Édouard-Léon Scott de Martinville

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Édouard-Léon Scott de Martinville

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Édouard-Léon Scott de Martinville.

Naissance 25 avril 1817
Paris
Décès 26 avril 1879 (à 62 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de France Français
Profession
typographe, correcteur d'épreuves et libraire
Activité principale
inventeur du phonautographe

Édouard-Léon Scott de Martinville, né le 25 avril 1817 à Paris où il est mort le 26 avril 1879, est un typographe, correcteur d'épreuves et libraire français, connu comme inventeur du phonautographe, de dix-sept ans antérieur au phonographe d’Edison. Son enregistrement d’Au clair de la lune, réalisé le 9 avril 1860, est le plus ancien enregistrement d’une voix humaine qui ait été préservé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Édouard-Léon Scott de Martinville apprend jeune la sténographie, à une époque où cette spécialité commence à offrir des débouchés rémunérateurs[1]. Constatant les insuffisances des principaux systèmes, il en dresse un inventaire en 1849. Alors que les sténographes praticiens constatent l'importance de l'intervention humaine dans l'écriture des comptes rendus sténographiques[2], Scott, considérant la difficulté de la tâche et les contestations de la fidélité des transcriptions, travaille à un analogue mécanique de l'oreille, pour enregistrer automatiquement la parole.

Le phonautographe de Scott de Martinville. (Desbeaux 1891, p. 25).

Après des premiers essais réussis d’enregistrements effectués en 1853 et 1854, desquels on a pu extraire, grâce à une analyse de la trace par ordinateur, le premier enregistrement du son d'une voix humaine reconnaissable[3], Scott de Martinville dépose le 25 mars 1857 le brevet du phonautographe, appareil qui enregistre le son[4]. Le dispositif se compose d’un pavillon relié à un diaphragme qui recueille les vibrations acoustiques, celles-ci étant transmises à un stylet qui les grave sur une feuille de papier enduite de noir de fumée enroulée autour d’un cylindre tournant.

Présenté souvent par la suite comme un précurseur du phonographe d'Edison, il ne peut toutefois restituer le son[5]. Il sera utilisé pour les recherches et démonstrations d'acoustique. De ce point de vue, le phonautographe est plutôt un précurseur rudimentaire de l'oscilloscope[6].

En association avec le fabricant d’instruments de laboratoire Rudolf Kœnig qui l’aide à construire ses appareils[7], Scott de Martinville vend quelques dizaines de phonautographes à des laboratoires scientifiques qui s’en servent pour étudier les sons[8]. Le phonautographe est aussi distribué à des établissements d'enseignement.

Scott et Kœnig n'avaient pas en vue les mêmes utilisations pour le phonautographe. Kœnig, lié aux milieux scientifiques, était plus conscient des exigences des chercheurs, et cherchait à y répondre, tandis que Scott, toujours intéressé par la parole, utilisa l'appareil pour documenter, par exemple, la prosodie des comédiens[9]. Cette divergence amena la rupture entre les deux hommes, bien que Kœnig ait continué à utiliser et distribuer le phonautographe.

Ayant appris l’invention du phonographe par Edison et voulant faire valoir sa propre contribution, il écrit dans l’introduction de son dernier livre mémoire de 1878 : « Je ne demande pour mes efforts qu’une seule récompense (...) de ne pas oublier de prononcer mon nom dans cette affaire... »

Scott ne fit fortune avec aucun de ses travaux. Il mourut vendeur d'estampes et de photographies[10].

Fichier audio
Écouter Au clair de la lune (1860) (info)

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En mars 2008, une équipe de chercheurs américains ayant retrouvé ces enregistrements – les plus anciens qui soient actuellement connus – parvient à restituer le son de dix secondes d’une voix chantant Au clair de la lune à partir de son phonautographe datant d’avril 1860[5]. Attribuée tout d’abord à une femme, la voix semble être celle de Scott de Martinville lui-même[11].

Famille Scott de Martinville[modifier | modifier le code]

La famille Scott de Martinville est, comme son patronyme l'indique , originaire d'Écosse. Elle se fixe en Bretagne où elle est reconnue noble d'ancienne extraction , suivant un acte de maintenue de 1671 [12]. Ses armes portent d'or à 3 têtes de lion de gueules arrachées , languées d'azur.

Édouard-Léon Scott de Martinville (1817-1879), descend de cette lignée franco-écossaise. Marié à Françoise Voltz, il est à l'origine d'une nombreuse postérité subsistante [13].

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1843. Mémoire sur la prolongation de la rue Madame, présenté à M. le préfet de la Seine / [signé Scott de Martinville, rapporteur lire en ligne
  • Jugement d’un ouvrier sur les romans et les feuilletons à l’occasion de Ferrand et Mariette , Paris, Camus, 1847
  • 1849. Histoire de la sténographie depuis les temps anciens jusqu’à nos jours ou Précis historique des divers moyens qui ont été exposés ou employés pour rendre l'écriture aussi rapide que la parole ; contenant l'analyse de tous les systèmes abréviatifs français depuis leur origine jusqu'à l'époque actuelle, suivie du programme d'une sténographie en caractères usuels. Ouvrage donnant la clé de toutes les écritures sténographiques. Par Scott de Martinville. In-8° de dix feuilles; Paris: Tondeur. lire en ligne
  • 1857. Fixation graphique de la voix, Paris, impr. de J. Claye,
  • 1857. Les Noms de baptême et les prénoms... art de nommer, par Édouard-Léon Scott, Paris, A. Houssiaux, 2° ed. 1858.
  • 1859. « Phonautographie et fixation graphique de la voix », par M. Édouard-Léon Scott, dans La Photographie. Journal des publications légalement autorisées (Paris) lire en ligne
  • 1861. Publication du rapport sur le phonautographe déposé par Scott en 1857 dans le Bulletin de l'Institut.
  • 1870. Essai de classification méthodique et synoptique des romans de chevalerie inédits et publiés. Premier appendice au catalogue raisonné des livres de la bibliothèque de M. Ambroise Firmin-Didot, Paris, impr. Firmin Didot
  • 1878. Le Problème de la parole s’écrivant elle-même. La France, l’Amérique.

Autorat incertain[modifier | modifier le code]

Il pourrait s'agir d'homonymes.

  • Scott de Martinville, Sur la direction des aérostats, impr. de Maulde et Renoir, 1851.
  • Léon Scott de Martinville, Notice sur la vie et les travaux de M. Adolphe Noël des Vergers, Paris, Firmin Didot,‎ 1867, 26 p. (lire en ligne)


Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative au no 9 de la rue Vivienne à Paris, marquant l’emplacement de la librairie de Scott de Martinville, où il mourut en 1879.
  • Émile Desbeaux, La Physique populaire, Paris, Hatier,‎ 1891 (lire en ligne), p. 27sq.
  • Rudolf Kœnig, Quelques expériences d'acoustique, Paris,‎ 1882 (lire en ligne), p. 23sq
  • « Biographie d'Édouard-Léon Scott de Martinville » dans la revue Phono-Radio-Musique (26 décembre 1929).
  • (en) G. Brock-Nannestad et J.M. Fontaine, « Early use of the Scott-Koenig phonautograph for documenting performance », Acoustics'08,‎ 2008 (lire en ligne)
  • (en) G. Brock-Nannestad, « Prosody in French theatrical declamation traced back in time », Acoustics'08,‎ 2008 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Histoire de la sténographie, p. 9.
  2. Hugo Coniez, Écrire la démocratie : De la publicité des débats parlementaires, Paris, Pepper-L’Harmattan,‎ 2008.
  3. Source : (en) firstsounds.org : « The sheet contains the beginning line of the second verse, Au clair de la lune, Pierrot répondit, and is the earliest audibly recognizable record of the human voice yet recovered. »
  4. « 31470. B de 15 ans, 25 mars ; Scott, Paris, rue Taranne, 6. Procédé au moyen duquel on peut écrire et dessiner par le son (acoustique), multiplier graphiquement les résultats obtenus et en faire des applications industrielles », Catalogue des brevets d'invention d'importation et de perfectionnement, p. 78 lire en ligne. Lire (en) Patrick Feaster et David Giovannoni, Édouard-Léon Scott de Martinville's Phonautograph Patent N.o 31470 : A Critical Edition with English Translation and Facsimile,‎ 2008 (lire en ligne).
  5. a et b (en) Researchers Play Tune Recorded Before Edison dans le New York Times du 27 mars 2008.
  6. Brock-Nannestad et Fontaine 2008, p. 6240.
  7. « Bulletin du phonographe », La Science française, Paris,‎ 1899, p. 46 (lire en ligne) ; Kœnig 1882, p. 23 sq..
  8. Pierre-Jean Rousselot, Principes de phonétique expérimentale, t. 1,‎ 1897 (lire en ligne), p. 110 ; Pietro Blaserna, Le Son et la musique, Paris, Baillière,‎ 1877 (lire en ligne) donne un aperçu de l'usage et des limitations de l'instrument.
  9. Brock-Nannestad 2008
  10. Henri Beraldi, « Phonographe et Phonautographe », L'intermédiaire des chercheurs et curieux, vol. XC, no 1665,‎ 1927 (lire en ligne) ; Rousselot 1897, p. 110.
  11. http://www.journaldunet.com/science/breve/international/40120/le-premier-enregistrement-sonore-connu-revele-ses-secrets.shtml
  12. Louis-Pierre d'Hozier, Armorial général de France, Vol. 7, Firmin-Didot.1808
  13. Voir à l'article Familles subsistantes de la noblesse française et ref. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, 2007, P.175