Édouard Claparède

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Édouard Claparède

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Beatrice Ensor avec, de gauche à droite, Ovide Decroly, Pierre Bovet, Édouard Claparède, Paul Geheeb et Adolphe Ferrière, lors d'une conférence de la Ligue internationale pour l'éducation nouvelle.

Biographie
Naissance 24 mars 1873
Genève
Décès 28 septembre 1940 (à 67 ans)
Genève
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Thématique
Formation Doctorat en médecine
Titres Directeur du laboratoire de psychologie à Genève
Travaux Perception - Psychologie animale
Psychologie juridique - Psychologie de l’enfant
Auteurs associés
Partisans
(A influencé)
André Rey

Édouard Claparède, né le 24 mars 1873 à Genève et mort le 28 septembre 1940 dans la même ville, est un médecin neurologue et psychologue suisse. Ses principaux centres d'intérêt furent la psychologie de l'enfant, l'enseignement et l'étude de la mémoire.

Biographie[modifier | modifier le code]

S’intéressant très tôt à la biologie et à la zoologie, Claparède entreprend des études de médecine couronnées par un doctorat en 1897. Parallèlement il s’oriente vers la psychologie. En 1901, il fonde, avec son maître et ami Théodore Flournoy, les Archives de psychologie et devient en 1904 directeur du laboratoire de psychologie à la faculté des sciences de l'Université de Genève où il occupera la chaire de psychologie jusqu’à sa mort.

Il a cheminé aux côtés de la psychanalyse entre autres en présentant et traduisant des articles de Freud. L'historienne Mireille Cifali relève qu'il a peut-être été analysé par Sabina Spielrein. Il a participé au premier Congrès international de psychanalyse en 1908 à Salzbourg et rencontré Freud en 1912[1].

Il crée en 1912 l’école des sciences de l’éducation (Institut Jean-Jacques Rousseau). Au cours de sa carrière, il aborde des questions de perception, de psychologie animale (comme son étude de 1913 sur les chevaux d'Elberfeld), de psychologie juridique (il étudie en détail les mécanismes du témoignage), de psychologie de l’enfant, de pédagogie (l'Éducation nouvelle par exemple), etc. Ses idées sont marquées par le concept de fonction adaptative issu de ses préoccupations biologiques qu’il applique à la vie mentale. S’opposant aux théories associationnistes, Claparède montre que l’intelligence est une fonction active d’adaptation aux situations nouvelles. Face à une situation inconnue le sujet procède à des tâtonnements qui l’orientent dans la recherche d’hypothèses à vérifier. André Rey (psychologue) a été un de ses proches collaborateurs dès 1929.

Claparède est l’un des deux ou trois psychologues qui ont profondément nourri la psychologie de Piaget, notamment par sa psychologie de l’enfant et par sa psychologie de l’intelligence.

Claparède se distingua par ses investigations dans le domaine de la neuropsychologie de la mémoire. Il imagina une expérience restée fameuse, destinée à tester l'hypothèse que le traumatisme d'un évènement douloureux était conservé même en cas de perte de la mémoire à court terme. Il examinait une patiente amnésique dont la mémoire ancienne et les capacités de raisonnement étaient intactes mais incapable de se souvenir de son passé récent. Bien que venant la saluer tous les jours, Claparède n'était jamais reconnu par la patiente. Au cours d'une séance de cette expérience, il cacha une épingle dans sa main avec laquelle il piqua la patiente en lui serrant la main. Le lendemain, la patiente ne le reconnut toujours pas, mais lorsque Claparède fit mine de lui serrer la main, il la vit hésiter comme si elle percevait une menace alors que sa mémoire était sévèrement altérée.

La notoriété de Claparède, ainsi que les très nombreux échanges qu’il avait avec les psychologues du monde entier, ont facilité une reconnaissance quasi immédiate.

Edouard Claparède a épousé Hélène Spir (1873-1955), fille du philosophe russe African Spir (1837-1890).

Le Collège Claparède, école d'enseignement post-obligatoire du canton de Genève porte actuellement son nom. En revanche, la place Claparède à Genève a été nommée en l'honneur de son oncle, René-Édouard Claparède (1832-1871), qui fut un biologiste de renom.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Claparède[modifier | modifier le code]

  • L’association des idées (1903)
  • Psychologie de l’enfant et pédagogie expérimentale (1909)
  • L’éducation fonctionnelle (1931). (Réédition Fabert 2003)
  • La genèse de l’hypothèse (1933)
  • Morale et Politique ou Les vacances de la probité. Neuchatel, Éditions de la Baconnière, 1940.

Études sur Claparède[modifier | modifier le code]

  • Édouard Claparède - Hélène Antipoff. Correspondance (1914-1940). (2010). Edition établie et présentée par Martine Ruchat. Bibliothèque Histoire des sciences. Genève. Florence: éditions Leo S.Olschki.
  • Jean Piaget « La psychologie d'Édouard Claparède » Archives de psychologie 1941;28(111):193–213.
  • Eugene Lerner « Édouard Claparède: 1873-1940 » The American Journal of Psychology 1941;54(2):296–299.
  • Jean Château (dir.), Les grands pédagogues 1956, p. 275-290 (par R. Dottrens).
  • Jean Piaget « Pour le centenaire de la naissance d'Édouard Claparède, le professeur Piaget évoque son ancien “patron” » Tribune de Genève, 15 novembre 1973.
  • Centenaire de la naissance d’Édouard Claparède, Genève, Fpse, 1973.
  • Serge Rogowski, La fonction de l’éducation dans la pensée d’Édouard Claparède, thèse de doctorat, Lyon, Université de Lyon II, 1982.
  • F. Eustache, B. Desgranges, P. Messerli. « Édouard Claparède et la mémoire humaine » Revue neurologique 1996, vol. 152, no 10, p. 602–610.
  • F. Eustache, B. Desgranges, P. Messerli. « Édouard Claparède, l'inconscient et la mémoire implicite » Revue internationale de psychopathologie 1996, no 23, p. 625–649.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Marcel Scheidhauer : Freud et ses visiteurs. Français et Suisses francophones (1920-1930), Editions ERES, Arcanes, 2010, ISBN 2749212405

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