Élections législatives algériennes de 2012

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Précédent 2007 Drapeau de l'Algérie 2017 (sauf dissolution) Suivant
Élections législatives algériennes de 2012
Représentation de l'assemblée
Diagramme
Gouvernement
Sortant
Élu
Gouvernement Ouyahia IX
Alliance présidentielle (FLN, RND, MSP)

Les élections législatives de 2012 en Algérie sont des élections législatives qui ont eu lieu le 10 mai 2012 pour élire les 462 députés de l'Assemblée populaire nationale de l'Algérie[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

Organisation anticipée du scrutin les 5 et 6 mai pour la diaspora algérienne à Saint-Pétersbourg[2].

Lors d'un conseil des ministres, il est décidé que le nombre de députés à l'Assemblée nationale algérienne sera augmenté lors de ces législatives, passant de 389 à 462 députés ; ainsi que la participation de 17 nouveaux partis récemment légalisés par le ministère de l'Intérieur[3].

Campagne électorale[modifier | modifier le code]

Après son départ de l'Alliance présidentielle, en janvier 2012[4], le Mouvement de la société pour la paix (MSP) décide de créer avec d'autres formations islamistes l'Alliance de l'Algérie verte[5]. Cette confédération a pour objectif d'augmenter le nombre de leurs élus au sein de l'Assemblée populaire nationale.

Le 2 mars 2012, le FFS annonce qu'il participera à l'élection alors qu'il avait boycotté les élections législatives de 2002 et de 2007[6].

Le 19 mars 2012, le président Abdelaziz Bouteflika appelle ses compatriotes à aller massivement voter aux législatives[7].

Des observateurs étrangers envoyés par différents organismes (7 membres du panel de l’Organisation des Nations, 164 observateurs de l’Union européenne, 132 observateurs de la Ligue arabe,174 observateurs de l'Union africaine, 18 observateurs de l’Organisation de la coopération islamique, 2 observateurs de la fondation Carter, 8 observateurs du National Démocratique Institut)[8] seront là pour garantir la transparence du scrutin, car l'opposition dénonce systématiquement des fraudes en faveur des partis au pouvoir depuis l'instauration du multipartisme en 1989[9].

Une abstention importante était attendue lors de ce scrutin[10].

Résultats[modifier | modifier le code]

Le taux de participation a atteint 42,90 %[11],[12],[13]. Les résultats annoncés publiquement par le ministre de l'intérieur et des collectivités locales Daho Ould Kablia le 11 mai 2012[14] :

Taux national de participations préliminaires par wilaya à la clôture[15]
Parti Voix[16]  % +/- Députés +/-
Front de libération nationale (FLN) 1 324 363 14,18 % en diminution 221 (dont 68 femmes) 85 en augmentation
Rassemblement national démocratique (RND) 524 027 05,61 % en diminution 70 (dont 23 femmes) 09 en augmentation
Alliance de l'Algérie verte (AAV) 475 049 05,09 % en augmentation 47 (dont 15 femmes) 13 en diminution
Front des forces socialistes (FFS) 188 275 02,02 % en augmentation 21 (dont 7 femmes) 21 en augmentation
Parti des travailleurs (PT) 283 585 03,04 % en diminution 17 (dont 10 femmes) 09 en diminution
Indépendants 671 190 07,19 % en diminution 19 (dont 5 femmes) 14 en diminution
Front national algérien (FNA) 198 544 02,13 % en diminution 9 (dont 3 femmes) 04 en diminution
Parti de la Justice (Addala) 232 676 02,49 % en augmentation 7 (dont 1 femme) 07 en augmentation
Mouvement populaire algérien (MPA) 165 600 01,77 % en augmentation 6 (dont 2 femmes) 06 en augmentation
Al Fedjr Al Djadid 132 492 01,42 % en augmentation 5 (dont 1 femme) 05 en augmentation
Front du changement (FC) 173 981 01,86 % en augmentation 4 (dont 1 femme) 04 en augmentation
Parti national pour la solidarité et le développement (PNSD) 114 372 01,22 % en diminution 4 (dont 1 femme) 02 en augmentation
Rassemblement algérien (RA) 117 549 01,26 % en diminution 4 (dont 1 femme) 03 en augmentation
Union des forces démocratiques et sociales (Al Itihad) 114 481 01,23 % en augmentation 3 (dont 2 femmes) 03 en augmentation
Alliance nationale républicaine (ANR) 109 331 01,17 % en diminution 3 (dont 1 femme) 01 en diminution
Front national pour la justice sociale (FNJS) 140 223 01,50 % en augmentation 3 03 en augmentation
Ahd 54 120 201 01,29 % en diminution 3 01 en augmentation
Front El-Moustakbal (FM) 174 708 01,87 % en augmentation 2 02 en augmentation
Mouvement national de l'éspérance (MNE) 119 253 01,28 % en diminution 2 00 en stagnation
Rassemblement patriotique républicain (RPR) 114 651 01,23 % en diminution 2 (dont 1 femme) 00 en stagnation
Mouvement des citoyens libres (MCL) 115 631 01,24 % en augmentation 2 (dont 1 femme) 02 en augmentation
Parti des Jeunes (PJ) 102 663 01,10 % en augmentation 2 (dont 1 femme) 02 en augmentation
Parti Ennour algérien (PED) 48 943 00,52 % en augmentation 2 (dont 1 femme) 02 en augmentation
Parti El-Karama 129 427 01,39 % en augmentation 1 (dont 1 femme) 01 en augmentation
Parti du renouveau algérien (PRA) 118 218 01,27 % en diminution 1 03 en diminution
Mouvement El-Infitah 116 384 01,25 % en diminution 1 02 en diminution
Front national des indépendants pour la concorde (FNIC) 107 833 01,15 % en diminution 1 02 en diminution
Front national démocratique (FND) 101 643 01,09 % en diminution 1 00 en stagnation
Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) (boycott[17]) 00,00 % en diminution 0 19 en diminution
Autres 1 299 686 13,92 % 0 22 en diminution
Bulletins Nuls 1 704 047[18] 18,25 % - -
TOTAL (participation : 43,14 %) 9 339 026[19] 100,00 % N/A 462 (dont 147 femmes)[20] 73 en augmentation

Analyse[modifier | modifier le code]

Le FLN remporte les élections en améliorant sa performance passant de 136 à 220 sièges dont 68 femmes. Le RND du premier ministre Ahmed Ouyahia remporte six sièges supplémentaires dont 23 femmes. Les partis islamistes subissent un important revers en terminant troisième[21],[22].

Le FLN détient désormais 47,81% des sièges de l'APN (221/462) alors qu'il n'a obtenu que 14,18% des suffrages exprimés c'est-à-dire à peine 6% des inscrits. Il doit ce succès, entre autres, à la légalisation de 17 partis à la veille des législatives. Cette atomisation de l'électorat de l'opposition ainsi qu'un scrutin majoritaire à deux tours mènent à ce genre de représentativité.

À la suite de l'introduction de quotas dans les listes électorales, 147 femmes ont été élues députées au parlement, soit près d'un tiers des députés, un taux supérieur à plusieurs pays européens dont la France[23].

Réactions[modifier | modifier le code]

Réactions nationales[modifier | modifier le code]

Le gouvernement algérien déclare que le taux de participation aux élections législatives de jeudi était de 42,9 % lors d'un vote largement considéré comme un test de la légitimité de l'élite dirigeante.

Le chiffre, annoncé jeudi soir par Daho Ould Kablia, ministre de l'Intérieur, a marqué une amélioration sur la participation lors des dernières élections en 2007 et a été revendiqué par un certain appui pour une des dernières réformes politiques introduites dans le sillage du printemps arabe.

Les partis islamistes dénoncent une « grande manipulation des résultats », tandis que le RCD, qui a boycotté les élections, conteste le taux de participation officiel et estime qu'il n'a pas dépassé 18 %[24]. Le président du FJD Abdallah Djaballah dénonce le scrutin législatif et menace le pays d'une révolution[25].

Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, ne considère pas ces élections comme honnêtes mais comme une «mascarade et (...) un véritable hold-up électoral» en ajoutent «pensez-vous sérieusement que le peuple algérien est masochiste au point de voter aussi massivement pour le FLN ?». Elle lance l’idée de l'élection d'une Assemblée constituante qui d'après elle pourra sauver le pays du régime du parti unique et de construire la «2e République»[26].

De nombreux observateurs, dont le président de l'assemblé sortante, M. Abdelaziz Ziari[27], considèrent que le vote en faveur du FLN est dû, entre autres,à l'appel du président Bouteflika.

Réactions internationales[modifier | modifier le code]

  • Drapeau de l’Union européenne Union européenne : Ignacio Salafranca, chef de l'équipe d'observateurs de l'UE dit les élections législatives de 2012 sont « une première étape dans le processus de réforme qui devra être soutenu, après une révision de la Constitution, par un approfondissement de la démocratie ». Il cite aussi que les observateurs internationaux se sont vu refuser l'accès à un registre national des électeurs, ce qui contredit les promesses de transparence. Toutefois, il a félicité l'atmosphère calme dans lequel les élections ont eu lieu[28].
  • Flag of OIC.svg Organisation de la coopération islamique : l'OCI a décrit les élections comme « réussie et démocratique » et qu'ils sont passer « d'une manière organisée, transparente et pacifique »[28].
  • Drapeau des États-Unis États-Unis : Hillary Clinton a salué ces élections : « ces élections - et le nombre élevé de femmes élues, sont une étape bienvenue dans le progrès de l'Algérie vers une réforme démocratique »[28].
  • Drapeau de la France France : Paris salue la tenue du scrutin estimant qu'il s'était « globalement déroulé dans le calme et sans incident majeur », sans commenter les accusations de « manipulation » lancées par les islamistes[29].
  • Drapeau de l'Espagne Espagne : un communiqué du José Manuel García-Margallo ministre des Affaires étrangères a félicité « les autorités et le peuple algériens pour le bon déroulement des législatives » en exprimant son soutien aux réformes engagées en Algérie[30],[31].
  • Tunisie Tunisie : Moncef Marzouki le présidence de la République tunisienne a félicité le peuple et le gouvernement algériens, sa « profonde conviction » que la nouvelle APN « œuvrera à rapprocher davantage les deux peuples frères » et ce, dans le cadre de la « consécration d'un Grand Maghreb »[30],[32].
  • Drapeau du Qatar Qatar : a salué le caractère « impartial et transparent » des élections[30],[33].
  • Drapeau de la Turquie Turquie : l'ambassadeur de Turquie en Algérie a fait une « remarque » au chef de la mission européenne et s'est montrée sceptique sur les résultats des élections annoncés par le ministre de l’Intérieur algérien car il n’a pas donné le nombre des suffrages obtenus par les partis politiques, seule la répartition des sièges ayant été annoncée et a mis en doute la transparence des élections[34].
  • Drapeau de l'Italie Italie : Giulio Terzi, ministre italien des Affaires étrangères s'est félicitée du « bon déroulement » du scrutin et « la décision des autorités algériennes d'accueillir une grande mission d'observateurs de l'UE »[35].
  • Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni : William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères a déclaré qu'il félicitait « le peuple algérien pour les élections législatives et salue la décision du gouvernement algérien de permettre aux observateurs de l'UE de contrôler les élections » et a salué la plus grande représentation des femmes dans le nouveau parlement[35].
  • Drapeau de la Russie Russie : Mikhail Margelov, envoyé spécial du président russe pour l'Afrique, a indiqué que les résultats de ces législatives ont démontré que l'extrémisme islamiste « ne jouissait d'aucun soutien de la part des Algériens » à cause de l'expérience vécue par le peuple dans les années 1990[35].
  • Flag of the Sahrawi Arab Democratic Republic.svg RASD : le président de la République arabe sahraouie démocratique, non-internationalement reconnue, Mohamed Abdelaziz, a félicité le président de la République algérienne pour le succès des élections[35].
  • Flag of the Arab League.svg Ligue arabe : Hanafi Wajih, le chef de la mission des observateurs de la Ligue arabe, a déclaré que «l'élection a été libre et transparente, et le peuple algérien a exprimé son choix sans contrainte.»[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Algérie : législatives le 10 mai prochain », Le Figaro, 9 février 2012.
  2. Communiqué de l'ambassade d'Algérie à Moscou. Consulté le 8 mai 2012.
  3. « Algérie : le président Bouteflika fixe au 10 mai les élections législatives », Le Point, 9 février 2012.
  4. « Algérie : les islamistes modérés au secours du régime », Le Figaro, 12 février 2012.
  5. « Législatives: Trois partis islamistes créent "l'Alliance de l'Algérie verte" », Le Nouvel Observateur, 8 mars 2012.
  6. « Algérie : le FFS ira aux législatives », Le Figaro, 2 mars 2012.
  7. « Algérie : Bouteflika veut un vote massif », Le Figaro, 19 mars 2012.
  8. Nombre d’observateurs internationaux site du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales, consulté le 13 mai 2012
  9. « Algérie : mission d'observation de l'UE », Le Figaro, 16 avril 2012.
  10. « L'élection d'Hollande éclipse les élections algériennes », Le Figaro, 7 mai 2012.
  11. Législatives algériennes : 43 % des électeurs ont voté, Le Figaro, 10 mai 2012.
  12. Algérie : participation en hausse, Le Figaro, 10 mai 2012.
  13. Algérie : participation en hausse, Le Figaro, 10 mai 2012.
  14. Élections législatives 2012 : le FLN premier avec 220 sièges, Liberté, 11 mai 2012
  15. [PDF]Taux national de participations préliminaires par wilaya à la clôture site du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales, consulté le 13 mai 2012
  16. « Législatives 2012 : « Le conseil constitutionnel rend public les résultats officiels » », El Watan,‎ 16 mai 2012 (ISSN 1111-0333, lire en ligne).
  17. (en)Algerian regime tightens grip despite Arab Spring Khadige, Beatrice. AFP, Consulté 12 mai 2012
  18. [PDF]Synthèse des Résultats site du ministère de l'intérieur et des collectivités locales, Consulté le 13 mai 2012
  19. Le Conseil constitutionnel proclame les résultats officiels El Moudjahid
  20. Lamia Tagzout, « actualité : « 147 femmes à l’Assemblée, qu’est-ce que ça va changer ? » », El Watan week-end, no 163,‎ 18 mai 2012, p. 6 (ISSN 1111-03333, lire en ligne).
  21. Algérie : le FLN en tête des législatives, Le Figaro, 11 mai 2012.
  22. Algérie : le FLN remporte les législatives, Le Figaro, 11 mai 2012.
  23. L'Algérie à contre-courant du printemps arabe, Le Monde, 12 mai 2012.
  24. Législatives en Algérie : les islamistes dénoncent « une grande manipulation des résultats », Le Monde.fr, 11 mai 2012.
  25. Algérie : un parti islamiste proteste, Le Figaro, 13 mai 2012.
  26. L. S., « Louisa Hanoune à propos des législatives : « Un hold- up électoral » », Info Soir, no 2683,‎ 13 mai 2012, p. 4 (ISSN 1112-9379, lire en ligne).
  27. http://www.slateafrique.com/87249/legislatives-en-algerie-la-victoire-du-fln-obtenue-grace-au-president-bouteflika
  28. a, b et c (en)US hails Algerian election despite suspicions Mojon, Jean-Marc, Consulté le 14 mai 2012
  29. Paris salue le scrutin en Algérie, Le Figaro, 11 mai 2012.
  30. a, b et c Abdelkrim Amar, « Etranger : « Des réactions positives » », L'Expression, no 3508,‎ 13 mai 2012, p. 04 (ISSN 1112-3397, lire en ligne).
  31. « Législatives 2012 : « L’Espagne félicite l'Algérie pour le bon déroulement du scrutin » », Liberté, no 5996,‎ 13 mai 2012, p. 04 (ISSN 1111-4290, lire en ligne).
  32. « La Tunisie félicite l'Algérie pour le succès des élections législatives », La Nouvelle République, no 4325,‎ 13 mai 2012, p. 2 (lire en ligne).
  33. « Législatives 2012 : « Le Qatar salue un scrutin transparent en Algérie » », Liberté, no 5996,‎ 13 mai 2012, p. 04 (ISSN 1111-4290, lire en ligne).
  34. « actuel : « Grave ingérence de la Turquie dans les affaires algériennes » », La Nouvelle République, no 4326,‎ 14 mai 2012, p. 2 (lire en ligne).
  35. a, b, c et d Plusieurs pays saluent le déroulement « honnête » et « transparent » du scrutin Ennahar du 13 mai 2012, consulté le 14 mai 2012
  36. (en)Inside Story : « Is Algeria immune to the 'Arab Spring'? » sur Al Jazeera, Consulté le 15 mai 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]