Édouard V

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Édouard V
Édouard V et son frère Richard de Shrewsbury, The Princes in the Tower par John Everett Millais.
Édouard V et son frère Richard de Shrewsbury,
The Princes in the Tower par John Everett Millais.
Titre
Roi d'Angleterre et seigneur d'Irlande
9 avril
2 mois et 16 jours
Couronnement Jamais couronné
Protecteur Richard de Gloucester (1483)
Prédécesseur Édouard IV
Successeur Richard III
Prince de Galles
Prédécesseur Édouard de Westminster
Successeur Édouard de Middleham
Biographie
Dynastie Maison d'York
Date de naissance
Lieu de naissance Abbaye de Westminster (Angleterre)
Date de décès septembre 1483 (présumé)
Lieu de décès Tour de Londres (Angleterre)
Père Édouard IV d'Angleterre
Mère Élisabeth Woodville
Héritier Richard de Shrewsbury (1483)

Édouard V
Monarques de Grande-Bretagne

Édouard V d'Angleterre, né le à Westminster et mort probablement en septembre 1483 à Londres, est roi d'Angleterre pendant deux mois seulement en 1483. Avant de régner, il est comte de March et de Pembroke, duc de Cornouailles et prince de Galles.

Fils du roi Édouard IV et d'Élisabeth Woodville, il a pour frère Richard de Shrewsbury et pour sœur Élisabeth d'York.

Son court règne est dominé par l’influence de son oncle Richard, duc de Gloucester, qui lui succède sous le nom de Richard III. Édouard disparaît, ainsi que son jeune frère Richard, après avoir été enfermé (prétendument pour sa sécurité) à la Tour de Londres. On a accusé Richard III d’avoir ordonné leurs meurtres, cependant ce qui est réellement arrivé reste un mystère.

Édouard V est, avec Mathilde l'Emperesse, Jeanne Grey et Édouard VIII, l’un des monarques anglais ayant régné après 1066 à n’avoir pas été couronné. Si, comme c’est probable, il est mort avant son quinzième anniversaire, il serait le souverain d’Angleterre mort le plus jeune (son petit-neveu, Édouard VI, est mort à seize ans).

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Édouard naît dans le sanctuaire de l’abbaye de Westminster, où sa mère a trouvé refuge pour échapper aux Lancastre, qui viennent d'évincer du pouvoir son père, le roi Édouard IV d'Angleterre, pendant la guerre des Deux-Roses. En , après la restauration de son père sur le trône, il est fait prince de Galles et assiste désormais au côté de ses parents aux cérémonies officielles.

Édouard IV conclut une alliance en 1480 avec le duc de Bretagne François II, et tous deux décident de fiancer leurs héritiers, Édouard (10 ans) et Anne (4 ans), promettant de les marier quand ils auraient atteint leur majorité. La Bretagne aurait été l’apanage de leur deuxième né, le premier ayant été prince de Galles. Ces projets s’évanouissent avec Édouard V.

Règne[modifier | modifier le code]

Son père, voulant qu'Édouard apprenne l'art de régner, l'envoie dans la petite ville de Ludlow, près du Pays de Galles. Le prince s’y trouve quand il apprend la mort soudaine du roi. Il hérite du trône le 9 avril 1483, à 12 ans, mais la nouvelle de son avènement n'est rendue publique à Londres que le 11 avril. Cependant, l'évêque de Bath et de Wells, Robert Stillington, démontre qu'Édouard IV a précédemment contracté un mariage secret avec Éléonore Talbot en 1461, avant de convoler trois ans plus tard en 1464, cette fois-ci en justes noces, avec Élisabeth Woodville. Or, à ce moment-là, Éléonore est encore vivante. Le conseil de régence, dirigé par Richard, duc de Gloucester, frère cadet du roi Édouard IV et tuteur du prince de Galles, conclut à un cas de bigamie, invalidant le second mariage et la légitimité de tous les enfants nés de celui-ci. Édouard V est donc déclaré illégitime et révoqué de la succession au trône le . Richard le fait arrêter lors de son voyage vers Londres et s'empare du pouvoir sous le nom de Richard III.

Emprisonnement[modifier | modifier le code]

Les jeunes princes Édouard et Richard n’apparaissent plus en public après avoir été enfermés à la Tour. Leur destin reste un des grands mystères de l’histoire, et de nombreux livres ont été écrits sur le sujet. La thèse la plus probable est qu’ils ont été assassinés, et les trois principaux suspects sont leur oncle, le roi Richard, Henry Stafford, deuxième duc de Buckingham, et Henri Tudor, qui bat Richard et monte sur le trône sous le nom d’Henri VII en 1485.

Un manuscrit rédigé en 1483 par l'ecclésiastique italien Dominique Mancini, qui a assisté à sa prise de pouvoir controversée[Note 1], décrit les conditions du renversement et de l'emprisonnement du jeune roi[1],[Note 2].

En juin 1483, 6 000 des hommes en armes du futur Richard III tiennent Londres, la capitale. L'oncle du roi fait éliminer William Hastings, un ami loyal, fidèle parmi les fidèles de la Maison d'York car il sait qu'il n'acceptera jamais la destitution du jeune Edouard V. Il va donc l'éliminer en le convoquant avec d'autres à la Tour de Londres. Le sort du jeune Édouard V et de son petit frère Richard de Shrewsbury, tous deux enfermés à la Tour de Londres est scellé. « Une fois Hastings éliminé, tout le personnel qui était au service du roi eut l’interdiction de le voir », explique Dominique Mancini.

« Lui et son frère s’étaient retirés dans les appartements les plus reculés de la Tour, et jour après jour, on les vit de moins en moins derrière les fenêtres et les barreaux, jusqu’à ce qu’on ne les vit plus. Le médecin Argentine, l’une des dernières personnes dont le roi appréciait les services, rapporta que le jeune roi, telle une victime prête au sacrifice, rechercha l’expiation de ses pêchés par des confessions quotidiennes et la pénitence, parce qu’il croyait que la mort le regardait en face. J’ai vu beaucoup d’hommes éclater en sanglots et en lamentations à l’évocation de son nom après sa mise à l’écart. Il y avait des soupçons qu’il avait été éliminé. Toutefois s’il a bien été éliminé, je n’ai pas encore découvert de quelle façon il l’a été[Note 3] ».

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1502, un chevalier anglais du nom de James Tyrrell, fidèle lieutenant de Richard III, confessa les avoir étouffer sous des matelas. Mais ses aveux, obtenus sous la torture, sont sujets à caution pour les historiens.

Si les princes ont été tués, le secret a été bien gardé ; à l’inverse, on n’a aucune preuve de leur survie ou de leur exil du pays. Quand, en 1495, Perkin Warbeck affirme être le prince Richard, William Stanley (le frère cadet du beau-père du roi Henri VII, Thomas Stanley, premier comte de Derby) qui, en dépit de ses sympathies yorkistes s’était opposé à Richard III en faveur d’Henri pendant la bataille de Bosworth, affirme que, si le jeune homme était vraiment le prince, il ne combattrait pas contre lui, démontrant ainsi que certains Yorkistes n’avaient pas abandonné tout espoir d’une hypothétique survie d’un des princes.

En 1674, des ouvriers qui travaillent à la Tour de Londres trouvent une boîte qui contient deux petits squelettes humains. Ils les jettent aux ordures, mais quelques jours ou quelques semaines après, quelqu’un s'avise qu'il peut s'agir des restes des princes, aussi les rassemble-t-on dans une urne, enterrée à Westminster sur l’ordre de Charles II . En 1933, les os sont examinés puis replacés dans leur tombe sous l’abbaye. Les experts ne s’accordent pas sur l’âge que les enfants pouvaient avoir, ni si c’étaient des garçons ou des filles. Il apparaît en effet qu'un des squelettes est plus gros que l’autre, et beaucoup d’os manquent, y compris une partie de la mâchoire du plus petit et les dents du plus grand. L’Église d'Angleterre refuse encore aujourd'hui les analyses ADN.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Probablement un moine dominicain envoyé en Angleterre vers la fin de l'année 1482 par l'archevêque de Vienne, Angelo Cato, un proche conseiller du roi de France, Louis XI. Il en revint l'été suivant, après avoir assisté à Londres au coup d'état mené par le duc de Gloucester monté sur le trône d'Angleterre sous le nom de Richard III.
  2. Le document est conservé à la Médiathèque municipale Jean Lévy de Lille dans des archives connues sous le nom de "Fonds Godefroy". Il s'agit d'un rapport manuscrit de 40 pages rédigé en latin et daté au 1er décembre 1483.
  3. L'ecclésiastique italien est en revanche plus évasif sur le sort de son jeune frère, Richard de Shrewsbury. Aujourd'hui encore, on ignore avec certitude ce qui est arrivé aux deux "Princes de la Tour".

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Mancini, De occupatione regni Anglie per Riccardum tercium, dédié à Angelo Cato, archevêque de Vienne.

Annexes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]