Église Saint-François-de-Sales (Lyon)

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L’église Saint-François de Sales est une église catholique dédiée à saint François de Sales, située 11 rue Auguste-Comte, à Lyon 2e arrondissement (69002).

Historique et architecture[modifier | modifier le code]

L’église actuelle est construite à partir de 1803 rue Saint-Joseph (aujourd'hui rue Auguste Comte). Elle est placée sous le patronage de Saint-François de Sales mort en 1622 à proximité (à l’angle de la rue Sainte-Hélène et de la rue Saint François de Sales).

Avant 1803, une église Sainte Madeleine, plus petite, occupait le même emplacement : elle faisait le lien entre la Maison des Recluses (au nord de l’église actuelle) et le Couvent des filles pénitentes (au sud). Pendant la Révolution française, ces deux bâtiments (et peut-être l'église elle-même), devinrent une prison, connue sous le nom de prison des Recluses.

La nouvelle église est construite en plusieurs étapes :

  • 1807 : nef latérale gauche ;
  • 1828-1831 : nef latérale droite, façade, chœur, coupole ;
  • 1842-1847 : nouvelle campagne de travaux sous la direction de l’architecte Claude-Anthelme Benoit (1794-1816), qui avait travaillé sur deux églises lyonnaises : la Basilique Saint-Martin d'Ainay et Saint-Nizier, où il avait notamment construit la tour sud.

De style néo-classique, Saint-François est sans doute le seul monument religieux lyonnais de ce style.

Décoration intérieure[modifier | modifier le code]

Peintures décoratives des murs intérieurs et des voûtes[modifier | modifier le code]

Elles sont dues à Alexandre Denuelle (1818-1879). Cet artiste, professeur à Paris, spécialisé dans les grands décors muraux, a réalisé à Lyon également les décors des murs et de la voûte de Saint-Martin d’Ainay, de la chapelle de l’Hôtel-Dieu, de Saint-Polycarpe. Contrastant avec le décor néo-classique à dominante sombre des murs des nefs, les voûtes de la nef et des bas-côtés sont décorées d’un semis d’étoiles. À Lyon, la voûte de la Chapelle de l’Hôtel-Dieu est décorée de la même manière.

Les décors du dôme[modifier | modifier le code]

Arabesques avec végétaux, fleurs et oiseaux, sont l’œuvre de Denuelle, tandis que Louis Janmot a peint les deux grands panneaux est et ouest : « La loi nouvelle enlève le voile qui recouvre l’ancienne » (ou « La réconciliation de l’ancien et du nouveau testament » : deux femmes sont assises, l’une enlevant le voile de l’autre) et « La réconciliation de la science et de la foi au pied de la croix ». Les panneaux nord et sud (quatre prophètes de l’ancien testament : Isaïe et Jérémie, Ezéchiel et Daniel) et les quatre pendentifs sont également de Janmot. Louis Janmot (1814-1892) est l’auteur du célèbre Poème de l’âme (Musée des Beaux-Arts de Lyon). Le retable de la chapelle du Sacré-Cœur est aussi de Janmot (1863).

Chapelle de la Vierge[modifier | modifier le code]

Dans la chapelle de la Vierge, l'Assomption est de Joseph-Hugues Fabisch (1856). Ce sculpteur est omniprésent dans toutes les églises de Lyon. Mais ses deux œuvres les plus connues sont la Vierge de Fourvière dominant Lyon (1852) et la Vierge de Lourdes (1863). Fabisch a aussi sculpté les bas-reliefs des autels de la chapelle du Sacré-Cœur (Les disciples d’Emmaüs) et de la chapelle St-Joseph (La Sainte Famille accueillant St-Jean Baptiste). Il avait également réalisé l'ancien maître autel, dont la façade est déposée dans le transept gauche, en face du monument aux morts, et le soubassement de la chaire, déposé en face des fonts baptismaux.

L’autel de la chapelle de la Vierge est décoré par un bas-relief de P. Morel représentant la Nativité de la Vierge.

Chapelle Saint-Joseph[modifier | modifier le code]

Tableau d'Édouard Ravel de Malval (1866). Le tableau représente la Fuite en Égypte : on y voit la Sainte Famille servie par les anges. Édouard Ravel de Malval (1850-1888) est un élève d’Hippolyte Flandrin et Paul Flandrin. J.Armand-Calliat, fils de T. Armand-Calliat, a réalisé en 1903 la statue de Saint Joseph.

Fonts baptismaux[modifier | modifier le code]

Très élégants, les fonts baptismaux dus à Sainte-Marie Perrin (1900) sont ornés par une statue de St-Jean Baptiste due à Paul Dubois (1880).

Chemin de croix de Thomas-Joseph Armand-Caillat[modifier | modifier le code]

Réalisées d’après des cartons d’Antoine Sublet (1821-1897), les stations du chemin de croix sont représentées par des plaques de cuivres à émaux champlevés (spécialité d’Armand-Calliat, dont on peut, en particulier, admirer les tons bleus profonds) dans un cadre de bois noir.

Monument aux morts de 1914-1918[modifier | modifier le code]

Situé contre le mur est du transept nord, il a été béni en 1920, puis décoré en 1932 par une mosaïque de G. Décote (1870-1951), élève du peintre Gustave Moreau.

Grande croix (1957) et nouveau maître autel[modifier | modifier le code]

L'église a connu peu de remaniements depuis le XIXe siècle. Le plus notable fut l'installation en 1957 d'un immense crucifix de Ferdinand Parpan (1902-2004) [1] entre le maître autel et l'orgue, dans l'axe de la nef.

On note aussi le remplacement du maître autel de Fabisch par un nouvel autel de marbre noir, accompagné d'un ambon de même facture. La chronologie de ce changement est à préciser : elle n'est pas nécessairement lié à la réforme liturgique amené par le concile Vatican II, puisque le maître autel de Fabisch était au même emplacement et ne comportait sans doute pas de rétable.

Orgue[modifier | modifier le code]

Construit par Cavaillé-Coll en 1880, l'orgue succède à un précédent instrument du facteur alsacien Callinet, installé sur la tribune au fond de l’église. En 1889-1890 l’instrument fut remplacé par un orgue nouveau de 45 jeux construit pour Saint-François par le facteur parisien Aristide Cavaillé-Coll et installé dans l’abside. Lors de l’inauguration, Charles-Marie Widor, fils de l’organiste de Saint-François, interpréta en première audition sa cinquième symphonie. Non modifié depuis (ce qui est tout à fait exceptionnel pour un instrument de Cavaillé-Coll), c’est un témoignage inestimable sur les conceptions de Cavaillé-Coll, ceci d’autant plus que, pour répondre à l’usage particulier qui était demandé (double fonction de grand orgue d’église et d’orgue d’accompagnement de la chorale), Cavaillé-Coll a conçu un instrument dont la poésie sonore est particulièrement remarquable. C’est le seul grand orgue vraiment historique de Lyon[2].

Sources et liens[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.papillongallery.com/ferdinand_parpan_2.html www.papillongallery.com/ferdinand_parpan_2.html
  2. Renseignements complémentaires sur le site : http://orguesaintfrancois.free.fr/