Édouard Carpentier

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Édouard Wiercowicz
Image illustrative de l'article Édouard Carpentier
Marc Blondin remet un hommage à Édouard Carpentier lors du gala de la ToW5, le 5 mars 2010

Nom(s) de ring Édouard Carpentier
Flying Frenchmen
Eddy Wiechoski
Eddy Wiecz
Taille 1,78 m (5 10)
Poids 100 kg (220 lb)
Naissance 17 juillet 1926
Roanne, Drapeau de la France France
Décès 30 octobre 2010 (à 84 ans)
Montréal, Drapeau du Canada Canada
Entraîné par Lino Ventura, …
Débuts années 1950
Fin années 1970
Fédération(s) NWA, AWA, WWF

Édouard Carpentier (né Édouard Wiercowicz ou Édouard Ignacz[1] Wieczorkiewicz[1],[2], Wieczorkwicz[3], à Roanne, le 17 juillet 1926 - mort à Montréal, le 30 octobre 2010[4]) est un gymnaste devenu catcheur français et canadien, puis entraîneur et animateur québécois dans cette discipline.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gymnaste ou cuisinier ?[modifier | modifier le code]

Né d'une mère polonaise et d'un père russe[3], aubergiste[1], le jeune Édouard se spécialise en éducation physique et devient un gymnaste : il « pratique la gymnastique (barre fixe, cheval d'arçons, barres parallèles, anneaux, sol), mais souhaite devenir cuisinier[5] ». Lors de la guerre, capturé et fait prisonnier par les Allemands, il parvient à s'évader, avec quelques autres, par les toits de Paris[5], et risque ensuite sa vie dans la Résistance française, ce qui lui vaut d'être décoré pour sa bravoure : notamment de recevoir la Croix de guerre[3] et la Croix du combattant[5].

Lutteur et gymnaste[modifier | modifier le code]

Après la guerre, Édouard poursuit son entraînement en lutte olympique (gréco-romaine) et en gymnastique[5], puis est sélectionné par l'Équipe olympique française de gymnastique pour les Jeux olympiques de Londres en 1948[3]. Et, en 1950, il participe au Championnat du monde de gymnastique à Bâle[5], en Suisse. Aux jeux olympiques d'été de 1952, à Helsinki, il n'est que substitut[1].

Cascadeur de Lino Ventura, puis catcheur[modifier | modifier le code]

Peu après, il est embauché comme cascadeur, par Lino Ventura, notamment comme doublure de l'acteur Eddie Constantine, pour les films d'action. Cependant, Ventura est un « catcheur » (lutteur professionnel) en France et, voyant comme un atout pour le catch les qualités athlétiques de Wiecz, il le convainc d'opter pour une carrière en catch[3]. Dans un court laps de temps, Édouard Wiecz adapte ses aptitudes gymniques à la lutte professionnelle (le catch), devenant un lutteur spectaculaire, usant de sauts périlleux pour « terminer » ses adversaires.

Parrainé par le catcheur canadien Yvon Robert[modifier | modifier le code]

Au milieu des années 1950, Yvon Robert (en), le champion québécois, alors en tournées de lutte en Europe (où il remporte d'ailleurs un championnat), est impressionné par les qualités de ce lutteur français qui, selon lui, ferait tout un tabac au Québec (et dans le monde entier). Yvon Robert l'y invite donc. Eddy Wiecz, devient champion d'Europe en 1956 et débute, ensuite[1] au Québec, mais en changeant bientôt son nom pour Édouard Carpentier, afin de faire ressortir sa saveur française. - Le patronyme Carpentier, au Canada français, est porté depuis longtemps. Faire adopter ce patronyme par le Français Édouard, c'est alors aussi suggérer son soi-disant lien de parenté avec le célèbre champion boxeur français des années 1920, Georges Carpentier : « Eddie Quinn invite même (ce) Georges Carpentier à arbitrer une finale à laquelle participe son prétendu neveu[5] (Édouard) ».

Catcheur de haute voltige en Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Venu à Montréal « pour un contrat de trois mois[5] », Édouard Carpentier fait tôt partie, et pour quelque dix ans, de la sphère du promoteur Eddie Quinn. Édouard Carpentier, le premier à s'élancer du haut des câbles et l'un des rares à déployer autant de voltiges (dont de rapides « ciseaux de tête » ou Flying Head Scissors, à son adversaire, à partir du sol), livre un premier combat-spectacle au Forum de Montréal le 18 avril 1956[3] (contre Angelo Savoldi (en)[1]), « et sa progression sera aussi fulgurante que sa popularité sera énorme[3]. »

Le lutteur Carpentier fait sensation, immédiatement, contre les Wladek Kowalski, Don Leo Jonathan (en) et autres Maurice Vachon. Il remporte le titre de champion du monde de l'AWA en 1957, en 1960 (deux fois), en 1963 et en 1967[5]. - C'est, d'abord, en défaisant Hans Schmidt (en), né Guy Larose[6] et tenant le rôle du « lutteur nazi le plus détesté de son époque[6] », et (en 1957) Wladek Kowalski[5], qu'Édouard Carpentier devient champion.

Promoteur du « géant Ferré »[modifier | modifier le code]

Entretemps, déjà, il commence à entraîner des jeunes espoirs de la lutte. Il voyage beaucoup et fait sensation dans l'arène, aux États-Unis (surtout à la AWA du Minnesota), au Canada, avec Stampede Wrestling de Stu Hart, et au Japon[7].

Bien qu'il ne retourne pas en France pendant une longue période et n'y réside jamais plus, il invite des lutteurs de sa patrie à venir catcher au Canada. Parmi eux, Jackie Wiecz (neveu d'Édouard Carpentier, aussi dit André Carpentier et Roland Carpentier[1]) et Édouard Éthifier, qui vont œuvrer pour Lutte Grand Prix, ainsi qu'un géant de plus de 7 pieds (plus de 2 mètres 20) qui, aussitôt, va devenir une star de la lutte, dans les années 1970 : André Roussimoff, dit « le Géant Ferré », surnommé (aux États-Unis) André the Giant.

À la télévision[modifier | modifier le code]

La feuille de route de Carpentier au Québec est certes impressionnante en comptant les promotions NWA d'Eddie Quinn, la AWA, les As de la Lutte, Lutte Grand Prix (dont il est une des figures principales), ainsi que Superstars of Wrestling (de George Gannon) et finalement Promotions Varoussac, dont il anime aussi l'émission vedette Les supers étoiles de la lutte, chaque dimanche matin sur CHLT (Télé 7, devenu TVA).

À partir des années 1980, Carpentier coanime, avec Guy Hauray, les galas de Lutte internationale à la télévision. En 1985, le duo présente la version française de la WWF. Carpentier contribue à la popularité de cette organisation au Québec, par ses commentaires colorés et sa crédibilité[5]. Il est à l'origine de plusieurs expressions cultes, telles que « Le coup de la corde à linge… », « Croyez-moi, ça fait mal! », sans oublier « À la semaine prochaine, si Dieu le veut! »[5].

Formateur de la relève[modifier | modifier le code]

En 1992, Carpentier laisse Raymond Rougeau lui succéder comme animateur francophone officiel de la WWF, et prend sa retraite définitive de la lutte, non sans continuer à entraîner des jeunes pour le sport dans une école au Complexe sportif Claude-Robillard, après avoir longtemps dirigé l'école de lutte de Varoussac à l'ancien Centre Paul Sauvé.

Fin de vie à Montréal[modifier | modifier le code]

Édouard Carpentier participe, comme interviewer invité, au gala de lutte internationale 2000, dirigé par Jacques Rougeau. Cependant, son âge le rattrape durant ces années 2000 : il fait une crise cardiaque en 2000[1], et sa colonne vertébrale ainsi que ses jambes ont, pour le moins, perdu de leur force ou souplesse… Alors, il travaille à la promotion de produits « naturels » québécois nommés Vie de Velours (car à base du velours recouvrant les bois des wapitis ou autres cerfs, ou élans…), puis il se retire de la vie active, mais ne quitte guère Montréal.

Le 5 mars 2010, Marc Blondin rend un hommage à Édouard Carpentier, l'invité d'honneur, lors du cinquième gala de la ToW (Top of the World 5), au Centre Pierre-Charbonneau[8], à Montréal. C'est aussi en l'an 2010 qu'il est reçu au Temple de la renommée de la lutte (Pro Wrestling Hall of Fame[1]).

Un hommage avorté[modifier | modifier le code]

Le 30 octobre 2010, Édouard Carpentier meurt à son domicile[1] d'un arrêt cardiaque, à l'âge de 84 ans, avant son transport dans un hôpital de Côte-des-Neiges, son quartier montréalais. À la fin, il est veuf et esseulé, sans parenté au Canada, car son fils (Michel, lui-même malade) réside en France. Une ancienne gérante, Mme Tony Langelier, en lien avec les membres de la famille d'Édouard et que l'hôpital appelle pour se charger du dossier, voit à l'organisation des funérailles[9]. Mais, après quelques jours, une infirmière la prie d'arrêter d'organiser les obsèques, en l'informant alors que, deux semaines avant sa mort, Carpentier, qui souffrait de démence, s'ajoutant à ses nombreux autres problèmes de santé, avait rédigé son testament et voulait des funérailles… discrètes[10]! — Mme Langelier garde un goût amer de cet épisode : « J’étais abasourdie ! Je ne pouvais pas connaître cela! Édouard avait choisi une autre maison funéraire. Il a fallu tout annuler. Le salon que j’avais choisi est allé reporter le corps. » — L’ultime hommage à Carpentier, que voulaient lui rendre ses amis, n’a donc jamais eu lieu[10].

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Greg Oliver, « Edouard Carpentier dead at 84 », SLAM! Wrestling (slam.canoe.ca),‎ November 1, 2010. Retrieved on November 10, 2010.
  2. « Édouard Carpentier », ToW lutte (mfun.com/lutte) (consulté le 10 novembre 2010).
  3. a, b, c, d, e, f et g Jean Dion, « Édouard Carpentier (1926-2010) - La lutte québécoise en deuil du "Flying Frenchman" », Le Devoir,‎ 2 novembre 2010 (consulté le 2 novembre 2010).
  4. « Édouard Carpentier est mort », Société Radio-Canada,‎ 1er novembre 2010 (consulté le 1er novembre 2010).
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k « L'incroyable destin d'Édouard Carpentier », Émission « Appelez-moi Lise » (textes; interview d'Édouard - extrait : clip audio 10 min 36 s), archives de la SRC,‎ émission diffusée le 19 mai 1975 (consulté le 2 novembre 2010).
  6. a et b « Les saltimbanques du ring : ( Édouard Carpentier, ) Le Français débarque »,‎ télédiffusion du jeudi 4 novembre 2010 à 19h00 (consulté le 4 novembre 2010).
  7. « Court reportage illustré, de Diane Sauvé, sur la carrière d'Édouard Carpentier », Le téléjournal national (extrait vidéo), SRC,‎ diffusé le 1er novembre 2010, à 22 h 57 (consulté le 2 novembre 2010).
  8. « Édouard Carpentier revient à la lutte (i.e. au prochain gala de la ToW, le 5 mars 2010) », RDS,‎ 8 février 2010 (consulté le 10 novembre 2010).
  9. « Édouard Carpentier évite la morgue de peu », Agence QMI,‎ 2 novembre 2010 (consulté le 3 novembre 2010).
  10. a et b Diane Tremblay, « La mort dans l'oubli : La triste fin d’Édouard Carpentier », Le Journal de Montréal,‎ 12 octobre 2011 (lire en ligne).