Écriture de l'arabe

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Page du Coran calligraphiée au IXe siècle
Inscription arabe calligraphiée, datant du XIe siècle (vers 1011), gravée sur le fût d'une colonne dans la Grande Mosquée de Kairouan située dans la ville de Kairouan, en Tunisie.

L'écriture de l'arabe est un phénomène qui peut être étudié, soit en tant que système graphique de l'arabe, soit au point de vue des modalités techniques de cette écriture.

Le système graphique présente un alphabet, des signes diacritiques, des chiffres. Ce système évolue au cours de son histoire, du quatrième siècle de l'ère courante à nos jours. L'écriture de la langue arabe dans d'autres systèmes d'écriture pose le problème de la translittération et celui de la transcription. L'utilisation du système d'écriture arabe pour écrire d'autres langues pose des problèmes d'adaptation.

Les modalités de l'écriture de l'arabe évoluent aussi au fil du temps. La calligraphie est un art très développé à toutes les époques de la culture arabe. L'invention de l'imprimerie mène à la création de glyphes rassemblés en fontes de caractères arabes. La dactylographie conduit à fabriquer des claviers de machines à écrire comportant tous les caractères alphabétiques et diacritiques de l'arabe. L'avènement de l'informatique permet l'invention de programmes très performants pour rendre à l'écran toutes les beautés esthétiques de l'écriture de l'arabe.

Système graphique de l'arabe[modifier | modifier le code]

Le système graphique de l'arabe permet d'écrire les trois niveaux de langues correspondants à l'arabe classique, à l'arabe standard moderne dit aussi arabe littéraire, et aux différentes variantes de l'arabe dialectal.

Origine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'alphabet arabe.

De l'alphabet phénicien descendent trois alphabets, le grec, le paléo-hébraïque[1], et l'araméen. De l'alphabet araméen dérivent ensuite plusieurs alphabets dont le syriaque et le nabatéen, sources de l'alphabet arabe qui se développe à partir du IVe siècle de l'ère courante.

Alphabet[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Alphabet arabe.

L'alphabet arabe est de type abjad (ابجد en arabe), qui note exclusivement les consonnes du système phonologique de la langue arabe.

Signes diacritiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Diacritiques de l'alphabet arabe.

L'alphabet arabe ne permet pas de noter différents phénomènes phonétiques comme les voyelles brèves, les assimilations, ou les géminations. Pour pallier ce déficit de caractères alphabétiques, l'écriture didactique utilise des signes auxiliaires diacritiques qui permettent une lecture aisée pour les lecteurs non érudits d'un texte arabe littéraire ou religieux.

La hamza[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Écriture de la hamza.

La hamza correspond au phonème / ʔ / dit aussi « coup de glotte ». L'écriture de la hamza varie, suivant qu'elle correspond à une lettre alphabétique ou à un signe diacritique elle s'écrit sans support ou nantie d'un support.

Les règles d'écriture d'une hamza dépendent donc de sa nature (stable ou instable), mais aussi de sa position dans le mot, du vocalisme et de la syllabation.

Chiffres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chiffres arabes.

L'écriture occidentale des « chiffres arabes » résulte d'une évolution graphique d'anciens chiffres arabes. L'écriture arabe contemporaine utilise, par contre, des chiffres empruntés aux écritures indiennes.

Le tableau ci-dessous compare les différentes écritures des chiffres de 0 à 9.

Notation occidentale, arabe et indienne des chiffres de 0 à 9

Translittération et transcription[modifier | modifier le code]

Le passage d'un système d'écriture vers un autre effectue soit une translittération, soit une transcription. Il convient de bien distinguer ces deux opérations.

La langue arabe peut se translittérer ou se transcrire dans un système d'écriture non arabe (un système de caractères latins par exemple).

D'autres langues que l'arabe (l'urdu pakistanais, langue indo-européenne, par exemple) peuvent être translittérées ou transcrites à l'aide de l'alphabet arabe dûment adapté à cet nouvel usage.

Modalités de l'écriture[modifier | modifier le code]

Calligraphie[modifier | modifier le code]

Calligraphie arabe
Article détaillé : Styles calligraphiques arabes.

La calligraphie est un art éminemment pratiqué dans la culture arabe.

Typographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Typographie.

L'avènement de l'imprimerie mène à l'invention de fontes de caractères. Chaque fonte est un ensemble de glyphes[2] d’une même police d’écriture, de même style, corps et graisse.

L'iranien Reza Abedini (né en 1967) redessine les polices classiques de l'alphabet arabe et les modernise.

Dactylographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dactylographie.
Machine dactylographique
utilisant les caractères arabes

La dactylographie transcrit un texte par l'intermédiaire d'un clavier de machine à écrire, sans le regarder et en utilisant les dix doigts. Il existe des machines à écrire dont le clavier permet de transcrire les caractères alphabétiques et diacritiques de l'écriture arabe.

Informatique[modifier | modifier le code]

DIN-31635 est une norme du Deutsches Institut für Normung qui permet la translittération de l'alphabet arabe ; cette norme est la plus utilisée dans le domaine des études arabes dans les pays occidentaux.

Le programme informatique ArabTeX écrit par Klaus Lagally, propose un support pour les alphabets arabe et hébreu dans TeX et LaTeX, qui produit des ligatures de qualité pour l'écriture de l'arabe. Les caractères ArabTeX entrent dans un document LaTeX à l'aide des commandes \< … > ou \RL{ … } ou dans l'environnement \begin{arabtext} … \end{arabtext}.

Arabeyes est un projet Libre/Open Source visant le support total de la langue arabe dans les environnements Unix. Il a été fondé en 2001 par un groupe d'utilisateurs arabes de GNU/Linux.

Le dictionnaire DIINAR (DIctionnaire INformatisé de l'ARabe) est composé de plusieurs bases de données (verbale, nominale, noms propres et mot outils). Pour accéder au DIINAR 1, voir [ABBESR., DICHY J. and HASSOUN M., 2004a].

La norme internationale ISO 233 établit un système de translittération (romanisation) de l'arabe[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Classement par date d'édition des ouvrages :

  • T. F. Mitchell, Professeur de langue anglaise et de linguistique générale à l'Université de Leeds, Colloquial Arabic, collection « Teach Yourself Books », Hodder and Stoughton Ltd, London 1962, dixième impression 1980, (ISBN 0-340-26519-1)
  • Boutros Hallaq, Agrégé de l'Université, L'arabe pour tous, collection « les langues pour tous », Presses Pocket, 1984, (ISBN 978-2-266-01340-6)
  • Michel Neyreneuf et Ghalib Al-Hakkak, Grammaire active de l'arabe, collection « les langues modernes », Le Livre de Poche, Paris 1996.
  • Thomas Bauer, Arabic Writing, article paru dans The World's Writing Systems, ouvrage collectif sous la direction de Peter T. Daniels et William Bright, Oxford University Press, 1996.
  • Toufic Fahd, Études d'histoire et de civilisation arabes, Éditions Isis, 1997, (ISBN 975-428-106-8) version en ligne
  • Mathieu Guidère, Arabe grammaticalement correct ! Grammaire alphabétique de l'arabe, Éditions Ellipses, Paris 2001, (ISBN 2-72980923-6)
  • Ghani Alani, L'Écriture de l'écriture : Traité de calligraphie arabo-musulmane, éd. Dervy, 2002.
  • Régis Blachère et Maurice Gaudefroy-Demombynes, Grammaire de l'arabe classique, Maisonneuve et Larose, cinquième édition, 2004.
  • Kristen Brustad, Mahmoud Al-Batal, Abbas Al-Tonsi, A Textbook for Arabic: Part Two. Georgetown University, Washington, DC, 2005 (ISBN 978-1589010963),1re édition 1997, (ISBN 0-87840-350-7)
  • Boutros Hallaq, Agrégé de l'Université, Professeur à l'université de la Sorbonne nouvelle Paris III, Quarante leçons pour parler arabe, collection « langues pour tous », Univers Poche, Pocket, Paris 2009, (ISBN 978-2-266-18910-1)
  • Dictionnaire Mounged de poche (français arabe ─ فرنسيّ عربيّ), éditions Dar el-Machreq, dixième édition, Beyrouth.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. dont provient l'alphabet samaritain utilisé jusqu'à ce jour par les Samaritains.
  2. les glyphes sont des représentations visuelles de caractères.
  3. Association française de normalisation, Norme ISO 233 (1984): documentation : translittération des caractères arabes en caractères latins, éd. AFNOR, 1984, p. 1-7