Égica

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Égica
Égica, roi des Wisigoths (Carlos Esquivel y Rivas, Musée du Prado)
Égica, roi des Wisigoths (Carlos Esquivel y Rivas, Musée du Prado)
Titre
Roi des Wisigoths d'Hispanie
14 novembre 687702
Prédécesseur Ervige
Successeur Wittiza
Biographie
Date de décès décembre 702
Lieu de décès Tolède
Nationalité Espagnole
Conjoint Cixillo reine des Wisigoths
Enfant(s) Wittiza roi des Wisigoths
Oppas évêque de Séville
Religion christianisme
Résidence Tolède

Égica (ou Egiza, Ergica) est roi wisigoth d'Hispanie et de Septimanie de 687 à 702.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le royaume wisigoth vers 700.

Neveu du roi Wamba, Égica est probablement la même personne que ce dux Égica, comes scanciarum, qui souscrit en 683 les actes du XIIIe Concile de Tolède, sous le règne du roi Ervige. Représentant probablement une partie de l'aristocratie hostile à Ervige (soupçonné notamment d'avoir empoisonné Wamba pour monter sur le trône), ce dernier lui donne en mariage sa fille Cixillo. À l'abdication de son beau-père en 687, Égica monte sur le trône.

Au cours de son règne, il devra faire face dans son royaume à plusieurs révoltes, à trois invasions franques, et à au moins une attaque byzantine.

Entre 692 et 693, le roi Égica est vraisemblablement forcé de quitter le pouvoir et la capitale du royaume, Tolède, victime d'un complot organisé par des nobles et l'archevêque Sisbert de Tolède, qui projetaient de le faire assassiner avec son épouse. Le chef de la noblesse rebelle, un certain Sunifred, est probablement couronné roi à Tolède par Sisbert à la fin de l'année 692. Cependant, dès le début de l'année 693, Égica rassemble une armée et reprend le pouvoir. Organisant un nouveau concile de Tolède, Sisbert est alors remplacé par l'évêque Félix de Séville, tandis que Sunifred voit ses biens confisqués. La répression d'Égica fut sanglante ; selon la chronique mozarabe de 754, « celui-ci poursuivit les Goths d'une mort cruelle ».

Prétendant avoir les preuves d'une conspiration des Juifs de son royaume avec les Juifs transmarins, Égica les persécuta durement. Lors du XVIIe Concile de Tolède, il bannit à jamais les Juifs mais ceux qui habitaient la partie wisigothique de la Gaule furent exceptés de la proscription à condition qu'ils se convertiraient sincèrement à la foi chrétienne. Pour se venger, les Juifs exilés en Afrique auraient appelé les musulmans à conquérir un royaume hispano-wisigothique très affaibli.

Vers 695, l'empereur byzantin Justinien II tente vainement, par sa flotte, de réduire Égica à l'obéissance, mais les forces grecques seront repoussées par le comte wisigoth Théodemir (ou Theudimer).

Voulant comme ses prédécesseurs imposer sa propre dynastie, Égica associe au pouvoir en 698 son jeune fils Wittiza, qu'il installe à Tuy en Galice, dans l'ancien royaume des Suèves.

Il compléta le Liber Iudiciorum, le corpus législatif du royaume hispano-wisigothique, en vigueur depuis le milieu du VIIe siècle.

Il meurt à Tolède en décembre 702. Selon la Chronique d'Alphonse III, Égica règna 10 ans seul et 5 ans avec son fils Wittiza.

Selon la chronique mozarabe de 754, Égica est le père d'Oppas (ou Oppa), évêque de Séville qui prendra en 711 le parti des conquérants musulmans contre le roi wisigoth Rodéric (ou Rodrigue).

Égica serait à l'origine de la construction de l'église de San Pedro de la Nave en Castille, bâtie sous son règne, et assez bien conservée.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L. A. Garcia Moreno, Prosopografia del reino visigodo de Toledo, Salamanca, 1974.
  • Henri Leclercq, L'Espagne chrétienne, V. Lecoffre, 1906 (Archive.org).
  • Roger Collins, Visigothic Spain, 409–711. Blackwell Publishing, 2004.
  • Edward Arthur Thompson, The Goths in Spain. Oxford: Clarendon Press, 1969.

Liens externes[modifier | modifier le code]