Éléphant d'Asie

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Elephas maximus

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Éléphant d'Asie

Description de cette image, également commentée ci-après

Éléphant d'Asie

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Proboscidea
Famille Elephantidae

Genre

Elephas
Linnaeus, 1758

Nom binominal

Elephas maximus
Linnaeus, 1758

Statut de conservation UICN

( EN )
EN  : En danger

Répartition géographique

Description de l'image  Elphas_maximus_range.png.
Description de l'image  image:ElephantSkelLyd2.png .

Squelette d'éléphant d'Inde

L'éléphant d'Asie (Elephas maximus) est un mammifère de la famille des éléphantidés. Il fait partie des éléphants contemporains survivants.

Description morphologique[modifier | modifier le code]

L'éléphant, gravure colorée de 1890

Les mâles mesurent de 2,5 à 3,5 mètres (3 m en moyenne) contre 2 à 3 mètres (2,5 m en moyenne) de haut au garrot pour les femelles. Le poids varie de 3 à 5 tonnes (4 t en moyenne) pour les mâles contre 2 à 3,5 tonnes (2,75 t en moyenne) pour les femelles, pour une longueur comprise de 5,5 à 6,5 mètres (6 m en moyenne)[1]. Il ne présente qu'un seul « doigt » préhensile au bout de la trompe et possède des oreilles assez petites. Le crâne forme deux bosses proéminentes et les défenses sont absentes chez les femelles et un certain nombre de mâles.

Il est plus petit que son cousin africain. Vivant en troupeau restreint mené par une femelle, il passe son temps à arpenter la forêt à la recherche de sources de nourriture pour satisfaire son régime végétarien. Souvent domestiqué, il est utilisé comme monture ou animal de trait. Autrefois présent sur l'ensemble du continent asiatique, il n'occupe plus aujourd'hui qu'un territoire réduit. À l'état sauvage, l'espèce est en danger, même si le commerce de l'ivoire est illégal.

Squelette et muscles[modifier | modifier le code]

L'éléphant possède deux genoux à ses membres postérieurs, qui sont constitués d'un fémur, d'une rotule et de l'association tibia-fibula. Les membres antérieurs, quant à eux, comprennent une scapula, un humérus, et l'association radius-ulna.

L'éléphant marche sur le bout des doigts[2],[3]. Les orteils sont insérés dans le pied, il y en a entre 2 et 5[4], on voit seulement les ongles, environ 3 mètres[3]. Cependant on peut voir de trois à cinq ongles en fonction des pieds[3]. Les pieds antérieurs ont une forme arrondie, alors que les pieds postérieurs ont une forme ovale. Les pieds sont composés de tissus adipeux qui agissent comme des amortisseurs[3].

Il est impossible pour un éléphant de sauter, pour des raisons d'ordre biomécanique : il lui faut toujours un pied sur le sol. Cependant il peut courir à une vitesse maximum de 20 km/h (record 24 km/h)[5].

Trompe[modifier | modifier le code]

La principale caractéristique des éléphants est leur trompe. Il s'agit d'un organe nasal allongé qui découle de la fusion de la lèvre supérieure et du nez. La trompe est un organe préhensile.

La trompe comporte entre 100 000[6] et 150 000[7] muscles ; elle est dépourvue d'os et pèse plus de 100 kg[8].

« La trompe se compose de deux longs tuyaux cylindriques, partant de l’ouverture antérieure des fosses nasales. Ces tubes se rétrécissent à la région de l’inter mâchoire, ce qui empêche l’eau pompée par la trompe de pénétrer dans la cavité nasale ; ils offrent ensuite une dilatation, puis de resserrent de nouveau à l’endroit où ils s’ouvrent dans les narines osseuses, et où ils sont couverts par un cartilage nasal ovale. (…) Les tubes sont entourés d’une multitude de faisceaux musculaires, les uns longitudinaux, les autres rayonnant vers la peau et servant à comprimer les premiers. Quelques uns enfin, mais en moins grand nombre sont circulaires. Cependant il faut distinguer de ces muscles, propres à la trompe, ceux qui servent à mouvoir l’organe en entier. Ces derniers sont comparables aux muscles de la queue. On les distingue en élévateurs et abaisseurs supérieurs et latéraux, qui naissent du front, des os propres du nez et des cartilages, tant de l’os maxillaire supérieur que de l’intermaxillaire »[9].

Le bout de la trompe d'un éléphant d'Asie est en forme de poire. L'excroissance à son extrémité a une fonction analogue à un doigt[10]. Les éléphants ne peuvent pas boire avec leur trompe, ils s'en servent comme outils pour boire[6].

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

En rose, répartition du territoire au XXe siècle et en rouge répartition actuelle.

Les quelques éléphants sauvages qui restent se trouvent en particulier au Laos, en Thaïlande, au Viêt Nam, au Népal, en Inde, en Indonésie.

Cette espèce apprécie les forêts denses ombragées où la nourriture et l'eau sont en suffisance.

Phylogénie et systématique[modifier | modifier le code]

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Cette espèce regroupe quatre sous-espèces vivantes :

et deux sous espèces éteintes :

  • Elephas maximus asurus, l’éléphant du Moyen-Orient – éteint vers 100 av. J.-C.
  • Elephas maximus rubridens, l’éléphant de Chine – éteint au XVe siècle dans l'est de la Chine

L'éléphant d'Asie et l'Homme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éléphant.
Enfants européens à dos d'éléphant dans une plantation de Sumatra à l'époque des Indes néerlandaises (vers 1890).

Traditionnellement, l'éléphant d'Asie sert de moyen de transport et a sa place dans la société. Certains humains vivent même de leur éléphant, à travers divers métiers. Des cornacs vendent aux touristes des petits sacs de nourriture pour qu'ils aient le plaisir de nourrir l'animal. Aujourd'hui, les éléphants "travaillent" dans le tourisme en faisant le cirque dans les rues. Les pachydermes deviennent footballeurs, basketteurs, masseurs, boxeurs, jongleurs, musiciens ... Peintres aussi. Les plus doués manient le pinceau avec leur trompe, guidés par leur cornac.
L'animal est très respecté et considéré comme vénérable. Pour le tournage de Sunny et l'Éléphant (2008), un chantier de débardage proche de la frontière birmane a été reconstitué. Le film fait un travail de mémoire sur la relation presque fusionnelle qui unissait jadis l'animal et son maître. A Lampang, une ONG a fondé une clinique pour les éléphants victimes des mines dans la zone frontière birmane. Plus de 2 000 bêtes ont été soignées depuis 1994.

Toutefois, cela a changé depuis l'industrialisation d'une partie de l'Asie : l'éléphant perd son statut de transporteur, remplacé par la voiture et délaissé par l'effondrement des traditions locales. Aucune place ne lui est laissée et ils sont désormais souvent interdits en ville. Leur déplacement au sein des localités est problématique : auparavant, les routes étaient essentiellement utilisées par des piétons et le pachyderme se frayait facilement un chemin, tout le monde s'écartant sur son passage. Avec l'arrivée des voitures, l'éléphant pose un problème évident : sa lenteur et sa taille imposante le rendent incompatible avec le système de circulation calqué sur celui des pays industrialisés (difficulté à contourner, lenteur).

Au Laos, une ONG ElefantAsia œuvre en faveur de l'éléphant d’Asie depuis 10 ans. Cette ONG a mis en place une unité mobile qui sillonne le Laos en délivrant gratuitement des soins aux éléphants blessés ou malades travaillant dans des camps de débardage. Depuis quelques mois, cette ONG a ouvert dans la province de Sayaboury, un hôpital pour éléphant où des vétérinaires internationaux délivrent des soins. Aussi, un programme de reproduction a été mis en place pour sauver ce pachyderme de son extinction. Aujourd'hui, au Laos on dénombre 800 éléphants dont la moitié encore sauvage. L'année passée pour 16 morts, il y a eu seulement 3 naissances, dont 2 grâce au programme de reproduction mis en place au Centre de conservation des éléphants à Sayaboury. [11]

Un bébé éléphant (et sa mère) né en octobre 2011 au centre de conservation des éléphants de Sayaboury au Laos

Décès causés par les éléphants[modifier | modifier le code]

Les décès provoqués par des éléphants sont courants dans des régions d’Afrique et d’Asie du sud, où les hommes et les éléphants coexistent. Au seul Sri Lanka, on compte 50 à 100 personnes tuées chaque année dans des conflits entre hommes et éléphants[12]. De nos jours, on trouve également des cas d’écrasements de gardiens par des éléphants captifs dans des zoos, mais qui sont considérés comme un des risques du métier[13].

Autres utilisations de l'éléphant[modifier | modifier le code]

L'éléphant commence à être domestiqué il y a plus de 4 500 ans dans la vallée de l'Indus[14]. Sa première utilisation est vraisemblablement celle d'auxiliaire de guerre : sa taille imposante effraie hommes et chevaux et il peut également servir de bête de somme en tirant des engins de siège. Toutefois, l'éléphant, enclin à la panique, s'avère parfois dangereux pour ses propres troupes[15]. L'importance des éléphants de guerre se mesure à la popularité de généraux comme Hannibal ou Alexandre le Grand qui utilisaient des éléphants. Des décorations étaient également prévues pour les cornacs méritants[15]. D'autres manifestations mettant en œuvre l'imposante masse de l'éléphant sont instaurées : au IVe siècle av. J.-C., Chandragupta Maurya invente le combat d'éléphants durant lequel deux cornacs forcent les animaux à se battre[16],[Note 1], puis les éléphants sont utilisés durant les jeux du cirque, se battant contre d'autres animaux (ours, lion) ou contre des gladiateurs[17] et donc les exécutions par éléphant. Outre ses trois utilisations guerrières, l'éléphant était et reste encore un animal de travail utilisé dans l'industrie, notamment pour le débardage[14].

Bien que les éléphants d’Afrique soient significativement plus gros que les éléphants d’Asie, les puissances africaines n’ont pas pour autant fait davantage usage de ces animaux dans leur guerre ou dans leurs affaires religieuses, car ils sont beaucoup moins faciles à dompter que leurs homologues d’Asie. Certaines anciennes puissances africaines ont fait usage des éléphants, mais il s’agissait d'une possible sous-espèce d’Afrique du Nord actuellement éteinte, Loxodonta africana pharaoensis[18]. L’emploi des éléphants dressés était donc largement restreint aux régions du monde habitées (ou autrefois habitées) par les éléphants d’Asie.

L'éléphant domestiqué peut apprendre plus de trente ordres différents. Prélevé dans la nature, chaque pachyderme se voit désigner un unique dresseur qui l'accompagnera durant toute sa vie, appelé mahout ou cornac[14].

Anecdote[modifier | modifier le code]

Deux mathématiciens indiens ont reçu le prix Ig Nobel de mathématiques en 2002[19] pour avoir découvert une formule[20] qui permet de calculer la surface s d’un éléphant d’Asie à partir de sa hauteur au garrot h (en mètres) et de la circonférence c (en mètres) de l’empreinte de son pied :

s = 6,807h + 7,703c - 8,245

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) À la découverte du monde sauvage, International Masters Publishers BV/IMP.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette pratique, jugée barbare et interdite par Açoka dès le IIIe siècle avant J.-C., se pratiquait encore à la cour de Shah Jahan

Références[modifier | modifier le code]

  1. Vie Animale, Eléphant d'Asie
  2. (fr) L'éléphant - Mythes et réalités, K. Gröning, M. Saller (dir.), Könemann, 1999.
  3. a, b, c et d (fr) « The Feet » (consulté le 16 avril 2009)
  4. (fr) Henri Milne-Edwards, Éléments de zoologie: ou Leçons sur l'anatomie, la physiologie, la classification et les mœurs des animaux, Crochard,‎ 1834, relié, 402 p. (lire en ligne)
  5. (fr) « L'éléphant est un coureur » (consulté le 16 avril 2009)
  6. a et b (en) « About elephants » (consulté le 15 avril 2009)
  7. (en) (en) Michael Hutchins, Grzimek's : Animal Life Encyclopedia, vol. 15 : Mammals IV, Series Editor,‎ 2003, relié (ISBN 0787657913)
  8. (fr) Sébastien Duffillot, « La trompe de l’éléphant » (consulté le 13 avril 2009)
  9. (fr) Carl Gustav Carus, A. J. L. Jourdan, Florencio Porpeta Llorente, Julián Calleja Sánchez, Antonio Fernández Carril, Traité élémentaire d'anatomie comparée: suivi de recherches d'anatomie philosophique ou transcendante sur les parties primaires du système nerveux et du squelette intérieur et extérieur, et accompagné d'un atlas de 31 planches in-4o, gravées,‎ 1835 (présentation en ligne), p. 438
  10. (fr) « Les éléphants » (consulté le 7 avril 2009)
  11. Elephant conservation center, Sayaboury, Laos
  12. "People–Elephant Conflict: Monitoring how Elephants Use Agricultural Crops in Sri Lanka", parc zoologique national de Washington. Retrieved on 29 février 2008.
  13. "Accidents with Elephants" Elephant Magazine. Retrieved on 29 février 2008.
  14. a, b et c (en) Murray E. Fowler, Susan K. Mikota, Biology, medicine, and surgery of elephants, Wiley-Blackwell,‎ 2006, 565 p. (ISBN 0813806763)
  15. a et b (fr) Gérard Sourinia, Des éléphants, des hommes et de l'ivoire, Sang de la Terre, coll. « Les dossiers de l'écologie »,‎ 19 octobre 2000, 238 p. (ISBN 2869851243), « La domestication, les auxiliaires de guerre, les jeux du cirque : du meilleur et du pire dans les relations avec les hommes », p. 131-140
  16. (fr) Gérard Busquet et Jean-Marie Javron (préf. Marcel Cohem), Tombeau de l'éléphant d'Asie, Chandeigne,‎ juin 2002 (ISBN 2-906462837), p. 51-54
  17. (fr) Denis-Huot Christine, Incroyables Éléphants, White Star,‎ 18 janvier 2009 (ISBN 978-8861121935)
  18. (en) BBC Science and Nature, « the Forest elephant », sur http://www.bbc.co.uk (consulté le 4 août 2009)
  19. http://improbable.com/ig/winners/#ig2002
  20. La publication sur le site du National Center for Biotechnology Information