Église Saint-André du Quirinal

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Église Saint-André du Quirinal
Image illustrative de l'article Église Saint-André du Quirinal
Présentation
Nom local Sant'Andrea al Quirinale
Culte catholique
Rattachement Compagnie de Jésus
Début de la construction 1658
Fin des travaux 1678
Architecte Bernini
Style dominant Architecture baroque
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Latium
Commune Rome
Coordonnées 41° 54′ 02.6″ N 12° 29′ 21.7″ E / 41.900722, 12.48936141° 54′ 02.6″ Nord 12° 29′ 21.7″ Est / 41.900722, 12.489361  

Géolocalisation sur la carte : Rome

(Voir situation sur carte : Rome)
Église Saint-André du Quirinal

L’église Saint-André du Quirinal (en italien Sant'Andrea al Quirinale) est un édifice religieux de style baroque sis sur la colline du Quirinal à Rome. Construite par Bernini durant la seconde moitié du XVIIe siècle pour être l’oratoire du noviciat de jésuites elle est considérée comme un des bijoux du baroque italien. Rattachée au noviciat des jésuites jusqu’en 1773, et de 1814 à 1870, elle est depuis 1925 à nouveau desservie par un groupe de jésuites.

Histoire[modifier | modifier le code]

Noviciat des jésuites[modifier | modifier le code]

Le 20 septembre 1566 les jésuites ouvrent leur second noviciat - le premier à Rome - sur la colline du Quirinal, dix ans après la mort du fondateur Ignace de Loyola. Une propriété avec jardin, comprenant une petite chapelle Saint-André datant du XIIIe siècle (‘abandonnée et sans clerc’) leur avait été cédée comme maison de campagne.

De nombreux jeunes gens arrivant de divers pays d’Europe pour entrer dans la Compagnie de Jésus à Rome, François de Borgia, supérieur général, décide d’utiliser cette propriété comme résidence du noviciat. Les travaux vont bon train et en août 1566 les premiers novices s’y installent. Un an plus tard, le 27 octobre 1567 y est admis Stanislas Kostka, jeune noble polonais, qui, après une longue marche en solitaire de Vienne à Rome réalise son désir de devenir jésuite. Il y meurt une dizaine de mois plus tard, le 15 août 1568. Il est enterré dans la petite église construite pour remplacer la chapelle Saint-André, qui vient d’être consacrée (2 février 1568).

Quand les travaux sont terminés les novices sont une soixantaine à occuper les lieux, sous la direction d’Alfonso Ruiz, maître des novices. Entre août 1566 et décembre 1572 le noviciat accueille quelque 200 novices. Le registre d’entrée indique leur provenance : Écossais, Anglais, Allemands, Flamands, Portugais, Polonais, Italiens, etc.

La maison est agrandie plusieurs fois, entre autres entre 1569 et 1571. En 1574 commence, juste en face la construction du palais du Quirinal, sur ordre de Grégoire XIII qui en fera sa résidence d’été. En 1598 l’église Saint-Vital est confiée par Clément VIII aux jésuites et s’ajoute à la propriété (coté oriental). L’extension des bâtiments et l’accroissement du nombre de novices fait que l’on songe déjà en 1653 à construire une nouvelle église, plus digne et plus grande.

Église Saint-André[modifier | modifier le code]

Le projet prend forme lorsque le cardinal Camillo Pamphili commence à s’y intéresser. Le pape Alexandre VII se montre favorable. On demande à Bernini, déjà âgé, d’en dessiner les plans. Le Supérieur général des jésuites Giovanni Paolo Oliva (un ami personnel de Bernini) participe aux échanges avec l'architecte[1].

Prenant à cœur le projet Bernini choisit lui-même les artisans, dont l’architecte Mathias De Rossi qui en réalise la construction sur une période de vingt ans, de 1658 à 1678. Cette église elliptique est considérée comme un des bijoux de l'architecture baroque italienne. Le célèbre architecte la considérait comme sa seule œuvre architecturale parfaite[2]. Le 21 septembre 1678 l’église est consacrée par le cardinal Alderano Cibo.

Le plan de Saint-André est elliptique, l'entrée et le maître-autel étant placés dans l'axe le plus court de l'ellipse. Le portail d'entrée, avancée semi-circulaire sur la façade, porte les armes de Camillo Pamphili qui avait avancé les fonds pour sa construction.

On doit la décoration intérieure, en stucs, à Antonio Raggi et ses élèves, sur les dessins de Bernini. Le Martyre de saint André par Guillaume Courtois, dit Le Bourguignon, est placé au-dessus du maître-autel. Les chapelles latérales abritent des toiles de Baciccio. Le tabernacle du maitre-autel fut exécuté en 1697. L’urne en bronze et lapis-lazuli contenant les restes de Saint Stanislas Kostka date de 1716.

(1) Entrée (2) Chapelle de St François Xavier, (3) Chapelle de la Passion, (4) Chapelle St Stanislas Kostka, (5) Chapelle de St Ignace de Loyola, (6) Maître-autel (7) Accès à la sacrisite et résidence jésuite avec chambres de Stanislas Kostka

Suppression et restauration des jésuites[modifier | modifier le code]

La Compagnie de Jésus est supprimée en août 1773 par le pape Clément XIV. Lors que le jésuites quittent Saint-André, fin août 1773, l’église est confiée aux Pères Lazaristes. Durant l’occupation du palais du Quirinal par le général Berthier qui en fait son quartier général durant le bref épisode de la ‘République romaine’) noviciat et église sont réquisitionnés pour y loger ses troupes (1798).

Lorsque, après la déportation de Pie VII en France - et sur ordre de Napoléon - tous les religieux sont chassés de Rome (1810) les Lazaristes doivent quitter Saint-André.

À peine rentré à Rome de sa captivité français (24 mai 1814) Pie VII rétablit universellement la Compagnie de Jésus (7 août 1814) et restitue aux jésuites deux de leurs maisons romaines: la maison professe du Gesù et le noviciat, avec son église Saint-André. Le noviciat ouvre à nouveau ses portes le 12 novembre 1814: les novices sont une vingtaine. Peu après, le 30 novembre, jour de la fête de Saint-André, le pape rend personnellement visite à l’église Saint-André. De 1814 à 1870, date de la prise de Rome et de la chute des États pontificaux, la maison sert de nouveau comme noviciat des jésuites.

Parmi les premiers novices une personnalité de marque : l'ex-roi Charles-Emmanuel de Sardaigne, qui ayant perdu sa femme avait abdiqué en 1802. Il entre au noviciat des jésuites le 11 février 1815, à l'âge 64 ans. Devenu infirme et aveugle il meurt le 5 octobre 1819, à Saint-André, ayant fait montre d’un profond esprit religieux.

Durant les quelques mois de la nouvelle ‘République romaine’ (1849-1850) les bâtiments sont utilisés comme caserne, et par après, sous les français du général Oudot comme hôpital militaire.

Lorsque les troupes piémontaises entrent à Rome le 20 septembre 1870, les États pontificaux cessent d’exister. Les jésuites et leurs novices quittent Saint-André. Seuls y restent les étudiants du Collège Latino-Américain (jusqu’en 1887). Les bâtiments sont annexés par les ministères publics, d’abord de la Maison royale, et depuis 1948 par le services de la présidence de la République italienne.

Église royale de la cour d'Italie de 1870 et 1946, Saint-André est de nouveau desservie par les jésuites depuis 1925. ils y ont une petite résidence (au-dessus de la sacristie), où peuvent se visiter les chambres de Saint Stanislas Kostka.

Intérieur : maître-autel et coupole elliptique

Patrimoine[modifier | modifier le code]

  • La façade est de style corinthien avec un porche semi-circulaire en légère projection avancée. Il est surmonté de l’écusson de la famille des Pamphili (1670).
  • Six chapelles latérales entourent (3 et 3) de part et d’autre le sanctuaire à peine plus grand que ces chapelles.
    • Chapelle Saint François-Xavier, avec des tableaux de Gaulli (1706).
    • Chapelle de la Piéta, contient des œuvres de Giacinto Brandi (1682).
    • Chapelle Saint-André dont la pièce d’autel illustrant la mort du saint est œuvre de Guillaume Courtois (1668).
    • Chapelle du Crucifix, ayant sur son mur latéral la tombe et monument de Charles Emmanuel IV de Sardaigne, mort comme novice à Saint-André (1819).
    • Chapelle Saint Stanislas-Kostka dont les tableaux (de Mazzanti) illustrent des scènes de la vie du saint. L’urne contenant son corps se trouve sous l’autel.
    • Chapelle Saint-Ignace ayant comme pièce d’autel un tableau representat Saint Ingace en compagnie de François Borgia et Louis de Gonzague. L’adoration des berges et des mages, sur le mur latéral est une œuvre de Ludovico Antonio da Lugano.
  • Le plafond de la sacristie est une fresque peinte par Jean de la Borde (1670) représentant une ‘’Gloire de Saint-André’ entouré d’anges. Le sketch de la fresque fut examiné et approuvé par Bernini. Au fond de la sacristie un tableau de Andrea Pozzo : l’Assomption de Marie.
  • L'orgue a été construit en 1938 par Mascioni[3], qui lui a donné le numéro 515. Il a deux claviers de 58 notes, un pédalier de 30, et est à traction électrique[4].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Novices à Saint-André[modifier | modifier le code]

Nombreux sont les jésuites célèbres qui firent leur noviciat à Saint-André:

Après la réouverture du noviciat en 1814 :

Sont enterrés à Saint-André[modifier | modifier le code]

À peu de distance de Sant'Andrea, toujours rue du Quirinal, se trouve la petite église Saint-Charles-des-Quatre-Fontaines (« San Carlino »), un des chefs-d’œuvre de Francesco Borromini, rival du Bernin ; cette proximité permet de comparer deux génies du baroque italien.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • (it) Federico Gizzi, Le chiese barocche di Roma, vol. 6, Roma, Tascabili Economici Newton,‎ 1998 (ISBN 9788879835145).
  • (en) Howard Hibbard, Bernini, Harmondsworth Eng., Penguin,‎ 1974 (ISBN 0-14-013598-7).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Giovanni Careri, Bernini: Flights of Love, the Art of Devotion, University of Chicago Press, 1995, p. 89 (ISBN 0226092739 et 9780226092737), citant Domenico Bernini.
  2. Dans les dernières années de sa vie et ayant plus de 80 ans, Bernini visitait fréquemment l’église pour y prier. Il semble que Bernini comme De Rossi aient travaillé gratuitement pour les jésuites, dont ils étaient proches
  3. Mascioni (it)
  4. G. Fronzuto, Organi di Roma. Guida pratica orientativa agli organi storici e moderni, Firenze, Leo S. Olschki, 2007, p. 22-23


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Liens externes[modifier | modifier le code]