Église Saint-Paul de Strasbourg

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Église Saint-Paul de Strasbourg
Image illustrative de l'article Église Saint-Paul de Strasbourg
L'Église Saint-Paul de Strasbourg (après restauration) vue depuis le pont Royal.
Présentation
Culte Protestant réformé
Type Église
Rattachement Église protestante réformée d'Alsace et de Lorraine
Début de la construction 1892
Fin des travaux 1897
Architecte Louis Müller
Style dominant néogothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1998, église)
Site web www.eglise-saint-paul.fr
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Commune Strasbourg
Coordonnées 48° 35′ 10″ N 7° 45′ 35″ E / 48.5860964, 7.75970948° 35′ 10″ Nord 7° 45′ 35″ Est / 48.5860964, 7.759709  

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Église Saint-Paul de Strasbourg

L’église Saint-Paul de Strasbourg (Paulskirche en allemand) est située à l'intersection des quais Zorn et Mullenheim, au bord de l'Aar et de l'Ill.

Construite à la fin du XIXe siècle lors de l'annexion, dans le style néogothique, ancienne église de garnison protestante elle est désormais affectée au culte réformé.

Elle s'inscrit dans l'« axe impérial » de la Neustadt formé par l'avenue de la Liberté qui relie la Place de la République et la Place de l'Université. Ses deux flèches culminant à 76 mètres de hauteur dominent les alentours.

Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 4 mai 1998[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'église est édifiée entre 1892 et 1897, dans le cadre de l'aménagement de la Neustadt, par l'architecte Louis Müller, sur le modèle de l'église Sainte-Élisabeth de Marbourg, en Hesse. Inaugurée le 9 mai 1897, elle se dresse à la point sud de l'île Sainte-Hélène, à l'embranchement de l'Ill et de l'Aar. Le site est choisi afin de permettre une perspective en point de fuite sur l'Ill depuis la vieille ville, ainsi qu'une perspective conjointe avec la flèche de la cathédrale Notre-Dame depuis la place Sébastien Brant, centre des nouveaux quartiers allemands[2].

Destinée à l'origine à la garnison allemande de religion protestante stationnée à Strasbourg sous le Deuxième Reich[3], l'église présente un nombre très important de portes sur tout son pourtour: 16 soit autant que le nombre d'unités de la garnison de Strasbourg à cette époque. Ces portes devaient permettre l'accès des soldats, selon leur grade, pour gagner les places leur étant attribuées. L'église devient après 1918 le siège de la deuxième paroisse réformée de Strasbourg, dépendant de l'Église protestante réformée d'Alsace-Lorraine.

En 1944 un bombardement détruit la chapelle située à l'arrière de l'église et donnant Place du Général Eisenhower. Celle-ci sera reconstruite dans un style contemporain des années 1950/60.

Façade de l'église (après restauration).

Les flèches et la façade sont intégralement restaurées entre 2009 et 2014. Le parvis de l'église est réaménagé en 2014, après la fin des travaux de restauration.

Architecture[modifier | modifier le code]

Mesurant soixante-seize mètres de hauteur, l'église Saint-Paul, de style néogothique, est l'une des plus élevées de la ville. Les flèches jumelles sont particulièrement effilées, afin d'accentuer cette impression de hauteur et de verticalité, lui conférant un aspect de cathédrale gothique.

Pouvant accueillir près de 3 000 fidèles, l'édifice s'apparente à une église-halle à plan central en croix grecque. La nef est donc raccourcie afin de répondre aux exigences du culte protestant et des tribunes sont installées au-dessus des nefs collatérales, les divisant en deux - ce qui permet l'aménagement de 2 000 places audibles[2] -, ainsi que des croisillons. Deux loges se trouvent de part et d'autre du chœur : celle de gauche est réservée au couple impérial lorsqu'il est de passage à Strasbourg, et celle de droite au représentant de l'Empire, l'équivalent du préfet[Lequel ?][2].

La nef, le transept et le chœur sont couverts de voûtes sur croisées d'ogives et décorés de peintures : des anges dans le chœur, le Tétramorphe à la croisée du transept, ainsi que les bustes des réformateurs Luther, Calvin, Zwingli et Melanchthon dans le narthex.

L'architecte Louis Müller est aussi à l'origine de l'équipement intérieur du temple. Le retable d'autel, peu prisé par les réformés, est échangé avec la paroisse luthérienne de Sarreguemines, en Moselle, contre une grande croix en bois, qui l'a remplacé dans le chœur[2].

Vitraux[modifier | modifier le code]

Les vitraux des parties orientales sont détruits lors des bombardements américains de 1944 - de même qu'une chapelle annexe[2] -, excepté dans le croisillon sud, où ils représentent les écus armoriés de l'empire allemand et des états fédérés. Le frère Éric de Saussure est l'auteur de cinq nouveaux vitraux figuratifs, installés dans le chœur. Ils figurent le Christ en gloire, la Genèse, l'Ancien Testament, l'Église, ainsi que l'Apocalypse.

Orgues[modifier | modifier le code]

Orgue de tribune[modifier | modifier le code]

L’orgue de tribune.

Le grand orgue de tribune, réalisé en 1897 par Eberhard Friedrich Walcker, facteur d'orgue à Ludwigsburg, d'après les plans d'Ernest Münch et de Wilhelm Sering. Il est modifié par ce dernier en 1899, 1907 et 1912 avec l'aide de Mutin, ainsi que de Dalstein & Haerpfer. Les tuyaux de façade sont réquisitionnés par les autorités allemandes en 1917 et, dès l'année suivante, l'orgue reçoit une façade provisoire en zinc. L'instrument, l'un des plus volumineux de l'Est de la France, est doté d'un vaste buffet néogothique. Il est agrandi en 1933-1934 par Beuchet. Des adjonctions sont encore effectuées en 1928 mais le moteur prend feu en 1931.

Après la Seconde Guerre mondiale, bien que possédant une excellente réputation, l'orgue doit être d'une qualité musicale assez médiocre. Très compliqué, l'instrument souffre des trop nombreux travaux réalisés, rompant totalement son homogénéité initiale. Il tombe en panne durant un concert en 1957 et des réparations sont confiées à Alfred Kern, qui place une nouvelle console et rend muet pas moins de vingt-et-un jeux. Un projet de restauration de l'orgue Rupp voit le jour en 1983, dont le but est de rendre à l'instrument son état de 1934. Les travaux, menés par la maison Walcker, débutent en 1993. Cinq personnes - dont Richard Dott, installé à Sélestat - travaillent sur l'instrument durant une période de six mois.

La partie instrumentale est classée monument historique depuis le 14 avril 1987, et le buffet est inscrit depuis 1995, tous deux au titre d'objets[4].

Composition de l'orgue[5].
I. Grand Orgue (56 notes)
1 Montre 16'
2 Flûte majeure 16'
3 Montre 8'
4 Bourdon 8'
5 Flûte creuse 8'
6 Flûte harmonique 8'
7 Gemshorn 8'
8 Violoncelle 8'
9 Gros nazard
et grosse tierce
5' 1/3
3' 1/5
10 Prestant 4'
11 Flûte à cheminées 4'
12 Quinte 2' 2/3
13 Tierce et septième
14 Doublette 2'
15 Cornet V
16 Grande fourniture II-III
17 Fourniture IV
18 Cymbale III
19 Bombarde 16'
20 Trompette 8'
21 Clairon 4'
22 III / I
23 II / I
24 Sub III / I
25 Sub II / I
26 Sub /I
27 Super III / I
28 Super II / I
29 Super /I
Pédale (30 notes)
30 Principal basse 32'
31 Principal 16'
32 Soubasse 16'
33 Contrebasse 16'
34 Bourdon 16'
35 Grosse quinte 10' 2/3
36 Octave 8'
37 Bourdon 8'
38 Violoncelle 8'
39 Quinte 5' 1/3
40 Prestant 4'
41 Bombarde 16'
42 Trompette 8'
43 Clairon 4'
44 III / P
45 II / P
46 I/P
47 Super III / P
48 Super II / P
49 Super /P
III. Récit expressif (56 notes)
50 Bourdon 16'
51 Diapason 8'
52 Cor de nuit 8'
53 Flûte harmonique 8'
54 Viole de Gambe 8'
55 Voix céleste 8'
56 Aéroline 8'
57 Principal 4'
58 Flûte octaviante 4'
59 Nazard 2' 2/3
60 Flageolet 2'
61 Tierce 1' 3/5
62 Piccolo 1'
63 Cornet II - V
64 Plein jeu V
65 Bombarde 16'
66 Trompette 8'
67 Clairon 4'
68 Basson-hautbois 8'
69 Voix humaine 8'
70 Trémolo
II. Positif (56 notes)
71 Quintaton 16'
72 Salicional 16'
73 Montre 8'
74 Flûte harmonique 8'
75 Quintaton 8'
76 Salicional 8'
77 Unda maris 8'
78 Fugara 4'
79 Flûte 4'
80 Gemshorn 4'
81 Nazard 2' 2/3
82 Doublette 2'
83 Tierce 1' 3/5
84 Larigot 1' 1/3
85 Cornet III
86 Fourniture II
87 Plein-jeu IV - V
88 Trompette 8'
89 Basson 8'
90 Cromorne 8'
91 III / II
92 Sub III / II
93 Super III / II

Tutti
Tutti général
Crescendo général
Combinateur

Orgue de transept[modifier | modifier le code]

L’orgue du transept.

L'église possède également un orgue plus modeste, installé dans le transept en 1976 par Marc Garnier, à l'emplacement de l'ancienne loge impériale. Il s'agit d'un orgue de style nordique, inspiré des instruments du XVIIe siècle et adapté notamment à l'accompagnement du chant. Il est lors de sa construction un véritable précurseur, en ceci qu'il est le premier orgue mésotonique des temps modernes.

L'orgue ressemble beaucoup à celui du Triforium de la cathédrale Saint-Étienne de Metz, exécuté par le même artiste un peu plus tard, et reprenant de nombreux choix esthétiques et techniques initiés à Saint-Paul[6].

De nombreux concerts sont désormais organisés sur les deux orgues de l'église.

Composition de l'orgue de chœur
I. Grand Orgue (45 notes)
1 Praestant 8'
2 Gedackt 8'
3 Quintadena 8'
4 Octav 4'
5 Spitzpfeife 4'
6 Quint 3'
7 Superoctav 4'
8 Terzian 2 rgs B+D
9 Mixture B+D
II. Pectoral (45 notes)
10 Regal 8'
III. Pédale (25 notes)
11 Subbass 16'
12 Octavbass 8'
13 Principal 4'
14 Trompete 8'

Accouplement I/II à tiroir
Zimbelstern
Nachtigall

Galeries[modifier | modifier le code]

Extérieur de l’église Saint-Paul
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Intérieur de l’église Saint-Paul
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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00085029 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b, c, d et e Renseignements historiques sur le site de l'association des Huguenots de France.
  3. Son pendant catholique, l'église Saint-Maurice, est inaugurée la même année.
  4. Détails sur le grand orgue de 1897.
  5. Église réformée Saint-Paul, Musique et orgues, Les orgues de l'Église réformée Saint-Paul (Strasbourg)
  6. Détails sur l'orgue de transept.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Suzanne Braun, « L'église réformée Saint-Paul », in Églises de Strasbourg (photographies de Jacques Hampé, préface de Victor Beyer), Oberlin, Strasbourg, 2002, p. 180-187 (ISBN 2-85369-237-X)
  • Dictionnaire des monuments historiques d'Alsace, Dominique Toursel-Harster, Jean-Pierre Beck, Guy Bronner, Éditions de la Nuée bleue, 1995.
  • Le grand orgue de l'église réformée Saint-Paul à Strasbourg, Richard Dott, dossier de la restauration.
  • Plaquette proposée lors des concerts par l'association Musique et orgues de l'église réformée Saint-Paul.
  • L'orgue d'Émile Rupp, Étienne Jacquot.
  • Plaquette de la Journée de l'orgue du 26 juin 1993, organisée par l'Association pour la formation des organistes des églises protestantes.
  • Bonnes et mauvaises fortunes d'un orgue strasbourgeois, Paul Nardin, 1960.
  • Le testament d'Émile Rupp, Pierre Valloton, 1969.
  • Plaquette des 4e journées nationales de l'orgue, article de Christian Lutz, 1991.
  • Antoine Pfeiffer (dir.), Protestants d'Alsace et de Moselle : lieux de mémoire et de vie, SAEP, Ingersheim ; Oberlin, Strasbourg, 2006, p. 144-146 (ISBN 2-7372-0812-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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