Élections législatives intercalaires portugaises de 1979

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Élections législatives intercalaires portugaises de 1979
  
82,87 %
Représentation de l'assemblée
Diagramme
Gouvernement
Sortant
Élu
Législature élue
Ire

Les élections législatives intercalaires portugaises de 1979 (Eleições legislativas portuguesas de 1979) se sont tenues au Portugal le , afin de renouveler les deux cent cinquante députés de la première législature de l'Assemblée de la République, pour un mandat d'un an. Elles ont été remportées par l'Alliance démocratique (AD), coalition politique de centre-droit.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après l'échec de la coalition gouvernementale entre le Parti socialiste (PS) et le Centre démocratique et social (CDS), de centre-droit, en , le président António Ramalho Eanes nomme Alfredo Nobre da Costa au poste de Premier ministre, à la tête d'un gouvernement non-partisan, renversé par une motion de censure du PS et du Parti communiste portugais (PCP) au bout de trois mois. Le chef de l'État le remplace alors, dans les mêmes conditions, par Carlos Mota Pinto, qui se maintient au pouvoir jusqu'en . Eanes décide alors de dissoudre l'Assemblée et de convoquer, conformément aux dispositions constitutionnelles de l'époque, des élections « intercalaires », qui ne démarrent pas une nouvelle législature mais en renouvellent les députés. Il nomme dans le même temps Maria de Lourdes Pintasilgo à la tête d'un gouvernement intérimaire, chargé d'organiser le scrutin.

Coalitions[modifier | modifier le code]

À l'occasion du scrutin, le Parti social-démocrate (PPD/PSD), le CDS et le Parti populaire monarchiste (PPM) avaient formé l'Alliance démocratique (AD), qui marquait le basculement au centre-droit du PPD/PSD. À gauche, le Parti communiste portugais (PCP) s'était allié avec le Mouvement démocratique portugais (MDP-CDE) dans l'Alliance du peuple uni (APU).

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le mode de scrutin retenu prévoit l'élection des députés au scrutin proportionnel suivant la méthode d'Hondt, connue pour avantager les partis arrivés en tête. La loi électorale, conformément aux dispositions constitutionnelles, établissait le nombre de députés à 250, nombre maximum autorisé. Les députés sont élus dans vingt-deux circonscriptions électorales, à savoir les dix-huit districts du Portugal, les Açores, l'île de Madère, le continent européen et le reste du monde.

Principaux partis et chefs de file[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file
Parti socialiste
Partido Socialista
Mário Soares
Alliance démocratique
Aliança Democrática
Francisco Sá Carneiro
Alliance du peuple uni
Aliança Povo Unido
Álvaro Cunhal

Résultats[modifier | modifier le code]

Scores[modifier | modifier le code]

Parti Voix  % +/- Sièges +/-
Alliance démocratique (AD)
PPD/PSD
CDS
PPM
2 719 208



45,26 %



+4,41



128
• 80
• 43
• 5
+13
• +7
• +1
• +5
Parti socialiste (PS) 1 642 136 27,33 % -7,56 74 -33
Alliance du peuple uni (APU)
PCP
MDP-CDE
1 129 322


18,80 %


+4,41


47
• 44
• 3
+7
• +4
• +3
Union démocratique populaire (UDP) 130 842 2,18 % +0,51 1 ±
Autres 385 945 6,43 % +2,41 0 ±
Bulletins blancs 42 863 0,71 % +0,71
Bulletins nuls 120 851 2,01 % -2,06 %
TOTAL (participation : 82,87 %) 6 007 453 100,00 % N/A 250 -13

Analyse[modifier | modifier le code]

Avec plus de 45 % des suffrages exprimés, alors que la participation se maintient au niveau de 1976, l'AD est la gagnante incontestée de ce scrutin. Vainqueur dans dix-neuf circonscriptions, la coalition inflige un cinglant revers au PS et offre au centre-droit la direction du gouvernement, cinq ans à peine après la révolution des œillets. Le recul socialiste est accentué par la bonne opération réalisée par le PCP qui, en formant l'APU, parvient à se maintenir à un niveau élevé et conserver la première place dans les trois circonscriptions du sud qu'il dominait déjà en 1976. Cela permet en outre au MDP de revenir à l'Assemblée, alors qu'il était absent du précédent scrutin, tout comme l'AD fait entrer au Parlement le PPM, qui avait échoué par deux fois déjà.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Un mois après le scrutin, et tirant les conséquences de la victoire de l'AD, le président António Ramalho Eanes appelle, le 3 janvier, Francisco Sá Carneiro, président et fondateur du PPD/PSD, ancien député libéral du régime salazariste, à former le VIe gouvernement constitutionnel. Le cabinet, constitué sept jours plus tard, est alors le premier à disposer d'une majorité absolue directement après les élections.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]