Édouard IV d'Angleterre

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Édouard IV
Portrait d'Édouard IV, anonyme.
Portrait d'Édouard IV, anonyme.
Titre
Roi d'Angleterre et seigneur d'Irlande

&&&&&&&&&&&035279 ans, 7 mois et 26 jours
Couronnement en l'Abbaye de Westminster
Prédécesseur Henri VI
Successeur Henri VI

&&&&&&&&&&&0438111 ans, 11 mois et 28 jours
Prédécesseur Henri VI
Successeur Édouard V
Biographie
Dynastie Maison d'York
Date de naissance
Lieu de naissance Rouen, Normandie
Date de décès (à 40 ans)
Lieu de décès Westminster (Angleterre)
Père Richard Plantagenêt,
duc d'York
Mère Cécile Neville
Conjoint Élisabeth Woodville
Enfant(s) Élisabeth d'York
Édouard V Red crown.png
Richard de Shrewsbury,
duc d'York
Héritier Georges Plantagenêt
(1461-1466)
Élisabeth d'York
(1466-1470)
Édouard d'York
(1470-1483)

Signature

Édouard IV d'Angleterre
Monarques de Grande-Bretagne

Édouard IV d'Angleterre (), fut roi d'Angleterre de 1461 à 1483. Il fut le premier roi d'Angleterre issu de la maison d'York. La première partie de son règne fut troublée par la guerre des Deux-Roses mais, une fois la menace de la maison de Lancastre éliminée suite à la bataille de Tewkesbury, l'Angleterre connut la paix jusqu'à sa mort soudaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Accession au trône[modifier | modifier le code]

Édouard est le second enfant de Richard Plantagenêt, comte de Rutland, de March, d'Ulster et de Cambridge, duc d'York († 1460) et de Cécile Neville († 1495). Il naît à Rouen, alors sous contrôle anglais, le [1]. Il est l'aîné des quatre fils de Richard qui atteindront l'âge adulte. Les prétentions de son père à la couronne d'Angleterre sont le facteur déclenchant de l'escalade du conflit connu sous le nom de guerre des Deux-Roses. Après la défaite des Yorkistes à Ludford Bridge, en octobre 1459, Édouard se réfugie à Calais avec le comte de Salisbury[2]. Ils déjouent les tentatives des Lancastre de reprendre la ville et regagnent l'Angleterre au début de l'été 1460. Édouard commande un des trois corps de l'armée yorkiste lors de la victoire de Northampton, le [3]. Richard d'York se fait alors reconnaître par le Parlement comme le successeur d'Henri VI par l'Acte d'Accord du 24 octobre[4].

Quand Richard est vaincu et tué par les Lancastre à Wakefield, le , Édouard hérite de tous ses titres (sauf celui de comte de Rutland) et devient le chef de la maison d'York, revendiquant directement la couronne. Après avoir obtenu le soutien de son cousin, Richard Neville, il remporte sa première bataille à Mortimer's Cross le [5]. Il entre alors dans Londres, tenue par Neville, où, après avoir été acclamé par une foule en liesse, il se fait couronner hâtivement roi d'Angleterre le 4 mars[6]. Dès le lendemain, il part à la tête de son armée affronter celle des Lancastre et, le , il remporte la décisive bataille de Towton, où l'armée des Lancastre est anéantie. De retour à Londres, il se fait couronner officiellement le 28 juin[7].

Première partie du règne[modifier | modifier le code]

Malgré la résistance des partisans des Lancastre au nord de l'Angleterre, la mainmise d'Édouard IV sur le royaume n'est pas remise en cause, d'autant qu'Henri VI est finalement capturé en 1465 et enfermé à la Tour de Londres. Au début de son règne, Richard Neville est tout-puissant et a la haute main sur la politique du royaume mais Édouard s'aliène Neville quand, en 1464, il se marie secrètement à Élisabeth Woodville (1437 – 1492)[8], la veuve d'un sympathisant de la maison de Lancastre, alors que Neville projetait de l'unir à Bonne de Savoie, belle-sœur du roi Louis XI[9]. Dès lors, l'influence de Neville sur le roi commence à décroître au profit de la famille d'Élisabeth Woodville, et notamment de son père, et le ressentiment de Neville, renforcé par le refus d'Édouard de laisser ses frères se marier avec les deux filles de Neville[10] ainsi que par la préférence d'Édouard d'une alliance avec la Bourgogne plutôt qu'avec la France, le pousse à comploter avec Georges, duc de Clarence, le frère cadet d'Édouard.

Neville et le duc de Clarence lèvent une armée qui bat celle d'Édouard (mais sans lui pour la mener) à Edgecote Moor le . Édouard est alors fait prisonnier[11], Neville fait exécuter le père d'Élisabeth Woodville et tente de gouverner au nom du roi. Cependant, une grande partie de la noblesse du pays est hostile à cette idée, et le deuxième frère d'Édouard, Richard, duc de Gloucester, lève à son tour une armée et fait libérer son frère. Édouard, plutôt que de faire exécuter Neville et son frère Georges, cherche à se réconcilier avec eux mais ils se rebellent à nouveau et sont forcés de fuir en France quand Édouard bat leur armée lors de la bataille de Losecoat Field, le [12]. Accueillis à la Cour du roi Louis XI, ils concluent une alliance avec Marguerite d'Anjou, épouse d'Henri VI, et Neville accepte de restaurer celui-ci sur le trône en échange d'un soutien français à son projet d'invasion, qu'il mène à bien au mois d'octobre 1470. Édouard IV est pris au dépourvu par le changement de camp de John Neville, qui se rallie à son frère Richard Neville et marche sur lui à la tête d'une forte armée. Voyant que la situation militaire est intenable, Édouard disperse ses troupes et s'enfuit en Bourgogne avec son frère Richard de Gloucester pendant qu'Henri VI est rétabli sur le trône d'Angleterre par Neville[13].

Reconquête du royaume et deuxième partie du règne[modifier | modifier le code]

Édouard est accueilli par son beau-frère, Charles le Téméraire, qui est malgré tout réticent à lui apporter son aide pour reconquérir le trône. Mais l'alliance entre Neville et la France et la menace d'une invasion le poussent à changer d'avis et Charles fournit à Édouard de l'argent et des troupes. Édouard débarque à Ravenspurn, sur la côte du Yorkshire, le à la tête de forces relativement modestes et évite la capture en prétendant qu'il désire simplement rétablir ses droits sur son duché. La ville d'York lui ferme ses portes et il marche alors vers le sud en obtenant du soutien et en rassemblant des troupes sur sa route. Son frère Georges (qui a finalement réalisé qu'il était plus dans son intérêt de soutenir Édouard) change alors à nouveau de camp et le rejoint. Édouard entre dans Londres sans résistance, faisant à nouveau prisonnier Henri VI[14], et triomphe de l'armée de Neville lors de la bataille de Barnet, où Neville lui-même est tué, le , puis de celle de Marguerite d'Anjou à la bataille de Tewkesbury, le , où Édouard de Westminster, le fils d'Henri VI est exécuté[15]. Quelques jours plus tard, Henri VI meurt à son tour, Édouard ayant sans doute donné l'ordre de le tuer afin d'éliminer définitivement la menace des Lancastre[16].

Toute opposition à Édouard IV est dès lors éliminée à l'intérieur du pays et il peut se consacrer aux affaires extérieures. En 1475, il monte une expédition militaire en France à partir de Calais dans le but de reprendre les possessions anglaises en France, perdues sous le règne d'Henri VI. Conscient du faible potentiel de son armée, essentiellement constituée d'archers sans expérience guerrière, et devant l'absence de soutien militaire de Charles le Téméraire, il préfère accepter les offres généreuses du roi de France Louis XI et le traité de Picquigny, signé le , met officiellement fin à la guerre de Cent Ans[17]. La rivalité constante entre les deux frères d'Édouard, désormais mariés aux deux filles de Neville, trouble le monarque et, en 1478, Georges est accusé de comploter contre Édouard et, convaincu de trahison, est exécuté en privé (noyé dans une barrique de malvoisie selon la tradition populaire)[18]. Édouard soutient aussi les prétentions d'Alexandre Stuart au trône d'Écosse et, en 1482, charge son frère Richard de mener une invasion de ce pays. Richard s'empare d'Édimbourg mais quitte la ville peu après en abandonnant Albany, se satisfaisant d'avoir ramené la ville de Berwick-upon-Tweed dans le giron de l'Angleterre.

Néanmoins, la santé d'Édouard IV commence à décliner et il tombe gravement malade en 1483. Il a cependant le temps de faire rajouter quelques codicilles à son testament, le plus important étant celui où il nomme son frère Richard comme Protecteur du royaume après sa mort. Il meurt le et est enterré dans la chapelle Saint-Georges, au château de Windsor. Son fils, Édouard V, âgé de douze ans, lui succède sur le trône. La cause précise de la mort d'Édouard IV n'est pas connue avec exactitude, la pneumonie, la typhoïde ou même un empoisonnement faisant partie des principales hypothèses. On peut aussi attribuer sa mort à son style de vie peu sain car, devenu inactif, il avait pris beaucoup d'embonpoint au cours des années précédant sa mort.

Succession[modifier | modifier le code]

Le fils aîné d'Édouard IV, connu sous le nom d'Édouard V, lui succéda. Le conseil de régence dirigé par Richard, Lord Protecteur du Royaume et tuteur du jeune roi se saisit d'un cas de bigamie d'Édouard IV. Il fut établi qu'Édouard IV aurait en effet secrètement épousé Éléonore Talbot en 1461 et celle-ci, décédée en 1468, était encore vivante lors du mariage d'Édouard avec Elisabeth Woodville. Robert Stillington, évêque de Bath et Wells, affirma avoir célébré la cérémonie et le mariage d'Édouard IV avec Élisabeth fut par conséquent invalidé et ses enfants reconnus illégitimes[19]. Édouard V fut déposé le et enfermé à la Tour de Londres en compagnie de son frère cadet, Richard de Shrewsbury, son titre lui fut cependant conservé. Richard, duc de Gloucester, fut couronné sous le nom de Richard III. Les deux enfants n'ont plus été revus en vie après l'été 1483. De ce qu'il leur advint, mort naturelle ou violente, reste l'un des plus grands mystères de la couronne d'Angleterre ainsi que le sujet de nombreux débats[20].

Postérité[modifier | modifier le code]

Édouard IV, de belle allure et au physique impressionnant[21] (sa taille, estimée à 1,93 m, en fait le plus grand monarque britannique à ce jour[22]), était un chef militaire redouté et extrêmement compétent, doté d'un grand flair[23]. Il réussit à détruire la maison de Lancastre par une série de victoires spectaculaires et ne fut jamais vaincu sur le champ de bataille. En dépit de ses quelques revers politiques, souvent provoqués par son grand rival, le roi Louis XI, il fut un souverain populaire et capable. Bien que manquant de prévoyance et ayant commis à l'occasion des erreurs de jugement, il possédait une compréhension troublante de la plupart de ses sujets les plus importants, et la grande majorité de ceux qui l'ont servi lui restèrent indéfectiblement loyaux jusqu'à sa mort.

Sur le plan intérieur, le règne d'Édouard IV vit la restauration de l'ordre en Angleterre (la devise d'Édouard étant d'ailleurs modus et ordo, « la méthode et l'ordre »), et la piraterie et le banditisme, qui avaient pris beaucoup d'importance sous le règne d'Henri VI, décrurent considérablement. Édouard fut aussi un homme d'affaires perspicace qui investit avec succès dans plusieurs corporations de la City de Londres.

Néanmoins, en dépit de son génie militaire et administratif, la dynastie d'Édouard IV ne lui survécut qu'à peine deux ans. Il fut l'un des rares membres masculins de sa famille à mourir de causes naturelles. En effet, son père Richard et son frère Edmond furent tués à la bataille de Wakefield, son grand-père, Richard de Conisburgh, et son frère Georges furent exécutés pour trahison, ses deux fils furent emprisonnés et disparurent (probablement tués) l'année de sa propre mort, et son frère Richard fut tué lors de la célèbre bataille de Bosworth qui l'opposa à Henri Tudor.

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

De son mariage avec Élisabeth Woodville (1437 – 1492) naissent dix enfants :

Il eut également de nombreuses maîtresses, la plus célèbre de toutes étant Jane Shore, et il est rapporté qu'il eut plusieurs enfants illégitimes, dont le plus connu reste Arthur Plantagenêt (en), qui fut une célèbre figure de la Cour durant le règne d'Henri VIII.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ross 1997, p. 3
  2. Ross 1997, p. 21
  3. Ross 1997, p. 27
  4. Ross 1997, p. 29
  5. Ross 1997, p. 31-32
  6. Ross 1997, p. 34
  7. Ross 1997, p. 41
  8. Ross 1997, p. 85
  9. Ross 1997, p. 91
  10. Ross 1997, p. 94
  11. Haigh 1995, p. 103
  12. Hicks 2002, p. 285
  13. Goodman 1990, p. 74-75
  14. Rowse 1966, p. 167
  15. Ross 1997, p. 171
  16. Rowse 1966, p. 170-171
  17. Ross 1997, p. 226-237
  18. Ross 1997, p. 239-244
  19. Ross 1999, p. 88-91
  20. Ross 1999, p. 99-100
  21. Ross 1997, p. 10
  22. Livre Guinness des records
  23. Goodman 1990, p. 77

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Anthony Goodman, The Wars of the Roses: Military Activity and English Society, 1452–97, Londres, Taylor and Francis,‎ 1990 (ISBN 0-415-05264-5)
  • (en) Philip Haigh, The Military Campaigns of the Wars of the Roses, Sutton Publishing,‎ 1995 (ISBN 1-85833-770-4)
  • (en) Michael Hicks, Warwick the Kingmaker, Oxford, Blackwell Publishing,‎ 2002 (ISBN 0-631-23593-0)
  • (en) Charles Ross, Edward IV, Yale University Press,‎ 1997 (ISBN 0-300-07372-0)
  • (en) Charles Ross, Richard III, Yale University Press,‎ 1999 (ISBN 0-300-07979-6)
  • (en) A. L. Rowse, Bosworth Field & the Wars of the Roses, Wordsworth Military Library,‎ 1966 (ISBN 1853266914)
  • (en) Desmond Seward, The Wars of the Roses : through the lives of five men and women of the fifteenth century, New York, N.Y., U.S.A, Viking,‎ 1995 (ISBN 9780670842582).
  • (en) Michael Ashley, A brief history of British kings & queens : British royal history from Alfred the Great to the present, New York, Carroll & Graf Publishers,‎ 2002 (ISBN 0786711043), p. 211-217.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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