Église suburbicaire

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Dans l'Église catholique, un diocèse suburbicaire est, d'une part, un titre cardinalice réservé aux cardinaux-évêques[1] et, d'autre part, un diocèse suffragant du diocèse de Rome.

Les fonctions de cardinal-évêque et d'évêque diocésain ont longtemps été confondues. Elles sont aujourd'hui distinctes[2].

Le nombre et les noms des diocèses suburbicaires ont varié. Aujourd'hui, les sept diocèses suburbicaires sont ceux d'Ostie, d'Albano, de Frascati, de Palestrina, de Porto-Santa Rufina, de Sabina-Poggio Mirteto et de Velletri-Segni.

En tant que titre cardinalice, le diocèse d'Ostie a pour titulaire le cardinal-doyen[3] qui préside le Collège des cardinaux[4]. En tant que diocèse, son siège est vacant, son administration étant confiée au vicaire général du diocèse de Rome qui y délègue un administrateur apostolique.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Emprunté au bas latin suburbicarius, dérivé de sub signifiant « sous, près de » et de urbicĭcārĭŭs signifiant « de ville, qui appartient à une ville ». Ce mot faisait partie du vocabulaire administratif romain et fut ensuite repris dans la langue de l’Église.

Diocèses suburbicaires[modifier | modifier le code]

La particularité des diocèses suburbicaires est d'avoir pour évêque titulaire les cardinaux les plus haut placés de l'ordre protocolaire; les cardinaux-évêques, tandis qu'un évêque auxiliaire s'occupe de l'administration réelle du diocèse.

Les sept diocèses suburbicaires sont :

Histoire[modifier | modifier le code]

D'après le fragment 205[5] des Fragmenta Vaticana, Ulpien appelle urbica dioecesis les cent milles hors de laquelle le preafectus Vrbis, préfet de la Ville de Rome, abandonne sa postestas.

L'implication de plus en plus nette des cardinaux-évêques dans l'administration de la Curie pontificale a conduit ces derniers à délaisser les affaires de leur propre diocèse. Dès lors, certains d'entre eux, en particulier les cardinaux-évêques de Sabina et Velletri, ont depuis des siècles des évêques auxiliaires qui s'occupent de l'administration réelle de leur diocèse.

Par la constitution apostolique Apostolicæ Romanorum Pontificum du 15 avril 1910[6], le pape Pie X, considérant que les cardinaux-évêques ne pouvaient assurer leur double charge d'évêque et de cardinal, prescrit que les diocèses suburbicaires auraient des évêques dits suffragants, qui assureraient les fonctions épiscopales.

Par la constitution apostolique Ex actis tempore du 1er février 1915[7], le pape Benoît XV abroge la Apostolicæ Romanorum Pontificum.

Par la Suburbicarii Sedis du 11 avril 1962[8], le pape Jean XXIII rétablit, en l'adaptant, Apostolicæ Romanorum Pontificum : depuis, les cardinaux-évêques sont les évêques titulaires des sièges suburbicaires et les diocèses sont administrés par des évêques diocésains — dits résidentiels jusqu'en 1983 — à l'exception de celui d'Ostie. En effet, le diocèse, titulaire du doyen du Collège des cardinaux, a été assimilé à celui de Rome en 1914, et est donc administré par le Cardinal-Vicaire de Rome. Bien que les évêques diocésains exercent l'ensemble des fonctions épiscopales administratives, les cardinaux-évêques prennent toujours formellement possession de leurs diocèses titulaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. CIC, c. 350, § 1 : « Le Collège des cardinaux est réparti en trois ordres : l'ordre épiscopal à qui appartiennent les cardinaux auxquels le Pontife romain attribue le titre d'une Église suburbicaire, ainsi que les patriarches orientaux qui ont été reçus au sein du Collège des cardinaux ; l'ordre presbytéral et l'ordre diaconal ».
  2. CIC, c. 357, § 1 : « Les cardinaux qui ont reçu en titre une Église suburbicaire ou une Église à Rome, après en avoir pris possession, promouvront par leur conseil et leur patronage le bien de ces diocèses et de ces églises, mais sans y posséder aucun pouvoir de gouvernement et sans s'immmiscer d'aucune manière dans ce qui regarde l'administration de leurs biens, la discipline ou le service des églises ».
  3. CIC, c. 350, § 4 : « Le cardinal-doyen a pour titre [cardinalice] le diocèse [suburbicaire] d'Ostie conjointement avec l'Église [suburbicaire] qu'il avait déjà en titre ».
  4. CIC, c. 352, § 1 : « Le [cardinal-] doyen préside le Collège des cardinaux [...] ».
  5. (la) [1], dans Salvatore Riccobono et. al. (dir.), Fontes iuris Romani anteiustiniani (FIRA), II : Auctores, p. 504 (consulté le 21 octobre 2013)
  6. (la) Apostolicæ Romanorum Pontificum dans (en) The Cardinals of the Holy Roman Church sur www.fiu.edu (consulté le 7 avril 2013).
  7. (la) Ex actis tempore dans (en) The Cardinals of the Holy Roman Church sur www.fiu.edu (consulté le 7 avril 2013).
  8. (la) Suburbicarii Sedis dans (en) The Cardinals of the Holy Roman Church sur www.fiu.edu (consulté le 7 avril 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]