement 9,4 % des voix et 19 sièges.

Partis Vote populaire1 % Sièges2
Ligue musulmane du Pakistan (Q) 7 613 411 25,7 126
Parti du peuple pakistanais 7 632 708 25,8 81
Muttahida Majlis-e-Amal 3 349 436 11,3 63
Ligue musulmane du Pakistan (N) 2 790 747 9,4 19
Muttahida Qaumi Movement 918 555 3,1 17
Alliance nationale 1 363 814 4,6 16
Ligue musulmane du Pakistan (F) 328 137 1,1 5
Ligue musulmane du Pakistan (J) 212 749 0,7 3
Parti du peuple pakistanais (Sherpao) 98 638 0,3 2
Ligue musulmane du Pakistan (Z) 87 394 0,3 1
Indépendants - - 3
Restes - - 6
Suffrages exprimés (participation : 41,8 %) 29 572 712 100 342
1 : la répartition des sièges ne dépend pas du vote populaire global mais des résultats dans les circonscriptions.
2 : après l'élection des sièges réservés et les ralliements de certains sièges indépendants.
Source : Commission électorale du Pakistan[2]

Conséquences[modifier | modifier le code]

À l'issue de ces élections, la Ligue musulmane du Pakistan (Q) forme une alliance avec le Muttahida Qaumi Movement, des candidats indépendants et de petits partis, et bénéficient enfin de quelques défections au sein du Parti du peuple pakistanais, permettant ainsi d'obtenir la majorité absolue à l'Assemblée nationale[a 1]. En conséquence, Zafarullah Khan Jamali devient Premier ministre après avoir été nommé par son parti à ce poste[1].

Le Muttahida Majlis-e-Amal, qui a réalisé de très bonnes performances dans le nord-ouest et à Karachi, forme deux des quatre gouvernements locaux, à l'Assemblée provinciale de Khyber Pakhtunkhwa où il dispose d'une majorité absolue, et l'Assemblée provinciale du Baloutchistan pakistanais où il forme une coalition.

La ligue remporte aussi le scrutin dans l'Assemblée provinciale du Pendjab, et Chaudhry Pervaiz Elahi devient ministre en chef de la province[a 2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jaffrelot 2013, p. 358
  2. Jaffrelot 2013, p. 357


  1. a et b (en) General Elections 2002 sur Story of Pakistan. Consulté le 2 mars 2014.
  2. (en) Élections de 2002 sur le site de l'Union interparlementaire. Consulté le 2 mars 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]