Édit de Versailles

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L'édit de tolérance de Versailles, signé par Louis XVI en 1787.

L’édit de Versailles est un édit de tolérance[1] signé par Louis XVI le et enregistré au parlement le , qui permit aux personnes non catholiques de bénéficier de l'état civil sans devoir se convertir au catholicisme.

L’Édit de Versailles, communément connu sous le nom d’« édit de tolérance », donnait aux non-catholiques de France un statut juridique et civil, incluant le droit de contracter mariage sans avoir à se convertir à la religion catholique qui demeurait la religion officielle du Royaume de France. Les principaux concernés furent les protestants mais aussi les juifs[2]. La signature de l’Édit de Nantes, le 13 avril 1598, par Henri IV avait initialement accordé aux huguenots la même liberté de pratiquer leur foi qu’aux ses sujets catholiques, droits révoqués avec l’édit de Fontainebleau de Louis XIV le 18 octobre 1685. Malgré l’assouplissement de l’application de cet édit sous le règne de Louis XV, celui-ci est resté en vigueur pendant cent deux ans.

L’édit de Versailles conservait le catholicisme comme religion d’État du royaume de France, mais ses décrets réduisaient à néant l’édit de Fontainebleau en soulageant les non-catholiques – calvinistes, luthériens et juifs. Toutefois, l’application de cet édit connut des exceptions dont la plus notable fut le parlement de Metz qui prit des mesures en excluant explicitement les Juifs. C'est ainsi qu'en 1789, les Juifs du Sud-Ouest de la France purent participer à la rédaction des cahiers de doléances au contraire de leurs coreligionnaires de l'est de la France.

L’édit de Versailles ne reconnaissait donc aucunement la religion protestante, mais il s’agit d'une étape importante dans la pacification des tensions du pays en signifiant officiellement la fin des persécutions religieuses en France. Inspiré des arguments persuasifs d’éminents philosophes français et de personnalités littéraires de l’époque, comme Anne-Robert-Jacques Turgot et l’Américain Benjamin Franklin, ou même de simples pasteurs comme Jean Jarousseau, la mise en oeuvre de l'édit est le fait conjoint de Malesherbes, ministre de Louis XVI et de Rabaut Saint-Étienne, porte parole de la communauté protestante de France[3].

Il faudra attendre deux années supplémentaires pour que la liberté religieuse soit enfin accordée à tous en France, avec la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, en 1789.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Édit de Versailles.
  2. David Feuerwerker, L'Émancipation des Juifs en France. De l'Ancien Régime à la fin du Second Empire, Albin Michel, Paris, 1976 (ISBN 2-226-00316-9).
  3. Encyclopedia of the Age of Political Ideals, Edict of Versailles (1787), downloaded 29 January 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis XVI, du Serment du Sacre à l'Edit de Tolérance. Ouvrage collectif. Bibliothèque Historique de la Ville de Paris et l'Association Louis XVI, 1988.

Articles connexes[modifier | modifier le code]