Économie de l'offre

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L’« économie de l'offre » (on parle aussi de la « politique économique de l'offre », ou plus simplement de « politique de l'offre ») est une école de pensée associée aux changements de la politique économique américaine sous la présidence de Ronald Reagan au point qu'on la désigne souvent par le terme « reaganomics » [1]. Selon les tenants de cette conception, la manière la plus efficace d’obtenir une croissance économique élevée sur le moyen et le long terme est d’aider les entreprises à produire davantage de biens et services, de les inciter à entrer sur de nouveaux marchés.

Selon les partisans de « l'économie de l'offre », l'objectif de croissance ne peut être atteint qu'en levant le plus possible les freins fiscaux et règlementaires qui entravent leur développement. Il s'agit donc de lever les freins à l'initiative privée en diminuant l'impôt pesant

Inversement, des subventions peuvent et doivent le cas échéant être accordées aux entreprises dans certains secteurs économiques, si les objectifs attendus le justifient.

Le courant de l'économie de l'offre se rattache à la pensée libérale. Il combat activement les écoles de pensée majeures à savoir :

Cette école de pensée voit le jour dans les années 1970, alors que les politiques sont hésitants (la politique de la demande keynésienne ne semble plus être efficace dans les pays développés) et ne savent quelle ligne de conduite adopter pour faire face aux chocs pétroliers et pour remédier à la situation de stagflation (situation de stagnation combinée avec une poussée de l'inflation).

Cette école de pensée a contribué à développer et à alimenter un vaste mouvement d'opinion (inspiré par une philosophie plutôt conservatrice) mais dans lequel on trouve des mouvements comme les libertariens (parfois appelés « anarcho-capitalistes »[2]).

Historique[modifier | modifier le code]

La réflexion économique avait déjà pointé l'importance de l'offre dans le jeu économique : Ricardo[3] et Jean-Baptiste Say avaient largement exploré ce thème. Ainsi la Loi de Say (dite aussi « Loi des débouchés ») pose le principe selon lequel « l’offre crée sa propre demande ». Dit autrement, « c’est la production qui ouvre des débouchés aux produits » [4].

Cependant, ce que l'on appelle « l'économie de l'offre » désigne un mouvement de pensée tout à fait contemporain, né dans un contexte particulier :

  • Le terme « Économie de l'offre » fut forgé par le journaliste américain Jude Wanniski en 1975. Alors que Ronald Reagan était gouverneur de Californie, des groupes de pression réussissent à faire voter en 1978 par cet État une réduction de taxes [5]. L'année suivante Arthur Laffer et Jp Seymour publient «The Economics of the tax revolt» [6].
  • Alors que le mouvement d'opinion se diffuse progressivement sur l'ensemble des États-Unis, cette école de pensée se formalise et se structure pour dénoncer les effets négatifs d'un prélèvement fiscal «excessif».
    • Une forte imposition décourage les opérateurs économiques en abaissant l'attractivité du travail vis-à-vis du loisir.
    • Pourquoi travailler davantage si, du fait de l'imposition, l'utilité marginale du travail décroit ?
  • Selon Arthur Laffer ( voir courbe de Laffer), un niveau d'imposition trop élevé risque à terme de diminuer les recettes totales de l'État.
    • Suite à une hausse de l'impôt, les recettes fiscales augmentent à court terme. Mais dans le même temps, les opérateurs se démotivent.
    • Puis, l'activité se réduit, et les recettes fiscales diminuent.
    • Il convient donc -a contrario- de diminuer le taux marginal d'imposition, pour favoriser l'activité, et par suite constater la hausse des recettes fiscales.
  • George Gilder dans Richesse et Pauvreté[7] va même plus loin : « les politiques sociales constituent l'obstacle principal à la croissance économique. […]L'aide aux chômeurs, aux divorcés, aux déviants et aux prodigues ne peut que les inciter à se multiplier et constitue une menace pour la société ».
  • Les Libertariens (dont David Friedman, le fils de Milton Friedman, qui reproche à son père et à Hayek de « n'être pas assez radicaux dans leur anti-Étatisme » [8]) vont encore plus loin : « ils vont jusqu'à retirer à l'État des fonctions qu'Adam Smith et ses successeurs libéraux lui reconnaissaient : armée, police, justice, éducation, et production de certaines infrastructures essentielles, telles que le système de transport »[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Pensée économique depuis Keynes, par M Beaud et G Dostaler, Le Seuil, coll. « Points Économie », 1996.
  2. La Pensée économique depuis Keynes, Op cit.
  3. « David Ricardo », Les Échos, 20 août 2007, p. 13
  4. Jean-Baptiste Say, Traité d'économie politique, Livre I, chap. 15, édition 1841, page 138
  5. a et b La pensée économique depuis Keynes, déjà cité
  6. The Economics of the tax révolt, New York, Harcourt Brace Jovanovich, 1979
  7. Pparu chez Albin Michel, Paris 1981. Traduction française de l'ouvrage original : Wealth and Poverty, New York, Basics Books 1981.
  8. The machinery of Freedom : Guide to a radical capitalism, New Rochelle, New York, Arlington House, 1973.

Articles connexes[modifier | modifier le code]