Edme-Marie-Ernest Deldevez

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Edme-Marie-Ernest Deldevez

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Edme-Marie-Ernest Deldevez en 1857.
Portrait par Charles Vogt.

Naissance 31 mai 1817
Paris
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès 6 novembre 1897 (à 80 ans)
Paris
Drapeau de la France France
Activité principale violoniste, compositeur et chef d'orchestre
Style Musique de la période romantique
Activités annexes Pédagogue
Lieux d'activité Opéra-Comique
Opéra de Paris
Société des Concerts du Conservatoire
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Pierre Baillot, Antoine Elwart, Anton Reicha François-Antoine Habeneck, Jacques-Fromental Halévy, Henri-Montan Berton
Enseignement Conservatoire de Paris


Edme-Marie-Ernest Deldevez, né le 31 mai 1817 à Paris où il est mort le 6 novembre 1897, est un violoniste, compositeur et chef d'orchestre français. Il dirigea l'orchestre de l'Opéra de Paris et celui de la Société des concerts du Conservatoire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Edme-Marie-Ernest Deldevez est né dans une famille d'artisans horlogers. En 1823 Jean-François Sudre l'initie à la musique. Deldevez entre au Conservatoire de Paris en 1825. Il étudie le solfège avec Larrivière (1825), Édouard Millault (1827), Simon Leborne (1829-31) et obtient un 1er prix en 1831. Il travaille le violon avec François-Antoine Habeneck (1826-33, 1er prix en 1833), l'harmonie avec Antoine Elwart, le contrepoint et la fugue avec Anton Reicha et Jacques-Fromental Halévy (1834-38, 1er prix en 1838), la composition avec Henri-Montan Berton (1836-41). En 1838, il obtient un 1er second grand prix de Rome, avec la cantate La Vendetta).

En 1833, il est admis à l'orchestre de l'Opéra comme second violon, puis en 1837 comme premier violon. À partir de 1833, Habeneck le fait entrer à l'orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, dont il devient sociétaire en 1839 et où il restera jusqu'en 1885.

Sa carrière de chef d'orchestre se déroule essentiellement à l'Opéra. Il est d'abord 3e chef auprès de Narcisse Girard (1847-1859), puis second chef le 1er novembre 1859 et à la mort de Girard (1860), 1er chef jusqu'en mars suivant. Il y a créé Pierre de Médicis. Il remplace aussi Girard à la Société des Concerts jusqu'en 1860. En 1870, Deldevez démissionne de l'Opéra, mais y retourne le 9 juin 1873 comme 1er chef après la disparition de G. Hainl. Il inaugure le Palais Garnier le 5 janvier 1875, mais démissionne le 1er juin 1877. Dès 1872, il avait remplacé Hainl à la tête de l'orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire où il reste jusqu'en 1885.

Au Conservatoire de Paris, il était titulaire de la classe de direction d'orchestre qui a été créée pour lui en 1873 et qu'il a gardée jusqu'en 1885, vaincu par la maladie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Musique de ballet[modifier | modifier le code]

On lui doit de la musique pour le Ballet de l'Opéra de Paris. Son ballet-pantomime Paquita, en deux actes et trois tableaux, créé le 1er avril 1846, connut un grand succès et alla rapidement jusqu'à Londres (théâtre Royal), Saint-Pétersbourg (Théâtres impériaux) et Moscou où il fut dansé par Marius Petipa. Le livret est de Paul Foucher et la chorégraphie est l’œuvre de Joseph Mazilier.

À Saint-Pétersbourg, Petipa en proposa plus tard une nouvelle version. Il transforma également le dernier tableau en un brillant divertissement sur une musique de Ludwig Minkus, le compositeur officiel des Théâtres impériaux[1].

Cette version de Paquita a été dansée sans interruption, en Russie, jusqu'à la Révolution bolchevique de 1917. Oleg Vinogradov réalisa en 1978 pour le théâtre Kirov de Léningrad (Saint-Pétersbourg) une version qui fut ensuite dansée à l’Opéra de Paris, entre 1980 et 2001. L'œuvre y a encore été reprise dans les années suivantes, jusqu'à l'automne 2010.

Le sujet fait référence aux conquêtes de Napoléon 1er. L'exotisme hispanisant du livret répond à celui des peintres et des écrivains français de cette époque (milieu du XIXe siècle).

Il est coauteur de deux ballets :

  • Lady Henriette ou la servante de Greenwich, ballet-pantomime en 3 actes, chorégraphie de Saint-Georges et Joseph Mazilier, musique de Friedrich von Flotow, Frédéric Burgmüller et Deldevez, décors de Ciceri (1844).

Les Requiem[modifier | modifier le code]

On doit aussi à Deldevez trois Messes de Requiem.

  • Messe de Requiem, op. 7 (1843-1860)
  • Messe de Requiem, op. 28 nº 1 (1877)
  • Messe de Requiem, op. 28 nº 2 (1870)

La première Messe pour chœur, soli et orchestre a été créée le 22 mars 1852. Commencée après la mort de deux de ses maîtres, Luigi Cherubini et Henri Montan Berton, décédés en 1842 et 1844, elle avait été terminée après la mort d'un autre de ses maîtres, François-Antoine Habeneck (qui dirigea l'Opéra de Paris), décédé en 1849.

L'auteur s'y montre influencé par le Requiem d'Hector Berlioz (1837), essentiellement dans la strophe Tuba mirum de la Séquence (ou Prose) Dies irae. Il révèle également une connaissance des modes mélodiques nés à l'époque médiévale. La masse orchestrale requise pour ce Requiem est importante (l'auteur demande par exemple trente violons, quatre trompettes, quatre cors, trois trombones et un ophicléide, ainsi que des timbales et un tam-tam). Le chœur réunit soixante voix. On y entend le motif liturgique du Dies irae (1re et 3e strophes), utilisé de manière polyphonique, parmi d'autres thèmes[2].

Autres compositions[modifier | modifier le code]

Musique de chambre
  • Trio avec piano op. 9 (1849)
  • Trio avec piano op. 23 (1859)
  • 2 Quatuors à cordes op. 10 (1849-50)
  • Quintette avec contrebasse op. 22 (1858)
Musique orchestrale
  • 3 symphonies op. 2 (1839)
  • « In stile maestoso » op. 8 (1847 et 1855)
  • « Héroï-comique » op. 15 (1856)

Autres publications[modifier | modifier le code]

Deldevez est l'auteur d'ouvrages intéressants, portant sur les techniques d'interprétation :

  • Curiosités musicales, notes, analyses, interprétation de certaines particularités contenues dans les œuvres des grands maîtres (1873),
  • L'art du chef d'orchestre (1878),
  • De l'exécution d'ensemble (1888). Ces deux derniers ouvrages ont été réédités en 1998 et 2005 par Jean-Philippe Navarre.
  • La notation de la musique classique comparée à la notation de la musique moderne et de l'exécution des petites notes en général (1867)
  • Principe de la formation des intervalles et des accords d'après le système de la tonalité moderne (1867)

Il publia aussi : Mes Mémoires, par E.-M.-É. Deldevez, ancien chef d'orchestre de l'Opéra et de la Société des concerts, professeur au Conservatoire (1890). Puis, en 1892 : Le passé, à propos du présent, faisant suite à mes Mémoires.

Il réédita également des œuvres anciennes.

  • Œuvres de composition des violonistes célèbres, depuis Corelli jusqu'à Viotti op.19 - 1re suite (1856)
  • Œuvres choisies des compositeurs célèbres depuis Lulli jusqu'à Wagner, op.19 - 2e suite (1868)
  • Fondation de l'orchestre en France, transcriptions et réalisations d'œuvres anciennes pour chant et orchestre, op.19 - 3e suite (1890)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Paquita, Opéra de Paris
  2. Cote BnF : D 2758.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Streletski, Contribution à l'histoire sociale de la musique en France. Hector Berlioz et Edme-Marie-Ernest Deldevez, formation et insertion dans la société du XIXe siècle, 1803-1897, Heilbronn, L. Galland, 2000, 2 vol. (Collection : "La musique en France au XIXe siècle").
  • François Turellier, Le thème du Dies irae dans la littérature musicale, Mémoire de maîtrise, Université de Paris-IV-Sorbonne, 1976, 184 p., p. 87-89, 91.
  • Joël-Marie Fauquet (direction) (préf. Joël-Marie Fauquet), Dictionnaire de la Musique en France au XIXe siècle, Paris, Fayard,‎ 2003, 1405 p. (ISBN 2-213-59316-7), p. 369

Lien externe[modifier | modifier le code]