Égalité de Parseval

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L'égalité de Parseval dite parfois théorème de Parseval est une formule fondamentale de la théorie des séries de Fourier. On la doit au mathématicien français Marc-Antoine Parseval des Chênes.

Elle est également appelée identité de Rayleigh du nom du physicien John William Strutt Rayleigh, prix Nobel de physique 1904.

Cette formule peut être interprétée comme une généralisation du théorème de Pythagore pour les séries dans les espaces de Hilbert.

Dans de nombreuses applications physiques (courant électrique par exemple), cette formule peut s'interpréter comme suit : l'énergie totale s'obtient en sommant les contributions des différents harmoniques.

L'énergie totale d'un signal ne dépend pas de la représentation choisie : fréquentielle ou temporelle.

E=\int_{-\infty}^{+\infty} |x(t)|^2~\mathrm dt =\frac{1}{2\pi}\int_{-\infty}^{+\infty} |X(f)|^2~\mathrm df.

Inégalité de Bessel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Inégalité de Bessel.

Si (ei) avec i élément d'un ensemble I est une famille orthonormée, alors pour tout h dans H un espace préhilbertien, on note c_i(h) = \langle h|e_i \rangle (par convention, le produit scalaire est linéaire à gauche, antilinéaire à droite). L'inégalité de Bessel affirme la convergence absolue de la série suivante et la majoration :

\sum_{i\in I} |c_i|^2 \le\|h\|^2.

Elle indique aussi que l'ensemble des termes non nuls est au plus dénombrable. Si h est dans l'adhérence de l'espace vectoriel engendré par la famille (ei), alors la majoration est une égalité, nommée « égalité de Parseval ». Ainsi, si la famille est une base de Hilbert, l'égalité est toujours vérifiée.

Elle existe aussi dans le cas où le préhilbertien est de dimension finie, elle s'applique par exemple en analyse harmonique sur un groupe abélien fini.

Formule pour les séries de Fourier[modifier | modifier le code]

On suppose que f est T-périodique et de carré intégrable sur une période (c'est donc valable notamment pour f T-périodique et continue par morceaux). On définit les coefficients de Fourier de f :

c_n=\frac1T\int_{-T/2}^{T/2} f(t) e^{-in \frac{2\pi}T t}~\mathrm dt.

L'égalité de Parseval affirme la convergence de la série suivante et énonce l'identité :

\sum_{n=-\infty}^{+\infty}|c_n|^2=\frac1T\int_{-T/2}^{T/2}|f(t)|^2~\mathrm dt=\|f\|^2.

Si la fonction f est à valeurs réelles, on peut adopter les conventions suivantes :

a_0=\frac1T\int_{-T/2}^{T/2} f(t)~\mathrm dt=c_0,
a_n=\frac2T\int_{-T/2}^{T/2} f(t) \cos (n \frac{2\pi}T t)~\mathrm dt,
b_n=\frac2T\int_{-T/2}^{T/2} f(t) \sin(n \frac{2\pi}T t)~\mathrm dt.

L'égalité de Parseval devient :

\|f\|^2 = a_0^2 +\frac12 \sum_{n=1}^{+\infty}(a_n^2+b_n^2).

Attention : certains auteurs préfèrent une convention pour laquelle l'expression de a0 est aussi en 2/T :

a_0=\frac2T\int_{-T/2}^{T/2} f(t)~\mathrm dt.

La formule de Parseval devient alors :

\|f\|^2 = \frac14 a_0^2 +\frac12 \sum_{n=1}^{+\infty}(a_n^2+b_n^2)\, .

Applications[modifier | modifier le code]

  • Si deux fonctions de carré intégrable f et g ont le même spectre en fréquences (mêmes coefficients de Fourier), alors les coefficients de Fourier de f – g sont tous nuls (par linéarité) et ║f – g2 = 0. De fait, f et g sont égales presque partout. Si de plus f et g sont continues par morceaux, f et g sont égales hormis au niveau des points de discontinuité de f et de g.
  • Lorsque l'intégrale est plus facile à calculer que la série, l'égalité de Parseval est un moyen de calculer un certain nombre de séries numériques (on peut aussi utiliser l'égalité en un point entre la fonction et sa série de Fourier, donnée par exemple par le théorème de Dirichlet).
  • L'égalité de Parseval permet d'obtenir l'inégalité de Wirtinger entre les normes d'une fonction périodique et de sa dérivée, puis l'inégalité isopérimétrique classique.

Réciproque : théorème de Riesz-Fischer[modifier | modifier le code]

On note 2 l'espace vectoriel des suites (cn) (n entier relatif) telles que la série de terme général |cn|2 converge.

Le théorème de Riesz-Fischer permet d'énoncer qu'une telle suite (cn) est la suite des coefficients de Fourier d'une fonction de carré intégrable, T périodique.

Ainsi il y a isomorphisme entre les espaces L2T des fonctions de carré intégrable et T périodiques et ℓ2. La formule de Parseval montre qu'il s'agit même d'une isométrie.