Église catholique apostolique

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L'Église catholique apostolique ((en) : Catholic Apostolic Church) est une dénomination qui unit des éléments catholiques, anglicans, orthodoxes et protestants, issue d'un mouvement millénariste ayant agité la chrétienté britannique au début du XIXe siècle, et organisée en 1835 sous la direction d'Edward Irving, d'où le nom d'Irvingiens qui leur est parfois donné.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, après la Révolution française, quelques chrétiens de différentes dénominations britanniques relisent la Bible et se réunissent pour des réunions de prière en demandant une effusion du Saint-Esprit et le retour du Christ. À partir de 1826, les membres se réunissent tous autour du banquier londonien Henry Drummond (1786-1860) lors d'une retraite annuelle de prière pour le renouvellement des dons du Saint-Esprit, dans la propriété du banquier à Albury Park. Vers 1830, divers dons, notamment les dons de prophétie, du parler en langues et de guérison, se seraient manifestés en Angleterre et en Écosse.

Vers le même temps, Edward Irving (1792-1834), ancien professeur et pasteur presbytérien de la paroisse écossaise de Londres, fait parler de lui. Il publie en 1826 un ouvrage intitulé "Babylone et l'incrédulité devant les prophéties de Dieu". Il prêche régulièrement sur le retour du Christ, en demandant les dons de l'esprit comme dans le livre des Actes des Apôtres. Bientôt ces dons se seraient manifesté parmi ses fidèles. Parce qu'Irving autorise la pratique libre de ces dons, il est exclu de son église écossaise le 2 mai 1832, se voyant obligé de louer une salle dans la Newman Street à Londres afin de pouvoir continuer ses réunions.

Cette prédication, et les phénomènes charismatiques l'accompagnant, rencontre l'accord d'Henry Drummond (1786-1860) et de son entourage, qui portent grand intérêt à tous les signes révélateurs d'une prochaine fin des temps. C'est par la suite dans le cadre des rencontres qu'il organise, que le premier des douze nouveaux Apôtres, John Cardale, est désigné par "révélation prophétique" le 31 octobre 1832, suivi de onze compagnons dans les trois années suivantes. Cardale consacre Irving l'année suivante comme ange (=évêque) de leur paroisse centrale de Londres. Plusieurs révélations prophétiques suivent[non neutre] et le 17 juillet 1834, le Collège des Apôtres est à nouveau au complet. Ils divisent la terre en plusieurs parties à évangéliser et les nomment selon les douze tribus d'Israël. Il se réunissent encore à Albury Park pour étudier la Bible et envoient des messages, nommé "Testimonium" à tous les chefs d'Église et à de nombreux chefs d'État en 1838.

Pendant les années suivantes les disciples vivent dans leurs zones et y fondent plusieurs paroisses notamment en Angleterre et en Allemagne mais aussi dans des autres pays européens. Beaucoup de fidèles sont appelés aux ordonnances restaurées, comme prophètes, évangélistes ou pasteurs, et pour les cultes comme anges ou évêques, prêtres ou diacres. La dîme est établie comme expression de la volonté de Dieu. De même l'imposition des mains par les apôtres reconnue comme Saint-Scellé, l'onction des malades et l'eau bénite à l'entrée du lieu de culte comme symbole de la grâce du Baptême.

Ce mouvement est rejeté par les Églises d'Occident, car son activisme paraît en dehors des normes religieuses.[citation nécessaire] Ils sont obligés de fonder leur propres paroisses et se nomment l'Église catholique apostolique.

Le 8 décembre 1834, Irving décède et à partir de 1855, les premiers disciples commencent à mourir sans avoir vu le retour du Seigneur. En 1860, seulement six apôtres sont encore en vie. En 1879, tous sont morts, à l'exception du dernier, Francis Valentine Woodhouse, qui décède le 3 février 1901, à l'âge de 96 ans. Étant donné que seul le Seigneur peut désigner des apôtres et que seuls ces apôtres peuvent ordonner des ministres du culte, l'Église catholique apostolique n'a plus ni apôtres ni ministres ordonnés. Depuis ce temps là, on se croit dans "le temps du silence".

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Ses membres se réunissent donc pour la prière, invoquent Dieu pour l'avènement du Seigneur et pour l'unité de l'Église. On les trouve en petit nombre en Allemagne, en Australie, en Autriche, au Canada, au Danemark, aux États-Unis, en France, en Grande-Bretagne, en Irlande, aux Pays-Bas et en Suisse. Généralement, les fidèles fréquentent les cultes protestants, là du moins où ils n'ont pas de ministres propres. Ils se caractérisent par une vie discrète, mais fervente et faite de prière.[non neutre] Le centre de leur Église est à Londres. Ils sont environ 85 000 membres, dont 95 en France,[citation nécessaire] avec trois lieux de culte dans le 15° arrondissement de Paris, à Montigny-en-Cambraisis et à Strasbourg. Deux sous-diacres s'occupent de la paroisse de Paris. Ne pouvant administrer les sacrements, ils se réunissent pour prier et écouter la Parole de Dieu. Le sous-diacre, vêtu d'une soutane noire et d'un surplis blanc, lit des textes bibliques ; puis on chante des psaumes et écoute une homélie.

Dissidences[modifier | modifier le code]

Une dissidence se manifeste déjà en 1863 avec le prophète allemand Heinrich Geyer qui révélait un nouveau apôtre à Königsberg. Naturellement il n'est pas reconnu par les apôtres anglais et Geyer et ses fidèles sont exclus de l'Église. Ils fondent la Mission Générale Apostolique Chrétienne. Vers 1878 l'évêque F. W. Schwartz de la paroisse d'Hambourg s'oppose à Geyer et commence un nouveau mouvement qui mène à la fondation de Église néo-apostolique. Toutes les dissidences qui se sont passées depuis ce temps ne sont pas reconnues par l'Église catholique apostolique.

L'idée de l'Église attire évidemment encore les gens et à cause de cela des imitations sont fondées les dernières années[non neutre] notamment en Suisse et aux Pays-Bas[Lesquelles ?].

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

PÜTZE Jean, Histoire des communautés apostoliques-catholiques des XIX° et XX° siècles, édité par l'auteur, Sinzerstrasse 4, D 66706 Perl-Nennig, 3° édition, 2008