Église San Fedele (Milan)

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Église San Fedele
Image illustrative de l'article Église San Fedele (Milan)
Place et église San Fedele, à Milan
Présentation
Nom local Chiesa di San Fedele
Culte catholique ambrosien
Rattachement jésuite
Début de la construction 1569
Fin des travaux 1579
Architecte Pellegrino Tibaldi
Style dominant Maniérisme
Site web www.sanfedele.net
Géographie
Pays Italie
Lombardie Lombardie
Commune Milan
Coordonnées 45° 27′ 59″ N 9° 11′ 28″ E / 45.466525, 9.191241 ()45° 27′ 59″ Nord 9° 11′ 28″ Est / 45.466525, 9.191241 ()  

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Église San Fedele

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Église San Fedele

L’église San Fedele, sise au cœur de la ville de Milan, sur la place du même nom, est une église jésuite et centre culturel dynamique. Construite en style Maniériste de 1569 à 1579, elle devient paroissiale 13 ans après le départ des jésuites, en 1787. Elle assume alors le titre officiel de Santa Maria della Scala in San Fedele. Rendue aux jésuites en 1945 elle est aujourd’hui un centre paroissial et culturel important de la ville de Milan.

Histoire[modifier | modifier le code]

La réalisation de l’édifice, première résidence des Jésuites à Milan, s'insère dans le programme de réforme post-tridentine de l’archidiocèse de Milan, tel que voulu et vigoureusement poursuivi par le saint archevêque et cardinal, Charles Borromée.

L’esprit du concile de Trente[modifier | modifier le code]

Dès que le concile de Trente, dans une des ses dernières sessions (juillet 1563), passe le décret sur l’obligation de créer un séminaire dans chaque diocèse, Charles Borromée demande aux jésuites d’en ouvrir un dans le sien. Ils arrivent en 1563, et y ouvrent le tout premier séminaire de la Réforme catholique en 1564. Il s’y trouve rapidement une centaine de séminaristes tandis que le collège de Brera compte 180 élèves.

Deux ans après leur avoir confié une petite église (en 1567), Borromée décide de leur construire une nouvelle et grande église conforme aux changements liturgiques voulus du concile de Trente, et mieux adaptée aux nouveaux besoins pastoraux. L’architecte - choisi par Borromée même - en est Pellegrino Tibaldi et les travaux durent de 1569 à 1579. Borromée en pose la première pierre le 5 juillet 1569.

Se conformant aux exigences liturgiques établies par le Concile, et bientôt adoptées dans toutes les églises de l’ordre jésuite, Tibaldi dessine un bâtiment à nef unique, exaltant la centralité distante de l’autel pour la célébration eucharistique et prévoyant par ailleurs une chaire de vérité haute et proche de l’assemblée permettant un meilleur rayonnement à l’enseignement et la prédication. Pour l’inauguration (24 juin 1579) de cette nouvelle église (bien que encore inachevée), Borromée fait transporter à Milan les reliques de Saint Fidèle, protomartyr du diocèse de Côme.

Suppression et restauration[modifier | modifier le code]

La Compagnie de Jésus étant supprimée par Clément XIV, les jésuites sont expulsés de leur église en 1773, et San Fedele est provisoirement fermée. Par ailleurs une église voisine est démolie pour faire place à la construction d’un nouveau théâtre qui doit remplacer celui qui a brûlé le 25 février 1776: ce sera le théâtre de la Scala. Les chanoines de l’ancienne église de Notre-Dame de la Scala’ reçoivent les droits de l’église San Fedele qui est rouverte avec le titre de Santa Maria della Scala in San Fedele. Mobilier religieux et œuvres d'art sont transférés à San Fedele. En 1787 elle devient église paroissiale.

Le chapitre de chanoines est supprimé en 1810. Malgré l’esprit de ‘restauration qui règne au début du XIXe siècle, le cardinal-archevêque Gaetan von Gaysruk supprime définitivement toutes les dignités et privilèges des chanoines (1831). L’église devient simple église paroissiale.

Au XIXe siècle, si les jésuites sont de retour à Milan dès 1853, leur présence ne devient officielle et publique qu’à partir de 1887, le 'Risorgimento' italien, et ses conflits avec les États pontificaux, obligeant à une grande discrétion. Avec le soutien d’importantes familles milanaises un collège est ouvert au ‘corso porta nuova’ de Milan, en 1893. Mais l’église reste entre les mains d’un prévost et du clergé diocésain.

Si l’église passe à travers la grande guerre sans subir de dégâts majeurs, il n’en est pas de même lors de la Seconde Guerre mondiale. Le 16 août 1943, le bombardement de la ‘questura’ voisine endommage très gravement San Fedele. Le collège Léon XIII subit le même sort le 10 septembre 1944. Paradoxalement cela débloque les négociations entre le diocèse et la Compagnie de Jésus qui depuis quelque temps déjà souhaitait reprendre l’église. Âgé, le prévost en charge de San Fedele depuis quarante ans ne se sent pas le courage d’entreprendre les travaux de reconstruction et donne son accord au Cardinal Schuster pour que l’église soit restituée aux jésuites.

Le 8 décembre 1945 le jésuite Luigi Santi est nommé curé de San Fedele. En 1950 sont inaugurés la nouvelle résidence et l’église reconstruite, à l’identique, de San Fedele.

Centre culturel[modifier | modifier le code]

En quelques années une série d’œuvres apostoliques, culturelle sociales et littéraires reprennent à San Fedele. La ligue du Sacré-Cœur et les congrégations mariales y sont actives. En 1951 est lancée la revue de réflexion et action sociale ‘Aggiormentati sociali’. La revue ‘Letture’, un guide de lecture, obtient rapidement une grande audience nationale. En 1962 la revue ‘Missioni et popoli’ déménage de Venise pour s’installer à San Fedele. Un centre pour la jeunesse ‘Ildefonso Schuster’ est ouvert.

Description[modifier | modifier le code]

L’élégante façade fut achevée seulement en 1835 : le projet initial de Pellegrino Tibaldi fut respecté. Divisée en deux niveaux de même hauteur, elle est couronnée d’un grand fronton triangulaire sur toute sa largeur. Elle reflète exactement l'espace unique de l’intérieur vers lequel s’ouvre un portail unique surmonté d’un fenêtre à tympan triangulaire. Les deux niches du niveau inférieur abritent les statues des saint Fidèle (à gauche) et saint Carpophore (à droite), tous deux soldats romains martyrisés à Côme. Au niveau supérieur : le roi David et le prophète Isaïe.

La Mise au tombeau de S. Peterzano

Patrimoine[modifier | modifier le code]

  • huit confessionnaux, adossés aux murs latéraux, furent sculptés par Giovanni, Giacomo et Gianpaolo Taurini (1596-1603), avec des scènes, en symbolique parallèle, de l’Ancien et du Nouveau Testament, le second réalisant l’attente du premier.
  • les quatre chapelles dans les murs latéraux n’ont pas de profondeur.
    • Dans la première chapelle à droite se trouve une ‘Vision de Saint-Ignace à La Storta’ de Giovanni Battista Crespi, composée peu après la béatification du saint (1622).
    • La seconde chapelle dans le mur droit, dédiée à l'Ascension de Christ, et réalisée sur un projet de Tibaldi présente un cas curieux de colonnes disloquées à droite et gauche du panneau central - un ‘Sacré Cœur’ en céramique de Lucio Fontana (1956) - chaque colonne étant soutenue par un ange. Peut-être l’intention en était-elle de illustrer métaphoriquement l’abandon dans lequel se trouvait le diocèse de Milan lors de l’arrivée de Charles Borromée.
    • Dans la première chapelle de gauche se trouve au-dessus de l’autel la ‘Descente de croix’ de Simone Peterzano (1591), maître du Caravage qui travaillait à cette époque dans son atelier. L’œuvre provient de l’ancienne église ‘Santa Maria della Scala’.
    • Dans la seconde chapelle de gauche, une fresque du XVe siècle : la ‘Madone avec enfant’ était l’objet de grande dévotion dans l’ancienne église dont elle provient également.
  • La chaire de vérité, abondamment sculptée est l’œuvre du frère jésuite Daniele Ferrari (1606-1684). Au centre de la cuvette : le monogramme IHS, présent en beaucoup d’églises de la Compagnie de Jésus.

Personnalité[modifier | modifier le code]

  • Alessandro Manzoni (1785-1873), célèbre écrivain italien, fréquentait assidûment l’église après sa conversion au catholicisme. Il mourut le 22 mai 1873 des suites d’une blessure à la tête causée par une chute à la sortie de l’église San Fedele. Une statue lui a été érigée sur la place devant l’église.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luigi Dossi: Il San Fedele di Milano, Milan, 1963.
  • Victor Nieto Alcaide, Fernando Checa Cremades: El Renacimiento, Madrid, 1985.