Égalité et Réconciliation

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Égalité et Réconciliation

Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But « Promotion des idées de l'essayiste Alain Soral sur la gauche du travail et la droite des valeurs »[1]
Fondation
Fondation juin 2007
Fondateurs Alain Soral
Philippe Péninque
Jildaz Mahé O'Chinal
Identité
Siège 3, rue du Fort de la Briche (zone d'activités de La Conche)
93200 Saint-Denis[1],[2]
Personnages clés Alain Soral
Marc George
Dieudonné
Président Alain Soral
Secrétaire général Julien Limes
Méthode Cybermilitantisme
Manifestation
Université d'été
Conférence
Membres 800 revendiqués (2012)[3]
12 000 estimés (2014)[2]
Slogan « Gauche du travail et Droite des valeurs : pour une réconciliation nationale ! »
Site web www.egaliteetreconciliation.fr

Égalité et Réconciliation est une association politique fondée en juin 2007 par son président Alain Soral ainsi que par Jildaz Mahé O'Chinal et Philippe Péninque, deux anciens militants du Groupe union défense (GUD).

Elle est d'abord très proche du Front national (FN), avant de prendre ses distances avec lui. Si elle se définit comme « nationaliste de gauche », elle est classée à l'extrême droite par la plupart des observateurs, de même que son président Alain Soral dont elle a pour but de promouvoir les idées « sur la gauche du travail et la droite des valeurs ». Appelant à dépasser les clivages sur plusieurs plans — partisans, ethniques, religieux et sociaux —, elle entend lutter contre les libéraux-libertaires, le mondialisme et le sionisme ; certains observateurs considèrent qu'elle est antisémite. Sa faible base militante est compensée par un site internet dont l'audience lui confère une forte visibilité.

Des personnages clés gravitant autour du Front national[modifier | modifier le code]

À ses débuts, l'association s'appuie sur des personnalités très proches, voire des responsables du Front national, dont certains viennent de la gauche : Alain Soral, président, et Marc George, secrétaire général, figurent notamment au comité central du FN après avoir débuté leur militantisme politique respectivement au Parti communiste et au Parti socialiste. L'association reçoit l'appui de Jean-Marie Le Pen — qui intervient lors de sa première université en 2007 —, et se situe sur une ligne proche de celle de sa fille Marine dans un premier temps[4],[5]. Ces liens se distendent à partir des élections européennes de 2009, qui coïncident avec le départ d'Alain Soral du parti[6]. Néanmoins, Stéphane François, politologue spécialiste des droites radicales, estime en 2012 qu'Égalité et Réconciliation tente « d’attirer des jeunes aux profils variés, qui serviront de vivier de recrutement pour le FN »[3]. De son côté, le chercheur Haoues Seniguer continue de voir l'association comme un moyen de rapprochement vers le FN ou ses bassins de sympathisants[7]. Des militants ou responsables d'Égalité et Réconciliation ont manifesté avec le FN à Paris à l'occasion de la Fête du Travail en mai 2008[8] et en mai 2012[9]. Par ailleurs, David Rachline, dirigeant du Front national de la jeunesse de 2009 à 2011, et Michaël Guérin, ancien responsable du Front national de la jeunesse Rhône-Alpes, ont été membres d'Égalité et Réconciliation[10],[11], tandis que Jean-Claude Martinez a participé à la seconde université du mouvement alors qu'il était vice-président du FN[12],[Note 1].

Alain Soral, président-fondateur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Alain Soral.
Alain Soral est président-fondateur d'Égalité et Réconciliation.

Alain Soral, cofondateur et président de l'association depuis ses débuts, en est également le pourvoyeur idéologique[8]. Essayiste, militant au Parti communiste jusqu'en 1993 (cette appartenance est remise en cause par les auteurs de La Galaxie Dieudonné[13]), il réalise une première carrière dans le monde du spectacle dans les années 1990 et au début des années 2000, puis devient, en novembre 2007, membre du comité central du Front national, qu'il quitte en février 2009[14]. Après s'être radicalisé au cours des années 2000, il devient, aux yeux de la plupart des observateurs, un idéologue d'extrême droite, oscillant entre un antisémitisme traditionnel et le nouvel antisémitisme. Partageant des thèses à la fois nationalistes et de gauche, lui-même se définit comme « national-socialiste à la française »[Note 2].

D'anciens responsables du GUD à la fondation[modifier | modifier le code]

D'anciens responsables du Groupe union défense (GUD) ont participé à la fondation d'Égalité et Réconciliation. Les deux mouvements ont une ligne politique proche.

À côté d'Alain Soral, les statuts d'Égalité et Réconciliation font apparaître comme membres fondateurs deux anciens responsables du GUD. Le premier est Jildaz Mahé O'Chinal : ancien responsable du FNJ parisien[15], celui-ci est proche de Frédéric Chatillon, chef du GUD dans les années 1990, ami d'Alain Soral[16] et cité également comme cofondateur d'Égalité & Réconciliation par certains médias[3],[17] malgré son absence des statuts de l'association. Mahé O'Chinal et Chatillon ont coprésidé le GUD ensemble[18], ont tous les deux fondé à l'époque l'association sportive du Marteau de Thor, où les étudiants d'extrême droite s'entraînaient aux sports de combat[14], et travaillent ensemble à l'agence de communication Riwal qui est, entre autres, « prestataire de services » pour le Front national, selon les termes du parti[19]. Jildaz Mahé O'Chinal est par ailleurs l'époux de Florence Lagarde, amie de Marine Le Pen qui dirige son micro-parti Jeanne[18].

Le second est Philippe Péninque, qui a été responsable au sein du GUD. Passé par l'Université Panthéon-Assas, il se trouve au centre de ce qu'Abel Mestre et Caroline Monnot appellent un « GUD business », ensemble d'entreprises fondées par des anciens militants, qui se font travailler les unes les autres et dont les prises de participation se font « entre amis ». Devenant un conseiller officieux de Marine Le Pen, il conseille également Jean-Marie Le Pen en amont de l'élection présidentielle de 2007 — collaborant notamment avec Alain Soral pour la rédaction du discours de Valmy prononcé par le président du FN en septembre 2006[20] — et prend en charge le dossier financier du Front national après les élections nationales de 2007 qui ont laissé le parti avec 8 millions d'euros de dettes empruntés à l'imprimeur Fernand Le Rachinel. Avocat spécialisé dans les montages fiscaux, il est également connu pour avoir ouvert le compte suisse au centre de l'affaire Jérôme Cahuzac, dont il est un ami. S'il s'est brouillé avec Alain Soral à la fin des années 2000[6], les deux hommes sont restés amis[16].

Alain Soral nie un quelconque rôle des anciens du GUD au sein d'Égalité et Réconciliation : il indique que Jildaz Mahé O'Chinal et Philippe Péninque « ont accepté par amitié de prêter leur nom sans jamais s'y être investis en aucune façon. Ils ont d'ailleurs été remplacés à leur demande ». Les statuts modifiés en septembre 2008, qui intègrent Marc George et Julien Limes, ne font cependant pas mention d'un départ de MM. O'Chinal et Peninque[14]. Par ailleurs, ils ont tous les deux participé à l'université d'été du mouvement en septembre 2007[4]. Enfin, Frédéric Chatillon, Jildaz Mahé O'Chinal et Philippe Péninque ont tous les trois soutenu financièrement le lancement en 2007 du Local, bar géré conjointement par Alain Soral et Serge Ayoub, avant que le président d'Égalité et Réconciliation ne le laisse à ce dernier, « les JNR de Batskin n'appréciant pas vraiment les militants arabes d'Égalité et Réconciliation » selon Frédéric Haziza[21].

Marc George, secrétaire général de 2007 à 2010[modifier | modifier le code]

Marc George (dit Marc Robert), secrétaire général du mouvement jusqu'en février 2010, dit avoir commencé à militer au Parti socialiste dans les années 1980 avant de rejoindre le Front national après la première guerre du Golfe. Il est élu conseiller municipal FN à Éragny (Val-d'Oise) dans les années 1990, puis arrête la politique. Il se rapproche de Dieudonné au milieu des années 2000 (devenant le coordinateur de sa campagne à l'élection présidentielle de 2007), puis d'Alain Soral qu'il rencontre successivement au théâtre de la Main d'or et à la Fête des Bleu-blanc-rouge. C'est ensemble que Soral et George élaborent l'idée de créer un « club politique » partenaire du FN. Marc George est ensuite candidat FN lors des élections municipales de 2008 à Nice. Comme Alain Soral, il a été membre du comité central du FN jusqu'à sa suspension début février 2009[14],[22],[5].

Il est démis de son poste de secrétaire général d'Égalité & Réconciliation pour avoir diffusé sur le site de l'association une vidéo faisant l'apologie des Harkis (avec l'accord d'Alain Soral selon lui[23]) et annoncé une possible commémoration de la mort de François Duprat[11], Alain Soral lui reprochant de vouloir transformer Égalité et Réconciliation en « petite officine d'extrême droite » pour « régler des comptes avec le FN »[23]. Selon Marc George, le vrai sujet de divergence entre Alain Soral et lui-même portait sur l'avenir du mouvement, le premier défendant le modèle du think tank, le second celui d'une « organisation politique »[24]. Il reviendra sur ce différend en affirmant : « Soral a pris l'initiative d'une crise afin d'amener Égalité et Réconciliation à la mesure qui le satisfaisait, c'est-à-dire celle d'un fan club »[25]. Il quitte l'association peu de temps après l'incident et soutient Bruno Gollnisch lors du congrès de Tours du Front national[25], par le biais notamment d'un site internet sur lequel il fustige « "Marrane Le Ben (Soussan)" et son entourage surnommé on se demande pourquoi "les hystériques", par les derniers hétérosexuels » du siège. Au contraire, Alain Soral continue à affirmer qu'il soutient Marine Le Pen[26].

Après son départ, le secrétariat du mouvement est assuré par Julien Limes[27].

Dieudonné, un soutien extérieur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dieudonné.
Dieudonné, proche des dirigeants d'Égalité et Réconciliation, met le théâtre de la Main d'Or à disposition de l'association, qui diffuse sa production en retour.

La proximité nouvelle, à partir du milieu des années 2000, de Dieudonné avec le Front national et avec les dirigeants d'Égalité et Réconciliation — alors qu'il avait débuté son militantisme à gauche, à l'instar d'Alain Soral et de Marc George[Note 3]—, le conduit à apporter un soutien au mouvement, sans y occuper de responsabilité, en mettant son théâtre à sa disposition, de même qu'à d'autres organisations connues pour être anti-juives telles que le Rassemblement des étudiants de droite (RED, renouveau du GUD) ou la Droite socialiste (droite ultra)[28]. Abel Mestre et Caroline Monnot, journalistes au Monde, estiment ainsi qu'Égalité et Réconciliation se situe « au centre » de l'entourage de Dieudonné, qui « s'affiche (...) comme une sorte de compagnon de route » du mouvement[14].

Alain Soral figure au premier rang des dirigeants d'Égalité et Réconciliation qui partagent l'amitié de Dieudonné[29] : le président-fondateur de l'association est même devenu, selon certains observateurs et de son propre aveu[30], son « éminence grise »[31],[32], ce qui permet d'observer une continuité entre les spectacles de l'humoriste et les discours de l'essayiste[30],[33].

Au lancement de l'association, Alain Soral tente de populariser son existence en réalisant un tour de France qui s'achève en juin 2008 devant 200 personnes au théâtre de la Main d'or, géré par Dieudonné[12]. En décembre 2008, ce dernier devient officiellement le point de ralliement d'Égalité et Réconciliation[34] : il est mis gracieusement à disposition de l'association une fois par mois, à condition que les membres présents consomment sur place[14]. Peu après, Alain Soral, qui vient de quitter le Front national — il en fait publiquement l'annonce au théâtre de la Main d'or[14] —, se présente aux élections européennes de 2009 en Île-de-France en cinquième position sur la « liste antisioniste » conduite par l'humoriste.

À ces relations s'ajoutent celles de Marc George et de Frédéric Chatillon. Ce dernier, également ami de l'humoriste, lui fait visiter en 2006 le Liban du Sud et la Syrie, où l'ancien chef du GUD a de nombreux contacts haut placés. Il tente par ailleurs de lui présenter Marine Le Pen, en vain[14].

Cette proximité est néanmoins émaillée, en septembre 2013, par des tensions entre l'association — Alain Soral au premier chef — et Noémie Montagne, épouse et productrice de Dieudonné : dans un e-mail, cette dernière indique vouloir conserver l'exclusivité de l'exploitation commerciale du geste de la quenelle face à l'utilisation qu'en fait l'association, et insiste sur l'indépendance politique de son mari, tout en reconnaissant que « les membres d'ER (sic) sont actifs quant à la promotion et la diffusion des œuvres de Dieudonné et participent grandement à l'étendue de sa notoriété »[30].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Alain Soral#Positions.

Égalité et Réconciliation appelle à dépasser les clivages sur plusieurs plans — partisans, ethniques, religieux et sociaux — pour mieux lutter contre le mondialisme, le sionisme ou l'« Empire », selon le titre de l'essai publié par Alain Soral en 2011 Comprendre l'Empire, dont les fondements idéologiques sont largement repris par les membres d’Égalité et Réconciliation[3],[7]. Alain Soral justifie cette « réconciliation » par la nécessité d'éviter une guerre civile qui serait désirée par l'oligarchie bancaire — réduite à une « coalition vétéro-testamentaire », autrement dit les Juifs et les protestants — pour mieux préserver l'exploitation sociale dont elle jouit[35]. Marc George, ex-secrétaire général, indique : « Nous voulions construire une structure sur des bases patriotiques, antisionistes, antiracistes et avec une vision de classes. Un mélange entre Roger Holeindre et François Duprat, plus un peu de marxisme qu'apportait Soral. Et E&R a démarré comme ça, début 2006 (sic) »[5].

S'il se définit comme « nationaliste de gauche[36] », le mouvement est, tout comme son président, classé à l'extrême droite[37],[38],[39] et caractérisé comme antisémite par plusieurs observateurs. D'après Abel Mestre et Caroline Monnot, journalistes au Monde, Égalité et Réconciliation « peut sans problème être rattaché » à la mouvance nationaliste révolutionnaire[40].

« Gauche du travail et droite des valeurs »[modifier | modifier le code]

La défense de la « gauche du travail » et de la « droite des valeurs » est mentionnée comme l'objet social de l'association dans ses statuts depuis avril 2010[1]. Pour Alain Soral, Égalité et Réconciliation vise à l'« union de la gauche sociale et de la droite sociétale, contre la droite sociale et la gauche sociétale dont l'union libérale-libertaire constitue notre actuel système de domination »[41] ; le rôle de cette union aurait été de « détruire » « la France d’avant Mai 68 » que constituaient « la gauche sociale incarnée à l’époque par le PCF, et la droite morale, incarnée à la même époque par de Gaulle et son monde des valeurs de culture maurrassienne »[42]. L'année de sa création, Jean-Yves Camus souligne que « l'objectif du groupe est clair : orienter le FN vers un programme ouvriériste, anticapitaliste et "social" »[4].

La « gauche du travail » telle qu'elle est défendue est essentiellement inspirée du marxisme[3] et renvoie aux classes moyennes inférieures, ouvrières et précaires ainsi qu'aux habitants des quartiers populaires[35] ; au sein de l'association, elle serait notamment « symbolisée » par Béatrice Pignède selon Frédéric Haziza[43]. La « droite des valeurs » renvoie quant à elle au respect de la Nation, de l'autorité, de la hiérarchie, de la morale religieuse, de la famille et du travail[35], et s'incarne dans la « bourgeoisie de droite catholique » et nationaliste[36] ; au sein du mouvement, elle serait représentée d'après Frédéric Haziza par Marion Sigaut[43]. Selon l'écrivain Jacques de Guillebon, « à l'évidence, [la] tentative [d'Alain Soral] de créer un axe des extrêmes, de la gauche à la droite, a échoué : on ne trouve pas, dans son public et son lectorat, de cohortes d'anciens marxistes »[44].

L'association souhaite poursuivre le modèle du Cercle Proudhon, qui réunissait syndicalistes anarchistes et maurrassiens[11]. Jean-Paul Gautier, Michel Briganti et André Déchot considèrent celui-ci comme « l'une des rares organisations françaises inspirées par la pensée mussolinienne. Loin d'être anecdotique, cette référence permet de mieux saisir pourquoi la pensée du théoricien fasciste italien Julius Evola était en débat au sein de cette association et explique l'usage de citations du même Evola dans le récent ouvrage d'Alain Soral Comprendre l'Empire »[12]. Pour Michel Eltchaninoff, rédacteur en chef adjoint à Philosophie Magazine, l'appel à l'union de la « gauche du travail » et de la « droite des valeurs » se situe également « dans la tradition (...) de la pensée fasciste »[45]. Par ailleurs, Égalité et Réconciliation a consacré plusieurs vidéos au mouvement néofasciste italien CasaPound, en vantant son rôle « de salut public »[46].

Le politologue Hamdi Nabli voit dans ce slogan l'une des « contradictions » d'Alain Soral : « le programme « Droite des valeurs/Gauche du travail » de celui qui se dit marxiste n’est-il pas à mille lieues de la société sans classes, et ne s’inspire-t-il pas plutôt de l’ordre nietzschéen où la Civilisation aristocratique superpose une morale des maîtres (valeurs : Gloire et Honneur) et une morale des esclaves (travail : obéissance et servilité) ? »[47]

Antisionisme et antisémitisme[modifier | modifier le code]

D'après Abel Mestre et Caroline Monnot, « la matrice idéologique d'Égalité et Réconciliation emprunte à la ligne politique du GUD, impulsée par Chatillon au tournant des années 1990, quand ce dernier avait imposé un positionnement violemment antisioniste au nom de la défense de l'identité »[14]. Marc George indique : « Pour vous résumer la pensée que nous avons avec Soral et “Dieudo” : le problème qui se pose avec le lobby juif, c'est qu'il contient une forme de suprématisme qui est majoritaire aujourd'hui. On peut dire ce que l'on veut sur les chrétiens, les musulmans, pas sur les juifs »[5]. Le CRIF[48] et la LICRA[49] notent le caractère antisémite de cette association. Jean-Yves Camus, tout en percevant dans le discours de l'association « un langage « antisionite » sans compromis »[4], l'inclut au sein de « la nébuleuse anti-juive »[28]. Le journaliste Frédéric Haziza identifie quant à lui « une association et un site antisémites, négationnistes et homophobes »[50]. Bernard Darmon, publié par le site du CRIF, considère que le site de l'association, en reprenant « toutes les dépêches qui parlent des juifs ou d’Israël », entend « prouver que ces Juifs qui sont partout représentent aussi le Mal, c’est-à-dire le vice, l’appât du gain, le non-respect des goys et la volonté de dominer le Monde », tout en faisant une exception pour les Juifs « qui dénigrent Israël »[48]. Enfin, pour Samuel Laurent, journaliste au Monde, il s'agit d'un « mouvement antisémite d'ultra-droite »[51]. L'association défend notamment les théories négationnistes de Robert Faurisson[52],[53]. Ces commentaires rejoignent ceux concernant Alain Soral et Dieudonné, perçus par divers auteurs comme représentatifs du nouvel antisémitisme[Note 4].

Racisme et racialisme[modifier | modifier le code]

Philippe Corcuff et Haoues Seniguer estiment que le discours porté par Égalité et Réconciliation n'est pas qu'antisémite mais également racialiste car il oppose « Français de souche » et « Français de branche » ou de « fraîche date » « avec, par ailleurs, un rejet et un mépris manifestes des immigrés et des étrangers »[54]. De son côté, Fouad Bahri, journaliste à Zaman France, accuse l'association de défendre ouvertement « un certain nombre d'affirmations ou de propos de nature raciste ou inégalitaire (...). Le recours à l'usage de la catégorie « Français de souche » balaie définitivement toute aspiration à l'égalité »[35].

Alliance entre catholiques / nationalistes et musulmans[modifier | modifier le code]

Égalité et Réconciliation tente de séduire un public arabo-musulman, par exemple en rendant hommage à René Guénon (médaillon) ou en se rapprochant de membres de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) comme Tareq Oubrou.

Dès 2004, Alain Soral essaie de rapprocher les nationalistes et un public arabo-musulman issu des quartiers populaires[3],[55],[56]. Il est notamment chargé des banlieues au comité central du FN[57]. Égalité et Réconciliation est ainsi conçue comme le moyen d'attirer les Français issus de l'immigration vers le FN[4] ou le « nationalisme politique »[31], « en leur exposant qu'en tant que critère juridique la préférence nationale leur serait également favorable. Partant, cela devrait permettre au parti de trouver des cadres d'origine maghrébine et de désamorcer ainsi les attaques sur le thème du racisme »[58].

Une théorie qui met en avant des intérêts convergents[modifier | modifier le code]

Le président d'Égalité et Réconciliation théorise cette stratégie :

« C’est dans mon intérêt de catholique blanc que la communauté musulmane soit puissante en France. Il faut un rééquilibrage communautaire pour faire poids contre la communauté toute-puissante ».

Dans cette perspective, il émet « une théologie de l’amitié islamo-chrétienne en avançant que les deux religions condamnent le prêt à intérêt, à l’inverse des juifs et des protestants ; une critique de la laïcité, nouvelle « religion d’État » islamophobe ; ou encore des missives contre le « paternalisme » de l’antiracisme et de la gauche »[59], accusant le Parti socialiste d'avoir « diabolisé l'islam »[45]. L'écrivain Jacques de Guillebon souligne que parmi les « publics très divers » auxquels s'adresse Alain Soral, celui-ci, face à « certains musulmans », « parlera René Guénon, c'est-à-dire tradition primordiale qui rassemble toutes les religions dans une unique origine » — le 60e anniversaire de la mort de ce dernier a été célébré par Égalité et Réconciliation[60] ; tandis que « devant certains catholiques, il bavera contre Vatican II, leur fournissant ainsi un discours à la fois traditionaliste et révolutionnaire »[44]. Alain Soral cite également Henry Corbin[45] et Imran Nazar Hosein[7]. Dans l'ensemble, ce discours a pour but de nouer une alliance contre la communauté juive[7],[44],[45].

La volonté d'attirer un public musulman serait doublée, selon Stéphane François, d'« une fascination pour l'islam, pour son aspect antimoderne et viril, qui vient clairement d’en haut », chez les militants. Marc George, ancien secrétaire général de l'association, et séduit par le « combat » de l'islam contre « la pornographie, la promotion de l'homosexualité » et sa défense de « la famille traditionnelle », a lui-même affiché sa conversion[3],[61]. Dans son ouvrage Comprendre l'Empire, Alain Soral écrit à ce sujet que « la dernière civilisation de la sphère post-méditerranéenne à ne s'être pas encore totalement soumise à l'Empire est le monde musulman »[45]. D'après Fatiha Kaoues et Pierre Tevanian, « ce n’est pas (...) par refus de tous les racismes qu’il [Alain Soral] se solidarise avec les personnes de confession musulmane en butte avec l’islamophobie, mais par fascination pour « l’Islam », entité essentialisée et fantasmée, sur laquelle il projette sa nostalgie de l’ordre familialiste de la France d’avant mai 68, sa haine des conquêtes féministes et son mépris de la culture populaire »[55].

Alain Soral affirme par ailleurs qu'il combat l’« arabisation de la France »[3] et encourage « un islam assimilationniste et patriotique, délesté de « l’arabité » et des traditions portées par les immigrés de la première génération. Il flatte la fibre réactionnaire d’une nouvelle bourgeoisie musulmane en mettant à l’index une jeunesse « réislamisée », opposant les « musulmans responsables » aux « islamo-racailles » des quartiers populaires »[59]. Pour le sociologue Philippe Corcuff et le chercheur Haoues Seniguer, « les proclamations islamophiles et arabophiles de Soral apparaissent contredites par des relents arabophobes et néocolonialistes moins visibles, voire par un mépris de classe et un paternalisme qu’il n’a de cesse de reprocher à ses adversaires politiques »[54]. L'historien Jean-Paul Gautier considère également qu'Alain Soral fait preuve de « démagogie paternaliste à l’encontre des Français d’origine immigrée »[56]. L'intéressé a lui-même écrit dans Jusqu'où va-t-on descendre ? Abécédaire de la bêtise ambiante que « la maghrébisation, l’africanisation, la tiers-mondisation de la France ont fait baisser vertigineusement le niveau de civisme et de civilité de la population française  », ou encore : «  Plus je vois la merde noire (…) dans laquelle l'Algérie s’enfonce un peu plus chaque jour, plus je découvre en images que les seules choses qui tiennent encore debout là-bas (...) sont celles que la France coloniale y a construites, plus je me dis que leur seul espoir, c’est qu’on y retourne  »[62]. Fouad Bahri, journaliste à Zaman France, estime quant à lui que « pour Soral, l'islam demeure à long terme une force dangereuse pour l'identité de la France qu'il défend, mais dans l'immédiat, il ne juge pas cette menace prioritaire du fait du faible niveau social et de la fragilité de l'insertion socio-économique des musulmans de France »[35].

Un discours relayé par divers acteurs[modifier | modifier le code]

Haoues Seniguer voit dans cette association la « courroie de transmission » fréquente du rapprochement entre :

Ce rapprochement serait, aux yeux des premiers, « le prolongement naturalisé de leur attachement au socle de valeurs normatives du monothéisme en général et de l'islam hyper-conservateur en particulier » ; mais aussi l'outil de la lutte contre le mondialisme derrière lequel « se cacherait, tel un grand marionnettiste, "une communauté organisée", c'est-à-dire juive et sioniste cosmopolite qui soumettrait les États-nations européens, en particulier la France, de race blanche et de tradition catholique pluriséculaire ».

Albert Ali a ainsi appelé à voter pour le Front national, tandis que Camel Bechikh s'est mobilisé au sein de la Manif pour tous[7]. Le discours d'Alain Soral est également repris par d'autres militants issus de l’immigration et proches d'Égalité et Réconciliation, tels Salim Laibi, alias « le libre penseur » ; Mathias Cardet, ancien militant antifasciste ; ou Farida Belghoul, porte-parole de la marche antiraciste « Convergence » en 1984[59]. En outre, la ligne d'Égalité et Réconciliation rejoint sensiblement la position de Dieudonné sur les religions qui, après avoir été athée et fustigé les monothéismes, se dit volontiers « islamo-chrétien » et appelle à une « croyance commune » à partir du milieu des années 2000[Note 3].

Un succès débattu[modifier | modifier le code]

Alain Soral prétend que le tiers des membres de son association serait des musulmans[54]. Pour Nabil Ennasri, président du Collectif des musulmans de France, l’essor de Soral dans la communauté musulmane date du début du Printemps arabe en 2011, et plus particulièrement de la guerre civile syrienne[5]. En 2014, l'avocat Karim Achoui avance : « Autour de moi, ceux que je sonde se sentent aujourd'hui plus représentés par Alain Soral que par Jamel Debbouze »[61]. Mais pour Erwan Manac'h, cette tentative de « synthèse entre droite réactionnaire et enfants d’immigrés » rencontrerait un « succès (...) limité » et serait en bute à la ligne islamophobe impulsée par Marine Le Pen depuis son arrivée à la présidence du FN en 2011. Le sociologue Éric Marlière estime quant à lui qu'Alain Soral et Dieudonné « sont écoutés, comme d’autres, [dans les quartiers populaires] mais avec une grande méfiance »[59].

De fait, le mouvement d'opposition au mariage homosexuel, ainsi qu'à la théorie du genre via l'initiative « Journée de retrait de l'école » lancée par Farida Belghoul, aurait favorisé un rapprochement entre musulmans et catholiques réactionnaires, à l'image de celui observé à cette occasion entre Belghoul et Christine Boutin[61]. Pour le politologue Jean-Yves Camus, « la nouveauté introduite par Égalité et Réconciliation est d’avoir popularisé la question de la théorie du genre dans un milieu musulman identitaire qui était tenu en lisière des manifestations contre le mariage homosexuel. La Manif pour tous et le Printemps français visaient plutôt un public de droite conservateur et catholique »[63].

D'après Fouad Bahri, journaliste à Zaman France, le succès d'Alain Soral et de son association chez « une partie des jeunes des quartiers » s'explique par ses qualités d'orateur et son « style de communication direct, franc, brutal » ; par « l'innovation et le large investissement des nouvelles technologies » qui ont permis « de produire une nouvelle forme de politique-spectacle en phase avec les pratiques sociales (internet, réseaux sociaux) des jeunes, le tout avec une bonne dose d'humour, de musique et de provocation » ; par un « processus d'identification, pour une population souvent marginalisée, diabolisée et en proie au ressentiment » ; et par son alliance avec Dieudonné, qui lui a permis à la fois de toucher le public de l'humoriste et de lui donner une « caution anti-raciste »[35].

Activités[modifier | modifier le code]

Égalité et Réconciliation est dotée d'antennes à l'échelle régionale ainsi qu'en Suisse[64] et en Belgique[65]. Elle se divise également en « sections » locales, comprenant des « pôles de compétences » (militantisme, événement, localisme-écologie, communication, idées et formation théorique, relations extérieures)[2]. L'association s'avère « peu militante » d'après Jean-Paul Gautier, Michel Briganti et André Déchot[8]. À la suite de l'assemblée générale de mars 2010 qui voit le départ de Marc George et abandonne l'ambition de devenir un parti politique[66],[23], seules quatre sections régionales sont maintenues et l'association change d'objet social, passant de « la promotion de l’idée de nation » à « la promotion des idées de l'essayiste Alain Soral sur la gauche du travail et la droite des valeurs »[1],[8],[57].

Les activités de l'association et des adhérents s'orientent principalement autour du culte du corps — ce qui relève bel et bien d’un système de valeurs d’extrême droite pour le politologue Stéphane François — et de l'esprit[3], à travers un site internet puissant. Celui-ci dépasse amplement l'audience restreinte de l'association et relaie les discours d'Alain Soral ainsi que les activités de sa SARL « Culture pour tous », notamment de la maison d'édition Kontre Kulture — le site d'Égalité et Réconciliation dispose également d'une boutique en ligne[67]. Pour l'historien Nicolas Lebourg, « le soralisme est une formation politique qui passe par l’internet, qui n’est pas doctrinale, et qui va bien au delà du petit noyau d’Égalité et Réconciliation : c’est quelque chose de diffus, un produit de consommation web »[68]. L'écrivain Jacques de Guillebon estime ainsi que le public du président d'Égalité et Réconciliation « rassemble des « cyber-fans » plutôt que des militants »[44].

Adhérents[modifier | modifier le code]

Les adhérents d'Égalité et Réconciliation sont essentiellement des hommes et, selon Stéphane François, des nationalistes révolutionnaires[3]. Pierre Tevanian assure quant à lui qu'« aucune mouvance n’est à ce point masculine, dominée par les hommes, hiérarchiquement et numériquement. Chez les sympathisants d’Égalité & Réconciliation, qu’ils soient petits ou grands, blancs, musulmans, arabes ou noirs, ce qui fait le lien, le point commun, c’est la question de l’émancipation des femmes, toujours vécue comme un problème »[53]. Alain Soral prétend par ailleurs que le tiers des membres de son association serait des musulmans[54].

L'association a revendiqué jusqu'à 800 adhérents[3],[8] mais en compterait 12 000 à l'automne 2014 après avoir enregistré une vague importante d’adhésions durant les mois précédents, grâce notamment au bras de fer entre Dieudonné et les autorités. Cette croissance s'est accompagnée d'une réorganisation interne. L'adhésion au mouvement fait l'objet d'un « protocole de recrutement » et les membres doivent obéir à des règlements internes : ils sont notamment priés d’utiliser des pseudonymes ou des prénoms[2].

Manifestations[modifier | modifier le code]

Serge Ayoub, Christian Bouchet et Jacques Cheminade (de haut en bas) ont figuré parmi les participants des universités d'été organisées par Égalité et Réconciliation en 2007 et en 2008.

Les 8 et 9 septembre 2007, à Villepreux, a eu lieu la première université d'été de l'association, organisée par Marc George. Outre Alain Soral, plusieurs personnalités y ont pris la parole : Dieudonné, Christian Bouchet, Jean-Marie Le Pen, Farid Smahi, Serge Ayoub, Jean Robin, Franck Timmermans, Giorgio Damiani, webmestre de Vox NR, et Ugo Gaudenzi, directeur du quotidien italien Rinascita[4],[69],[70]. L'assistance comportait également d'après Jean-Yves Camus les cofondateurs de l'association Philippe Péninque et Gildas Mahé ; un chrétien libanais partisan du général Aoun ; « de jeunes beurs radicalisés et même [...] quelques islamistes dont un salafiste (ou tablighi) partisan du FN au nom du séparatisme communautaire »[4]. Pour Jean-Paul Gautier, « Soral tenta un remake du Cercle Proudhon regroupant un auditoire hétéroclite : catholiques, nationaux-bolchéviks, ex trotskistes, terciéristes, ex GUD, nationalistes-révolutionnaires, islamistes »[56].

Le 1er mai 2008, une trentaine de militants manifeste avec le Front national à Paris à l'occasion de la Fête du Travail[8].

Les 1er et 2 novembre 2008 a eu lieu la seconde université de l'association. Intitulée « Avec le retour de la puissance russe dans le concert des nations : organisons la résistance ! », elle a plutôt pour objectif de former ses participants. Elle voit intervenir Alain Soral, Jean-Claude Martinez, Jacques Cheminade, Marc George, Christian Bouchet et Franck Timmermans[12].

Le 17 janvier 2009, une trentaine de militants participe à une manifestation propalestinienne, qualifiée de « tentative de parasitage » par Michel Briganti, André Déchot et Jean-Paul Gautier[8].

Le 27 novembre 2009, Égalité et Réconciliation organise un comité d'accueil lors de la visite de Vladimir Poutine en France, en partenariat avec l'ambassade de Russie et le Collectif France Russie, dans le but, selon Marc George, de s'« opposer à la propagande gauchiste et atlantiste qui ne va pas manquer de se manifester et de perturber cette visite, et d'obtenir ce faisant de la visibilité médiatique » pour Égalité et Réconciliation[71]. C'est prétendument « 150 militants d'Égalité et Réconciliation et du Collectif France Russie » qui manifestent, alors que l'essentiel des participants est proche de l'ambassade russe d'après Michel Briganti, André Déchot et Jean-Paul Gautier[8].

Le 17 janvier 2010, Égalité et Réconciliation fait une participation « symbolique », d'après les mêmes auteurs, à la Marche pour la vie[8].

Le 5 juin 2010, une poignée de membres d'Égalité et Réconciliation est identifiée lors de l'« infiltration » du cortège de l'UOIF à la manifestation contre l'abordage de la flottille pour Gaza[8].

Le 1er mai 2012, quelques représentants d'Égalité et Réconciliation participent au défilé en l'honneur de Jeanne d'Arc organisé par le Front national, peu après le premier tour de l'élection présidentielle[9].

Relais médiatiques : Flash et site internet[modifier | modifier le code]

Le bimensuel Flash, qui paraît à partir d'octobre 2008 et auquel Alain Soral participe activement, apparaît de fait comme l'organe de presse du mouvement[12] jusqu'à ce que le président d'Égalité et Réconciliation le quitte en avril 2011, le jugeant trop proche du Front national[72].

D'une visibilité bien plus importante, le site internet de l'association, qualifié de « cœur de trafic sur le net » par Abel Mestre et Caroline Monnot[40], « procure une audience supérieure, et de loin, à l'influence réelle de l'association » d'après Michel Briganti, André Déchot et Jean-Paul Gautier[8]. En effet, pour Rue89, ce site « n’est pas qu’un repaire d’illuminés, il draine aussi une population raisonnable, qui condamne l’antisémitisme (plus ou moins) », notamment des internautes qui « ne supportent plus que les médias traditionnels leur “dictent une façon de penser” » et « arrivent aussi à mettre de côté les pires déclarations d’Alain Soral pour écouter le reste »[73]. Aux côtés d'Alain Soral, le site met en avant les figures de Hugo Chávez, Ernesto Guevara, Mouammar Kadhafi, Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Mahmoud Ahmadinejad, Fidel Castro, Vladimir Poutine et Jeanne d’Arc[74].

En juin 2012, il est le premier à diffuser en France et sur le mode du deuil, la nouvelle de la mort de Roger Garaudy, figure du négationnisme[75]. Au printemps 2013, il « enregistrait 3,8 millions de visites, 14,5 millions de pages vues, et un peu moins d’1 millions de visiteurs par mois ». Le site de mesure d’audience Alexa classe alors le site d’Égalité et Réconciliation au rang 238 à l’échelle de la France, soit une audience proche d'un pure player comme Atlantico[73]. À l'automne 2013, le site est 269e au classement Alexa, à proximité du site de Télérama[74]. En octobre 2014, il se place au 213e rang, devant Mediapart (251e) et Atlantico (280e)[52].

Certaines personnalités s'y réfèrent, suscitant ainsi la polémique. En janvier 2014, alors que le député UMP Daniel Fasquelle affirme, lors d'une séance de questions au gouvernement, qu'« on peut légitimement s'interroger » sur « la nomination de la fille du ministre de l'Éducation à un prestigieux poste d'attachée culturelle à l'ambassade de France en Israël », Alain Vidalies, ministre socialiste des relations avec le Parlement, l'accuse d'avoir tiré cette information du site d'Égalité et Réconciliation[76]. Le mois suivant, c'est le journaliste Éric Zemmour qui est accusé de s'informer sur le site d'Égalité et Réconciliation dans le cadre de la polémique sur la « Journée de retrait de l'école » lancée par Farida Belghoul et sur laquelle Égalité et Réconciliation, très en pointe dans l'opposition à la théorie du genre, s'est mobilisé[77],[78],[79]. En avril 2014, Jacques Bompard, député non inscrit d’extrême droite, dépose trois questions écrites à l’intention du ministre de l’Éducation Benoît Hamon au sujet de la Queer week ; dans au moins deux d'entre elles, il cite et reprend largement un article publié sur le site d'Égalité et Réconciliation[80]. En août 2014, le député PS Jacques Cresta partage sur sa page Facebook un article du site d'Égalité et Réconciliation, avant de retirer sa publication[81].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Alain Soral, petit idéologue et grand épicier », Article 11, 15 novembre 2013
  2. a, b, c et d Karl Laske et Marine Turchi, « Sur fond d’antisémitisme, Soral et Dieudonné lancent leur parti », Mediapart, 21 octobre 2014
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Rozenn Le Carboulec et Anaïs Condomines, « Égalité & Réconciliation : enquête sur un vivier du FN », Rue89, 9 mai 2012
  4. a, b, c, d, e, f et g Jean-Yves Camus, « Alain Soral rassemble Le Pen, Dieudonné et des islamistes », Actualité juive, no 994, 3 octobre 2007.
  5. a, b, c, d et e Pierre Puchot et Dan Israel, « Comment Soral gagne les têtes (1/2) », Mediapart, 12 novembre 2014
  6. a et b Jean-Laurent Cassely, « Qui est Philippe Péninque, l'ex du Gud avec qui Cahuzac jouait au golf et faisait des affaires ? », Slate, 3 avril 2013
  7. a, b, c, d et e Haoues Seniguer, « La galaxie Alain Soral : de l'extrême droite néo-traditionaliste catholique aux néo-Frères musulmans », Le Huffington Post, 22 décembre 2013
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Briganti, Déchot et Gautier 2011, p. 17
  9. a et b Abel Mestre & Caroline Monnot, Le défilé FN redevient « in » à l’extrême droite radicale, blog "Droites extrêmes" de journalistes du Monde, 2 mai 2012
  10. Abel Mestre & Caroline Monnot, Qui va diriger le FNJ ?, blog "Droites extrêmes" de journalistes du Monde, 19 janvier 2011
  11. a, b et c Abel Mestre et Caroline Monnot, « Égalité et réconciliation dans ses (chefs d’) œuvre(s) », blog « Droite(s) extrême(s) » de journalistes du quotidien Le Monde publié par le site du quotidien le 15 février 2010
  12. a, b, c, d et e Briganti, Déchot et Gautier 2011, p. 16
  13. Briganti, Déchot et Gautier 2011, p. 56
  14. a, b, c, d, e, f, g, h et i Abel Mestre et Caroline Monnot, Les étranges amitiés de Dieudonné, Le Monde, 24 février 2009
  15. Laurent de Boissieu, Dossier extrême droite radicale - Les liens avec le FN et le MNR
  16. a et b Abel Mestre et Caroline Monnot, Comment Alain Soral veut évincer Aymeric Chauprade du FN, blog "Droites extrêmes" de journalistes du Monde, 31 octobre 2014
  17. Abel Mestre & Caroline Monnot, « De chaque côté, des appuis radicaux... et musclés », Le Monde, 9 novembre 2010
  18. a et b Marine Turchi et Mathilde Mathieu, La «GUD connection» tient les finances de Marine Le Pen, Mediapart, 17 octobre 2013
  19. « Frédéric Chatillon, l’imprimeur radical du Front national », Les Inrocks, 24 mai 2012
  20. Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard, Dans l'ombre des Le Pen : Une histoire des numéros 2 du FN, Paris, Nouveau Monde,‎ novembre 2012, 390 p., p. 341.
  21. Frédéric Haziza, Vol au-dessus d'un nid de fachos. Dieudonné, Soral, Ayoub et les autres, Fayard, p. 9-10
  22. Christophe Forcari, « Dieudonné, côté obscur », Libération, 2 janvier 2009
  23. a, b et c Abel Mestre et Caroline Monnot, « Fin de “parti” pour Alain Soral », blog « Droite(s) extrême(s) » de journalistes du quotidien Le Monde publié par le site du quotidien le 23 février 2010
  24. Abel Mestre et Caroline Monnot, Rien ne va plus à Égalité et réconciliation, blog « Droite(s) extrême(s) » de journalistes du quotidien Le Monde publié par le site du quotidien le 16 février 2010
  25. a et b Abel Mestre et Caroline Monnot, « Rivarol »-Gollnisch: le baiser qui tue?, blog « Droite(s) extrême(s) » de journalistes du quotidien Le Monde, 15 mai 2010
  26. Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard, Dans l'ombre des Le Pen : Une histoire des numéros 2 du FN, Paris, Nouveau Monde,‎ novembre 2012, 390 p., p. 350.
  27. Elena Brunet, « Ces inquiétants stages "commandos" qui remplissent les poches d'Alain Soral », Le Nouvel Observateur, 7 août 2014
  28. a et b Marc Caen, Comment Dieudonné est devenu antisémite, Slate, 7 mai 2009
  29. Azzeddine Ahmed-Chaouch, « Comment Dieudonné s'est rapproché de Le Pen », Le Parisien, 8 janvier 2009.
  30. a, b et c Dieudonné-Soral : querelle pour une quenelle, Le Point, 26 novembre 2013
  31. a et b Marie-France Etchegoin, « Antisémite, “national-socialiste” : comment devient-on Alain Soral ? », Le Nouvel Observateur, 26 janvier 2014.
  32. « “Dieudonné veut fédérer une France black-blanc-beur antisémite”, selon Frédéric Haziza », rtl.fr, 22 janvier 2014.
  33. Alain Soral, ennemi public no 2, L'Express, 16 janvier 2014.
  34. « Le théâtre de la Main d’Or deviendra officiellement samedi 6 décembre le point de ralliement d’Égalité et Réconciliation à Paris et pour la France. À cette occasion, ce partenariat sera inauguré en présence d’Alain Soral et de Dieudonné à partir de 19h. » Communiqué publié sur le site d'Égalité et Réconciliation, 6 décembre 2008.
  35. a, b, c, d, e et f Fouad Bahri, « L'imposture Soral », Zaman France, 27 mai 2014
  36. a et b « Du communisme au nationalisme : itinéraire d’un intellectuel français », allocution prononcée à Vénissieux le vendredi 2 mars 2007
  37. « Dieudonné par Le Pen repris », REFLEXes, 24 mars 2007 ; mis à jour le 21 mai 2007.
  38. Briganti, Déchot et Gautier 2011
  39. Rumeurs sur la "théorie du genre" : Vincent Peillon veut convoquer les parents des élèves absents, France Bleu, 29 janvier 2014
  40. a et b Abel Mestre & Caroline Monnot, « Les familles de l'extrême droite sur le Net », Le Monde, 4 juillet 2011
  41. Briganti, Déchot et Gautier 2011, p. 15
  42. « Gauche du travail, droite des valeurs… », discours d'Alain Soral le 21 septembre 2007 retranscrit sur le site d'Égalité et Réconciliation
  43. a et b Dupont-Aignan injurie un journaliste, puis s'explique, France Télévisions, 18 février 2014
  44. a, b, c et d Jacques de Guillebon, « Voyage en Soralie », Causeur, no 10, février 2014
  45. a, b, c, d et e Michel Eltchaninoff, « À la recherche du nouvel ennemi », Philosophie Magazine, no 79, mai 2014, p. 49-50
  46. Karl Laske et Marine Turchi, « Les jeux d’ombre du prestataire de Le Pen avec les néofascistes italiens », Mediapart, 6 novembre 2014
  47. Hamdi Nabli, « Soral et Dieudonné. Complotisme ou parrésia ? », Les Invités de Mediapart, 17 septembre 2013
  48. a et b Bernard Darmon, Soral-Dieudonné et le business de l’antisémitisme, site du CRIF, 26 avril 2013
  49. La Licra demande l’annulation d’un colloque, Sud-Ouest, 7 septembre 2013. Extrait : « Les interventions de cette association ouvertement antisémite constituent une incitation à la haine »
  50. Vous avez interviewé Frédéric Haziza pour son livre «Vol au-dessus d'un nid de fachos», 20 Minutes, 22 janvier 2014
  51. Samuel Laurent, « Copé condamne les propos de Boutin... mais pas les autres ? », Le Monde, 3 avril 2014
  52. a et b Mathias Destal, « Les inquiétants bataillons d'Alain Soral », Marianne, n° 913, semaine du 17 au 23 octobre 2014, p. 22-26
  53. a et b Pierre Puchot et Dan Israel, « Comment Soral gagne les têtes (2/2) », Mediapart, 16 novembre 2014
  54. a, b, c et d Philippe Corcuff et Haoues Seniguer, « Quand les disciples d’Alain Soral nauséabondent à Lyon », Rue89 Lyon, 3 avril 2014
  55. a et b Fatiha Kaoues, Les ennemis de nos ennemis ne sont pas toujours nos amis. Réflexions sur le cas Alain Soral, Oumma.com, 6 décembre 2004
  56. a, b et c Jean-Paul Gautier, « Alain Soral : De Pif gadget à Comprendre l’empire », http://tantquillefaudra.org/, 7 janvier 2014
  57. a et b Pauline Graulle, « Alain Soral, l’imposteur », Politis, no 1285, 9 janvier 2014
  58. Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard, Dans l'ombre des Le Pen : Une histoire des numéros 2 du FN, Paris, Nouveau Monde,‎ novembre 2012, 390 p., p. 344.
  59. a, b, c, d et e Erwan Manac'h, « Quand Soral drague les musulmans », Politis, no 1285, 9 janvier 2014
  60. Jean-Yves Camus, « Panorama des courants radicaux », Le Monde, 29 mai 2012
  61. a, b et c Tugdual Denis, Libie Cousteau et Eric Pelletier, « Ultra-droite: des musulmans à la rescousse », L'Express, 5 mars 2014
  62. Alain Soral, Jusqu'où va-t-on descendre ? Abécédaire de la bêtise ambiante, Paris, Éditions Blanche, 2002, p. 7 et 39. Cité dans Julien Salingue, « Alain Soral, national-socialiste décomplexé », L'Anticapitaliste, no 55, juin 2014
  63. Manuel Pavard, « Les anti-gender, une galaxie anti-laïque et très marquée à droite », 20 Minutes, 3 mars 2014
  64. Pomey Raphaël, Kémi Seba refoulé: censure ou justice?, Le Matin, 26 octobre 2012
  65. RésistanceS, « Le frontiste Alain Soral ne viendra pas à Bruxelles », 4 décembre 2008
  66. Abel Mestre et Caroline Monnot, « Duprat, l’idole des soraliens; Sidos sur galette numérique et autres échos », blog « Droite(s) extrême(s) » de journalistes du quotidien Le Monde publié par le site du quotidien le 12 février 2010
  67. « La boutique E&R vous ouvre ses portes ! », site d'Égalité et Réconciliation, 24 juin 2014
  68. Interview croisée : décryptage du FN par Nicolas Lebourg et Lorrain de Saint-Affrique, Roads Mag, 20 novembre 2013
  69. Université d’été Egalité et Réconciliation 2007, site d'Égalité et Réconciliation, 13 septembre 2007
  70. Nicolas Gauthier, « Première université d’été d’Égalité et Réconciliation : Un petit air de cercle Proudhon… », éditorial de National-Hebdo, sur le site de Vox NR, 12 septembre 2007.
  71. Abel Mestre et Caroline Monnot, « Alain Soral et son association font les yeux doux à Poutine », blog « Droite(s) extrême(s) » de journalistes du quotidien Le Monde publié par le site du quotidien le 26 novembre 2009
  72. « Alain Soral arrête “Flash” », StreetPress, 8 avril 2011.
  73. a et b Nolwenn Le Blevennec et Imanol Corcostegui, « Égalité et Réconciliation, le site de Soral et aussi de votre voisin », Rue89, 5 décembre 2013.
  74. a et b Evelyne Pieiller, Les embrouilles idéologiques de l’extrême droite, Le Monde diplomatique, octobre 2013.
  75. « Roger Garaudy, figure du négationnisme, est mort », Le Monde, 15 juin 2012.
  76. Benjamin Bonneau et Marie-Laure Combes, « L’UMP s'informe-t-elle sur le site d'Alain Soral ? », Europe 1, 29 janvier 2014.
  77. « Théorie du genre » « enseignée dans les écoles » ? Les élucubrations d’Eric Zemmour, blog du service politique du Monde, 4 février 2014
  78. Au “Grand journal”, Eric Zemmour piégé par son employeur, Télérama, 7 février 2014
  79. Samuel Laurent, Mariage gay, PMA, « gender »... Dix liens pour tout comprendre, Le Monde, 26 février 2014
  80. Sylvain Chazot, « Jacques Bompard se réfère au mouvement d’Alain Soral Égalité et Réconciliation dans des questions adressées à Benoît Hamon », Le Lab Politique Europe 1, 8 avril 2014
  81. Sébastien Tronche, « Oups, un député PS partage maladroitement sur Facebook un article du site Egalité et Réconciliation d’Alain Soral », Le Lab Europe 1, 14 août 2014

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans son livre Vol au-dessus d'un nid de fachos et un tchat accordé à 20 minutes, le journaliste Frédéric Haziza accuse Nicolas Dupont-Aignan d'être lui aussi « complaisant » à l'égard de l'association, en affirmant que Marion Sigaut, membre de l’équipe dirigeante d'Égalité et Réconciliation, assure parallèlement les fonctions de déléguée nationale à la Vitalité de la langue française au sein de son parti Debout la République (DLR), qui se réclame du gaullisme [sources : Vous avez interviewé Frédéric Haziza pour son livre «Vol au-dessus d'un nid de fachos», 20 Minutes, 22 janvier 2014 ; Dupont-Aignan injurie un journaliste, puis s'explique, France Télévisions, 18 février 2014]. L'intéressé réagit vivement lors d'une entrevue filmée avec le journaliste et affirme qu'il a « mis un mois » à exclure Marion Sigaut quand il a appris qu'elle avait rejoint Alain Soral ; les deux hommes s'accordent sur le fait que celle-ci n'est en fait plus à DLR [source : Sébastien Lernould, VIDEO. Nicolas Dupont-Aignan traite un journaliste de «merde intégrale», Le Parisien, 16 février 2014]. Nicolas Dupont-Aignan déclare sur son blog que le rapprochement public de Marion Sigaut avec Égalité et Réconciliation a été ultérieur à sa prise de responsabilités au sein de DLR et qu'il a fait part à celle-ci, en mai 2013, de l'interdiction de la double appartenance en vigueur dans son parti, tout en insistant sur le fait qu'elle « n’a jamais prononcé la moindre phrase raciste ou antisémite » [source : Nicolas Dupont-Aignan, « Frédéric Haziza, le retour des procès de Moscou », Le Blog de Nicolas Dupont-Aignan, 17 février 2014]. En-dehors du monde politique, Frédéric Haziza cible également Éric Naulleau qui, par le biais de son livre d'entretiens avec Alain Soral, Dialogues désaccordés, « finance Égalité et Réconciliation » d'après lui [source : Dupont-Aignan injurie un journaliste, puis s'explique, France Télévisions, 18 février 2014].
  2. Cf. l'article consacré à Alain Soral
  3. a et b Cf. la section de l'article sur Dieudonné consacrée à l'évolution de son entourage
  4. Cf. les articles consacrés à Alain Soral et Dieudonné

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]