Édouard André (paysagiste)

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Édouard André.
Édouard André dans les Andes
Gravure d'Émile Bayard (1889)

Édouard François André (17 juillet 1840 à Bourges (Cher)- 25 octobre 1911) est un jardinier et paysagiste français, réputé pour avoir conçu les parcs de Monte-Carlo, d'Euxinograd, de Montevideo et de Luxembourg. C'est le premier Européen à avoir rapporté plus de vingt-cinq espèces d' Anthurium (Anthurium Andreanum) en Europe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de modestes pépiniéristes, Édouard André entra en 1860 au Service des promenades de la Ville de Paris, aux côtés de Jean-Pierre Barillet-Deschamps. Il participa aux plantations du parc des Buttes-Chaumont.

Ami du critique Jules Janin, dont il fut aussi le secrétaire occasionnel, il rencontra George Sand et signa à ses côtés un article sur les jardins de Paris dans le Paris-Guide de 1867.

Lauréat du concours organisé par la ville de Liverpool pour la création du parc Sefton en 1866, il s'engagea alors dans une carrière libérale qui devait l'amener à travailler dans l'Europe entière, soit pour des commandes publiques, soit pour des commandes privées.

Il mena à bien en vingt ans la transformation en couronne verte des anciennes fortifications de la ville de Luxembourg.

Il créa aussi, le champ de Mars de Montpellier, le jardin public de Cognac, la roseraie de L'Haÿ-les-Roses pour le compte de Jules Gravereaux (1844-1916), administrateur du Bon Marché.

Édouard André fit l'acquisition en 1871 d'une propriété à La Croix-en-Touraine (Indre et Loire). Il désira d'y créer une structure où expérimenter ses propres méthodes, tant en matière d'aménagement qu'en botanique et en horticulture. Cette propriété de la vallée du Cher, située à trois kilomètres de la forêt d'Amboise, au cœur du village, était formée d'un terrain d'alluvions, bordé d'un petit cours d'eau.

Cette propriété semble avoir été plus restreinte à l'origine, avec sa maison donnant sur la rue principale du village. Dans ce parc aux dimensions modestes, sans perspectives ouvertes sur le grand paysage, Edouard André a su ménager des surprises, des découvertes successives tout en utilisant l'art du vallonnement et des modelés avec délicatesse pour animer subtilement l'espace. Il a alterné les vues intérieures et les scènes pittoresques et intimes, offrant selon les heures, ombrage et abri, lumière et repos; l'ensemble générant un sentiment d'harmonie qui est encore perceptible de nos jours."[1]

Le parc, espace naturel sensible d'une superficie d'un peu plus de deux hectares, a fait l'objet d'une acquisition par la municipalité de La Croix-en-Touraine et est ouvert au public depuis novembre 2003. Des études ont été réalisées en 2005 et ont reçu l'assentiment du conservatoire national des Monuments Historiques en juin 2006.

Finalement, La maison d'Edouard André a bénéficié de la part de la municipalité de nombreux travaux de réhabilitation et ce, en préservant au maximum l'esprit de son illustre occupant. Elle tient désormais le rôle de mairie et a été inaugurée le samedi 28 juin 2008.

Rédacteur en chef de L'Illustration Horticole, superbe revue appartenant à l'horticulteur belge Jules Linden, il se vit en outre confier en 1875-1876 une exploration botanico-horticole dans les Andes, dont il rapporta de nombreuses richesses végétales. La plus marquante en est certainement l'Anthurium Andreanum, aujourd'hui emblème de la Martinique.

La famille de l'ananas (Broméliacées) devint sa passion et il put proposer aux horticulteurs la culture de nombreuses nouveautés ou hybrides issus de ses voyages et de ses travaux.

Il devint le troisième professeur d'art des jardins à l'École nationale d'horticulture de Versailles.

Vue du parc d'Euxinograd.

Il est spécialiste des jardins anglais du XIXe siècle et particulièrement des jardins en creux munis de ponts et d'escaliers en faux rondins de mortier moulé, comme dans la résidence d'été du roi Ferdinand Ier de Bulgarie, le château d'Euxinograd, près de Varna.

Horticulteur et paysagiste réputé, Édouard André fut également à la tête, durant plus de vingt ans, de la prestigieuse Revue Horticole. Il développe des activités d'acclimatation dans sa propriété de Golfe Juan, la Villa Colombia.

Il fut appelé en 1890 par la municipalité de Montevideo pour établir l'urbanisation verte de cette ville.

Dans les dernières années du XIXe siècle le comte polonais Félix Tyszkiewicz fait appel à lui pour réaliser des parcs autour de quatre de ses châteaux lituaniens : celui du château Tyskiewicz à Polaga (aujourd'hui Palanga), et ceux de Lentvaris, Užutrakis et Trakų Vokė.

Disparu en 1911, il repose aujourd'hui au cimetière de Montmartre, dans la sépulture de famille du violoncelliste Auguste-Joseph Franchomme, dont il avait épousé la fille.

Au début du XXe siècle, son fils René-Edouard fit l'acquisition de la "Pagode de Chanteloup" à Amboise, seul vestige important du magnifique domaine du duc de Choiseul au XVIIIe siècle, et la fit restaurer de 1908 à 1910.

Le siège social de l'actuelle "S.C.I. de la Pagode", créée par ses descendants pour gérer ce monument historique ouvert au public, est à la Croix-en-Touraine.

Liste partielle des publications[modifier | modifier le code]

  • Bromeliaceae Andreanae. Description et Histoire des Bromeliacées récoltées dans la Colombie, l'Ecuador et la Venezuela, Librairie Agricole, Paris, 1889. Réédition : Big Bridge Press, Berkley CA, 1983.
  • L'art des jardins - Traité général de la composition des parcs et jardins, Masson, Paris, 1879. Réédition : Lafitte Reprints, Marseille, 1983. Disponible sur Gallica.

Réalisations[modifier | modifier le code]

(liste non exhautive)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Florence André et Stéphanie de Courtois (dir.), Édouard André, 1840-1911. Un paysagiste botaniste sur les chemins du monde, Éditions de l'Imprimeur, Paris, 2000
  • Stéphanie de Courtois, « Cent ans après la disparition d'Édouard André », in catalogue de l'exposition, J'ai descendu dans mon jardin, Versailles, Orangerie du domaine de Madame Élisabeth, 2011, p. 95-120.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait de l'étude réalisée par ligne DAU "dossier d'études - Parc Edouard André - La Croix-en-Touraine"
André est l’abréviation botanique officielle de Édouard André (paysagiste).
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