Église catholique en France

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L'Église catholique en France
Image illustrative de l'article Église catholique en France
Portail dit du Jugement Dernier de la cathédrale Notre-Dame de Paris
Pays France
Église catholique
Rite liturgique Rite Latin-Romain
Type de juridiction Église catholique dans un état
Province ecclésiastique 15 provinces ecclésiastiques
Conférence des évêques Conférence des évêques de France
Langue(s) liturgique(s) Français, Latin
Calendrier Calendrier romain
Paroisses 16553 (diocèses:104)
Prêtres 15863
Religieux 8115
Religieuses 39521
Superficie 675 417 km2
Population totale 61 millions
Population catholique 41,5 millions (pratiquants 2,7 millions)
Pourcentage de catholique 64 %
Site web www.eglise.catholique.fr

L'Église catholique en France désigne l'ensemble des membres de l'Église catholique apostolique et romaine en France.

Intimement liée à la monarchie française depuis l'avènement de Clovis jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, cette Église a eu un rôle considérable dans l'histoire de France, tant sur le plan religieux que politique.

Le territoire de la France est découpée en évêchés : une centaine à la tête desquels se trouvent les évêques. Ceux-ci traitent les questions qui se posent à eux au sein de la Conférence des évêques de France (CEF).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le christianisme dans la Gaule romaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : christianisme dans le monde romain.
La Gaule en 481, à l'avènement de Clovis : Francs et Alamans sont païens, les rois Wisigoths et Burgondes sont ariens.

La présence chrétienne en Gaule est attestée au IIe siècle par les vestiges épigraphiques. Une des premières communautés chrétiennes en Gaule était située à Lyon ; elle nous est connue à travers le récit des persécutions du groupe des Martyrs de Lyon en 177.

Après les édits de tolérance de Galère et Constantin Ier, le concile d'Arles est le premier à se tenir en Gaule en 314 afin de condamner le donatisme. Le christianisme se développe dans un premier temps dans les villes romaines et le long des voies de communication, telles que les vallées du Rhône et de la Saône[1]. Les campagnes et les régions peu romanisées restent fidèles à la religion gauloise[2].

À cette époque où les dogmes s'élaborent, l'arianisme fut pendant quelques décennies le christianisme en vigueur dans l'Empire romain, celui auquel se convertirent Goths et Burgondes quand ils rejoignirent l'empire et sa religion[3].

En 380, l'empereur Théodose opte au contraire de ses prédécesseurs pour le christianisme nicéen ; l'édit de Thessalonique fait du culte catholique l'unique religion officielle, interdisant les autres. Les « invasions barbares » en limitent les effets. Le catholicisme ne s'imposera véritablement qu'après la conversion de Clovis Ier en 496 et la conquête du royaume royaume wisigothique de Toulouse dès 507.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les conciles mérovingiens[modifier | modifier le code]

Le concile d'Orléans fut convoqué par Clovis en 511, quatre ans après la conquête des provinces du Sud-Ouest [n 1] sur les wisigoths ariens. Il s'agit d'un concile national, où sont convoqués évêques francs et wisigoths dans une ville frontière ; cependant les provinces germaniques et la Gaule Belgique, encore peu christianisées n'y sont pas représentées[4]. Ce concile n'a pas de fin dogmatique, il tend à codifier les rapports du roi et de l’Église[5]. Il en fut de même pour la plupart des conciles mérovingiens[n 2] : ils posèrent les bases de l'organisation hiérarchique de l’Église autour des évêques nommés par le roi, et délimitèrent les compétences juridiques des différents tribunaux. De nombreux canons portent sur la gestion des biens matériels de l’Église, et sur l'organisation de la vie monastique[6].

Des rois très chrétiens[modifier | modifier le code]

Le pape Étienne II couronne Pépin le Bref - Childéric III est déposé. Grandes Chroniques de France. Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris.

Le fils de Charles Martel, Pépin le bref, entama au concile de Soissons avec l'évêque Boniface un assainissement de l'Église franque, ce qui lui assura le soutien papal. Quand il déposa le dernier mérovingien, il établit la légitimité de la nouvelle dynastie en se faisant sacrer à Saint-Denis par le pape en 754 ; la création des états pontificaux, conquis sur les Lombards, scelle cette alliance avec la papauté[7]. Vers 765, il instaura la dîme, au bénéfice des évêques nommés pas ses soins[8] ; cette dîme fut généralisée en 779 par le cartulaire de Herstal.

La papauté d'Avignon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : papauté d'Avignon.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Concile de Trente[modifier | modifier le code]

Article détaillé : concile de Trente.

L'Édit de Nantes et sa révocation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Édit de Nantes.

Révolution et Concordat[modifier | modifier le code]

La Révolution française[modifier | modifier le code]

La Révolution française, qui naît d'une crise financière prolongée, concentre essentiellement discours et critiques sur les privilèges fiscaux du clergé et de la noblesse. Le revenu de la dîme est estimé à plus de cent millions annuels, auquel s'ajoutent des revenus immobiliers du même ordre ; ces revenus sont très inégalement répartis, le bas-clergé des régions pauvres vivant chichement de la portion congrue[9].

Dès le , la dîme est supprimée [n 3], privant ainsi le clergé d'une partie de ses ressources. Le 2 novembre de la même année, sur proposition de Talleyrand, évêque d'Autun, les biens du clergé deviennent des biens nationaux qui seront vendus par lots pour combler le déficit de l'État. Ils furent souvent rachetés par la bourgeoisie qui disposait des fonds importants qui permettent d'acheter vite[10]. Le 13 février, les vœux de religion furent abolis et les ordres religieux supprimés sauf, à titre provisoire, les maisons hospitalières et enseignantes.

Avec la Constitution civile du clergé de 1790, les ecclésiastiques français durent prêter un serment de fidélité à la Constitution. Le pape Pie VI condamna en avril 1791 ce serment qui faisait des prêtres des quasi-fonctionnaires. Une autre des conséquences de la Constitution civile du clergé était l’élection des évêques par les prêtres de leur diocèse[n 4], au lieu du mode antérieur de nomination par le pouvoir politique avec confirmation par le pape.

Le Concordat[modifier | modifier le code]

Signature du Concordat entre la France et le Saint-Siège le 15 juillet 1801.
Article détaillé : Régime concordataire français.

En 1801, Napoléon établit le Concordat, par lequel l'État subventionnait non seulement le catholicisme (reconnu comme la religion de la majorité des Français), mais aussi le judaïsme et les branches luthérienne et calviniste du protestantisme. Le concordat, en créant des relations officielles entre l’État français et la papauté, nécessite une réorganisation de la hiérarchie catholique en France.

L’exigence formulée par le Premier Consul de composer un épiscopat à sa guise obligea à faire céder à la fois les évêques réfractaires en exil et les évêques constitutionnels encore en place. Le 15 août 1801, le pape Pie VII promulgua deux décisions pour permettre cette réorganisation : le bref Tam multa exige la démission des évêques institués par Rome, alors que le bref Post multos labores demande celle des évêques élus. Cette intervention directe de l’autorité pontificale constitue un acte de haute importance puisqu’elle réintroduit la papauté en tant que source de l’institution canonique, ce qui met fin aux principes de l’Église gallicane.

Sur les 81 évêques réfractaires encore en vie en 1801, 38 refusèrent d’adresser leur démission au pape et donnèrent ainsi naissance à la Petite Église.

Quelques années plus tard, dans le contexte du bouleversement politique de la révolution de 1830 et de l'installation au pouvoir de Louis-Philippe Ier, l'Église catholique romaine se pose majoritairement comme légitimiste (ou carliste). Une autre Église schismatique voit alors le jour à Paris en 1831, fondée par l'abbé Châtel : l'« Église catholique française », ou « Église française », principalement appuyé sur la contestation de l'autorité papale, présente un caractère modérément novateur (liturgie en français, dénonciation des injustices sociales, etc.), et finit par prendre un tournant doctrinal orienté vers l'unitarisme. Le mouvement est interdit par le pouvoir en 1843, et l'abbé Châtel tente sans succès de s'appuyer sur la Révolution de 1848 pour remettre son Église en selle, sans succès. Par la suite, ce schisme est une référence pour des mouvements chrétiens opposés à l'Église catholique romaine[11],[12],[13],[14].

Les missions[modifier | modifier le code]

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La séparation des Églises et de l’État en 1905[modifier | modifier le code]

Face à l'opposition croissante de groupes anticléricaux mécontents de l'influence de l'Église catholique dans l'éducation et la politique, la Troisième République prit une série de réformes qui réduisit cette influence, malgré la protestation de groupes cléricaux qui voulaient la maintenir (voir Ultramontanisme). En 1905, la loi sur la séparation des Églises et de l'État enleva leur statut spécial aux quatre religions d'État (sauf en Alsace-Lorraine, alors allemande) mais leur laissa l'utilisation gratuite des bâtiments cultuels dont elles avaient été dépossédées à la Révolution tout en en conservant l'usage.

La crise de l'Action française[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Action française.

Le régime de Vichy[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Église catholique a joué un rôle de première importance dans l'histoire du régime de Vichy, tant en zone libre qu'en zone occupée. Avec l'avènement au pouvoir du maréchal Pétain, elle se retrouva dans une grande proximité avec le nouveau chef de l'État et le nouveau gouvernement, à tel point que des historiens n'hésitent pas à parler du régime de Vichy comme d'un « état clérical » [15]. L'épiscopat garde le silence lors des mesures d'exclusion des Juifs prises par le gouvernement de Vichy à partir 1940[16].

En France, les évêques furent fréquemment amenés à s'exprimer sur les actions de la Résistance intérieure qui appelait tous les Français à la soutenir. Invariablement, les évêques condamnèrent les actes de violence commis pas la Résistance, et gardèrent le même discours légitimiste : le gouvernement de Vichy est légitime, il est seul bon juge de l'intérêt du pays, il n'est pas question de lui désobéir[17].

Cependant en 1943, l’Église dut prendre position par rapport aux réquisitions dont firent l'objet les jeunes catholiques en particulier dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO). Tout au long du printemps 1943, le débat opposa violemment les tenants des deux thèses opposées : insoumission ou obéissance.

Cependant des prélats ont pris la parole tels le cardinal Saliège archevêque de Toulouse, Mgr Théas évêque de Montauban, Mgr Moussaron archevêque d'Albi qui ont demandés aux catholiques de leurs diocèses de protéger les juifs ; ces prélats ont été distingués Justes parmi les Nations par le comité Yad Vashem.

À l’été 1942, Mgr Moussaron proteste contre les violations des droits de l’homme résultant des rafles comme le font cinq autres archevêques et évêques de la zone sud : Mgr Gerlier, archevêque de Lyon, Mgr Saliège, archevêque de Toulouse, Mgr Delay, évêque de Marseille, Mgr Théas, évêque de Montauban, et Mgr Vansteenberghe, évêque de Bayonne.

Le Concile Vatican II[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vatican II.

Durant la première moitié du XXe siècle, l'Église catholique jouissait encore d'une grande prégnance au sein de la société française; la pratique était élevée, les sacrements (baptêmes, mariages religieux) étaient pratiqués par plus de 90 % de la population[18], et les funérailles à l'église concernaient 95 % des sépultures. Les ordinations de prêtres étaient encore à un haut niveau : malgré une baisse qui suivit la loi de séparation, elles enregistreront par la suite un regain, avec un pic qui suivit la seconde guerre mondiale (1650 ordinations en 1949). Au recensement de 1954, 34 % des Français disent participer à la messe tous les dimanches.

À la fin de l'été 1968, le général de Gaulle, alors président, affirme au nouvel archevêque de Paris, Mgr François Marty, que « le concile de Vatican II est l’évènement le plus important du siècle, car on ne change pas la prière d’un milliard d’hommes sans toucher à l’équilibre de toute la planète »[19].

Les défis de la fin du XXe siècle[modifier | modifier le code]

La cathédrale d'Évry, inaugurée en 1995 et visitée par le pape Jean-Paul II en 1997, est la seule cathédrale construite en France au XXe siècle[20].

Le catholicisme en France est caractérisé par une sensible chute du nombre des fidèles au début de la décennie 1970[21]. Un faisceau de causes[Lesquelles ?] convergentes semblent avoir entrainé le reflux du catholicisme en France sans affecter pour autant les autres confessions[22].

La baisse du nombre des ordinations de prêtres avait commencé dès le début du XXe siècle, en dépit d'un sursaut dans les années 1940[23]. À la fin des années 1980, la France comptait près de 38 000 paroisses, à peu près le même chiffre que les communes. L’exode rural et le manque de prêtres a réduit son nombre à environ 15 000 (chiffres 2006)[24].

C'est à cette époque qu'apparaissent les communautés nouvelles du renouveau charismatique[25].


En 1984, le projet de loi Savary, préparé par Alain Savary sur ordre du président François Mitterrand, vise à intégrer en France les écoles privées à un « grand service public ». Les associations catholiques ainsi que celles des parents de l'École libre réagirent très vivement : le Mouvement de l'École libre organisa une grande manifestation à Paris le rassemblant plus d'un million de personnes. La Conférence des évêques de France apporta publiquement son soutien aux manifestants au travers de Mgr Jean Vilnet, son président, ainsi que des évêques Jean-Marie Lustiger et Jean Honoré[26]. Le retrait du projet annoncé par François Mitterrand entraina la démission de deux ministres[27].

Représentativité au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Première page du registre des baptêmes pour l'année 1865 de l'église Saint-Gervais de Paris.

Si le catholicisme reste la religion majoritaire en France qu'elle a été depuis des siècles ; il apparaît que cette religion historique est en déclin relatif[28],[29].

Le nombre de catholiques en France n'est pas précisément connu : en effet en France, les renseignements confessionnels ne sont pas recueillis lors des recensements, la collecte de ce genre de données personnelles étant interdite. L'Insee étudie toutefois l'« état de la pratique religieuse » dans un cadre sociologique[30]. Les sociologues s'appuient sur plusieurs types d'informations : les sondages commandés par divers organismes sont pris avec précaution car se déclarer catholique peut recouvrir des réalités très différentes. Les chiffres fournis par l'Église elle-même sont également utilisés, non seulement pour le nombre de baptisés qui sont rigoureusement inscrits dans les registres paroissiaux des églises (de même que pour les mariages et les funérailles), mais surtout pour les éléments indiquant les pratiques : régulières comme l'assistance à la messe ou ponctuelle pour les grands évènements tels que mariages et enterrements religieux[31].

D'autres éléments significatifs sont le choix de l'enseignement confessionnel, la participation à des manifestations de masse telles que les pèlerinages, ainsi que le taux de renouvellement du clergé[31].

Chiffres officiels[modifier | modifier le code]

Selon les chiffres fournis en 2013 par l'Église catholique en France, le nombre de baptêmes est en baisse constante : de nos jours, un peu plus d'un tiers des enfants nés en France sont baptisés au cours des premières années de leur vie[32] :

1980 1990 1995 2000 2005 2010 Évolution
1990-2010
2011
Baptêmes 559 521 472 130 424 829 400 327 349 075 302 941 - 36 % 300 119
  • dont baptêmes d'enfants de 0 à 7 ans
553 418 458 626 407 128 380 093 325 878 283 570 - 34 % 273 108
  • nombre de naissances en France
784 300 793 071 759 058 807 405 806 622 832 799 + 5 % 823 394
  • Nb. de baptêmes d'enfants / Nb. de naissances
71 % 58 % 54 % 47 % 40 % 34 % - 41 % 33 %
  • dont baptêmes des plus de 7 ans
6 103 13 504 17 701 20 961 23 197 19 371 + 43 % 27 011
Confirmations - 91 281 85 649 62 003 49 516 46 475 - 49 % 41 950
Mariages catholiques 184 540 147 196 125 847 122 580 97 432 74 636 - 49 % 71 146
  • unions civiles [n 5]
    (dont mariages civils)
304 084 287 000 250 651 327 776
(305 500)
332 073
(271 600)
457 212
(251 654)
+ 59 %
(- 12 %)
-
  • mariages catholiques / unions civiles
    (/ mariages civils)
61 % 51 % 50 % 37 %
(40 %)
29 %
(36 %)
16 %
(30 %)
- 69 %
(- 41 %)
-
Prêtres diocésains 38 291 25 203 22 199 19 234 16 075 14 112 - 44 % 13 822
Diacres permanents ayant un ministère 43 589 1 051 1 499 1 960 2 420 + 311 % 2 450
Moines et religieuses - - - 62 205 53 749 40 050 - 35 999

Depuis les années 1990, on constate cependant une augmentation sensible du nombre de baptêmes d'adultes, qui approche des trois mille par an[33]. Dans le même temps sont survenues des demandes de « débaptisation » de catholiques apostats tenant à être rayés des registres paroissiaux, soit un millier de personnes par an[34].

Enfin, il faut noter qu'en France, 80 % des funérailles sont célébrées par l'Église catholique[35].

Sondages[modifier | modifier le code]

Les Français se déclarant catholiques sont passés de 87 % de la population en 1972 à 64 % en 2009 (soit 41,5 millions) et les pratiquants de 20 % à 4,5 % dans le même temps[21]. Pendant le même laps de temps, les autres confessions et religions voient leur représentation légèrement augmenter au sein de la population française, la religion musulmane en particulier[36], ainsi qu'augmente rapidement le nombre de gens se déclarant sans religion, passant de 21 % à 28 % entre 1987 et 2009[21]. En 2013, les sans religion constituent le groupe le plus important chez les moins de 35 ans, et près de la moitié des 18-24 ans[29].

Influence[modifier | modifier le code]

Malgré ce déclin, le catholicisme reste encore présent dans la société française grâce aux associations familiales et diverses commissions, comités ou parlementaires catholiques, et garde un rôle dans le domaine politique, social et éthique, participation qu'il revendique depuis quelques décennies, après que Vatican II en ait souligné la possibilité. L'épiscopat français déclare en 1999 dans la publication Réhabiliter la politique : « Les catholiques participent comme tous les citoyens aux débats politiques. Il est légitime qu'ils prennent la parole pour défendre leurs propres convictions chrétiennes, dans le respect de celles des autres. »[26].

Médias[modifier | modifier le code]

Les médias français accordent une large part à l'actualité catholique, notamment lors des déplacements du pape, des fêtes religieuses ou des débats sur la laïcité et les questions religieuses, qui restent des sujets sensibles malgré la séparation de l'Église et de l'État.

Enseignement et catéchèse[modifier | modifier le code]

L'enseignement privé catholique scolarise plus de 2 millions d'élèves dans le primaire et le secondaire, soit environ 17% des effectifs[37],[38].

Conception de la famille[modifier | modifier le code]

Le démographe Hervé Le Bras use en 2013 de l'expression « catholicisme zombie » pour décrire le fait que si le cat.holicisme est en voie de disparition comme pratique (par exemple en ce qui concerne la fréquentation assidue de la messe), il continue à avoir une place prépondérante dans la conception française de la famille[28].

En France, l'opposition au mariage homosexuel est très marquée par le catholicisme. De nombreux laïcs et clercs de l'Église catholique prennent position contre ce projet de loi et s'associent aux différentes manifestations.

La Conférence des évêques de France avait déjà pris position en 1998 contre le Pacte civil de solidarité (PACS), qualifié de « loi inutile et dangereuse »[26]. Le 25 juillet 2012, le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, envoie une proposition unique de « prière pour la France » dans laquelle il demande de prier « pour les enfants et les jeunes ; que tous nous aidions chacun à découvrir son propre chemin pour progresser vers le bonheur ; qu'ils cessent d'être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l'amour d'un père et d'une mère »[39].

En septembre 2012, c'est le pape Benoît XVI en personne qui encourage les évêques français à « relever le défi » posé par le projet de loi sur le mariage homosexuel en France, dans laquelle il estime que la famille est « menacée » par « une conception de la nature humaine qui se révèle défectueuse »[40]. De même que le pape François, le 15 juin 2013, invite les parlementaires français à ne pas hésiter à « abroger » les lois si nécessaire, pour leur « apporter l’indispensable qualité qui élève et anoblit la personne humaine »[41].

Statut et financement[modifier | modifier le code]

Organisation[modifier | modifier le code]

Diocèses[modifier | modifier le code]

Provinces ecclésiastiques 2002 (France).svg

La France est divisée en 104 diocèses (93 diocèses territoriaux en métropole, correspondant généralement aux frontières des départements, 9 en outre mer, un diocèse aux armées, et un à la mission de France) Chaque diocèse est placé sous l'autorité d'un évêque qui jouit des pouvoirs les plus étendus : l'Église est diocésaine.

Les diocèses sont regroupés en 15 métropoles (de la taille d'une région), à la tête desquelles siège un archevêque. L'archevêque n'a pas d'autorité réelle sur ses évêques suffragants, mais il a un rôle de coordination pour toutes les questions qui réclament des réponses sur un territoire étendu. Les archevêchés les plus prestigieux voient généralement leur archevêque créé cardinal : c'est le cas de Paris et Lyon (toujours) et de Bordeaux et Marseille (souvent).

Les diocèses sont subdivisés en doyennés, eux-mêmes subdivisés en paroisses, desservies par un curé (prêtre responsable). Jusqu'aux années 1990, la paroisse correspondait à la limite de la commune rurale ou du quartier urbain desservi par une église. Au milieu des années 1990, les diocèses ont entrepris un regroupement de paroisses, pour faire face à la pénurie de prêtres, si bien que la paroisse aujourd'hui correspond davantage aux limites géographiques du canton (on parle de paroisse "multi-clochers").


Il n'y a pas d'autorité catholique unique en France ; les questions spécifiques à l'Église catholique romaine en France sont traitées par la conférence des évêques de France (CEF). En souvenir de l'implantation paléochrétienne à Lyon, l'archevêque de Lyon a cependant une dignité spéciale et est encore appelé le Primat des Gaules.

Cas particuliers[modifier | modifier le code]

Aux côtés de ces branches principales de l'Église, peut coexister celle de l'Opus Dei qui a sa propre hiérarchie grâce à son statut de prélature personnelle.

La quasi-totalité des fidèles de l'Église catholique en France sont attachés à l'Église catholique. Il existe quelques Églises indépendantes qui se réclament du catholicisme, telles que l'Église gallicane (fin du XIXe siècle) ou des implantations de la Fraternité Saint-Pie-X (XXe siècle).

Clergé régulier et séculier[modifier | modifier le code]

En 2012 officiaient un peu moins de 7 000 prêtres de moins de 75 ans. 80 à 90 prêtres sont ordonnés chaque année quand il en faudrait huit fois plus pour couvrir le nombre de décès. Dès 1980, la célébration de la messe dominicale n'était plus assurée dans la moitié des paroisses en France[18].

Depuis les années 1990,le diaconat a été remis à l'honneur : le nombre d'ordinations de diacres est du même ordre que celui des prêtres, environ 90 par an[42],[43].

Pour pallier le petit nombre de prêtres, les laïcs sont de plus en plus nombreux à assurer des services dans les paroisses : catéchèse, préparation au mariage, accompagnement des funérailles, mais aussi finances, tenue des registres.

Pastorale[modifier | modifier le code]

En août 1980, une querelle divise la conférence des Évêques réunis à Lourdes, au sujet d'un nouveau livre d'accompagnement du catéchisme, Pierres Vivantes (ISBN 2-903619-07-7). Le cardinal Ratzinger intervient et demande à voir l'ouvrage. Il y a plusieurs aller-retours. Finalement l'ouvrage est présenté au pape Jean-Paul II par Mgr Vilnet, le président de la conférence, et celui-ci donne son accord et y appose sa signature après quelques modifications.[réf. nécessaire]

En mai 1991, le nouveau Catéchisme national pour adultes est publié par l'épiscopat français. Il a été un des ouvrages de base à la rédaction du Catéchisme de l'Église catholique publié en 1992 par le Vatican.[réf. nécessaire]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La bataille de Vouillé eut lieu en 507
  2. A l'exception du Concile d'Orange en 529 qui se pencha sur la question du libre arbitre.
  3. Elle est tout d'abord supprimée sous réserve de rachat, puis sans compensation en avril 1790
  4. Le système d'élection directe par le corps électoral départemental, prévu à la loi de 1790, s'était révélé inopérant. En 1795 la moitié des évêchés était sans titulaire en activité. Le concile de 1797 avait retenu un système à deux tours, les fidèles choisissant entre trois candidats proposés par les prêtres.
  5. Union civiles : mariages civils + PaCS.
    Les PaCS dissous pour mariages sont comptabilisés, ce qui entraîne un double compte des unions concernées (entre 2007 et 2009, environ 10 000 PaCS ont été "transformés" en mariage chaque année).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Rouche, Les origines du christianisme 30-451, hachette, p. 75
  2. Michel Rouche, Les origines du christianisme 30-451, hachette, p. 25
  3. Michel Rouche, Les origines du christianisme 30-451, hachette, p. 112
  4. Odette Pontal, Histoire des conciles mérovingiens, Cerf,‎ 1989, p. 50-51
  5. Odette Pontal, Histoire des conciles mérovingiens, Cerf,‎ 1989, p. 52
  6. Odette Pontal, Histoire des conciles mérovingiens, Cerf,‎ 1989, p. 303-305
  7. Emmanuel Melmoux et David Mitzinmacker, 100 personnages qui ont fait l'histoire de France, Éditions Bréal,‎ 2004, p. 32-33
  8. François L. Ganshof, « La dîme monastique, du IXe à la fin du XIIe siècle. », Cahiers de civilisation médiévale, no 43,‎ 11e année, juillet-septembre 1968, p. 413-420 (lire en ligne)
  9. François Lebrun (dir.), Histoire des catholiques en France, p. 242
  10. J. Lacouture, La politique religieuse de la Révolution, Paris, 1940, p. 36-37
  11. Jean-Pierre Chantin, « La liturgie au service de la dissidence ? L’Église catholique française de l’abbé Chatel (1831-1832) », Chrétiens et sociétés, no 18,‎ 2011 (DOI 10.4000/chretienssocietes.2977, lire en ligne).
  12. Michel Aussel, Nantes sous la Monarchie de Juillet : 1830-1848 : du mouvement mutualiste aux doctrines politiques, Nantes, Ouest éditions,‎ 2002, 256 p. (ISBN 2-908261-78-2), p. 139-157.
  13. « L'Église catholique française de Monseigneur Chatel », sur L'église gallicane, journal Le Gallican (consulté le 6 mars 2013).
  14. « Survivance de l'Église de Monseigneur Chatel », sur L'église gallicane, journal Le Gallican (consulté le 6 mars 2013).
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