Élections législatives locales de 2011 à Hambourg

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Précédent 2008 Pays inconnu
Élections législatives locales de 2011 à Hambourg
121 sièges du Landtag
20 février 2011
  
59 %
Olaf Scholz, August 2009 - by SPD-Schleswig-Holstein.jpg
SPD - Olaf Scholz
Voix 1 667 804
  
48,4 %
Sièges obtenus 62
Christoph Ahlhaus.jpg
CDU - Christoph Ahlhaus
Voix 753 805
  
21,9 %
Sièges obtenus 28
Anja Hajduk IMG 6220 edit.jpg
Alliance 90 / Les Verts - Anja Hajduk
Voix 384 502
  
11,2 %
Sièges obtenus 14
2011-06-23-Katja-Suding-06.jpg
FDP - Katja Suding
Voix 229 125
  
6,7 %
Sièges obtenus 9
2011-06-23-dora-heyenn-by-RalfR-06.jpg
Die Linke - Dora Heyenn (en)
Voix 220 428
  
6,4 %
Sièges obtenus 8
Premier bourgmestre
Sortant
Élu

Les élections législatives locales de 2011 à Hambourg (Bürgerschaftswahl in Hamburg 2011) se sont tenues le 20 février 2011, afin d'élire les 121 membres de la 20e législature du Bürgerschaft de la ville-Land de Hambourg.

Contexte[modifier | modifier le code]

Dernier scrutin : la coalition noire-verte[modifier | modifier le code]

Suite aux élections législatives locales du 24 février 2008, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), du premier maire Ole von Beust, au pouvoir depuis 2001, a perdu la majorité absolue qu'elle avait remporté aux élections anticipées de 2004. Face au retour manqué du Parti libéral-démocrate (FDP) au Parlement local, la CDU a alors fait alliance avec les écologistes des Liste verte alternative Hambourg (GAL), formant la première coalition noire-verte allemande.

Changement et rupture[modifier | modifier le code]

Le 18 juillet 2010, von Beust annonce son intention de démissionner à la fin de l'été, officiellement pour « raisons personnelles »[1], et la CDU choisit pour le remplacer le sénateur à l'Intérieur, Christoph Ahlhaus. Ce choix est critiqué par la GAL, qui le considère comme bien plus conservateur que son prédécesseur. Malgré tout, une réunion avec les écologistes semble dissiper leurs critiques[2], et il est officiellement élu premier maire le 25 août, avec deux voix de plus que sa propre coalition[3]. L'alliance est toutefois dissoute le 28 novembre, sur décision des écologistes, ce qui conduit Ahlhaus à annoncer un nouveau scrutin[4].

Le 15 décembre, le Bürgerschaft vote, à l'unanimité, son autodissolution et la tenue des élections au 20 février 2011.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le système électoral de Hambourg a subi deux importantes réformes, en 2004 et 2009, qui conduisent à une adaptation assez importante du système électoral allemand traditionnel.

Le Bürgerschaft est composé de cent vingt-et-un députés, élus pour un mandat de quatre ans. Parmi eux, soixante-et-onze sont élus dans dix-sept circonscriptions, qui reçoivent cinq sièges chacune, et chaque parti présente une liste de cent vingt-et-un candidats au niveau de la ville. Le jour du vote, chaque électeur dispose de dix voix, selon un système dit de « vote cumulatif » : cinq voix sont à répartir entre les candidats et/ou listes présents au niveau de la circonscription, et les cinq restantes doivent être réparties de la même manière au niveau de la ville.

À l'issue du scrutin, la totalité des sièges à pourvoir est distribué proportionnellement entre les partis dont la liste municipale a recueilli au moins 5 % des suffrages exprimés. Les sièges sont prioritairement pourvus par les candidats élus dans les circonscriptions, selon un système de scrutin majoritaire plurinominal, et ensuite par les candidats inscrits sur la liste, en tenant compte des candidats ayant remporté le plus grand nombre de voix grâce au vote cumulatif.

Ce mode de scrutin conserve ainsi les fondements proportionnalistes du système électoral allemand mais permet à l'électeur d'affiner plus précisément ses choix, parmi une pluralité de candidats.

Principaux partis et chefs de file[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Résultat en 2008 Portrait
Chef de file
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Christoph Ahlhaus
Premier maire
56 députés
42,6 % des voix
Ahlhaus.jpg
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Olaf Scholz 45 députés
34,1 % des voix
Olaf Scholz, August 2009 - by SPD-Schleswig-Holstein.jpg
Liste verte alternative Hambourg
Grün-Alternative-Liste Hamburg
Anja Hajduk 12 députés
9,6 % des voix
Anja Hajduk IMG 6220 edit.jpg
Die Linke Dora Heyenn 8 députés
6,4 % des voix
2011-06-23-dora-heyenn-by-RalfR-18.jpg
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Katja Suding 0 députés
4,8 % des voix
2011-06-23-Katja-Suding-09.jpg

Campagne[modifier | modifier le code]

Sondages[modifier | modifier le code]

Institut Date CDU SPD GAL FDP Die Linke
GMS 17.02.2011 25,0 % 43,0 % 15,0 % 5,0 % 6,0 %
Emnid 13.02.2011 25,0 % 45,0 % 15,0 % 5,0 % 6,0 %
FgW 11.02.2011 23,0 % 46,0 % 14,5 % 5,0 % 6,0 %
Infratest 03.02.2011 25,0 % 46,0 % 14,0 % 5,0 % 6,0 %
Trend Research 01.02.2011 25,0 % 45,0 % 16,0 % 4,0 % 6,0 %
Infratest 13.01.2011 26,0 % 43,0 % 17,0 % 4,0 % 5,0 %
Infratest 13.12.2010 22,0 % 43,0 % 19,0 % 4,0 % 7,0 %
Psehpos 01.12.2010 28,0 % 45,0 % 14,0 % 3,0 % 6,0 %
FgW 01.12.2010 22,0 % 41,0 % 21,0 % 4,0 % 7,0 %
Psehpos 12.11.2010 35,0 % 40,0 % 12,0 % 4,0 % 6,0 %
Dernières élections 24.02.2008 42,6 % 34,1 % 9,6 % 4,8 % 6,4 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Composition politique de la nouvelle législature.
Parti Voix  % +/- Sièges +/-
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 1 643 713 48,6 % +14,2 62 +17
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 741 271 21,9 % -20,7 28 -28
Liste verte alternative Hambourg (GAL) 380 291 11,2 % +1,6 14 +2
Parti libéral-démocrate (FDP) 226 161 6,7 % +1,9 9 +9
Die Linke 218 104 6,4 % ± 8 ±
TOTAL (participation : 57,0 %) 3 209 540 94,6 % n/a 121 n/a

Analyse[modifier | modifier le code]

Après dix années dans l'opposition, le SPD, profitant de la personnalité de son chef de file[5], comme la CDU avec Ole von Beust durant les dix années précédentes[6], retrouve le pouvoir et conquiert, pour la première fois depuis les élections de 1991, la majorité absolue au Bürgerschaft. Cette large victoire, qui dépasse les prévisions les plus optimistes des enquêtes d'opinion, contraste singulièrement avec la déroute des chrétiens-démocrates, qui doivent se contenter de leur plus mauvais score depuis 1946 et subissent les effets du départ du premier maire von Beust, très populaire dans la ville-Land[7]. À l'inverse, la GAL ne pâtit pas de sa participation à la première « coalition noire-verte » avec la CDU puisqu'elle progresse sans toutefois atteindre les 15 % pronostiqués par les sondages. Quant au FDP, malgré un contexte national difficile, il surpasse assez nettement la barre des 5 % et parvient à faire son retour au Bürgerschaft, dont il avait été exclu aux élections de 2004. Enfin, Die Linke parvient, pour la seconde fois après la Hesse en 2009, à conserver sa représentation dans un Parlement régional de l'ex-Allemagne de l'Ouest, et confirme par sa stabilité son implantation dans la deuxième ville du pays.

Réactions[modifier | modifier le code]

La chancelière fédérale, native de la ville, Angela Merkel, a admis que le résultat de la CDU était « une amère défaite » et que l'attitude des écologistes, à l'origine du déclenchement du scrutin, rendait difficile la formation d'autres coalitions entre les deux partis au niveau des Länder, la constitution d'une coalition noire-verte était carrément inconcevable au niveau fédéral[8]. Tandis que les chrétiens-démocrates tentent malgré tout de faire une lecture locale de ce scrutin – dominé il est vrai par des enjeux propres à la ville hanséatique –, le président du SPD, Sigmar Gabriel, a qualifié ce résultat de « souffle porteur » alors que six élections régionales vont s'enchaîner sur les sept mois suivants[9]. Le président de la CDU de Hambourg, le député fédéral Frank Schira, renonce à ses fonctions le 21 février, assumant la déroute de sa formation[10].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]