L'Esprit frappeur

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L'Esprit Frappeur est une maison d'édition française créée en 1997 et toujours en activité. Elle publie des essais politiques concernant des questions d'actualités, ainsi que quelques textes littéraires tel que le roman Le Feu sous la soutane de l'auteur rwandais Benjamin Sehene.

L'Esprit Frappeur est dirigé par Michel Sitbon, ancien trésorier du Réseau Voltaire jusqu'en 2005. Les éditions sont basées dans les locaux de la librairie Lady Long Solo, au même titre que les éditions Dagorno et les éditions du Lézard.

Une grande partie des ouvrages publiés par l'Esprit Frappeur est le fait d'auteurs situés dans la mouvance anarchiste ou à l'extrême gauche de l'échiquier politique. Par exemple, la réputation de la collection s'est faite avec des livres comme Travailler ? Moi, jamais !, de l'anarchiste américain Bob Black.

Historique.[modifier | modifier le code]

Créée en 1997, la maison d'édition fut très active jusqu'à 2005, année à partir de laquelle elle se mit à publier très peu, victime d'une vague d'intimidation policière exercée en librairie qui prenait pour prétexte une circulaire ministérielle sur les livres parlant de drogues. Dès lors l'Esprit frappeur a surtout coédité, et bien peu diffusé.

C'est ainsi que l'Esprit frappeur coédite avec Izuba une revue annuelle, la Nuit rwandaise, consacrée à l'implication française dans le génocide des Tutsi, qui parait tous les 7 avril pour l'anniversaire du début de ce génocide.

Parmi les nouveautés, en 2012, l'Esprit frappeur a publié Les voleurs de liberté, un livre de Jean-Luc Romero président de l'association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD).

L'activité de l'Esprit frappeur se résumé aujourd'hui à la tenue de sa librairie, Lady Long Solo, 38 rue Keller, dans le onzième arrondissement de Paris. S'y retrouve le fond de son catalogue, ainsi que le catalogue de divers autres petites éditeurs, mais c'est surtout un point de rencontres pour tous les electrons libres de l'anarcho-gauchisme inclassable qui caractérise cette maison d'éditions.

En résumé, cette collection qui a beaucoup compté pour qui avait vingt ans en l'an 2000, est aujourd'hui plutôt en veilleuse, et ne rencontre plus le même succès auprès de la jeunesse.

Thématiques des éditions.[modifier | modifier le code]

International : Histoire, colonialisme et génocides.[modifier | modifier le code]

Sur la question coloniale, a été publié Pour en finir avec l'État colonial, du président bolivien Evo Morales ou encore le Code noir.

Sur la Bolivie, on relève en 2009 un deuxième livre, Disperser le pouvoir, par le journaliste uruguayen Raoul Zibecchi, une analyse de la révolution qui a pris place dans ce pays en 2003, prélude à l'élection d'Evo Morales.

Sur le génocide des tziganes, Samudaripen, de Claire Auzias, historienne spécialisée dans les thèmes de l'anarchisme et des Roms, un des rares livres qui existent sur le sujet, ou encore, au rayon histoire, l' Histoire de la guerre en cinq volumes de l'historien militaire anglais John Keegan.

Rwanda[modifier | modifier le code]

L'Esprit frappeur a publié différents auteurs soutenant la thèse de la responsabilité française dans les massacres au Rwanda.

Jacques Morel, ancien ingénieur statisticien et informaticien (CNRS) et membre de l'association Survie a ainsi publié un Calendrier des crimes de la France outre-mer, en 2001, et, en 2010, La France au cœur du génocide des Tutsi, une somme de 1500 pages, en format A4, qui récapitule et ordonne les informations disponibles sur la participation française au génocide au Rwanda.

Sur la question de l'implication française dans le génocide des Tutsi du Rwanda, en 1994, L'Esprit Frappeur a publié également Rwanda : un génocide français, du journaliste et traducteur Mehdi Ba, et le livre de l'entomologiste français d'extrême gauche Jean-Paul Gouteux: La nuit rwandaise. Depuis 2007, en hommage à Jean-Paul Gouteux décédé en 2006, L'Esprit frappeur publie une revue annuelle, sous le même titre, La nuit rwandaise, qui fait le point des connaissances et des débats sur les responsabilités françaises dans le dernier génocide du XXe siècle.

Également de Jean-Paul Gouteux, l'éditeur a publié Le Monde, un contre pouvoir ?, une analyse de la manière dont le quotidien Le Monde a traité la question du génocide des Tutsi. Ce livre aura été l'objet d'une plainte en diffamation du journal Le Monde que celui-ci gagnera, obtenant la publication du jugement dans trois journaux, publication qui ne verra le jour, probablement parce qu'elle aurait dû paraître à un moment où Le Monde était engagée dans une autre procédure, contre un livre de Pierre Péan. Le Monde avait précédemment perdu une plainte semblable contre un autre livre de Jean-Paul Gouteux, paru originellement aux Éditions sociales, Un génocide, secret d'État, livre republié, en 2009, chez l'Esprit frappeur.

Sur le même sujet, L'Esprit frappeur publie aussi le livre du professeur de philosophie Yves Cossic, situé a mis chemin entre la philosophie politique et l'histoire, intitulé La Théorie du Mensonge.

Questions de société.[modifier | modifier le code]

Parmi les 150 titres publiés, de 1997 à 2009, par L'Esprit frappeur, on trouvera notamment Le revenu d'existence ou la métamorphose de l'être social de l'économiste Yoland Bresson, et, du même auteur, paru en 2008, Une clémente économie, au-delà du revenu d'existence.

On trouve également un essai évocateur sur le sécuritarisme La Machine à Punir.

Police[modifier | modifier le code]

On trouve également au catalogue de cette maison d'édition de nombreux ouvrages de Maurice Rajsfus sur la police, dont le dernier, La France bleu-marine, est une analyse des discours des ministres de l'intérieur de Raymond Marcellin à Nicolas Sarkozy.

Un livre du Syndicat de la magistrature, Vos papiers, Que faire face à la police ?, précis juridique sur la question des contrôles d'identité, a été l'objet d'une plainte du ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant. Relaxés en première instance, l'éditeur, l'auteur, et le dessinateur – auteur de la couverture – ont été condamnés en appel. Le Syndicat de la magistrature s'est pourvu en cassation et a obtenu gain de cause. Rejugé en appel à Rouen, il est en attente du verdict. L'éditeur et le dessinateur de la couverture (Placid), bien que cités à comparaître, n'auront pas été entendus par le juge qui considérait leur condamnation définitive en dépit de la cassation.

Univers carcéral[modifier | modifier le code]

Si cette collection ne comporte quasiment pas de romans, elle a néanmoins publié Glucksamschlipszig, le roman du Gluk, de l'activiste d'extrême gauche Jean-Marc Rouillan, écrit en prison. Plus récemment, en 2009, paraissait dans cette collection L'ailleurs mexicain, un journal de voyage littéraire et politique, signé Métie Navajo.

Sur la question carcérale on relève, de l'Observatoire international des prisons (OIP), Prisons : un état des lieux, et la réédition du livre de l'écrivain, soutenant les mouvances marginales et anarchistes, Serge Livrozet (préfacé par Michel Foucault), De la prison à la révolte, ou encore La Machine à punir : pratiques et discours sécuritaires (2001) du magistrat français Gilles Sainati et du sociologue Laurent Bonelli. Sur le même thème, Femme de parloir, de Duszka Maksymowicz, a fait l'objet d'une reprise théâtrale.

Immigration[modifier | modifier le code]

La question de l'immigration a aussi souvent été abordée dans ce catalogue avec, par exemple, J'y suis, j'y vote, du militant associatif et politique d'extrême-gauche Saïd Bouamama, Enquête en zone d'attente, d'Anne-Leïla Ollivier, ou le Plaidoyer pour les sans-papiers, de Michel Sitbon. Également notable, le Dictionnaire de la lepénisation des esprits, de Pierre Tevanian et Sylvie Tissot, livre à l'origine de l'expression "lepénisation des esprits". De Pierre Tevanian aussi, Le ministère de la peur, ou Le racisme républicain.

Psychotropes[modifier | modifier le code]

L'Esprit frappeur a publié de nombreux ouvrages en faveur de la dépénalisation du marché de la drogue : Cannabis, lettre ouverte aux législateurs, du CIRC, avec en annexe la fameuse lettre d'Antonin Artaud contre la prohibition des drogues, ou encore des livres sur l'absinthe, le tabac ou le San Pedro.

A été traduit de l'espagnol le premier tome de l'imposante Histoire générale des drogues, d'Antonio Escohotado, best-seller en Espagne, qui a beaucoup contribué à la compréhension de ce sujet de l'autre côté des Pyrénées.

Environnement et technologies[modifier | modifier le code]

Nucléaire[modifier | modifier le code]

L'Esprit frappeur a publié aussi nombre d'ouvrages anti-nucléaires, dont le livre de Roger Belbéoch et Bella Belbéoch, Sortir du nucléaire, c'est possible avant la catastrophe, mais aussi Tchernoblues, de Roger Belbeoch, et Tout nucléaire : une exception française, de Perline, ou La descente aux enfers nucléaires, des journalistes Ben Cramer et Camille Saïsset, sur le site d'enfouissement des déchets radioactifs à Bure, en Champagne. Ou encore La mort s'exporte bien, de l'ONG Amis de la terre, sur la politique française d'exportation du nucléaire.

Nanotechnologies[modifier | modifier le code]

Dans le même registre on trouve dans ce catalogue Nanotechnologies/maxiservitude, du groupe Pièces et mains d'œuvres.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]