Économie de l'Afrique

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IDH des différents états membres des Nations unies en 2014.
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  •      0.400–0.449
  •      0.350–0.399
  •      0.300–0.349
  •      Données indisponibles

L’Afrique est le continent le plus pauvre du monde. La situation économique du continent progresse cependant rapidement, et la Banque mondiale estime que la plupart des économies africaines sont susceptible de rejoindre la catégorie des pays à revenu intermédiaire avant 2025[1].

Le Nigeria[2],[3], l’Afrique du Sud et et les pays du Maghreb sont plus prospères que les pays de l'Afrique centrale et l'Afrique de l'Ouest. Les disparités régionales sont si importantes que l'Afrique subsaharienne et le Maghreb sont souvent analysés séparément.

Le continent est riche en ressources naturelles, mais celles-ci ne suffisent pas à tirer une population toujours en croissance de la pauvreté. Le secteur des services représente la plus grande part du PIB avec 44,7 %, suivi de l'industrie (41,5 %) et de l'agriculture (13,8 %). En 2006, les secteurs industriel et agricole on enregistré la plus forte croissance avec respectivement 5,7 et 5 %.[réf. nécessaire]

Le cadre institutionnel est instable dans la plupart des pays et présente un obstacle au développement économique[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant l’Empire romain, l’Égypte antique était l’une des civilisations les plus prospères et les plus avancées du monde. Le port d’Alexandrie, fondé par Alexandre le Grand en -334, fut un centre névralgique du commerce en Méditerranée pendant plusieurs siècles[réf. souhaitée].

Les conditions étaient différentes au sud du Sahara, où la densité des forêts et les déserts formaient autant d’obstacles au commerce. Seuls la Nubie, l’Éthiopie, le Mali et l’empire du Ghana disposaient de voies de communication vers le bassin méditerranéen et le Moyen-Orient.

Tout au long du premier millénaire, le royaume d'Aksoum domina la corne de l'Afrique. Il disposait d’une marine et commerçait avec l’Empire byzantin, l’Inde et peut-être la Chine. L’introduction du chameau par les Arabes au Xe siècle rendit possible la traversée du Sahara. Les revenus tirés de l’or et du sel permit l’émergence de nombreux empires puissants à l’ouest du Sahel, dont le Ghana, le Mali et le royaume du Kanem-Bornou. Les Arabes développèrent également le commerce maritime le long de la côte orientale, où la civilisation swahili prospéra en exportant de l’ivoire et des esclaves à travers l’océan Indien. Plus au sud, les traces d’empires ou de royaumes commerçants sont nettement plus rares, exception faite du Grand Zimbabwe et, dans la région des Grands Lacs, le Rwanda, le Burundi et le Buganda.

Au XVe siècle, les marchands portugais s’affranchirent des routes du Sahara pour joindre directement la Guinée par la mer. D’autres nations européennes suivirent et l’Afrique de l’Ouest s’enrichit rapidement. C’est à cette époque qu’apparurent le royaume du Benin, le Dahomey et la confédération Ashanti. Des fédérations décentralisées de villes-États étaient alors courantes, telles celles des Yoruba et des Haoussa. Basée principalement sur le commerce d’esclaves avec l’Europe, cette prospérité s’effondra avec l’abolition de l’esclavage dans les colonies d’Amérique.

La colonisation du continent africain par les pays d'Europe occidentale a eu un impact important, toujours débattu, sur le développement de l'économie africaine.

PIB et croissance économique[modifier | modifier le code]

Produit intérieur brut[modifier | modifier le code]

Le produit intérieur brut (PIB) global de l'Afrique est de 2 513 milliards de dollars américains en 2013[4] (en dollars constants 2004, et utilisant les taux de change officiels des monnaies de l'année 2000), soit 4.45 % du PIB mondial (contre 2,62 % en 2008). Cela correspond environ au PIB de la France ou du Brésil pour la même année. Toutefois cette comparaison a des limites, car le PIB des pays africains est fortement sous-estimé[5] : une quarantaine de pays du continent n'ont pas mis à jour leurs outils statistiques depuis quinze à vingt ans[6].

En 2013, toujours selon les taux de change officiels, le pays ayant le plus gros PIB du continent est le Nigeria avec 594,257 milliards de dollars et le pays ayant le plus gros PIB par habitant est la Guinée équatoriale.

En 2013, la Libye est le pays le plus développé d'Afrique si on se réfère au classement IDH (Indice de développement humain) établi par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Population et PIB par habitant[modifier | modifier le code]

Le PIB par habitant y est en moyenne de 3 461 $ (ajustés pour assurer la parité des pouvoirs d'achat). alors que la moyenne mondiale se situe à 14 402 $ par habitant[7].

Le taux de croissance de la population africaine est le plus élevé au monde, à 24,2 % en moyenne en 2015[8]. Cette croissance est particulièrement forte en Afrique de l'Est, de l'Ouest et Centrale, où sont les pays les moins développés. D'après les projections, la croissance économique africaine continuera à être accompagnée d'une croissance démographique forte[9], ce qui est à la fois un facteur de croissance du PIB mais constitue un obstacle pour le PIB par habitant.

Croissance économique[modifier | modifier le code]

La croissance économique africaine s'est située à 3,79% par an en moyenne sur la période 2008-2012[10], et a été supérieure à la croissance mondiale depuis lors[11].

Derrière cette moyenne se cachent des disparités importantes : les pays exportateurs d'hydrocarbures ont progressé plus vite que les autres, à la suite de la hausse des cours du pétrole ; d’autres ont régressé, et particulièrement le Zimbabwe, qui a connu une crise grave. Les pays exportateurs de pétrole ont enregistré un excédent budgétaire de 5,3 % du PIB tandis que les pays importateurs affichent un déficit de 1,2 %, la moyenne continentale étant de 1,7 %[12]. L'inflation fut de 7 % en moyenne entre 2002 et 2007. En 2007, 60 % des pays d'Afrique ont connu un taux d'inflation égal ou supérieur à 5 %[13].

Ressources naturelles[modifier | modifier le code]

Les "termes de l'échange"[modifier | modifier le code]

L'économie africaine a historiquement été l'objet de convoitise pour ses ressources naturelles, et plus récemment dépendante du cours des matières premières et sujette aux fluctuations des "termes de l'échange". Les combustibles représentent aujourd'hui 63% des exportations africaines vers le reste du monde, les minerais 10% et seulement 2% pour les matières premières agricoles[11].

Le continent connait une tertiairisation importante, et ne compte pas seulement sur les industries extractives pour créer de la richesse[14].

Minerais[modifier | modifier le code]

L'Afrique est réputée avoir un sous-sol extrêmement riche. Elle possède environ 30 % des réserves mondiales en minerais dont 40 % des réserves en or, 60 % du cobalt et 90 % du platine[15].

Ces ressources sont cependant concentrées dans quelques régions (or et diamants en Afrique du Sud, cuivre en République démocratique du Congo et en Zambie).

Sources d'énergie[modifier | modifier le code]

[Passage à actualiser]

Principaux producteurs d'agents énergétiques
Agent énergétique Pays producteur Part
Charbon Afrique du Sud
Zimbabwe
96,9 %
2,2 %
Pétrole Nigéria
Libye
Algérie
Égypte
Angola
Gabon
République du Congo
Guinée
28,4 %
19,4 %
15,1 %
11,4 %
11,0 %
4,8 %
4,2 %
3,3 %
Gaz naturel Algérie
Égypte
Libye
Nigeria
74,5 %
12,2 %
5,3 %
5,2 %
Uranium Niger
Maroc
Afrique du Sud
Gabon
Namibie
42,7 %
39,4 %
13,6 %
4,3 %
Source: Macmillian Secondary Atlas for Africa, 2004, p. 52.


Pétrole[modifier | modifier le code]

Réserves[modifier | modifier le code]

En 2013, l'Afrique possèderait 7.7% des réserves pétrolières mondiales prouvées[16], soit 130.3 millions de barils.

Ces réserves sont concentrées sur 2 pays en particuliers: la Libye et le Nigeria. La Libye arrive en tête avec 2.9% des réserves mondiales, le Nigeria possèderait 2.2%.

Production[modifier | modifier le code]

En 2013 l'Afrique compte pour 10.1% de la production mondiale de barils de pétroles, soit 8.8 millions de barils par jour. Cette production émane principalement du Nigeria (2.3 millions de barils par jour), de l'Angola (1.8) et de l'Algérie (1.6).

Exportations[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre froide, plusieurs pays européens dont la France, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et l'Italie se tournèrent vers l'Afrique pour s'approvisionner en pétrole afin de contourner la priorité dont bénéficiaient les États-Unis au Moyen-Orient. Après une baisse significative de la demande dans les années 1990, le continent attire à nouveau l'attention des pays industrialisés pour satisfaire leurs besoins croissants en hydrocarbures[17].

En 2012 l'Afrique exportait pour 245 milliards de dollars de produits pétroliers, soit 19% des exportations mondiales en valeur[18].

Principaux exportateurs africains de produits pétroliers (2012)
Pays Valeur en milliards de dollars Pourcentage des exportations africaines (en %)
Nigéria 87.8 36
Angola 46.3 19
Libye 43.2 18
Algérie 31.4 13

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Les principales réserves africaines en gaz naturel sont situées au Nigeria et en Algérie, avec respectivement 2,45 % et 2,16 % des réserves mondiales. L'Algérie est le premier producteur, bien devant le Nigeria.

Charbon[modifier | modifier le code]

L'Afrique du Sud est le seul pays d'Afrique avec une production de charbon importante, la situant en 7ème position mondiale.

Uranium[modifier | modifier le code]

L'Afrique possède environ 21% des réserves mondiales en uranium. Les ressources se situent au Niger (7 % des ressources mondiales), en Namibie (6 %), Afrique du Sud (6 %), en Tanzanie (1 %) et Botswana (1%)[19].

Le principal producteur est le Niger, 4ème producteur mondial avec 4 528 tonnes en 2013. La Namibie est 5ème avec 4 315 tonnes. Le Malawi a produit 1 132 tonnes.

Thorium[modifier | modifier le code]

L'Afrique possède environ 10% des réserves mondiales en thorium. Les ressources se situent en Égypte et en Afrique du Sud[19].

Agriculture[modifier | modifier le code]

Le secteur agricole emploie toujours la majorité des Africains (62% en 2012[11]) et reste un secteur peu productif. Le continent présente ainsi le plus grand écart de rendement de la planète : quand les producteurs céréaliers aux États-Unis, en Chine et dans les pays de la zone euro obtiennent quelques 6 t de céréales par hectare, les paysans d’Afrique subsaharienne n’en produisent que 1 t en moyenne[20].

L'Afrique possède 16,5 % des terres arables mondiales, pour 16 % de la population[21].

Production industrielle[modifier | modifier le code]

L'industrie n'a jusqu'ici contribué que de manière modeste à la croissance africaine. L'Afrique ne représente donc encore qu'un très faible pourcentage de la valeur ajoutée manufacturière mondiale (VAM) et des exportations manufacturières mondiales : 1,1 pour cent et 1,3 percent respectivement pour 2008[22].

Le manque de capacité industrielle concerne les produits manufacturés à forte valeur ajoutée comme ceux à faible valeur ajoutée.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Transport[modifier | modifier le code]

Routes, chemins de fer et aéroports

Transport routier[modifier | modifier le code]

L'Afrique dispose d'environ 2 millions de kilomètres de routes, dont 27,6 % sont goudronnés. La densité et la distribution du réseau routier sont faibles, avec respectivement 12 kilomètres par km2 et 2,71 km par habitant. Le trafic routier représente 90 % des transports interurbains[23].

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

Le réseau ferroviaire compte 89'380 km de rail, soit 2,96 km pour 1000 km2[23].

Transport maritime[modifier | modifier le code]

L'Afrique n'étant connectée aux autres continent que par la péninsule du Sinaï, les échanges internationaux de l'Afrique se font par voie maritime à 97 %. Les bateaux servent principalement à expédier les matières premières produites sur place hors d'Afrique.
Le tonnage est passé de 7,3 millions de tonnes en 1990 à 6,1 mio en 1999, soit 0,8 % du total mondial, qui a augmenté dans la même période de 618,4 à 799 mio de tonnes. Seuls les porte-conteneurs ont vu leur part augmenter pour atteindre 15 % du marché mondial en 1997. Leur âge moyen (11 ans) est également plus proche de la flotte mondiale (10 ans), alors que le reste de la flotte marchande est âgé en moyenne de 19 ans (moyenne mondiale: 14 ans)[23]. Le Libéria représente à lui seul 94,4 % du tonnage de port en lourd[24].

Transport aérien[modifier | modifier le code]

L'Afrique compte pour 1 % du trafic aérien mondial. Sur 286 plus grands aéroports ou terrains d’aviation africains inclus dans le rapport d’agrément et de restriction des terrains d’aviation de mai 2000 du Air Mobility Command, 84 % seulement des aéroports militaires recensés les plus importants peuvent soutenir des opérations de avions-cargos C-130 et moins de 65 % des C-17. Les taux de remplissage pour le transport de personnes et de marchandises sont inférieurs de 12 et 20 % à la moyenne mondiale. La déclaration de Yamoussoukro adoptée en 1999 par la Conférence des chefs d'État et de gouvernement a accéléré la libéralisation du marché et les réformes de la gestion des aéroports[23].

Télécommunications[modifier | modifier le code]

La population africaine a accès à 3,21 lignes téléphoniques fixes et 28,44 téléphones cellulaires en moyenne pour 100 habitants[réf. souhaitée]. On retrouve aux extrêmes :

De manière générale, le réseau mobile est mieux développé et plus performant que le réseau filaire, en mauvais état et coûteux à l'entretien.

Le nombre total d'usagers du téléphone mobile a été multiplié par 40 entre 2000 et 2007 pour atteindre 274 millions d'abonnés et un taux de pénétration de 28 %[réf. souhaitée].

Chiffre provenant de l'Union internationale des télécommunications, 2007

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

L'électricité produite en Afrique est essentiellement d'origine thermique (80,2 %), suivie par l'hydroélectricité (16,3 %) et le nucléaire (3,5 %)[25]. La biomasse constitue la plus grande partie de la consommation énergétique des ménages, principalement comme combustible de cuisine, pour la quasi-totalité des pays d'Afrique subsaharienne[26].

Les barrages africains produisent environ 87 TWh d'électricité par année. La capacité totale du continent est estimée à plus de 1 000 TWh/an[27].

Les coupures d'électricité sont un obstacle chronique au développement du continent[28].

Unions économiques régionales[modifier | modifier le code]

Communautés économiques régionales
  •      CEN-SAD
  •      COMESA
  •      EAC
  •      ECCAS
  •      ECOWAS
  •      IGAD
  •      SADC
  •      UMA

Au niveau continental, la Communauté Économique Africaine (AEC) vise à améliorer l'intégration économique en promouvant le commerce intra-régional, et à diversifier les sources de revenu. Fondée en 1991 et entrée en vigueur en 1994, elle repose sur sept organisations principales :

Elle repose aussi sur 7 communautés plus locales :

L'agenda de la CEA est jalonné de six étapes jusqu'en 2028, allant du renforcement des communautés régionales existantes à la réalisation d'une union économique et monétaire africaine, ainsi qu'à la création d'un parlement panafricain. Les objectifs tardent cependant à être atteints et ne sont que mal intégrés aux plans nationaux de développement. Le commerce reste principalement tourné vers les pays développés, en particulier vers l'Union européenne[29].

Commerce[modifier | modifier le code]

Commerce de marchandises[modifier | modifier le code]

[Passage à actualiser]

Exportations africaines par secteur en 2004.

En 2007, l'Afrique a exporté pour 422 milliards de dollars de marchandises, soit une augmentation de 16 % depuis 2000. Parallèlement, elle a importé pour 355 milliards (+ 15 % depuis 2000). Les pays exportateurs de pétrole comptent pour 58,5 % des exportations et 27,3 % des importations[30].

Les produits primaires représentent en moyenne 80 % des exportations des pays africains; à l'inverse, les importations concernent en majorité des produits manufacturés. Les pays d'Afrique commercent essentiellement en dehors du continent (Europe, Asie et Amérique du Nord) tant pour les importations que pour les exportations. Les volontés de diversification de la production et des échanges se heurtent à l'étroitesse des marchés locaux et régionaux ainsi qu'au faible pouvoir d'achat de la population[31].

Les échanges avec l'Asie s'intensifient dans les deux sens depuis 2000. Entre 2000 et 2005, les exportations vers la Chine ont quadruplé pour atteindre 19,5 milliards de dollars et 7 % des exportations totales, pour 14,9 milliards d'importations (6 %). La Chine est maintenant le troisième partenaire commercial du continent derrière les États-Unis et l'Union européenne. Le Nigéria est le principal partenaire africain de l'Inde, le pétrole représentant la quasi-totalité de ses exportations (96 %) vers ce pays. La demande chinoise en coton a fait croître les exportations des producteurs de 41 %, augmentant leur PIB de 1,1 %[32].

Les pays d'Afrique importent d'Asie essentiellement des produits manufacturés, mais aussi du riz et des céréales depuis l'Inde. La Chine exporte des produits électroniques et des articles de maison bon marché[32].

Commerce de services[modifier | modifier le code]

Le commerce de service a rapporté 84 milliards de dollars en 2007, dont 21,4 % pour l'Égypte et 15,4 % pour l'Afrique du Sud. Les importations, augmentant dans les mêmes proportions, se montèrent à 97 milliards[33].

La valeur des exportations totales de services commerciaux de l’Afrique à destination du monde a plus que doublé de 2004 à 2014[11].

Investissements étrangers[modifier | modifier le code]

Investissements étrangers entrants[modifier | modifier le code]

Depuis 2007, les besoins en financement de l'Afrique (soit la différence entre l'épargne et l'investissement) est passé de 0 à 6% du PIB[11].

D'après la CNUCED, l'Afrique a attiré plus de 57 milliards de dollars d'investissements étrangers directs (IDE) en 2013[34]. Le continent africain a cependant attiré de moins en moins d'investissements directs depuis 1970, délaissé pour d'autres destinations. La part des IDE en Afrique ont chuté depuis 1970 avant de remonter depuis les années 2000, mais sans toutefois retrouver les niveaux des années 70. L'Afrique accueillait 9% des investissements directs à l'étranger en 1970, contre seulement 4% en 2013.

Les IDE ont souvent pris la direction des pays nord-africains, et connaissent un rééquilibrage récent[35].

Les terres africaines constituent un un grand potentiel agricole inexploité, qui conduit à de nombreux investissements étrangers dans les terres arables. Les pays africains accueillent près de 55% de ces investissements[36]. Le Soudan du Sud, la République Démocratique du Congo, le Mozambique et le Congo sont les principales cibles[37].

Investissements en provenance de la Chine[modifier | modifier le code]

La République populaire de Chine connaît des relations commerciales florissantes avec le continent africain, et est dorénavant responsable de 4.2 % des IDE[38], soit 2.5 milliards de dollars sur un total de 59.3 en 2012.

Le premier pays ayant reçu des investissements chinois est le Soudan : pétrole en 1994, banque en 2000[39]. En 2005, on comptait officiellement 820 entreprises chinoises[40] installées en Afrique. Les investissements chinois ont fortement augmenté au point de dépasser ceux consacrés à l'Asie du Sud-Est. Les échanges commerciaux se montent à 29 milliards d'euros[40]. La compagnie chinoise Sinopec cherche du pétrole au Gabon. Le 3 novembre 2006 a lieu le Forum sino-africain de Pékin qui réunit les chefs d'État du continent noir. La Chine est devenue le deuxième partenaire commercial de l'Afrique, avec 39,7 milliards de dollars en 2005[41].

Le continent africain compte officiellement 130 000 Chinois installés (2006)[39] et représente pour la Chine une immense source de matières premières et d'énergie, ainsi qu'un marché pour ses produits.

Investissements étrangers sortants[modifier | modifier le code]

La part des investissements à l'étranger en provenance de l'Afrique reste négligeable, à environ 12 milliards de dollars en 2013, soit seulement 0.9% du total[34].

Dette[modifier | modifier le code]

De nombreux États africains connaissent un profond déséquilibre budgétaire, lequel a conduit à un aggravement de la dette publique. La dette est un probléme qui touche inégalement les pays africains. Les pays africains importateurs de pétrole ont eu un ratio dette/PIB plus élevé (35,1 %) que les pays exportateurs de pétrole du continent (8,5 %) en 2013. Les pays exportateurs de pétrole sont en moyenne moins endettés que les importateurs, les pays de l'Afrique de l'Est et de australe sont plus endettés que le reste. Les pays de l'Afrique occidentale sont les moins endettés[11].

Le problème de la dette africaine a parfois conduit à des interventions du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM).

Il est régulièrement procédé à des annulations de dettes, de manière bilatérale entre les pays créditeur et débiteur, ou bien multilatérale sous l'égide de l'initiative pour l’allègement de la dette au titre de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE)[42].

Statistiques[modifier | modifier le code]

La dette extérieure totale est de 255 milliards de dollars. Les accords d'allègement de la dette ont ramené la dette publique de 205,7 milliards en 1999 à 114,5 milliards en 2008. La dette privée est quant à elle passée de 92,4 à 110,2 milliards[43].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « En dépit du ralentissement économique mondial, les économies d’Afrique connaissent une robuste croissance. La Banque mondiale encourage ces pays à dépenser judicieusement les recettes de leurs nouvelles ressources pétrolières, gazières et minières », Banque mondiale,‎ (consulté le 3 mai 2015)
  2. « Le Nigeria désormais numéro un en Afrique : si grand et si fragile », sur rue89.nouvelobs.com (consulté le 3 mai 2015)
  3. (en) « Africa’s new Number One », The Economist,‎ (ISSN 0013-0613, lire en ligne)
  4. (en) « GDP Report for Selected Countries », sur www.imf.org (consulté le 3 mai 2015)
  5. L'Afrique va mieux qu'on ne le pense
  6. Le Nigeria, champion d'Afrique
  7. « GDP per capita, PPP (current international $) | Data | Table », sur data.worldbank.org (consulté le 3 mai 2015)
  8. « Tous les pays du monde - Les chiffres - Ined - Institut national d’études démographiques », sur www.ined.fr (consulté le 5 mai 2015)
  9. « L'Afrique concentrera presque toute la progression démographique mondiale », sur lesechos.fr (consulté le 5 mai 2015)
  10. « Rapport 2014 - Le développement économique en Afrique », sur http://unctad.org/,‎ 2014 (ISBN 978-92-1-212404-9)
  11. a, b, c, d, e et f « Nations Unies - Rapport économique sur l'Afrique 2014 » (ISBN 978-92-1-225063-2)
  12. Commission économique pour l'Afrique, Rapport économique sur l'Afrique 2008, p. 4-5.
  13. Commission économique pour l'Afrique, Rapport économique sur l'Afrique 2008, p. 5.
  14. (en) « Why Africa is becoming less dependent on commodities », The Economist,‎ jan 11th 2015, 23:50 (ISSN 0013-0613, lire en ligne)
  15. PNUE, Africa: Atlas of Our Changing Environment, chapitre 1.
  16. « BP - Historical data 1965-2013 », sur www.bp.com (consulté le 3 mai 2015)
  17. Stephen Smith, Atlas de l'Afrique, Éditions Autrement, p. 62-63
  18. « Who exported Petroleum oils, crude in 2012? | The Atlas Of Economic Complexity », sur atlas.cid.harvard.edu (consulté le 3 mai 2015)
  19. a, b, c, d, e et f (en) « Uranium 2014: Resources, Production and Demand (OCDE) », sur www.oecd-nea.org,‎ 2014
  20. « Les sols fertiles d'Afrique peuvent-ils nourrir la planète ? - National Geographic » (consulté le 5 mai 2015)
  21. (en) « The World Bank DataBank | Explore . Create . Share », sur databank.worldbank.org (consulté le 5 mai 2015)
  22. « Promouvoir le développement industriel de l'Afrique dans le nouvel environnement mondial : les politiques à adopter | International Centre for Trade and Sustainable Development », sur www.ictsd.org (consulté le 5 mai 2015)
  23. a, b, c et d Commission économique pour l'Afrique, État de l'intégration régionale en Afrique, 2004, p. 147 ss.
  24. Conférence des Nations unies sur commerce et le développement, Étude sur les transports maritimes 2006, p. 112.
  25. Macmillian Secondary Atlas for Africa, 2004, p. 52.
  26. Bertrand Barré, Atlas des énergies, Éditions Autrement, p. 45.
  27. Bertrand Barré, Atlas des énergies, Éditions Autrement, p. 48.
  28. (en) « Lighting a dark continent », The Economist,‎ sep 27th 2014 (ISSN 0013-0613, lire en ligne)
  29. Commission économique pour l'Afrique, État de l'intégration régionale en Afrique, 2004, p. 34-35.
  30. Organisation mondiale du commerce, World Trade Report 2008, p. 11.
  31. Commission économique pour l'Afrique, État de l'intégration régionale en Afrique, 2004, p. 87-88.
  32. a et b Commission économique pour l'Afrique, Rapport économique 2008, p. 37.
  33. Organisation mondiale du commerce, World Trade Report 2008, p. 12.
  34. a et b « Inward and outward foreign direct investment flows, annual, 1970-2013 Table summary (opens new window) - UNCTADSTAT », sur unctadstat.unctad.org (consulté le 3 mai 2015)
  35. (en) « A hopeful continent », The Economist,‎ mar 2nd 2013 (ISSN 0013-0613, lire en ligne)
  36. (en) « Agricultural drivers - LAND MATRIX », sur www.landmatrix.org (consulté le 5 mai 2015)
  37. (en) « Web of transnational deals - LAND MATRIX », sur www.landmatrix.org (consulté le 5 mai 2015)
  38. (en) « One among many », The Economist,‎ jan 17th 2015 (ISSN 0013-0613, lire en ligne)
  39. a et b Pierre-Antoine Braud, « Afrique, nouvel horizon chinois », dans Le Monde du 10-12-2006, [lire en ligne], consulté le 25-03-2009
  40. a et b Nathalie Funès, « Les Chinois à la conquête de l'Afrique » dans Le Nouvel Observateur, web, semaine du jeudi 11 mai 2006 - n°2166
  41. Jean-Jacques Mével, « En Afrique, les Chinois bousculent la France » dans Le Figaro du 26/10/2006, [lire en ligne]
  42. « Fiche technique : Allégement de la dette au titre de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) », sur www.imf.org (consulté le 4 mai 2015)
  43. Commission économique pour l'Afrique, Rapport économique sur l'Afrique 2008, p. 7.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Faujas, « L'Afrique renoue avec une croissance forte », Le Monde, 18 mai 2006.
  • « Afrique : les chemins de la croissance » dans Problèmes économiques, La Documentation française, n° 2.906, 13 septembre 2006.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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