Église Saint-Jean-Baptiste (Valence)

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Église Saint-Jean-Baptiste
Image illustrative de l'article Église Saint-Jean-Baptiste (Valence)
Présentation
Culte Christianisme
Type Église
Début de la construction avant 374
Fin des travaux XVIIe siècle
Architecte inconnu
Style dominant roman
Protection  Inscrit MH (1978) (clocher)
Site web www.stjeanvalence.org/
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Drôme
Commune Valence
Coordonnées 44° 55′ 48″ N 4° 53′ 24″ E / 44.92993, 4.88995 ()44° 55′ 48″ Nord 4° 53′ 24″ Est / 44.92993, 4.88995 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Église Saint-Jean-Baptiste

Située dans la vieille ville de Valence dans la Drôme, l'église Saint-Jean-Baptiste, est perchée au point le plus haut de la ville, signe de son ancienneté. Elle serait l'un des tout premiers lieux de culte chrétien, dans une Valence alors naissante (Vieux Valence). Des documents évoquent le déroulement de différents conciles en son sein, notamment ceux de 375 et de 855. L'église fut réellement mentionnée pour la première fois dans l'inventaire du chapitre de Valence, en 1189. Cependant tout laisse à croire que l'édifice fut construit bien au-delà, sans néanmoins pouvoir l'attester au moyen de dates. Il est traditionnellement retenu que celui-ci vit le jour durant le Haut Moyen Âge.

L'église Saint-Jean-Baptiste fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 4 août 1978[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au vu de l'ancienneté de l'édifice, ses origines restent incertaines, aucun document ne permettant aujourd'hui de connaître précisément ce qu'était l'église primitive. Néanmoins il semblerait que la partie inférieure du clocher-porche remonte au XIIe siècle. Au cours du XVe siècle, Saint-Jean connut différentes phases de travaux, son état général étant alors dégradé. Le clocher était à cette époque pourvu d'un jacquemart[2].

Durant le XVe siècle et ses guerres de religion, Saint-Jean souffrit comme tout autre lieu de culte valentinois ; dans la nuit de la Toussaint de 1567, des protestants armés pénètrent dans la ville et incendient la cathédrale Saint-Apollinaire, réservant au passage le même sort à Saint-Jean-Baptiste. Début XVIIe siècle, des travaux s'efforceront de relever l'église, la nef restant alors dépourvue de bas-côté[2].

En 1720 sous décision de l'évêque de Valence, Mgr Jean de Catelan, l'église Saint-Jean est reconstruite. A la même occasion les inhumations qui y étaient pratiquées furent interdites ; l'important cimetière alors situé contre le chevet fut déplacé à l'est, près du Faubourg Saint-Jacques, en 1776 (le dit cimetière daté d'avant 1284). Seule subsiste aujourd'hui la tombe de l'évêque de Bethléem, Christophe d'Authier de Sisgau[3], fondateur du premier séminaire de Valence en 1639.

En 1785 un incendie ravage le sommet du clocher. Le jacquemart sera remplacé par un campanile en fer forgé[2].

A la révolution, en 1790, au sortir de l'office, le comte de Voisins est assassiné par la population excédée de la présence croissante de troupes militaires. Cet évènement eu pour effet de transformer Saint-Jean en son édifice et en ses fonctions. Avec les troubles de 1793, les célébrations du culte prennent fin. Saint-Jean deviendra tout d'abord un lieu de réunion des assemblées primaires, puis un entrepôt de matériel militaire ainsi qu'une geôle pour les prisonniers de guerre[4].

Architecture et restauration[modifier | modifier le code]

Entrée principale de l'église

Le 24 mars 1801, un arrêté permet à Saint-Jean la réouverture au culte, qui devient par la même occasion une annexe de la cathédrale Saint-Apollinaire. Dans cette optique, le corps de l'église est sujet à un programme de reconstruction entre 1840 et 1849, d'après les dessins du diocésain H. Epailly (le chantier se fait cependant au ralenti, comme l'indique un rapport auprès du conseil municipal, datant du 18 juin 1844. Les travaux ne seront rendus que le 9 novembre 1849[5]). La reconstruction fut plus coûteuse que prévu, cela est notamment dû aux fondations qui durent être plus profondes que précédemment ; en effet; la présence de pierres mêlées d'ossements humains ne permettait pas de supporter la nef telle qu'auparavant.

Le corps de l'édifice est marqué de rappels à l'architecture de Saint-Apollinaire ; « celui-ci comporte des arcatures en plein cintre, des ouvertures en colonnettes et chapiteaux, des frises d'arcatures aveugles sous le passe de toit, des cordons de denticules, etc »[5].

Durant la Seconde Guerre mondiale, le 15 août 1944 le bombardement souffle les vitraux de l'église ; dès 1945 les maîtres verriers Thomas[Atelier 1] et Balayn[Atelier 2] recréent les vitraux du chœur et des bas-côtés. En 1966 l'intérieur de l'édifice fut refait ; le chœur a été ré-agencé suite à la réforme liturgique prononcée lors du concile Vatican II. Le mobilier liturgique sera créé par l'architecte J. Hartman. On peut encore voir aujourd'hui certaines de ses créations, comme les chandeliers, la croix et les statues de la Vierge Marie et de Saint-Joseph.

Récemment, en 2005, 2006, dans le cadre de la Convention patrimoine de Valence, l'église connut une nouvelle phase de restauration. Tout d'abord les façades du corps furent ravalées et enduites avec un badigeon teinté. En second lieu vint le tour des façades du clocher, qui furent nettoyées, et qui virent leur joints repris. Avec cette restauration des façades, on peut compter la réouverture de la baie originelle du portail sud, ainsi que la pose d'un vitrage, permettant d'admirer de l'extérieur les chapiteaux du clocher, sans pour autant les exposer à la détérioration[6].

L’église conserve les reliques de saint Venant de Viviers, évêque de Viviers (Vie s.).

Le clocher-porche néo-roman (XIXe siècle)[modifier | modifier le code]

Le clocher néo-roman (1876)
Porche ouest, tympan

Suite à la restauration (voir section ci-dessus) de 1849, s'exécutant principalement sur le corps du bâtiment, le clocher-porche se voit lui aussi rénové en 1861. À l'origine les ouvertures sont pourvues d'arcs brisés, ce qui fait de lui une œuvre du XVe siècle, XVIe siècle. L'architecte qui en fait les relevés, Auguste Chauffeur, prévoit de bouleverser le style architectural, selon lui il serait préférable de conserver le « caractère primitif du clocher d'origine tout en proposant un reparementage complet des quatre façades »[7]. Le tympan sera doté d'un bas-relief évoquant Saint-Jean-Baptiste.

Pour cette rénovation, A. Chauffeur emprunta des caractéristiques architecturales et décoratives propres au premier âge du style roman. On peut remarquer des ouvertures en plein cintre, des baies géminées avec archivolte saillante couverte de billettes, ou encore des bandes lombardes liées par des arcatures aveugles. L'aspect ancien, typiquement médiéval est conféré par l'usure et la patine que subit la pierre de molasse de Châteauneuf-sur-Isère. On retrouve ce matériau dans différents édifices valentinois, tels que la Maison des Têtes.

Les chapiteaux romans[modifier | modifier le code]

A l'entrée du clocher subsistent huit chapiteaux témoins de ce que fut l'église romane, au Moyen Âge. Quatre d'entre eux comportent un décor feuillagé tantôt agrémenté de poissons, tantôt de têtes sculptées. Deux autres supportent des masques crachant des feuillages. Deux encore, historiés, « contiennent » les angles nord-est et sud-ouest. Celui placé au nord, appelé Femme aux serpents, représente un personnage nu, probablement une femme, au corps cerné d'animaux hybrides, mi-oiseaux, mi-serpents. De sa main gauche, elle tient le bec de l'un d'eux. Cette image s'inscrit dans une iconographie biblique de la luxure, très répandue par la sculpture médiévale.

Au sud, à gauche de l'entrée, se trouve le chapiteau dit de Tobie capturant le poisson. Hissé sur un poisson, dans l'angle intérieur du chapiteau, Tobie tient dans la main droite ce qui pourrait être identifié comme un couteau, alors qu'il vient de tuer le monstre hantant les eaux du Tigre. Sur l'arête extérieure, un personnage, soit l'archange Gabriel guidant Tobie, soit le père aveugle de celui-ci, s'abritant. Les deux personnages sont maintenus distants par un décor aquatique, maculé de petits trous servant peut-être au préalable à l'insertion de pierres colorées. Enfin, au centre de la corbeille, figure une tête sculptée[6]. On retrouve avec la cathédrale Saint-Apollinaire des similitudes quant au traitement des chapiteaux, notamment sur le vocabulaire.


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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00117087 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b et c page web "origines de l’église St Jean" du site du Diocèse
  3. Dictionnaire historique, par François-Xavier Feller, sur Google Livres
  4. livret "Laissez-vous conter:L'église Saint-Jean", coécrit par : Viviane Rageau et Frédérique Jakob (Valence Ville d'Art et d'Histoire), Jacques Stéphane Ruchon (Paroisse Saint-Emilien), et Charlotte Jubert, édité par Valence, Ville d'Art et d'Histoire
  5. a et b page web "reconstruction et embellissements" du site du diocèse
  6. a et b page web les chapiteaux romans du site du diocèse
  7. page web "clocher roman du XIXe siècle" du site du diocèse
  1. site web de l'Atelier Thomas
  2. site web de l'Atelier Balayn

Source[modifier | modifier le code]

  • Renseignements pris auprès du service municipal, Valence Ville d'Art et d'Histoire, situé à la Maison des Têtes, au 57 Grande-Rue, 26000 Valence

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]