Économie de l'Angola

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L'économie de l'Angola est en pleine croissance. Après quatre décennies de guerres (Indépendance et civile) ayant réduit le pays à l’état de chaos, la croissance a démarré en trombe à partir de l’année 2002, le taux de croissance économique a crû de 9 % en moyenne entre 2002 et 2008, et les prévisions pour les années 2010–2012 sont très optimistes. De ce fait, l'Angola pourrait devenir la cinquième puissance économique du continent aux années 2020[1].

Le 1er janvier 2007, l'Angola faisait son entrée comme membre de plein droit au sein de l'OPEP.

L'économie en chiffres[modifier | modifier le code]

Dont :

  • Agriculture : 9,2 %
  • Services : 24,6 %
  • Industrie : 65,8 %
  • Croissance annuelle (1991-2001) : 1,6 %
  • Croissance annuelle (2002) : 17,1 %
  • Croissance annuelle (2008) : 13,2 %
  • PIB par habitant (PPA, 2001) : 2 040 dollars. En 2005 ; 3 800 $. En 2009 : 8 800 $[2]
  • Taux d'inflation : 12 % (2008 estimé)[2]
  • Dette extérieure totale : en 2001 9,6 milliards de dollars. En 2005 9,4 milliards de dollars. En 2009 : 7,617 milliards de dollars
  • Importations : 2009 : 17,6 milliards de dollars
  • Exportations :26,8 milliards de dollars (FOB) 2009 : 67,2 milliards de dollars

Commerce international[modifier | modifier le code]

Les principaux partenaires commerciaux de l'Angola sont les États-Unis, la Chine, l'Union européenne, et l'Inde.

En 2004, les exportations ont atteint 10 530 764 911 dollars. La majorité des exportations angolaises sont des produits pétroliers (92 % en 2004). 785 millions de dollars de diamants, soit 7,5 % des exportations, ont été vendus à l'étranger cette même année[3]. Presque tout le pétrole angolais va aux États-Unis (526 kbbl/jour en 2006), faisant de l'Angola le huitième fournisseur des États-Unis. Au premier trimestre 2008, l'Angola est devenu le principal exportateur de pétrole vers la Chine[4]. Les restes des exportations pétrolières allant vers Europe et vers l'Amérique latine[5]. Les sociétés américaines comptent pour plus de la moitié des investissements en Angola, avec notamment Chevron-Texaco. Les États-Unis exportent vers l'Angola des biens industriels et des services, principalement des équipements pétroliers et miniers, des produits chimiques, des avions, et de la nourriture, alors qu'ils importent essentiellement du pétrole.

En 2007, le commerce entre l'Angola et l'Afrique du Sud était supérieur à 300 millions de dollars[6]. Depuis les années 2000 de nombreux Chinois se sont installés pour monter des affaires[7].

Le deuxième investisseur international est le Portugal, avec 100 000 immigrés, derrière la Chine populaire. Sur un plan culturel, le Portugal doit également affronter la compétition du Brésil également lusophone[8]. Pour les trois premiers trimestres de 2010, les échanges commerciaux entre la Chine et l'Angola ont atteint 19,8 milliards de dollars[9]. L'Angola est également le premier partenaire commercial de la Chine populaire sur le continent africain.

La groupe Citic, de Chine populaire construit également la ville nouvelle de Kilamba Kiaxi en périphérie de Luanda qui devrait accueillir 200 000 habitants[10].

Généralités[modifier | modifier le code]

Vente d'ananas entre Huamba et Quilaba

L'économie angolaise est marquée par les années de guerre civile. Elle s'est relancée en 2002. Elle reste une économie pauvre et de structure peu avancée. Le secteur primaire emploie 85 % des actifs pour 8 % des richesses créées. Sept Angolais sur dix vivent sous le seuil de pauvreté, ce qui est symptomatique des efforts encore à effectuer dans ce domaine. Le revenu par habitant demeure l'un des plus faibles au monde. Environ 50 % des actifs sont soit au chômage soit sous-employés.

La croissance est élevée. Celle du PIB s'est élevée à 26 % en 2006[11]. Elle est tirée par le pétrole et le diamant. Pourtant la manne pétrolière n'a pas réussi à tirer l'ensemble du pays de son état de sous-développement. En 2008, les indicateurs montrent que l'Angola possède l'une des plus faibles espérances de vie du continent, un système éducatif très insuffisant et que la fracture entre riches et pauvres ne fait que s'agrandir[12].

L'Angola possède également des gisements d'or, de fer, de phosphates, de feldspath, de bauxite et d'uranium. Il compte de vastes forêts, des usines de pêche et des terres arables, ou sont cultivés le coton, le café et le sisal. À l'approche des élections législatives de septembre 2008, le gouvernement a multiplié les annonces de grands projets : travaux adduction d'eau, nouvelle flottille de pêche mais les avis sont divisés sur l'avenir de ces programmes ambitieux[12].

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Le port de Lobito

La densité du réseau de transports angolais est très faible. On dénombre seulement 2 761 kilomètres de voies ferrées et 51 429 kilomètres de routes. Le développement de l'exploitation du pétrole a entraîné des efforts pour la construction d'oléoducs, dont la longueur totale était de 893 kilomètres en 2004. Les gazoducs, quant à eux, avaient une longueur totale de 214 kilomètres. Enfin, le pays comptait 243 aéroports en 2004 (soit un pour 5 130 km²) mais dont trente-deux seulement étaient équipés d'une piste goudronnée (soit un pour 38 959 km²). Quatre ports importants se trouvent sur le territoire angolais: Luanda, Soyo, Lobito et Cabinda (qui constitue une enclave angolaise entre les deux Congos, République du Congo et République démocratique du Congo). Le barrage de Kapanda devrait fournir la majorité de l'électricité du pays.

En 2004, l'Eximbank chinoise a approuvé une ligne de crédit de 2 milliards de dollars pour l'Angola. Le prêt est utilisé pour reconstruire diverses infrastructures du pays. Ce prêt a également limité l'influence du Fonds Monétaire International dans le pays.

Le pétrole[modifier | modifier le code]

Siège de Sonangol à Luanda

Grâce à une importante croissance de l'extraction pétrolière, et à la paix civile enfin retrouvée depuis 2002, l'économie angolaise est devenue l'une des plus dynamiques d'Afrique.

Autrefois exploités par les entreprises françaises et américaines, les gisements pétrolifères seraient maintenant majoritairement gérés par les entreprises chinoises. Au mois d'août 2011, la société pétrolière Total a annoncé le début d'exploitation du champ pétrolier géant en eaux profondes (entre 600 et 1 200 mètres sous le niveau de la mer) de Pazflor. Ce gisement doit fournir dans les mois qui viennent 220 000 barils de pétrole par jour. Pazflor serait le plus gros chantier en cours du groupe pétrolier français[13].

La croissance du pays est presque entièrement portée par la production croissante de pétrole qui a dépassé 1,4 million de barils quotidiens à la fin de l'année 2005 (70 millions de tonnes par an), et que l'on prévoit être de 2 millions de barils en 2007 (100 millions de tonnes par an).

Le contrôle de l'industrie pétrolière est exercé par la Sonangol, un conglomérat possédé par le gouvernement angolais.

Le 1er janvier 2007, l'Angola a fait son entrée comme membre de plein droit au sein de l'OPEP.

Pour 2011, l'Angola prévoit une production de 2,5 millions de barils par jour soit 125 millions de tonnes par an, ce qui placerait le pays parmi les poids-lourds de l'extraction pétrolière mondiale. Il est la troisième puissance pétrolière d'Afrique. Avec des réserves récupérables estimées à 9 milliards de barils, l'or noir angolais n'est pas près de se tarir.

La plupart des Occidentaux présents en Angola ont d'abord été recrutés pour travailler dans le pétrole, une industrie qui représente 40 % du PIB et 96 % des exportations nationales. Sur la dizaine de milliards de dollars d'investissements directs étrangers (IDE) qui ont inondé l'Angola depuis 2002, la majeure partie a d'ailleurs été injectée dans ce secteur[14].

Les hydrocarbures en 2008[modifier | modifier le code]

  • Réserves de pétrole prouvées : 9 milliards de barils
  • Extraction de pétrole : 1,91 million de barils par jour en 2008
  • Consommation intérieure de pétrole : 56 040 barils par jour en 2008 - le reste peut être exporté.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. source: Banque mondiale 2008
  2. a, b et c (en) Angola - CIA - The World Factbook
  3. 99.4% of Angola's exports are oil, diamonds Afrol News
  4. Angola Overtakes Saudi Arabia as Biggest Oil Supplier to China Bloomberg
  5. (en) Angola - Energy Information Administration [PDF]
  6. Angola-South Africa trade worth over US$ 300 million per year MacauHub
  7. (en) Chinese karaoke fans sing Angola's praises - BBC News, 2 octobre 2010
  8. Les Portugais réinvestissent Luanda - Jeune Afrique, 2 février 2010
  9. Angola/Chine : nouveau record commercial - Les Afriques, 23 novembre 2010
  10. Le vice-président chinois signe des accords de coopération en Angola - La Tribune de Genève, 19 novembre 2010
  11. Bilan du monde de l'année 2007 Le Monde Hors-série de janvier 2008.
  12. a et b Courrier International, 5 septembre 2008, « ANGOLA • Un régime qui n’a rien de démocratique »
  13. « Total démarre l'exploitation d'un champ pétrolier géant en eaux profondes en Angola », Le Monde, 26 août 2011.
  14. GEO no 403 de septembre 2012 p. 117

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Tony Hodges, Angola : anatomy of an oil State, Fridtjof Nansen Institute, James Currey, Oxford ; Indiana University Press, Bloomington, 2004 (2e éd.), 236 p. (ISBN 0-2532-1466-1)
  • (en) Kristin Reed, Crude existence : environment and the politics of oil in Northern Angola, University of California Press, Berkeley, 2009, 323 p. (ISBN 978-0-5202-5822-8)
  • (fr) « Angola », in Bilan Économie 2010. L'atlas de 179 pays, hors-série Le Monde, p. 105
  • (fr) « Angola : Le MPLA peine à changer son image », in L'État de l'Afrique 2010, hors-série Jeune Afrique no 24, p. 152-153
  • (fr) Dominique Marcos Pires, Angola, Ambassade de France, Mission économique de Luanda, Ubifrance, Paris, 2009, 176 p., coll. « L'essentiel d'un marché » (ISBN 978-2-2794-1705-5)
  • (pt) Fátima Roque, Pedro Pita Barros, Ana Maria Neto (et al.), Economia de Angola, Bertrand Editora, Venda Nova (Portugal), 1991, 335 p. (ISBN 978-9-7225-0553-6)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]