Économie de l'Inde

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Inde
Indicateurs économiques
Image illustrative de l'article Économie de l'Inde
La Reserve Bank of India, à Mumbai

Monnaie Roupie
Année fiscale 1er avril - 31 mars
Organisations internationales G20, OMC, ASACR
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 1 843 milliards $ (2011))[1]
Produit intérieur brut en PPA 3 526 milliards $ (2009)[1]
Rang pour le PIB en PPA
Croissance du PIB 8.3 % (2010))[1]
PIB par habitant en PPA 3 700 $ (2011)[1]
PIB par secteur agriculture : 19 %(2010)[1]
industrie : 26,3 % (2010)[1]
services : 54,7 (2010)[1]
Inflation (IPC) 6,8 % (2011)[1]
Pop. sous le seuil de pauvreté 37 % (2010)

Population indienne = 1.2 milliard (2010) % population mondiale = 16 % (2010)

Indice de développement humain (IDH)
Population active 467 millions (2009)
Population active par secteur agriculture :
industrie :
services :
Taux de chômage 9,8 % (2011)[1]
Principales industries
Commerce extérieur
Exportations 301,9 milliards $ (2012)
Biens exportés Produits pétroliers, pierres précieuses, machines, fer et acier, produits chimiques, véhicules, vêtements.
Principaux clients
Importations 475,3 milliards $ (2011)
Biens importés Pétrole brut, pierres précieuses, machines, engrais, fer et acier, produits chimiques.
Principaux fournisseurs
Finances publiques
Dette publique 55.85 % du PIB (2010)
Dette extérieure
Recettes publiques 129,8 milliards $ (2009)
Dépenses publiques 214,6 milliards $ (2009)
Déficit public 6,8 % du PIB (2009)
Aide au développement -

L'économie de l'Inde était, en 2007, la 12e mondiale en dollars courants avec un produit intérieur brut (PIB) de 1 171 Mds de $, soit 2,15 % du PIB mondial[2], qui ne se traduit cependant que par un revenu par habitant de 950 $. Le PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat (PPA) était en 2007 de 2 740 $[2]. Ainsi en PPA, le PIB total de l'Inde passe au 4e rang mondial, après les États-Unis, la Chine et le Japon avec un PIB de 3 083 Mds $.

L'Inde connaît un important décollage économique depuis le milieu des années 1980 et tout particulièrement depuis son ouverture à partir de 1991 sous le mandat de Narasimha Rao. Elle s'est alors détachée de sa politique économique inspirée des modèles socialistes planificateurs et a adopté un mélange de politique libérale et social-démocrate. La libéralisation commerciale s'est manifesté par une forte chute des droits de douane et une ouverture progressive aux investissements étrangers. Le secteur public a cédé la place à des groupes privés de toute taille qui s'appuient sur la vieille tradition des castes marchandes et d'entrepreneurs.

La croissance a atteint une moyenne de 9 % entre 2005 et 2007, avec une croissance d'environ 10 % dans le secteur tertiaire, de 7 % dans le secteur secondaire et de 2 % dans l'agriculture. Cependant environ deux tiers de la population vivent encore en milieu rural et l'agriculture occupe encore la moitié de la population active. En 2004, 28 % de la population, soit 305 millions de personnes, vivaient sous le seuil national de pauvreté estimé à 7,22 $ par mois[3], tandis que 39 % des enfants souffraient de malnutrition.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pièce d'argent de l'Empire Maurya, IIIe siècle av. J.C.
Pièce d'argent de la Empire Gupta, Ve siècle

Période pré-coloniale (avant 1773)[modifier | modifier le code]

Entre 2800 et 1800 av. J.C., la civilisation de la vallée de l'Indus pratiquait le commerce entre villes. Le commerce des épices est pratiqué depuis l'Antiquité entre l'Europe et l'Asie, par exemple entre l'Empire romain et l'Inde. L'ouverture de la Route des Indes accentue le phénomène à la fin du XVIIIe siècle.

Image de Calicut, Inde dans l'atlas de Georg Braun et Frans Hogenberg Civitates orbis terrarum, 1572

Période coloniale (de 1773 à 1947)[modifier | modifier le code]

L'empire britannique établit sa domination à la fin du XVIIIe siècle.

Le canal de Suez est inauguré en 1869.

Le Mouvement pour l'indépendance de l'Inde dénonce l'exploitation et la mauvaise santé économique du pays.

Période pré-libérale (de 1947 à 1991)[modifier | modifier le code]

La politique économique après l'indépendance était influencée par la période coloniale mais aussi par le modèle économique de l'Union soviétique (plans à 5 ans). La croissance (environ 3,5 % des années 1950 aux années 1980) reste faible au regard d'autres pays d'Asie.

La libéralisation partielle de l'économie depuis 1991[modifier | modifier le code]

Les structures du gouvernement indien se sont engagées dans une série de réformes économiques depuis 1991 en réaction à une crise monétaire et à un déficit commercial important. Ces réformes incluent la libéralisation des investissements étrangers, des réductions significatives des tarifs douaniers, la modernisation du secteur financier, et des ajustements dans les politiques monétaires et fiscales.

Le processus de réforme a eu quelques effets bénéfiques sur l'économie indienne, y compris des taux de croissance plus élevés, la baisse de l'inflation, et l'augmentation des investissements étrangers. Le déficit commercial a été réduit à 1 % en 2002-2003. Depuis 1991, la croissance indienne a été en moyenne de 5 %, atteignant un record de 8,4 % en 2004. Depuis, le rythme de la croissance économique s'est accéléré : 9,6 % en 2007, 8,7 % en 2008 malgré la crise économique.

Les dynamisme des investissements étrangers[modifier | modifier le code]

Comme les autres États BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), l'Union Indienne s'affirme comme un des nouveaux grands pays industriels. Depuis quelques années, les flux d'investissements augmentent rapidement, soit 25 milliards de dollars en 2005, mais 66 milliards de dollars en 2006. La crise financière pourrait ralentir conjoncturellement cette tendance.

Comparée à la Chine, les moteurs de la croissance indienne sont beaucoup plus domestiques. Ils s'appuient sur un taux de consommation intérieur équivalent à 70 % du PIB contre 40 % en Chine. L'investissement est également plus équilibré : 32 % du PIB contre 40 % en Chine, mais le vrai point noir de l'Inde est la faiblesse de ses infrastructures urbaines, d'énergie[4] et de transport qui induit celle de l'industrie manufacturière. Elle peut par contre s'appuyer sur une classe moyenne estimée à 300 millions de personnes dont 50 millions à niveau de vie comparable aux occidentaux.

Le taux de pauvreté[modifier | modifier le code]

La croissance soutenue a permis d'augmenter le niveau de vie d'une grosse partie de la population de l'Inde. Cependant, les miséreux des bidonvilles de Mumbay ou de Calcutta resteront longtemps très nombreux, même si leur part relative va en s'amenuisant dans cette immense population. En février 2008, le FMI estimait que le taux de pauvreté était tombé lentement de 36 % en 1994 à 28 % en 2007, soit plus de 300 millions de pauvres.

Ceci a conduit le parti du Congrès au pouvoir depuis 2004 a s'arranger sur une stratégie de "croissance inclusive" en accompagnement de sa politique de libéralisation. Un ensemble de programmes sociaux dans l'éducation, l'emploi (NREGA) ou la santé visent à améliorer la position des basses castes dans le nouveau jeu économique. La préoccupation numéro un du pays est de créer au moins dix millions d'emplois nécessaires chaque année pour absorber l'arrivée massive des jeunes du baby boom des années 1980[5].

Secteurs d'activités[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Article connexe : Révolution verte en Inde.

L'Inde est le quatrième producteur agricole mondial, sa balance commerciale agroalimentaire est excédentaire et a augmenté en 2004 et 2005. En 2006, le secteur primaire employait 66,7 % des actifs et représentait 18 % du PIB, alors que le secteur primaire représentait, en 1995, 28 % du PIB et 23 % en 2000, et que la population rurale l'est encore à plus de 70 %.

En 2003, l'Inde est le principal producteur mondial de millet avec 17 millions de tonnes[6], de viandes bovines[7], de lait, de noix de cajou, de noix de coco, de thé, de gingembre, de banane, de sapote et de poivre noir. L'Inde est, en 2005, aussi le second producteur mondial de riz avec une production de 128 millions de tonnes[6], de blé avec 72 millions de tonnes[6], de canne à sucre avec 289,6 millions de tonnes[7], d'arachide et poissons d'eaux douces. Le pays est aussi, en 2003, le troisième producteur mondial de caoutchouc naturel avec une production de 694 000 tonnes[7], de fibres de coton avec 2,1 millions de tonnes[7], de viandes ovines[7] et de tabac. L'Inde produit également de manière importante des pommes de terre, du maïs, de l'orge, du soja, des graines de lin, du sorgho et diverses épices.

En 2002-03, la production céréalière était d'environ 235 millions de tonnes. Près de 50 % de la superficie agricole indienne est cultivé avec du riz ou du blé, qui représentent 18 % de la valeur de la production agricole. Le riz est ainsi l'aliment de base d'une grande partie de la population indienne, il occupe ainsi près d'un quart des surfaces cultivées notamment dans les régions de la basse plaine du Gange ainsi que sur les Ghâts occidentaux et Ghâts orientaux. Le blé, le millet et l'arachide sont surtout dans les régions plus sèches du centre notamment du plateau du Duccan et du nord-ouest de l'Inde.

Le thé, le café et le caoutchouc sont présents quant à eux, dans les zones proches de l'Himalaya et les Ghats occidentaux. La part des fruits et légumes dans la valeur de la production agricole est elle passée de 14 % en 1993 à 19 % en 2004, alors que les oléagineux et les légumineuses représentent respectivement 19 % et 8 % de la valeur de la production agricole. Les produits de l'élevage représentent actuellement environ 27 % de la valeur de la production agricole. Le lait représente 18 % de la valeur de la production agricole.

Dans les années 1970, sous le régime d'Indira Gandhi, le pays s'est lancé dans la révolution verte destinée à améliorer les rendements agricoles. En effet, après l'obtention de l'indépendance du pays, en 1947, les problèmes alimentaires et pénuries étaient très constants. Avec le virage vert dans le domaine agraire, l'Inde a évitée la dégradation agricole. Avec cette nouvelle technique, près de 40 % de la superficie cultivée est actuellement irriguée, 92 % de la superficie de canne à sucre est irriguée, 88 % pour le blé, 52 % pour le riz et de 33 % pour le coton. L'utilisation d'engrais chimiques et de semences à haut rendement, a fortement augmenté au cours des trois dernières décennies. Actuellement, près de 80 % des superficies plantées en céréales reçoivent de telles variétés. La révolution verte n'a cependant par remise en question la structure agraire indienne, caractérisée par une forte proportion de métayers et petits propriétaires. En 1995, la superficie moyenne était de 1,55 hectare alors que plus des deux tiers des ménages agricoles disposaient de moins de 1 hectare de terres agricoles, et que seulement 1 % des propriétaires fonciers exploitent plus de 10 hectares. Pourtant, à l'aide de cette méthode, le deuxième pays le plus peuplé du monde a réussi à restimuler l'économie, avec une alimentation abondante et de qualité, qui comble les grandes demandes alimentaires du pays, avec sa surpopulation, et bien plus encore.

Les huiles alimentaires sont le principal groupe de produits agricoles importés, suivit des noix de cajou (qui sont réexportés après décorticage) et des légumineuses. En 2005, l'Indonésie et l'Argentine ont fourni à elles seules 36 % des importations agroalimentaires indiennes, et sont à l'origine de 60 % des importations d'huiles alimentaires. Alors que le Brésil, la Birmanie, les États-Unis et le Sri Lanka représentent ensemble, 60 % des importations indiennes de produits agroalimentaires.

Les principales produits agricoles exportés sont les céréales, les tourteaux, les noix de cajou, le thé, les fruits et les légumes. Les céréales à elles toutes seules représentant 20 % de l'ensemble des exportations agroalimentaires. Les principaux pays importateurs de produits agricoles indiens sont, en 2005, les États-Unis, l'Arabie saoudite, le Japon, les Émirats arabes unis et le Bangladesh qui ont a eu 5 absorbés près d'un tiers des exportations agroalimentaires.

Industrie[modifier | modifier le code]

Industrie minière[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne la production industrielle, l'Inde était, en 2003, 4e producteur mondial de fer avec une production de 140 millions de tonnes et 8e producteur d'acier avec 31,8 millions de tonnes[7]. L'industrie minière est une activité importante avec 79 minéraux différents produits en 2009-2010[8]. De plus en 2005, l'Inde était le 3e producteur mondial de charbon et de lignite[6].

Industrie textile[modifier | modifier le code]

Article principal : Industrie textile de l'Inde (en)

Pour ce qui est de l’industrie textile, elle crée un nombre considérable d’emplois pour la population (près de 35 millions)[9]et contribue à la production du pays (4% du PNB).La majorité des entreprises qui la composent sont de petites tailles, mais elles offrent malgré tout un rendement satisfaisant, car elles réussissent à générer 27% des exportations indiennes.[10]

Industrie automobile[modifier | modifier le code]

Depuis 1990, la construction automobile est passé d'une production de deux cent mille à plus d'un million et demi d'unités fabriquées dans le cadre, souvent, de joint-ventures entre fabricants indiens et firmes occidentales. Ainsi actuellement, 8 millions de deux-roues vendus dans le pays chaque année et 1,5 million de voitures contre 50 000 en 1985. Le secteur automobile est en plein essor, avec des compagnies multinationales, tel que : Suzuki (43 %), Hyundai (18 %), Toyota (4 %) et Honda (3 %).

Services[modifier | modifier le code]

Informatique[modifier | modifier le code]

Le secteur de l'informatique emploie deux millions de personnes en Inde en 2007[11]. Hyderabad, Pune et surtout Bangalore sont les plus pôles de production de logiciels, de matériel de pointe et des saisie de données. Des grands groupes indiens sont présents déjà présents dans ce secteur tel Wipro, Infosys et Tata Consultancy Services, alors que des groupes comme IBM employait en près de 39 000 personnes dans le pays à travers 16 sites d'activités dont 5 à Hyderâbâd. Ce secteur est florissant essentiellement en raison d'une main-d'œuvre qualifié peu couteuse, un ingénieur indien coûterait 15 000 dollars par an contre 75 000 dollars pour un américain[12].

Téléphonie et assurances[modifier | modifier le code]

En 2009, la téléphonie mobile comptait plus de 10 millions d'abonnés supplémentaires chaque mois.

Le secteur des assurances connait une croissance de 20 % par an[9].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme est peu développé mais en forte croissance, y compris le tourisme médical. Ce secteur représente 18 millions d'emplois et a attiré 4,4 millions de personnes en 2007[9].

Énergie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie en Inde.
Platforme d'ONGC à Mumbai High dans la mer d'Arabie, un des quelques sites de production interne de pétrole.

En 2010, L'Inde importait environ 70 % de ses besoins en pétrole brut.

En 2012, l'énergie est obtenue à 65 % à partir du charbon. Coal India (monopole d'État), qui fournit près de 80 % de la production de charbon, ne parvient pas à réaliser les objectifs fixés par les plans quinquennaux. Le déficit de production d'électricité est estimé à 10 % pour l'ensemble du pays en 2012. le gouvernement prévoit d'augmenter la part du nucléaire dans sa production à 25 % d'ici à 2050, contre 3 % actuellement[4].

Statistiques[modifier | modifier le code]

données en crores pour la roupie, avril-septembre 2004

Note : 1 crore=10 million.

revenu ou consommation de ménage par part de pourcentage

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i CIA, « Inde », The world factbook, (25 février 2011) [En ligne], https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/in.html, (page consultée le 25 février 2011)
  2. a et b Banque Mondiale, Atlas 2008
  3. selon la Commission de planification
  4. a et b Mathilde Golla, « Inde: la panne d'électricité historique était prévisible », Le Figaro,‎ 1er août 2012 (lire en ligne).
  5. Planning Commission, Eleventh Five Year Plan, 2008
  6. a, b, c et d Bertrand Badie, Béatrice Didiot (dir.), L'état du monde 2007, Paris, La Découverte, 2006
  7. a, b, c, d, e et f André Gamblin (dir.), Images économiques du monde 2005
  8. (en)(en) « National Mineral Scenario », Ministry of Mines, Government of India (consulté en 2010-11-19)
  9. a, b et c « Économie de l'Inde », sur Maison des Français de l'étranger (consulté le 2 août 2012)
  10. http://www.mfe.org/index.php/Portails-Pays/Inde/Presentation-du-pays/Economie
  11. Sylvie Kauffmann, « Bangalore souffre d'une pénurie d'ingénieurs et d'informaticiens », dans Le Monde du 11/04/2007, [lire en ligne]
  12. D'après Le Monde du 28 juin 2005

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Joseph Boillot, L'économie de l'Inde, collection Repères, éditions La Découverte 2e édition 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Journaux[modifier | modifier le code]