Églises catholiques orientales

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Débat entre catholiques et chrétiens orientaux (1290)

Les Églises catholiques orientales, plus exactement dites de « rite oriental », comptent parmi les Églises chrétiennes orientales. Elles se caractérisent par le fait d'être en communion avec l'évêque de Rome (le pape), dont elles reconnaissent la primauté, et d'utiliser les rites liturgiques orientaux (copte, syriaque occidental, maronite, syriaque oriental, byzantin, arménien, guèze). Elles sont définies dans la terminologie catholique comme étant des Églises autonomes ou « Églises de droit propre » (au sens juridique : sui iuris), et sont considérées comme étant pleinement l'Église catholique, au même titre que l'Église latine.

Les Églises catholiques orientales sont très diverses. L'Église maronite qui remonte à l'époque patristique a, comme les Églises copte, arménienne ou indiennes, vécu longtemps de façon autonome pour des raisons principalement géographiques. Les relations entre l'Église maronite et les latins se sont intensifiées dès le XIIe siècle. Comme il n'y a jamais eu de situation de rupture avant l'établissement et le renforcement de ces liens, l'Église maronite peut faire valoir qu'elle a « toujours été catholique ». Cependant, la plupart des autres Églises catholiques orientale ont rejoint l'Église catholique entre le XVIIe et le XXe siècles, parfois par détachement de la communion dans laquelle elles se trouvaient, et même par la fondation de patriarcats ou d'Églises catholiques avec une partie du clergé et des fidèles des Église locales. Cette méthode qualifiée d'« uniatisme »[1], fut pratiquée dans un contexte global d'activité missionnaire et d'influence diplomatique de l'Église catholique. La distinction entre ces Églises catholiques maintenant unies à Rome et les Églises orthodoxes locales reste ténue : liturgie, discipline sont presque identiques et seul le rattachement juridique à Rome et à son patriarche (le pape catholique) fait parfois la différence. Les Églises catholiques orientales conservent leurs rites orientaux et leurs traditions ecclésiales propres (ordination sacerdotale d'hommes mariés), mais sont dans l'Église catholique dont elles acceptent la théologie (purgatoire ; filioque) et où elles sont nommées « Églises orientales catholiques ». Aujourd'hui, avec la diaspora de leurs pays d'origine, elles sont également implantées en Europe occidentale, en Amérique et en Océanie.

Pour les Églises qui ont déclaré l'unité avec Rome depuis le XIXe siècle, se placer dans la juridiction de l'Église de Rome avait l'avantage, pour les fidèles concernés, soit d'en faire des sujets à part entière dans les états catholiques tels que la Pologne ou l'Empire d'Autriche où les orthodoxes étaient parfois considérés comme des sujets de second ordre, soit de les placer sous une protection européenne dans les états musulmans déclinants tels l'Empire ottoman. C'est pourquoi les Églises gréco-catholiques font l'objet de débats et de critiques depuis leur origine de la part des Églises orthodoxes qui les considèrent comme des dissidences, responsables de leur propre affaiblissement. Ces critiques portent sur leur identité, en particulier sur leur niveau d’autonomie, sur les conditions de leur formation et de développement, ainsi que sur la légitimité de leur allégeance, à une période où la politique officielle du Vatican est le dialogue œcuménique et le respect des Églises orientales (notamment après le concile Vatican II). L'uniatisme est aujourd'hui considéré, tant par des catholiques que par les orthodoxes, comme une méthode du passé[1].

Statut et terminologie[modifier | modifier le code]

Statut[modifier | modifier le code]

Au nombre de 23, mais de tailles extrêmement diverses, les Églises orientales catholiques sont reconnues comme membres à part entière de l'Église catholique romaine sous l'autorité du Pape. À ce titre, plusieurs patriarches orientaux sont cardinaux, et, s'ils ont moins de 80 ans, ces patriarches orientaux prennent part à l'élection du « pontife romain » (désignation canonique du pape de Rome, cf. canon 331 du Code de 1983). En 2013, ces patriarches cardinaux sont Antonios Naguib, patriarche de l'Église catholique copte d'Alexandrie (patriarche émérite); Nasrallah Boutros Sfeir, cardinal-patriarche d'Antioche des maronites (patriarche émérite); Bechara Boutros El Raii, cardinal-patriarche d'Antioche des maronites.

Ces Églises orientales sont régies par le Code des canons des Églises orientales rédigé en latin et promulgué par le pape Jean-Paul II en 1990.

Elles jouissent d'une autonomie incontestable, qui varie cependant selon leurs statuts propres (en fonction de leur taille). Ainsi, les patriarches sont élus par le synode patriarcal et prennent possession de leur charge immédiatement, avant même que le pape soit informé ; la désignation des chefs des Églises archiépiscopales majeures est très proche. Les évêques sont nommés par les patriarcats, lors d'un synode de l'Église, mais un évêque ne peut pas prendre ses fonctions sans l'accord du Vatican.

Désignation[modifier | modifier le code]

Ces Églises sont également connues sous d'autres noms :

  • Églises orientales catholiques (seul terme catholique officiel)
  • Églises grecques-catholiques ou gréco-catholiques (pour les Églises catholiques de rite byzantin uniquement)
  • Églises uniates : ce terme, souvent jugé conflictuel, n'est pas utilisé officiellement par l'Église catholique ; le concile Vatican II ne l'a pas employé
  • « Églises de rite propre » ou rituelles : expression abandonnée, car peu exacte : une quinzaine de ces Églises utilisent le même rite byzantin ; certaines ont une relative diversité de rites.

Le terme « uniate »[modifier | modifier le code]

Le mot « uniate » a longtemps servi à désigner les Églises catholiques orientales. Au sens strict, il sert à désigner les fractions de ces Églises orientales qui ont rompu avec leur Église « mère » orthodoxe et sont entrées en communion avec l’Église catholique. Il est attesté pour la première fois au moment du Synode de Brest-Litovsk de 1596, qui donne naissance à l’Église gréco-catholique ukrainienne[2]. Aujourd'hui surtout utilisé par les orthodoxes, il a le plus souvent une connotation péjorative[3]. En rigueur de termes, « Églises uniates » et « Églises catholiques orientales » ne sont pas synonymes : unis à Rome dans leur totalité au XIIIe siècle, les chrétiens maronites libanais appartiennent à la deuxième catégorie mais non pas à la première. Il en est de même pour l'Église grecque-catholique italo-albanaise.

Ces Églises ont souvent été latinisées. Gardant des apparences orientales (liturgie, paramentique, langue liturgique, discipline en matière de célibat ecclésiastique, musique), elles ont adopté la théologie et l’ecclésiologie catholiques. Elles se pensent souvent elles-mêmes comme étant un pont entre le catholicisme et l’orthodoxie[4], comme ont pu le montrer les interventions de Maximos IV, patriarche de l’Église grecque-catholique melkite de 1947 à 1967, lors du concile Vatican II[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte général[modifier | modifier le code]

À la suite du Concile d'Éphèse de 431, qui condamna les thèses de Nestorius, l'Église de l'Orient, absente des débats, se sépara de l'Église impériale. Les Églises d'Arménie, de Syrie et d'Égypte, les Églises des trois conciles, prirent la même décision à la suite des positions christologiques du Concile de Chalcédoine et de la déposition du patriarche d'Alexandrie en 451.

En 1054, la séparation entre l'Église de Rome et l'Église de Byzance, fut symbolisée par les spectaculaires excommunications mutuelles du patriarche Michel Ier Cérulaire et du légat du pape Humbert de Moyenmoûtier. Cette séparation deviendra définitive dans les esprits en Orient après les Croisades et le sac de Constantinople par les Latins en 1204. Les tentatives d'union lors du deuxième concile de Lyon en 1274, puis lors du concile de Ferrare-Florence en 1438-1442, n'aboutirent pas.

L'Église de Rome développa ensuite une ecclésiologie qui insistait sur l'autorité et la compétence directe du pape sur toutes les Églises locales. Par conséquent, les Églises qui n’étaient pas sous la juridiction papale pouvaient être sujettes de l'activité missionnaire dans le but de les mettre en communion avec Rome.

Cette activité missionnaire fut entreprise en direction de toutes les Églises orientales, souvent avec l'appui des puissances catholiques (en particulier de la France qui se fera reconnaître une sorte de protectorat religieux sur les chrétiens orientaux de l'Empire ottoman). Le résultat fut, d'une part, l'établissement de hiérarchies et le développement de communautés latines (patriarcat latin de Jérusalem, patriarcat latin d'Antioche, puis un peu plus tard, patriarcat latin de Constantinople), d'autre part, la constitution d'Églises orientales « unies » à Rome, par ralliement d'une partie du clergé et des fidèles des Églises « séparées ». Ainsi, au fil du temps, un « pendant catholique, uni à Rome » a été constitué à côté de chacune des Églises orientales[6].

Arrêt de la politique de latinisation[modifier | modifier le code]

Par l'encyclique « Demandatam coelitus humilitati nostrae » du 24 décembre 1743, le pape Benoît XIV interdit la latinisation des rites byzantins de l'Église grecque-catholique melkite. Le Pape Léon XIII par l'encyclique Orientalium Dignitas du 30 novembre 1894[7], en reprenant les termes de l'encyclique de Benoît XIV, reconnaîtra et garantira, pour toutes les Églises catholiques orientales, le respect des rites propres.

Éléments de chronologie[modifier | modifier le code]

Églises du Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

Patriarche et évêques maronites à Rome en 1906

1182 Union à Rome de l'Église maronite d'Antioche (patriarcat d'Antioche indépendant établi au VIIIe siècle) au moment des Croisades[8].

1553 Établissement de l'Église catholique chaldéenne par scission de l'Église de l'Orient (définitivement établie seulement en 1830).

1662 Établissement de l'Église catholique syriaque par scission de l'Église syriaque d'Antioche (définitivement établie seulement en 1783).

1724 Établissement de l'Église catholique melkite par scission de l'Église melkite d'Antioche.

1740 Établissement de l'Église catholique arménienne par scission du Catholicossat arménien de Cilicie (après une union formelle au moment des Croisades).

Églises d'Europe centrale et orientale[modifier | modifier le code]

1595-1596, Union de Brest : Décision de la Métropole de Kiev, de Halyč et de toute la Rus' (la Ruthénie) de rompre ses relations avec l'Église de Constantinople pour se placer sous la juridiction de Rome. La Ruthénie faisait alors partie de la République des Deux Nations (Pologne-Lituanie catholique). / Établissement de l'Église grecque-catholique ukrainienne. Une hiérarchie orthodoxe fut rapidement reconstituée.

1646, Union d'Užhorod : Décision de 63 prêtres orthodoxes de Ruthénie subcarpatique de se placer sous la juridiction de Rome. La Ruthénie subcarpatique faisait alors partie du royaume de Hongrie. / Établissement de l'Église grecque-catholique ruthène.

1698, Synode d'Alba Iulia : Union à Rome d'une partie des Roumains orthodoxes de Transylvanie alors sous la domination directe des Habsbourg. / Établissement de l'Église grecque-catholique roumaine.

1946 Rattachement forcé des Églises grecques-catholiques ukrainienne et ruthène à l'Église orthodoxe russe (en URSS). L'Église continue d'exister dans la diaspora (et clandestinement en Ukraine).

1948 Rattachement forcé de l'Église grecque-catholique roumaine à l'Église orthodoxe roumaine (en Roumanie). L'Église uniate continue d'exister dans la diaspora (et clandestinement en Roumanie).

1989 Rétablissement des Églises grecques-catholiques ukrainienne et roumaine, mais les autorités de ces deux pays à majorité orthodoxe refusent de leur restituer les biens confisqués (monastères, églises, écoles) et attribués aux Églises orthodoxes.

Églises d'Inde[modifier | modifier le code]

Église syriaque de Fort Cochin

Le christianisme s'est implanté très tôt en Inde, particulièrement dans le Sud-Ouest de l'Inde (actuel État du Kerala). La tradition locale fait remonter l'origine de l'Église de Malabar à l'apôtre Thomas. Cette Église fut placée assez tôt sous la juridiction de l'Église de l'Orient, dont elle adopta le rite syriaque oriental et les usages, et qui lui envoyait ses évêques.

Les premiers contacts avec les Portugais au début du XVIe siècle se passèrent sans heurts. Cependant, en 1599, Alexis de Menezes, l'archevêque portugais de Goa (de rite latin), réunit un synode local à Diamper. Les Chrétiens de saint Thomas furent placés de force sous la juridiction de l'Église de Rome. Un jésuite, Francisco Roz, fut nommé évêque, qui latinisa fortement le rite. En réaction, une très grande partie des Chrétiens locaux suivirent le prêtre Thomas Palakomatta qui en 1653 se fit consacrer évêque et métropolite, se plaçant quelques années plus tard sous la juridiction de l'Église syriaque orthodoxe (de rite syriaque occidental).

L'Église catholique syro-malabare désigne la branche qui resta dans la juridiction romaine après le synode de Diamper. Il faudra attendre la fin de XIXe siècle pour voir la création de juridictions spécifiques et la nomination d'évêques d'origine et de rite locaux.

En 1930, l'archevêque Mar Ivanios de Bethany et son évêque suffragant Mar Théophile de Tiruvalla quittèrent l'Église syro-malankare orthodoxe (Église syriaque orthodoxe en Inde) pour se placer sous la juridiction de Rome. En 1932, Rome créa une métropole syro-malankare, consacrant l'existence d'une seconde Église catholique orientale en Inde, l'Église catholique syro-malankare (de rite syriaque occidental).

Églises d'Afrique du Nord-Est[modifier | modifier le code]

1895 Établissement du patriarcat catholique copte à l'initiative du pape Léon XIII.

1961 Statut d'Église métropolitaine pour l'Église catholique éthiopienne (premiers contacts au XVIIe siècle).

Les Églises catholiques orientales[modifier | modifier le code]

Les Églises se répartissent en quatre groupes :

Les Églises patriarcales[modifier | modifier le code]

Les Églises patriarcales ont le droit de choisir leur propre patriarche. Il est élu par le Synode des évêques et il est immédiatement proclamé et intronisé. Il demande ensuite la communion ecclésiastique avec le pape.

Les Églises archiépiscopales majeures[modifier | modifier le code]

Ján Babjak, primat actuel de l'Église grecque-catholique slovaque célébrant à Prešov, portant le sakkos.

L'archevêque majeur est élu de la même manière qu'un patriarche. Cependant, son élection doit être confirmée par le pape pour qu'il puisse être intronisé.

Les Églises métropolitaines[modifier | modifier le code]

Le métropolite est nommé par le pape à partir d'une liste d'au moins trois candidats soumise par le Synode des évêques.

Les autres Églises et communautés[modifier | modifier le code]

Le primat est désigné par le pape.

Administration et relations avec le Saint-Siège[modifier | modifier le code]

Congrégation pour les Églises orientales[modifier | modifier le code]

La Congrégation pour les Églises orientales a été créée en 1862 comme partie de la Congrégation pour la propagation de la foi Propaganda Fide (qui supervisait les activités missionnaires de l’Église catholique). Elle devint autonome en 1917 pendant le pontificat de Benoît XV.

C'est par ce dicastère que passent les relations entre les Églises catholiques orientales et la Curie romaine au Saint-Siège.

Institut pontifical oriental[modifier | modifier le code]

L'Institut pontifical oriental de Rome a été créé le par Benoît XV par le motu proprio Orientis Catholici. Il forme par des cycles de cours de deux ans des élèves dans toutes les langues ecclésiastiques de l'Orient. Il est dirigé par les Jésuites depuis 1922.

Collèges pontificaux[modifier | modifier le code]

Plusieurs collèges pontificaux[9] ont été créés à Rome pour assurer la formation du clergé des différentes Églises catholiques orientales :

  • Collège grec (1577)
  • Collège maronite (1584)
  • Collège arménien ou collège léonien (1883)
  • Collège Josaphat (ruthéno-ukrainien) (1897)
  • Collège éthiopien (1919, à titre expérimental ; 1930, élévation au rang de collège pontifical)
  • Collège Russicum (russe) (1929)
  • Collège roumain (1937)
  • Collège malabar (1958, à titre expérimental)

Les textes officiels de l'Église au sujet des Églises Orientales Catholiques[modifier | modifier le code]

Préambule
1. L’Église catholique tient en grande estime les institutions, les rites liturgiques, les traditions ecclésiales et la discipline de vie chrétienne des Églises orientales. En effet, à cause de l’ancienneté vénérable dont ces Églises s’honorent, resplendit en elles la tradition qui vient des Apôtres par les Pères et qui fait partie du patrimoine indivis de toute l’Église et révélé par Dieu. Dans sa sollicitude pour les Églises orientales, qui sont des témoins vivants de cette tradition, le Concile œcuménique désire qu’elles soient florissantes et accomplissent avec une vigueur apostolique renouvelée la mission qui leur incombe. C’est pourquoi, outre les décisions qui concernent l’Église universelle, il a décidé d’établir quelques points principaux, s’en remettant pour le reste à la prudence des synodes orientaux et du Siège apostolique.
Les Églises particulières ou rites
2. La sainte Église catholique qui est le Corps mystique du Christ, est composée des fidèles qui sont organiquement unis dans l’Esprit Saint par la même foi, les mêmes sacrements et le même gouvernement, et qui, en se fondant en diverses communautés dont la cohésion est assurée par la hiérarchie, constituent des Églises particulières ou rites. Entre ces Églises existe une admirable communion, de sorte que la diversité dans l’Église, loin de nuire à son unité, la met en valeur. C’est en effet le dessein de l’Église catholique de sauvegarder dans leur intégrité les traditions de chaque Église particulière ou rite. Elle veut également adapter son mode de vie aux besoins divers des temps et des lieux.
3. Ces Églises particulières, aussi bien d’Orient que d’Occident, diffèrent pour une part les unes des autres par leurs rites, c’est-à-dire leur liturgie, leur discipline ecclésiastique et leur patrimoine spirituel, mais elles sont toutes confiées de la même façon au gouvernement pastoral du Pontife romain qui, de par la volonté divine, succède à saint Pierre dans la primauté sur l’Église universelle. Elles sont donc égales en dignité, de sorte qu’aucune d’entre elles ne l’emporte sur les autres en raison de son rite. Elles jouissent des mêmes droits et elles sont tenues aux mêmes obligations, également en ce qui concerne le devoir de prêcher l’Évangile dans le monde entier (cf. Mc 16, 15) sous la conduite du Pontife romain.

Il ressort de ces divers textes que les Églises orientales catholiques sont considérées avec respect, comme une richesse, et dans une perspective d'égalité ; on note aussi l'importance attribuée au « Pontife romain » (c'est-à-dire le Pape, évêque de Rome). De telle sorte que les membres de ces Églises orientales sont eux aussi, et à part entière, des « catholiques romains » (cette expression étant pour les catholiques un pléonasme).

Relations avec l'Église latine[modifier | modifier le code]

  • L'Église catholique chaldéenne a revendiqué jusqu'à la fin du XIXe siècle la juridiction sur l'Inde (patriarche Joseph Audo).
  • L'Église catholique melkite a demandé la suppression du patriarcat latin de Jérusalem restauré en 1847 (avec des Italiens à sa tête jusqu'en 1987).
  • Il existe dans plusieurs Églises des revendications pour des changements de statuts (patriarcal pour les Ukrainiens[10], catholicossal pour les Syro-Malankares (obtenu en 2005).
  • Il existe dans plusieurs Églises des revendications sur leur développement en dehors de leur territoire propre traditionnel (volonté d'une pleine juridiction, Église syro-malabare, Église melkite).
  • Il existe dans plusieurs Églises des revendications pour le respect ou la restauration de leur traditions (contre la latinisation).
  • Plusieurs communautés d'origine catholique orientale ont rompu avec Rome pour conserver ou restaurer leurs traditions (Ruthènes et Ukrainiens en Amérique - en opposition à l'Église catholique latine - : Établissement de l'Église orthodoxe carpato-ruthène américaine, de l'Église orthodoxe ukrainienne des USA, de l'Église orthodoxe ukrainienne du Canada avec des Orthodoxes originaires des mêmes régions; Chrétiens de saint Thomas en Inde : Établissement de l'Église syriaque orthodoxe en Inde et de l'Église malabare orthodoxe).
  • Dans les Églises catholiques orientales (église copte catholique notamment), il est courant d'ordonner prêtres des hommes mariés (le mariage des prêtres n'étant pas possible). Les évêques quant à eux sont choisis parmi les moines et ne sont jamais mariés.

Relations avec les autres Églises orientales[modifier | modifier le code]

Relations avec l'Église assyrienne apostolique de l'Orient[modifier | modifier le code]

  • Décret synodal conjoint pour la promotion de l'unité entre l'Église assyrienne de l'Orient et l'Église catholique chaldéenne (15 août 1997)[11] ;
  • Orientations pour l'admission à l'Eucharistie entre l'Église chaldéenne et l'Église assyrienne d'Orient] (20 juillet 2001)[12] ;
  • En 1994, tentative d'admission de l'Église assyrienne apostolique de l'Orient au Conseil des Églises du Moyen-Orient dans le groupe des Églises catholiques (échec à cause de l'hostilité de l'Église copte orthodoxe).

Relations entre les Églises de tradition syriaque[modifier | modifier le code]

Depuis 1994, les Églises de tradition syriaque participent à une série de discussions œcuméniques , à l'initiative de la Fondation Pro Oriente. Ces discussions rassemblent des représentants d'Églises de tradition syriaque occidentale (Église syriaque orthodoxe, Église catholique syriaque, Église malankare orthodoxe, Église catholique syro-malankare, Église maronite) et de tradition syriaque orientale (Église apostolique assyrienne de l'Orient, Ancienne Église de l'Orient, Église catholique chaldéenne, Église catholique syro-malabare).

Relations avec les Églises orthodoxes orientales[modifier | modifier le code]

Accord avec l’Église syro-malankare orthodoxe sur les mariages inter-religieux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Église syro-malankare orthodoxe.

En novembre 1993, la Commission mixte de l'Église catholique et de l’Église syro-malankare orthodoxe[13] a signé un accord sur les mariages inter-religieux[14], connu sous le nom d'« Accord Kerala ».

Dialogue avec l'Église malankare orthodoxe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Église malankare orthodoxe.

La Commission mixte de l'Église catholique et l'Église malankare orthodoxe syrienne[15] qui se réunit chaque année depuis 1989, a publié :

  • Le 3 juin 1990 : l'accord doctrinal sur la christologie[16] ;
  • En décembre 1990 : deux rapports intermédiaires. Un sur le mariage[17] et un sur la communion eucharistique[18] ;
  • Le 29 octobre 1999 : une déclaration commune sur le synode de Diamper (1599)[19].

Relations avec les Églises orthodoxes[modifier | modifier le code]

  • Relations contemporaines conflictuelles en Europe orientale (Ukraine, Roumanie) : liquidation des Églises catholiques orientales à la suite de l'installation de pouvoirs communistes, restauration des Églises après la chute de ces régimes, conflit sur la rétrocession des biens confisqués (églises, monastères, écoles)...
  • Au Moyen-Orient, Conseil des Églises du Moyen-Orient
  • Appel par le patriarche catholique melkite à la tenue d'un concile antiochien entre les cinq Églises se réclamant d'Antioche[20].

Débats[modifier | modifier le code]

Critique de l'uniatisme[modifier | modifier le code]

Le mot « uniatisme » est parfois employé dans un sens désobligeant pour les gréco-catholiques. L'uniatisme est considéré par les Églises orthodoxes comme étant ecclésiologiquement incorrect[21] et comme une forme de prosélytisme en contradiction avec la tradition canonique et le discours officiel de l'Église de Rome sur les relations inter-ecclésiales et le dialogue œcuménique.

En 1993, à l'occasion de la VIIe Rencontre de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe a été signée la Déclaration de Balamand qui affirme que l'uniatisme ne saurait être un modèle de l'unité[1]. Cependant certains considèrent que ce texte fut un accord d'experts (periti impéritie, « experts inexpérimentés ») qui ne correspond pas à la réalité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe, « L'uniatisme, méthode d'union du passé, et la recherche de la pleine communion », Balamand, Liban, 1993 [lire en ligne]
  2. C. Cannuyer, article « Uniatisme » dans Encyclopédie Catholicisme, vol. 15, col. 455-483, 2000, Letouzet & Ané, Paris
  3. « Le terme Uniate est utilisé par certains paur désigner ces Eglises orientales unies à Rome, mais nous ne l'utilisons jamais parce que d'autres en font un qualificatif désobligeant, voire injurieux. »Le Pape en Ukraine : Dieu pourra-t-il écrire droit avec des lignes courbes ? - Entraide d’Églises (Réseau M.O.I.S.E.), juin 2001
  4. Jean-Paul II, Lettre apostolique Orientale Lumen, 2 mai 1995
  5. Histoire des Melkites catholiques - istanbulGuide.net
  6. Jean-Pierre Valognes, Vie et mort des Chrétiens d'Orient, Fayard, Paris, 1994, pp. 49-54
  7. (en) Orientalium Dignitas : On the Churches of the East - Pape Léon XIII (30 novembre 1894), Papal Encyclicals Online
  8. Jean-Pierre Valognes, Vie et mort des Chrétiens d'Orient, Fayard, Paris, 1994, p. 373
  9. Petit dictionnaire de l'Orient chrétien (§ Collèges pontificaux), Brepols, Turnhout, 1991, p. 105
  10. Ukrainian Catholic Eparchy of Toronto and Eastern Canada - Regarding the affirmation of the Patriarchal system for the Ukrainian Greek Catholic, 2004
  11. (en) Joint Synodical Decree for Promoting Unity between the Assyrian Church of the East and the Chaldean Catholic Church - Centro Pro Unione
  12. Note du Conseil Pontifical pour l'Unité des Chrétiens : Orientations pour l'admission à l'Eucharistie entre l'Eglise chaldéenne et l'Eglise assyrienne d'Orient - Site du Vatican, 25 octobre 2001
  13. (en) Joint Commission Between the Catholic Church and the Malankara Syrian Orthodox Church (India) - Centro Pro Unione
  14. (en) Agreement Between the Catholic Church and the Malankara Syrian Orthodox Church on Inter-Church Marriages - Centro Pro Unione
  15. (en) Joint Commission Between the Catholic Church and the Malankara Orthodox Syrian Church - Centro Pro Unione
  16. (en) Doctrinal Agreement on Christology - Centro Pro Unione, 3 juin 1990
  17. (en) Interim Report on Marriage - Centro Pro Unione
  18. (en) Interim Report on Ecclesial Eucharistic Communion - Centro Pro Unione
  19. (en) Statement on the Synod of Diamper (A.D. 1599) - Centro Pro Unione, 29 octobre 1999
  20. L'Orient-Le Jour - Grégoire III Laham appelle à la tenue d’un concile antiochien
  21. Lettre du patriarche Bartholomée de Constantinople au pape de Rome Jean-Paul II concernant le projet de fondation d'un patriarcat uniate en Ukraine - Patriarche Bartholomée de Constantinople, Religioscope, 7 mai 2004

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ghislain Brunel (dir.), La présence latine en Orient au Moyen Âge, Centre historique des Archives nationales / Champion (col. Documents inédits des Archives nationales), Paris, 2000 (ISBN 2745304097)
  • Olivier Chaline, La reconquête catholique de l'Europe centrale, XVIe-XVIIIe siècle, Éd. du Cerf, Paris, 1998 (ISBN 2204058386)
  • Charles de Clercq, Conciles des Orientaux catholiques, in Histoires des Conciles d’après les documents originaux, Librairie Letouzey et Ané, Paris, 1949 et 1952
  • Raymond Janin, Les Églises et les rites orientaux, Letouzey & Ané, Paris, 1997 (ISBN 2706302062) (5e éd. avec compléments bibliographiques, 1re éd. 1922)
  • Bernard Heyberger, Les chrétiens du Proche-Orient au temps de la réforme catholique, École française de Rome, Rome, 1994 (ISBN 2728303096)
  • Jean Richard, La papauté et les missions d'Orient au Moyen Âge (XIIIe-XVe siècles), École française de Rome, Rome, 1998 (ISBN 2728305196)
  • Jean-Claude Roberti, Les Uniates, Cerf (col. Bref), Paris, 1992 (ISBN 2204045551)
  • Jean-Pierre Valognes, Vie et mort des Chrétiens d'Orient, Fayard, Paris, 1994 (ISBN 2213030642)

Liens externes[modifier | modifier le code]