Édouard l'Ancien

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Édouard l'Ancien
Broche en argent imitant une monnaie d'Édouard (vers 920).
Broche en argent imitant une monnaie d'Édouard (vers 920).
Titre
Roi des Anglo-Saxons
26 octobre 89917 juillet 924
24 ans, 8 mois et 21 jours
Couronnement 8 juin 900
Kingston-upon-Thames
Prédécesseur Alfred le Grand
Successeur Æthelstan
(Ælfweard ?)
Biographie
Dynastie Maison de Wessex
Date de naissance v. 874-877
Date de décès 17 juillet 924
Lieu de décès Farndon
Père Alfred le Grand
Mère Ealhswith
Conjoint Ecgwynn, Ælfflæd et Eadgifu
Enfant(s) Æthelstan
Ælfweard
Edmond
Eadred
etc.

Édouard l'Ancien est roi du Wessex de 899 à sa mort, le 17 juillet 924. Il succède à son père Alfred le Grand et poursuit la lutte contre les Vikings et l'unification de l'Angleterre, qui est achevée sous le règne de son fils et successeur Æthelstan.

Le surnom « l'Ancien » est pour la première fois utilisé au Xe siècle par le moine Wulfstan de Winchester dans sa Vita Sancti Aethelwoldi, pour distinguer ce roi d'Édouard le Martyr.

Lignée[modifier | modifier le code]

Des cinq enfants d'Alfred et de Ealhswith qui ne sont pas morts en bas âge, Édouard fut le deuxième à naître et le premier fils. Sa naissance ne peut être exactement datée. Ses parents se sont mariés en 868 et l'aînée des enfants, Æthelflæd, est sans doute née peu après puisqu'elle s'est elle-même mariée en 883. Édouard est probablement né un peu plus tard, dans les années 870, peut-être entre 874 et 877[1].

La Vie du Roi Alfred, du moine Asser, rapporte qu'Édouard fut éduqué à la cour avec sa plus jeune sœur Ælfthryth. Sa deuxième sœur, Æthelgifu, fut destinée à une vie de religieuse dès son plus jeune âge, probablement en raison d'une santé fragile, et devint abbesse de Shaftesbury. Le dernier enfant, Æthelweard, fut également éduqué à l'école de la cour où il apprit le Latin, ce qui suggère qu'il était lui aussi destiné à rentrer dans les ordres. Édouard et Ælfthryth reçurent donc une éducation de cour et Asser affirme qu'ils menèrent leur vie d'une façon « appropriée à leur noblesse »[2].

Édouard apparaît pour la première fois dans les sources en 892, dans une charte octroyant les terres de North Newnton, près de Pewsey dans le Wiltshire, à l'ealdorman Æthelhelm, où il est désigné comme filius regis, le fils du roi[3]. Bien qu'il fut le fils aîné du roi régnant, Édouard n'était pas certain de succéder à son père. Jusqu'aux années 890, les cousins d'Édouard, Æthelwold et Æthelhelm, étaient pressentis pour hériter de la couronne, en tant que fils de Æthelred, le frère ainé d'Alfred et son prédécesseur sur le trône. Æthelwold et Æthelhelm avaient une dizaine d'années de plus qu'Édouard. Æthelhelm disparaît des sources dans les années 890, apparemment mort ; mais une charte datant probablement de la même décennie fait apparaître Æthelwold devant Édouard dans la liste des témoins, et l'on considère généralement que l'ordre qui gouverne la liste des témoins dans une charte reflète leur statut et leur importance dans la hiérarchie sociale[4]. En plus de son âge et de sa plus grande expérience, Æthelwold semble avoir eu un autre avantage sur Édouard concernant la succession. Tandis que la femme d'Alfred, Ealhswith, n'a jamais été décrite comme une reine et ne fut jamais couronnée, Wulfthryth, la mère de Æthelwold et Æthelhelm, était nommée reine[5].

Succession et début du règne[modifier | modifier le code]

À la mort d'Alfred, le cousin d'Édouard, Æthelwold de Wessex, le fils du roi Ethelred, revendique le trône et mène une révolte. Il s'empare de Wimborne dans le Dorset, où son père est enterré, et de Christchurch (alors située dans l'Hampshire, actuellement dans le Dorset). Édouard marche sur Badbury pour livrer bataille mais Æthelwold refuse de quitter Wimborne. Alors qu'Édouard s'apprête à attaquer Wimborne, Æthelwold s'échappe de nuit et rejoint les Danois en Northumbrie où il est reçu comme un roi. Dans le même temps, Édouard est d'après les sources couronné à Kingston-upon-Thames le 8 juin 900[6].

En 901, Æthelwold approche l'Essex avec une flotte et encourage le soulèvement des Danois d'Est-Anglie. L'année suivante, il attaque la Mercie et le nord du Wessex. En représailles, Édouard ravage l'Est-Anglie, mais lorsqu'il se retire par le Sud, les hommes du Kent désobéissent à l'ordre de retraite et sont interceptés par l'armée danoise. Les deux armées se rencontrent le 13 décembre 902 lors de la bataille de Holme, un lieu non identifié. Selon la Chronique anglo-saxonne, les Danois évitèrent le massacre mais ils subirent de lourdes pertes, incluant Æthelwold lui-même et un roi nommé Eohric, probablement celui des Danois d'Est-Anglie[7].

Les relations avec le Nord restent problématiques pour Édouard pendant plusieurs années encore. La Chronique anglo-saxonne rapporte qu'il fit la paix avec les Danois d'Est-Anglie et de Northumbrie "par nécessité". On y trouve également la mention de la reprise de la ville de Chester en 907, ce qui peut indiquer qu'elle fut soumise lors d'une bataille[8].

En 909, Édouard envoie une armée harceler la Northumbrie. L'année suivante, les Danois de Northumbrie ripostent en attaquant la Mercie, mais ils sont interceptés et détruits par une armée composée d'hommes de Mercie et de Wessex à la bataille de Tettenhall. Dès lors, ils cessent leurs raids au Sud de la rivière Humber.

Édouard entreprend alors la construction de plusieurs forteresses (burhs, cf. Cinq Bourgs) à Hertford, Witham et Bridgnorth. Il aurait également bâti une forteresse à Scergeat mais ce lieu n'a pas été identifié. Cette série de places fortes tint les Danois en respect. D'autres forts furent construits à Tamworth, Stafford, Eddisbury Hill et Warwick. Ces burhs sont érigés sur le même modèle (à quelques centimètres près) que ceux bâtis sur le territoire contrôlé par son père Alfred ; à partir de cette observation, on a pu suggérer qu'Édouard est le vrai responsable de leur construction[9].

Domination de la Grande Bretagne[modifier | modifier le code]

La loge d'entrée de l'abbaye de Hyde

Édouard étend son contrôle sur toute la Mercie, l'Est-Anglie et l'Essex, conquérant des terres soumises aux Danois et mettant fin à l'autonomie relative de la Mercie en 918, après la mort de sa sœur Ethelfleda. La fille de Ethelfleda, Ælfwynn, est appelée à lui succéder, mais Édouard la dépose, mettant la Mercie sous son contrôle direct. Il a auparavant annexé, en 911, les cités de Londres et d'Oxford et les terres environnantes de l'Oxfordshire et du Middlesex. En 918, tous les Danois au Sud de l'Humber lui sont soumis. À la fin de son règne, les Scandinaves, les Écossais et les Gallois le reconnaissent comme "père et seigneur"[10]. La reconnaissance de l'autorité suprême d'Édouard sur l'Écosse fut, pour ses successeurs, le terreau de leurs revendications de suzeraineté sur ce royaume.

Édouard réorganise l'Église de Wessex, créant de nouveaux évêchés à Ramsbury et Sonning, Wells et Crediton. Malgré cela, rien n'indique qu'Édouard ait été particulièrement religieux. En réalité, il fut même rappelé à ses responsabilités en matière de foi par le pape[11].

Édouard meurt à la tête de son armée, alors qu'il fait face à une rébellion de Gallois et de Merciens, le 17 juillet 924 à Farndon. Il est enterré au monastère de New Minster à Winchester, Hampshire, qu'il a lui-même fondé en 901. Après la conquête normande, le monastère est remplacé par l'abbaye de Hyde au nord de la ville et le corps d'Édouard y est transféré. Son dernier tombeau se situe de nos jours dans un parc public, signalé par une dalle marquée d'une croix, dans l'enceinte de l'ancienne abbaye elle aussi indiquée.

Descendance[modifier | modifier le code]

Édouard l'Ancien eut une très nombreuse descendance de ses trois unions, quatre de ses fils furent rois d'Angleterre et plusieurs de ses filles firent des alliances prestigieuses :

  • avec Eadgifu, fille de Sigehelm, ealdorman de Kent[14] :
    • Edmond Ier (roi 939-946)
    • Eadburh de Winchester, sainte (morte en 960, religieuse)
    • Edgiva, épouse de "Louis, prince d'Aquitaine", dont l'identité est discutée, peut-être Louis III l'Aveugle roi de Provence
    • Edred (roi 946-955)

Edgiva survit à son mari et à ses fils et est toujours vivante lorsque son petit-fils Edgar monte sur le trône. Dans sa chronique De antiquitate Glastonie ecclesiae, Guillaume de Malmesbury prétend que la deuxième femme d'Édouard, Elfleda, était également vivante après la mort de son mari, mais c'est la seule source connue qui l'affirme.

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Oxford Dictionary of National Biography; Yorke.
  2. Oxford Dictionary of National Biography; Yorke; Asser, c. 75.
  3. Oxford Dictionary of National Biography; PASE; S 348; Yorke.
  4. Oxford Dictionary of National Biography; S 356; Yorke.
  5. Asser, c. 13; S 340; Yorke. Check Stafford, "King's wife".
  6. (en) « England: Anglo-Saxon Consecrations: 871-1066 »
  7. Frank Stenton, Anglo-Saxon England, Oxford University Press, 1971, pp. 321-2 ; Bernard Cornwell, Æthelwold of Wessex: King of the Pagans
  8. (en) « Edward the Elder: Reconquest of the Southern Danelaw »
  9. Was Alfred really that great ? David Keys. BBC History magazine, January 2009, volume 10 n°1, p. 10-11
  10. (en) « Edward the Elder: "Father and Lord" of the North »
  11. (en) « English Monarchs: Edward the Elder »
  12. (en) « Edward the Elder, king of the Anglo-Saxons » ; Lappenberg (1845), pp. 98-99.
  13. Lappenberg (1845), p.99.
  14. Pauline Stafford, « Eadgifu (b. in or before 904, d. in or after 966) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.