Économie de Sao Tomé-et-Principe

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Un potentiel touristique prometteur

L'économie de Sao Tomé-et-Principe est celle d'une petit pays insulaire d'Afrique centrale, ancienne colonie portugaise, que les principaux indicateurs situent parmi les moins développés de la planète et dont la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté[1]. L'archipel de Sao Tomé-et-Principe tire traditionnellement l'essentiel de ses ressources de l'agriculture, et notamment de la production de cacao – ce qui lui a valu le surnom d'« île Chocolat »[2] –, mais fonde de nouveaux espoirs sur l'exploitation des hydrocarbures et le tourisme.

Principaux indicateurs[modifier | modifier le code]

Indépendant depuis 1975, le pays reste tributaire à 75 % de l'aide internationale[3]. Très endetté, le pays a bénéficié en 2007 d'une série de mesures qui lui ont apporté une véritable bouffée d'oxygène. Dans le cadre de l'Initiative pays pauvres très endettés (PPTE), le 16 mars 2007 a vu l'annulation de 91 % de la dette extérieure envers les bailleurs de fonds multilatéraux – tels que le FMI, la Banque mondiale (BM) ou la Banque africaine de développement (BAD) –, pour un montant d'environ 350 millions de dollars. Peu après, le Club de Paris annulait à son tour la quasi-totalité de la dette bilatérale, soit 24 millions de dollars[4].

En 2007 le pays se situait au 123e rang sur 177 du classement selon l'indice de développement humain (IDH) du PNUD, avec un PIB par habitant s'élevant à 780 dollars[4]. En 2008 Sao Tomé-et-Principe se classe 128e sur 179 pour le même indice et figure au 176e rang sur 181 au classement Doing Business 2009 de la Banque mondiale[1].

Avec un déficit chronique de la balance commerciale, le pays reste dépendant des importations et s'expose au risque inflationniste. L'inflation était de 21,4 % en 2007[4], elle a atteint 24 % en 2008[1]. Néanmoins, en 2009, le taux a été ramené à 17,1 %, notamment par une politique budgétaire et monétaire rigoureuse. Grâce à un accord avec le Portugal, le gouvernement prépare pour 2010 l'arrimage à l'euro de la monnaie nationale, le dobra[5], et espère faire reculer encore l'inflation.

Le pays importe surtout des denrées alimentaires, le cacao représente 90 % des exportations[3], avec quelque 4 000 tonnes par an[4] – ce qui reste modeste par rapport à la production mondiale.

Les habitants de l'archipel sont depuis longtemps tentés par l'émigration en raison des difficultés économiques aggravées par la crise mondiale et l'instabilité politique[6].

Secteurs[modifier | modifier le code]

Agriculture, élevage, pêche[modifier | modifier le code]

Le secteur primaire, qui fait vivre 65 % de la population, représentait 16,1 % du PIB en 2008[3].

Pêcheurs de Sao Tomé

Le relief volcanique, un climat équatorial et une végétation étagée selon l'altitude ont favorisé le développement d'une agriculture forestière de plantation[6]. Arrivés à la fin du XVe siècle, les colons portugais ont fait venir des esclaves d'Angola pour les employer dans les plantations de canne à sucre et Sao Tomé est devenu le centre du commerce portugais dans la région. Après l'abolition de l'esclavage en 1876, le café et le cacao ont peu à peu remplacé la canne à sucre et Sao Tomé a connu un développement rapide[6].

Aujourd'hui Sao Tomé-et-Principe produit principalement des noix de coco, des graines de palme, des bananes, du cacao, du maïs, du manioc, ainsi que du bois[3].

Le cheptel est surtout constitué de caprins et d'ovins, également de bovins et de porcins[3].

4 000 tonnes de poisson ont été produites en 2007[3].

Industries et énergie[modifier | modifier le code]

En 2008 les activités industrielles représentaient 14 % du PIB. Sao Tomé-et-Principe produit des huiles de palme, de palmiste, du coprah, de la bière, du savon[3]. Une partie de la population est également employée dans le secteur du BTP et dans la production d'électricité.

Sao Tomé-et-Principe fonde de nombreux espoirs sur la découverte de pétrole dans ses eaux territoriales[7]. Les réserves de ces gisements offshore, les uns proches du Nigeria, les autres du Gabon, ont d'abord été estimées à 11 milliards de barils. Mais ces chiffres ont été revus à la baisse et on parle plutôt désormais de 2 milliards – néanmoins l'équivalent de celles de Dubaï[1]. Des explorations sont en cours, mais début 2010 la production n'avait pas commencé. Des soupçons de corruption ayant pesé sur les négociations, le pays s'est porté candidat à l'Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE).

Communications et services[modifier | modifier le code]

Marché principal de São Tomé

Le secteur tertiaire représentait 69,9 % du PIB en 2008[3].

Le port actuel de Sao Tomé est insuffisamment équipé, mais la décision de la construction d'un port en eaux profondes a été arrêtée[8]. Cette nouvelle infrastructure permettra de limiter considérablement le coût de manutention des conteneurs sur l’archipel, alors qu'actuellement les navires doivent charger et décharger leurs cargaisons en off shore, grâce à des péniches.

L'île de Sao Tomé est dotée d'un aéroport international, Aeroporto Internacional de São Tomé (code IATA : TMS) et d'un second aéroport dans le sud de l'île, l'Aéroport de Porto Alegre (PGP). L'île de Principe est également équipée, avec l'Aéroport de Principe (PCP), situé à Santo Antonio.

Les infrastructures touristiques ont été améliorées ces dernières années. La Libye notamment a investi massivement dans l'hôtellerie, devenant ainsi l'un des principaux partenaires de l'archipel[5].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (fr) « São Tomé e Príncipe : Un bilan "défaillant" », in L'État de l'Afrique 2009, Jeune Afrique, hors-série no 218, p. 149
  2. (Bienvenue sur l'île Chocolat)
  3. a, b, c, d, e, f, g et h (fr) « Sao Tomé-et-Principe », in Atlas de l'Afrique, Éditions du Jaguar, Paris, 2009, p. 196-197 (ISBN 978-2-86950-426-4)
  4. a, b, c et d (fr) « São Tomé e Príncipe : Réductions de dettes en série », in L'État de l'Afrique 2008, Jeune Afrique, hors-série no 18, p. 187
  5. a et b (fr) « Sao Tomé-et-Principe », in Bilan Économie 2010. L'atlas de 179 pays, hors-série Le Monde, p. 103
  6. a, b et c (fr) Bernard Nantet, « São Tomé-et-Príncipe » in Dictionnaire de l’Afrique. Histoire, civilisation, actualité, Larousse, éd. 2006, p. 266-267 (ISBN 2-03-582658-6)
  7. (fr) Dominique Gallet, « Le pétrole, un espoir de recettes substantielles », in Sao Tomé et Principe : les îles du milieu du monde, Karthala, Paris, 2008 (nouvelle édition revue et augmentée), p. 85-87 (ISBN 978-2-8111-0025-4)
  8. « Bientôt un port en eaux profondes à Sao Tomé », 11 août 2008 [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Tony Hodges et Malyn Newitt, São Tome and Principe : from plantation colony to microstate, Westview Press, Boulder, Colo., 1988, 173 p. (ISBN 0-8133-0380-X)
  • (fr) P. Aguilar, « La cacaoculture à Sao Tomé et Principe », in Plantations, recherche, développement, 1997, vol. 4, no 3, p. 165-174
  • (fr) Agnès Amat, Le rôle économique de l'île de São Tomé dans le commerce atlantique, de sa découverte au XVIIe siècle, Université Panthéon-Sorbonne, Paris, 1973, 99 p. (mémoire de maîtrise d'Histoire sous la direction de Raymond Mauny)
  • (fr) Jacky Picard, La problématique foncière dans l'archipel de Sao Tomé et Principe, Mission française de coopération et d'action culturelle, Sao Tomé, ; IEP, Talence, 1997, 102 p.
  • (fr) Xan Rice, « São Tomé et Príncipe: Devenir le nouveau Koweït, disaient-ils », extrait d'un article paru dans Mail & Guardian (Johannesburg), in Courrier international, no 934 du 25 septembre au 1er octobre 2008, p. 37
  • (pt) Salomào Vieira, Caminhos-de-ferro em S. Tomé e Príncipe : o caminho-de-ferro do Estado e os caminhos-de-ferro das roças, UNEAS, São Tomé, 2007, 349 p. (ISBN 978-989-8023-00-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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