Élections législatives fidjiennes de 2001

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Politique aux Fidji
Image illustrative de l'article Élections législatives fidjiennes de 2001

Des élections législatives ont eu lieu aux Fidji du 25 août au 2 septembre 2001, pour renouveler l'ensemble des soixante-et-onze sièges de la Chambre des Représentants, chambre basse du Parlement.

Les députés sont élus avec un mandat de cinq ans. Le gouvernement (premier ministre et ministres) émane de sa majorité.

Contexte : les suites du coup d'État de 2000[modifier | modifier le code]

Les élections précédentes avaient eu lieu en mai 1999, et avaient produit un gouvernement travailliste avec à sa tête le premier ministre Mahendra Chaudhry. Ce gouvernement avait été renversé en mai 2000 dans un coup d'État civil mené par George Speight, homme d'affaires ruiné qui déclara inacceptable le fait qu'un citoyen d'appartenance ethnique indienne puisse diriger le pays. Chaudhry et plusieurs ministres et députés avaient été maintenus huit semaines en otage. Les forces armées, sous le contre-amiral Voreqe Bainimarama, ayant proclamé l'état d'urgence, avaient négocié avec succès leur libération, tout en nommant premier ministre 'par intérim' Laisenia Qarase, issu de la mouvance politique nationaliste autochtone qui avait perdu les élections de 1999[1].

Par les élections de 2001, Laisenia Qarase visait un mandat électif qui lui permettrait de conserver le pouvoir. Mahendra Chaudhry, pour sa part, espérait récupérer ses fonctions, et voir reconfirmé le mandat qu'il avait obtenu deux ans plus tôt.

Système électoral[modifier | modifier le code]

Article principal : Élections aux Fidji.

De par la Constitution de 1997, le pays est divisé en 71 circonscriptions uninominales, dont la plupart sont attribuées à des communautés ethniques. 23 députés autochtones sont élus par les citoyens autochtones (appelés "fidjiens") ; 19 élus par et parmi les citoyens d'appartenance ethnique indienne (c.f. Indiens de Fidji) ; 1 député élu par et parmi les Rotumiens ; 3 élus par et parmi les citoyens de tout autre appartenance ethnique ; et 25 élus par l'ensemble des citoyens sans distinction ethnique. Chaque électeur avait à choisir deux candidats : un dans sa circonscription ethnique, et un dans sa circonscription dite "ouverte", où pouvaient se présenter des candidats de diverses origines[2],[3].

Le système électoral employé était celui du vote alternatif. Chaque électeur était invité à classer les candidats de ses circonscriptions par ordre de préférence[4].

Partis politiques[modifier | modifier le code]

Outre des candidats sans étiquette, dix-huit partis politiques prirent part à l'élection en candidatant dans au moins une circonscription. Parmi ceux-ci, les deux principaux partis du pays : le Soqosoqo Duavata ni Lewenivanua (SDL), nouvellement formé, du premier ministre en titre Laisenia Qarase, conservateur, prônant la suprématie des intérêts autochtones ; et le Parti travailliste, principal parti d'opposition, avec à sa tête Mahendra Chaudhry.

Parmi les autres partis conséquents, le Parti de la fédération nationale, autrefois l'un des principaux partis du pays, dont la base électorale se situait parmi les communautés indo-fidjiennes rurales ; l'Alliance conservatrice, mouvement nationaliste autochtone d'extrême droite dont était membre George Speight, l'auteur du coup d'État de 2000 ; le Soqosoqo ni Vakavulewa ni Taukei (SVT ; "Parti politique autochtone"), également nationaliste autochtone mais plus modéré, qui avait dominé la vie politique du pays de 1992 à 1999 ; le Parti général uni, représentant principalement les intérêts des 'électeurs généraux' (citoyens d'origine ethnique européenne, chinoise...) ; et le Parti de l'unité nationale, prônant l'unité face aux tensions interethniques, et proche du Parti travailliste.

Résultats[modifier | modifier le code]

Le SDL confirma son statut de nouveau grand parti de droite en obtenant le plus grand nombre de sièges (31), sans toutefois obtenir une majorité absolue au sein de la Chambre. (Il remporta ces sièges au profit du SVT, qui perdit l'ensemble de ses huit sièges.) Fragilisés par le coup d'État qu'ils avaient subi, et la crainte qu'il puisse se reproduire (le précédent gouvernement travailliste, en 1987, avait lui aussi été renversé par la force des armes par des nationalistes autochtones), les Travaillistes perdirent dix sièges, n'en remportant que 27. L'adéquation entre communautés ethniques et partis politiques s'accentua ; le Parti travailliste remporta la totalité des dix-neuf sièges 'indiens', mais aucun siège autochtone, tandis que les vingt-trois sièges autochtones se partageaient entre le SDL (18) et l'Alliance conservatrice (5).

L'Alliance conservatrice remporta au total sept sièges, mais en perdit bientôt un ; George Speight, élu député (sous le nom fidjianisé de "Ilikini Naitini") de la circonscription autochtone de Tailevu Nord, était en prison pour haute trahison, et fut expulsé du Parlement pour incapacité à y occuper son siège. Son frère, Samisoni Tikoinasau, remporta une élection partielle l'année suivante, et le siège fut ainsi conservé par l'Alliance[5].

Le Parti de la fédération nationale et le Parti général uni en obtinrent un chacun (revenant respectivement aux députés Prem Singh, dans la circonscription ouverte de Nadi, et à Mick Beddoes, dans la circonscription ethnique de l'ouest et du centre pour les 'petites' minorités). Le Nouveau parti travailliste de l'unité, nouveau parti fondé par des Travaillistes dissidents qui craignaient un nouveau coup d'État si Chaudhry était élu, obtint deux députés : Kenneth Zinck, dans la circonscription de Suva pour les 'petites' minorités, et Ofa Duncan, dans la circonscription ouverte de Suva. Il y eut également deux députés sans étiquette : Marieta Rigamoto, représentant la communauté ethnique rotumienne ; et Savenaca Draunidalo, pour la circonscription ouverte regroupant Lau, Taveuni et Rotuma[6].

Le SDL forma un gouvernement de coalition avec l'Alliance conservatrice. Malgré la disposition constitutionnelle obligeant le premier ministre à accorder des ministères au principal parti d'Opposition, au nom de la coopération et de l'unité nationale, Laisenia Qarase refusa d'intégrer le Parti travailliste -dont les visées d'égalitarisme 'racial' étaient l'antithèse de celles de l'Alliance conservatrice- à son gouvernement[7].

Partis Dirigeants Pourcentage
des suffrages
Sièges Changement par
rapport à 1999
Soqosoqo Duavata ni Lewenivanua Laisenia Qarase 27,5 % 31 n/a
Parti travailliste Mahendra Chaudhry 26,5 % 27 -10
Alliance conservatrice Ratu Epenisa Cakobau 4,2 % 7 n/a
Nouveau parti travailliste de l'unité Tupeni Baba 1,3 % 2 n/a
Parti général unifié Mick Beddoes 0,3 % 1 -1
Parti de la fédération nationale ? 1,2 % 1 +1
Soqosoqo ni Vakavulewa ni Taukei Filipe Bole 5,5 % 0 -8
Parti de l'unité nationale ? 1,2 % 0 -4
Candidats sans étiquette n/a 1,4 % 2 -3

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Adrien Rodd, "Relations interethniques aux Îles Fidji : deux 'minorités' face à face ?", in Lucienne Germain et Didier Lassalle (éds.), Les Relations interethniques dans l'aire anglophone, entre collaboration(s) et rejet(s), L'Harmattan, 2009, ISBN 978-2-296-08678-4
  2. (en) Constitution de la République des Îles Fidji, 1997
  3. (en) "How the Fiji Islands electoral system works", site du gouvernement fidjien pour les élections de 2006
  4. (en) "The Alternative Vote", site du gouvernement fidjien pour les élections de 2006
  5. (en) Anare Tuitoga, "Tailevu North: five years down the line", in Jon Fraenkel et Stewart Firth (éds), From election to coup in Fiji: The 2006 campaign and its aftermath, Université nationale australienne, juin 2007, ISBN 978-1-921313-36-3
  6. (en) Résultats de l'élection de 2001, site du gouvernement fidjien pour les élections de 2006
  7. Chambre des Représentants : élections de 2001, Union inter-parlementaire