Église gnostique apostolique

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L'Église gnostique apostolique est un cercle ésotérique, fondé en 1953 par Robert Ambelain.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette Église se réclame de l'Église Gnostique. L'Église Gnostique est un cercle ésotériste fondé en 1890 par l'occultiste et archiviste Jules Doinel, versé dans le spiritisme), proche de l'Église swedenborgienne[1].

Jules Doinel fonda en 1890 l'Église gnostique universelle, et décréta l'an 1890 « l'an 1 de la Restauration de la Gnose ». Lors d'un synode, tenu le 12 septembre 1893, il fut élu Patriarche sous le nom mystique de "Valentin II", en hommage à Valentin, le plus grand des gnostiques.

Des crises ont marqué depuis ses débuts l’histoire de l’Eglise gnostique. La toute première n’aura pas été la moins grave, en 1894 Jules Doinel, fondateur et patriarche de l’Eglise gnostique, à la surprise générale, abdique, quitte son église et retourne au catholicisme romain en même temps qu’il renonce à la franc-maçonnerie et au martinisme où il était par ailleurs engagé. Ultérieurement, en 1896, Jules Doinel réintégra l'Église Gnostique en tant qu'évêque d'Alet et de Mirepoix, vu qu'entre temps il avait fixé sa résidence à Carcassonne, où il avait été nommé bibliothécaire. Léonce Fabre des Essarts , évêque gnostique de Bordeaux, est élu au patriarcat sous le nom de "Tau Synésius" le 3 janvier 1896. Il maintient la ligne de Doinel, mais c’est avant tout un homme de lettres. En 1906, l’Eglise gnostique de France est officiellement déclarée auprès de la Préfecture de la Seine, avec publication au Journal officiel. Les statuts stipulent que « l’Eglise gnostique de France est sous la haute direction d’un patriarche, qui a Paris pour résidence épiscopale et qui s’intitule évêque de Montségur, en souvenir du massacre des derniers Albigeois. Mais ces titres ne confèrent au chef de l’Eglise aucune suprématie dogmatique. Il est simplement primus inter pares et il ne peut prendre aucune décision importante sans l’approbation du Saint-Synode. »

À la fin du XIXe siècle, il y avait des sièges de l'Église Gnostique dans seize villes de France, dont Paris, mais d'autres aussi en Pologne (Varsovie), en Belgique, en Bohème, et en Italie (Milan, Concorezzo).

Des occultistes connus adhérèrent à l'Église Gnostique. On peut citer, entre autres, Papus, Sédir, Lucien Chamuel, Louis-Sophrone Fugairon, Jean Bricaud, Déodat Roché.

Après le décès de Jules Doinel en 1902, différentes divergences amenèrent un membre de son cercle, l'occultiste Jean Bricaud, à fonder en 1907 l’Église Catholique Gnostique, qui devient rapidement l’Église Gnostique Universelle.

En 1913 apparaît l' Ecclesia Gnostica Catholica (E.G.C.), une branche de l'Ordo Templis Orientis (O.T.O.) vouée au développement de la Loi de Thélème selon Aleister Crowley.

Fabre des Essarts, patriarche de l’Eglise gnostique, était mort à Grenoble le 17 octobre 1917. René Guénon, qui s'était fait consacrer évêque d'Alexandrie sous le nom de "Tau Palingenius", ayant déclinée l’offre qui lui était faite de lui succéder parce que, selon lui, cette église ne bénéficiait d'aucune transmission authentique, Léon Champrenaud ("Tau Theophane"), fut élu à la tête de l'Eglise gnostique de France fin 1917, quoiqu’il n’ait pas voulu « prendre le titre de patriarche, mais seulement de président du Synode Gnostique », mais il abandonne sa charge en 1921 et meurt en 1925. En décembre 1926 Patrice Genty ("Tau Basilide") lui succède au patriarcat.

L'auteur occultiste Robert Ambelain, consacré « évêque » en 1946 sous le nom de "Tau Robert" et ensuite de "Tau Jean III" par Roger Ménard ("Tau Eon II") (qui avait été consacré par Victor Blanchard ("Tau Targelius"), un évêque schismatique de l'Eglise Gnostique Universelle), fonde en 1953 l’Église Gnostique Apostolique. Il transmet le Patriarcat à André Mauer qui signera un traité avec l'Ordre Martiniste, faisant ainsi de l'Église Gnostique Apostolique l'Église officielle du Martinisme. Puis Joël Duez hérite du dépôt de l'Église Gnostique Apostolique d'André Mauer. En 1978, le quatrième patriarche, Edmond Fieschi ("Tau Sialul I") abdique en faveur de Fermin Vale-Amesti ("Tau Valentinius")[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Amadou, « L'Église Gnostique. Histoire, Doctrine, Rites », in L'Autre Monde, mai 1982 - janv. 1983. P. Geyraud, Parmi les sectes et les rites. Les Petites Églises de Paris, Émile-Paul Frères, 1937. René Le Forestier, L'Occultisme en France aux XIXe et XXe siècles. L'Église Gnostique, Milan, Archè, 1990. Wouter J. Hanegraaff édi., Dictionary of Gnosis and Western Esotericism, Brill, 2005, t. I.
  2. Robert Ambelain, Le Martinisme. Histoire et Doctrine, Niclaus, 1946. Marie-Sophie André et Christophe Beaufils, Papus. Biographie. La belle époque de l'occultisme, Berg International, 1995. Wouter J. Hanegraaff édi., Dictionary of Gnosis and Western Esotericism, Brill, 2005, t. II.