Élection présidentielle égyptienne de 2012

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Élection présidentielle égyptienne de 2012
2005  link= 2005 2005
Élection présidentielle égyptienne de 2012
Mohamed Morsi
Élection présidentielle égyptienne de 2012
Ahmed Chafik
Parti de la Liberté et de la Justice Indépendant
Résultats du 2nd tour
0 voix 0 voix
0 % 0 %
Président sortantMohamed Hussein Tantawi  link= Président sortantMohamed Hussein Tantawi Président sortant
Mohamed Hussein Tantawi
Président élu
Président élu  link= Président élu


Égypte
Coat of arms of Egypt (Official).svg
Cet article fait partie de la série sur la
politique de l'Égypte,
sous-série sur la politique.


v · d · m

L'élection présidentielle égyptienne de 2012 sera la seconde élection présidentielle de l'histoire de l'Égypte, après celle de 2005. Après la révolution de janvier-février 2011 et la démission du président Hosni Moubarak avant la fin de son mandat, le Conseil suprême des forces armées, qui assure l'intérim, annonce que l'élection présidentielle aura lieu à l'issue de la période de transition de six mois, au mois de septembre 2011. Le premier tour a eu lieu les 23 et 24 mai et le second tour est prévu pour les 16 et 17 juin[1].

Il devrait s'agir de la première élection libre de l'histoire du pays et elle sera précédée d’élections législatives renouvelant le Parlement dissous par le Conseil suprême des forces armées le 13 février 2011.

Le 10 mai 2012, pour la première fois de l'histoire du pays, a lieu un débat télévisé entre les deux principaux candidats à l'élection présidentielle : Amr Moussa et Abdel Moneim Abou El-Fotouh[2].

Sommaire

[modifier] Contexte

Les manifestants fêtent le départ d'Hosni Moubarak place Tahrir le 11 février 2011.
Article détaillé : Révolution égyptienne de 2011.

Il s'agit de la seconde élection multipartite qui ait lieu en Égypte après celle de 2005, qui a vu la réélection d'Hosni Moubarak à la présidence de la République égyptienne avec un score de 88,5 % ; son concurrent Ayman Nour, a quant à lui obtenu 7,5 % des voix.

De 2005 à janvier 2011, le président sortant Hosni Moubarak est soupçonné, avec son épouse Suzanne, de préparer son fils Gamal à sa succession au palais d'Abedin. Or, ce dernier n'est pas issu des milieux de l'armée et est mal vu par cette dernière quant à une éventuelle succession à la présidence de la République égyptienne.

Hosni Moubarak, du fait des protestations égyptiennes de 2011, renonce à présenter sa candidature pour un sixième mandat et à faire de son fils son héritier politique, mais il nomme un fidèle, Omar Souleiman vice-président de la République d'Égypte, le 29 janvier 2011, poste laissé vacant par Moubarak lors de son accession au pouvoir en 1981 ; selon des observateurs politiques, ce dernier, chef des Services de renseignements égyptiens, est bien parti pour devenir le successeur potentiel du président Moubarak en septembre.

Hosni Moubarak s'exile à Charm el-Cheikh le 11 février après avoir remis le pouvoir à l'armée. Omar Souleiman, le vice-président et Mohamed Hussein Tantawi, président du Conseil militaire suprême, assurent l'intérim et promettent que l'armée rendra le pouvoir à un gouvernement civil et démocratique. Le rôle de l'armée pendant la révolution, qui était restée neutre, la rend légitime pour assurer cette mission.

Le référendum constitutionnel du 19 mars est largement approuvé : les amendements constitutionnels prévoient notamment un mandat de quatre ans pour le président, renouvelable une seule fois.

[modifier] Candidats

[modifier] Candidats déclarés

23 candidats se sont officiellement présentés[3].

[modifier] Amr Moussa

Amr Moussa, ex-secrétaire général de la Ligue arabe s'est déclaré candidat[4] le 27 février 2011.

[modifier] Abdel Moneim Aboul Fotouh

Abdel Moneim Aboul Fotouh est un ancien membre des Frères musulmans. Il a été exclu de son organisation le 19 juin, en raison de l’annonce de sa candidature[5].

[modifier] Ahmed Chafik

Le général Ahmed Chafik est né en 1941. De 1996 à 2002, il est Chef d’état-major de l’armée de l’air égyptienne, puis ministre de l’aviation civile et commandant de l’armée de l’air égyptienne. Il fait sa carrière sous les ordres de Hosni Moubarak. La haute commission électorale présidentielle égyptienne en acceptant la plainte d'Ahmed Chafik dont le nom avait été éliminé de la liste des candidats lui a permis de participer à l'élection.

[modifier] Hamdine Sabahi

Hamdine Sabahi est un des chefs du parti Karama héritier du nassérisme[6] et a annoncé sa candidature[4].

[modifier] Mohamed Selim al-Aoua

Le penseur islamiste Mohamed Selim al-Aoua, officiellement candidat, est crédité de 21 % d’intentions de vote dans le sondage informel lancé sur la page Facebook du Conseil suprême des forces armées[7].

[modifier] Mohamed Morsi

Candidat du Parti de la Liberté et de la Justice, vitrine politique des Frères musulmans et grand vainqueur des législatives de 2012. Sa candidature en catimini, pour pallier une annulation, ne reçoit pas le soutien populaire espéré.

[modifier] Hicham el-Bastawissi

Hicham el-Bastawissi est le vice-président de la Cour de cassation. Lors des élections de 2005, son action et celle de nombreux juges a permis de dénoncer les fraudes massives[6]. Il a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle[8],[4].

[modifier] Candidatures annulées par la commission électorale

Le 14 avril, la commission électorale annule les candidatures de 10 candidats[9].

[modifier] Omar Souleiman

Ancien chef des services secrets et vice-président sous Moubarak, beaucoup d'Égyptiens lui faisaient confiance sur le plan de la sécurité[7], Omar Souleiman annonce sa candidature le 6 avril 2012[10]. Sa nomination comme vice-président en janvier 2011 avait fait de lui le successeur constitutionnel présomptif du président en fonction en cas de vacance anticipée. La prise du pouvoir par le Conseil supérieur des forces armées l'a mis à l'écart.

[modifier] Khairat al-Chater

Membre influent des Frères musulmans, Khairat al-Chater est nommé candidat du Parti de la Liberté et de la Justice‎ le 31 mars 2012[11]. Le parti présente aussi Mohamed Morsi comme candidat au cas où al-Chater est déclaré inéligible.

[modifier] Hazem Saleh Abou-Ismaïl

Ce salafiste ancien membre des Frères musulmans est crédité de 10 % d’intentions de vote dans le sondage informel lancé sur la page Facebook du Conseil suprême des forces armées[7].

[modifier] Ayman Nour

Ayman Nour, déjà candidat en 2005 et chef du parti Hizb al-Ghad dépose sa candidature[4]. Il a passé quatre ans en prison après l’élection de 2005[4].

[modifier] Anciens candidats

Candidats qui ont retiré leur candidature ou qui n'ont pas pu compléter leur dossier de candidature.

[modifier] Bouthaina Kamel

Bouthaina Kamel se déclare candidate à la présidence en avril 2011. Cette militante des droits de l'homme et animatrice de télévision, née en 1962, bénéficie d'une légitimité révolutionnaire. Elle se bat en outre depuis les années 1990 pour la modernisation de la société égyptienne, notamment autour des questions de la liberté sexuelle, de l'égalité hommes-femmes et du harcèlement sexuel[12]. Elle milite également pour l'abaissement de l'âge de l'éligibilité de 30 à 22 ans, pour la réduction de la pauvreté et une révolution sociale, la paix religieuse[13].

[modifier] Mohamad Abou-Zeid Al-Fiqi

Mohamad Abou-Zeid Al-Fiqi, professeur à l’université Al-Azhar, s’est officiellement porté candidat[7].

[modifier] Mansour Hassan

L'ancien ministre Mansour Hassan se porte candidat le 7 mars 2012[14].

[modifier] Candidats pressentis

[modifier] Hosni Moubarak

Hosni Moubarak, né en 1928, est un général de l'armée égyptienne, arrivé au pouvoir en octobre 1981, après l'assassinat d'Anouar el-Sadate. Aux référendums de 1987, 1993, et enfin 1999, il a toujours remporté les scrutins avec des scores au minimum de 80 %. Lors de l'élection présidentielle multipartite de 2005, il a remporté l'élection face à l'opposant Ayman Nour, avec un score de 88,5 %.

En 2010, il reste silencieux sur une éventuelle candidature à sa propre succession et pense être libre de préparer son fils Gamal à sa succession. Or, en janvier 2011, une vague de protestations populaires déferle sur le monde arabe, dont l'Égypte. C'est ainsi que le 1er février 2011, le président promet « des réformes économiques et politiques », et annonce qu'il ne sera pas candidat à l'élection[15] et son vice-président Omar Souleiman annonce que le raïs renonce à faire de Gamal Moubarak le candidat du PND, le parti au pouvoir en Égypte. Le 11 février 2011, Moubarak démissionne de son poste présidentiel suite à une série de protestations du peuple égyptien.

[modifier] Gamal Moubarak

Gamal Moubarak, fils de l'ancien président Hosni Moubarak, est un banquier égyptien qui a fait des études d'affaires notamment à Londres, au Royaume-Uni. Sa candidature a toujours été une rumeur. En revanche, il n'a jamais lui-même annoncé se présenter.

Le mouvement populaire engagé en janvier 2011 semble condamner une telle candidature. En janvier 2011, le vice-président égyptien Omar Souleiman annonce que Gamal Moubarak ne sera pas candidat à la succession de son père.

[modifier] Ahmed Zewail

Ahmed Zewail, prix Nobel de chimie, a démenti les rumeurs le donnant candidat.

[modifier] Mohamed El Baradei

Mohamed El Baradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), prix Nobel de la paix en 2005, a déclaré dès novembre 2009 qu'il pourrait présenter sa candidature à la présidentielle[16]. Après le début de la révolution, il retourne en Égypte où il s'affirme en tant qu'opposant. Il a annoncé sa candidature le 10 mars 2011 sur ON TV.

Le 14 janvier 2012, il annonce qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle[17].

[modifier] Sondages d'opinion

Sondage Amr Moussa Omar Souleiman Ahmed Zewail Mohamed El Baradei Hosni Moubarak Ayman Nour Ahmed Chafik Mohamed Selim al-Aoua Hazem Salah Abou-Ismaïl Hamdine Sabbahi Hicham el-Bastawissi Bossayna Kamel Abdel Moneim Aboul Fotouh Mohamed Hussein Tantawi Autres candidats Ne sait pas / refuse de répondre
Washington Institute (du 5 au 8 février)
26 %
17 %
Pas questionné
3 %
16 %
1 %
Pas questionné Pas questionné Pas questionné Pas questionné Pas questionné Pas questionné
Pas questionné
Pas questionné
3 %
33 %
YouGov Siraj[18] (du 15 au 20 février)
49 %
9 %
13 %
2 %
Pas questionné
2 %
Pas questionné Pas questionné Pas questionné Pas questionné Pas questionné Pas questionné
Pas questionné
Pas questionné
-
25 %
Sondage volontaire sur la page Facebook du Conseil suprême des forces armées[7] (du 19 juin au 26 juillet (en cours))
6 %
3 %
-
31 %
Pas questionné
7 %
12 %
21 %
10 %
2 %
2 %
0
-
-
-
-
Sondage Newsweek/The Daily Beast auprès de 1.008 Égyptiens issus de 19 gouvernorats (du 24 juin au 4 juillet) : hypothèse d'une élection ouverte
16 %
4 %
-
12 %
-
4 %
12 %
6 %
-
2 %
4 %
-
5 %
5 %
18 %
27 %
Sondage Newsweek/The Daily Beast auprès de 1.008 Égyptiens issus de 19 gouvernorats (du 24 juin au 4 juillet) : hypothèse d'une élection à trois candidats
47 %
-
-
19 %
-
-
-
-
-
-
-
-
16 %
-
-
18 %
Sondage ACPSS/DIPD auprès de 2406 Égyptiens issus de 21 gouvernorats (du 5 au 17 août)
44 %
9 %
-
4 %
-
6 %
12 %
5 %
5 %
5 %
4 %
0 %
2 %
-
4 %
45 %

[modifier] Lien externe

[modifier] Notes

  1. Égypte : présidentielle maintenue au 23/5, Le Figaro, 12 mai 2012.
  2. Égypte : 1er débat télévisé de l'histoire, Le Figaro, 10 mai 2012.
  3. المتقدمون للترشح لرئاسة جمهورية مصر العربية 2012, Comité électoral
  4. a, b, c, d et e Nathan J. Brown, « Egypt’s New Constitution: an Update », Arab Reform, publié le 29 mars 2011, consulté le 21 juin 2011
  5. Hélène Sallon, « Les Frères musulmans égyptiens rattrapés par la révolution », Printemps arabe, blog du Monde, publié le 27 juin
  6. a et b Claude Guibal, Tangi Salaün, L’Égypte de Tahrir : anatomie d’une révolution, Paris : Seuil, 2011. ISBN 978-2-02-103938-2, p. 225
  7. a, b, c, d et e Marianne Youssef, « Un président virtuel », Al-Ahram Hebdo en ligne, no 877, du 29 juin au 5 juillet 2011
  8. Lamiaa Al-Sadaty, « Magistrat ... et pourquoi pas président ? », Al-Ahram Hebdo en ligne, no 871 du 18 au 24 mai 2011
  9. AFP, « En Egypte, le pouvoir militaire rencontre les partis, en pleine crise électorale » sur France 24, 15 avril 2012. Consulté le 15 avril 2012
  10. (en) Islamists reject Omar Suleiman's presidential bid, Al-Ahram, 7 avril 2012
  11. Égypte : les Frères auront un candidat, Le Figaro, 31 mars 2012.
  12. Nadéra Bouazaza, « Egypte: une femme brigue la présidence », L'Express, publié le 17 juin 2011, consulté le 27 juin 2011
  13. Abdalla Hassan, « Muslim Woman Seeks Egyptian Presidency », The New York Times, publié le 15 juin 2011, consulté le 28 juin 2011
  14. Égypte : L'ancien ministre Mansour Hassan candidat à la présidentielle, 20 minutes (France), 7 mars 2012. Consulté le 9 mars 2012
  15. Egypte : Moubarak pressé de toutes parts vers la sortie, Le Nouvel Observateur, 2 février 2011
  16. (fr) El Baradei candidat à la présidence égyptienne
  17. Égypte/présidentielle : El Baradei renonce, Le Figaro, 14 janvier 2012.
  18. First Egyptian Poll reveals huge support for Amr Moussa, YouGov

[modifier] Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :


Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils
Autres langues