Écologie humaine
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
L'écologie humaine est la branche de l'écologie qui s'applique à l'être humain.
Il est possible d'appliquer la définition d'Ernst Haeckel (1834-1919) à l'espèce humaine et de définir l'écologie humaine comme étant la partie de l'écologie qui étudie l'espèce humaine, l'activité organisée de cette espèce, et son environnement.
L'écologie humaine a plusieurs objectifs.
Tout d'abord, elle consiste à étudier une espèce, l'être humain, qui constitue en elle-même un écosystème.
Ensuite, elle considère l'environnement de vie des humains, à diverses échelles (par exemple, en étudiant l'humain et l'écosystème urbain -la ville). Alors qu'il a longtemps été négligé par les écologistes, l'être humain est considéré par l'écologie humaine comme un facteur écologique nouveau ; on étudie donc l'impact de son activité sur son environnement, et en retour l'impact des modifications de son environnement sur l'humain lui-même (par exemple, les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl sur la santé humaine).
L'espèce humaine se différencie des autres espèces vivantes à différents titres :
- l'espèce a migré et colonisé pratiquement tous les continents. À de rares exceptions près (milieux extrêmement froids ou très arides), les humains se sont implantés sur la totalité de la surface terrestre ;
- l'être humain modifie son environnement de vie volontairement et consciemment (par exemple, en défrichant des forêts pour construire des villes, en supprimant des marais pour éliminer les moustiques) ;
- l'être humain perturbe les grands équilibres de la biosphère et de la biodiversité par le biais de l’agriculture et de l'activité industrielle, par exemple en produisant les CFC qui entrainent la destruction de la couche d'ozone ;
- l'être humain agit consciemment et délibérément pour essayer de restaurer certains équilibres (par le biais de protocoles internationaux, tels que le protocole de Kyoto) ;
- l'être humain est la seule espèce dont l'activité en un point du globe peut avoir des conséquences en un point complètement différent (par exemple, l'émission des gaz à effet de serre par les pays développés pourrait entraîner un réchauffement climatique qui pourrait aboutir à la disparition du Bangladesh).
Sommaire |
[modifier] Assimilation de l'être humain à un écosystème
Le corps humain peut être assimilé à un biotope, c'est-à-dire un milieu défini par un ensemble de conditions physico-chimiques. Il est constitué d'un squelette, d'un ensemble d'organes et de systèmes de communication entre ceux-ci.
Ce corps humain est un milieu de vie pour tout un ensemble d'êtres vivants. Sur la peau, dans le système digestif, dans les cheveux, cohabitent de nombreuses bactéries (certaines symbiotiques, d'autres commensales, voir parasites), des insectes (tels que les poux, les puces), des acariens, des vers (ténias, ascaris...).
Selon la terminologie écologique, l'ensemble des êtres vivants (la biocénose) et son milieu de vie (le biotope) constituent un écosystème. Cet écosystème -l'organisme humain- doit maintenir de nombreuses caractéristiques constantes ou presque constantes (c'est-à-dire dans une certaine plage de valeurs) afin d'assurer la survie des différents êtres vivants ; on parle d'homéostasie. Par exemple
- la conservation de la température ;
- la conservation de l'acidité (pH) dans le tube digestif (utile pour la digestion et pour les organismes y vivant) ;
- la conservation de la teneur en eau (équilibre des entrées par boisson et aliments, et sorties par sudation, respiration, digestion et excrétion).
Tous ces équilibres sont maintenus sous la contrainte d'hormones produites par l'organisme grâce à des systèmes sensoriels complexes. Comme un écosystème, l'humain naît, grandit, atteint son état d'équilibre - le climax - et décline (sénescence).
[modifier] Environnement de l'être humain
L'environnement de vie humain lui-même est plus difficile à décrire. Certains auteurs, comme Michel Lamy, ont proposé l'idée d'enveloppes écologiques, certaines naturelles, d'autres artificielles (c'est-à-dire, fabriquées), les unes individuelles, d'autres sociales, voire globales.
Les enveloppes individuelles sont celles constituant l'environnement d'un individu unique. Ce sont tout simplement :
- la peau qui assure une protection contre les agressions microbiennes, une protection mécanique et chimique (par exemple, contre les UV, pour limiter les brûlures d'origine solaire) ;
- le vêtement, qui protège également contre l'extérieur (la chaleur, le froid, les conventions sociales) ;
- l'espace personnel (par exemple, l'enfant recherche le contact physique, alors que l'adulte impose davantage de distance avec les autres humains - cette distance est variable selon les cultures -, et agrandit ou diminue son espace propre en fonction de son bien-être ou de son niveau de stress).
Les enveloppes sociales sont celles qui protègent des groupes humains, plutôt que des individus isolés. Il s'agit par exemple de constructions bâties telles les maisons. Dans certains pays, ces constructions assurent la protection des personnes, mais aussi des animaux domestiques et des grains. Dans les pays développés, du simple abri au départ, la construction est devenu lieu de travail et de loisir (ce qui isole l'individu ou le groupe des autres humains). Un bâtiment est un système en lui-même, qui consomme eau, énergie, nourriture et qui rejette de l'eau polluée, des déchets, de la fumée.
La ville est une enveloppe supplémentaire, elle est devenue le milieu de vie d'environ 50% de la population humaine. La ville (qui peut devenir mégalopole) est une sorte de macro-écosystème organisé par l'être humain, constitué par trois grand types de structures : les lieux d'habitation, les lieux de travail, et les lieux de divertissement, plus ou moins imbriquées les unes dans les autres. Les urbanistes distinguent dans leur organisation des zones d'habitation, des espaces verts, des zones industrielles, des zones commerciales... et des axes de communication (par exemple le réseau routier) permettant de les desservir et de passer des unes aux autres.
Enfin, les humains faisant partie de la diversité du vivant, ils sont partie intégrante de la biosphère, qui est elle-même une enveloppe de vie, localisée dans les enveloppes terrestres (lithosphère, atmosphère et hydrosphère).
Les humains ont essentiellement colonisé la lithosphère, mais il faut noter qu'environ 50% de la population mondiale vit dans les zones de contact entre terre et océans, très riches en nourriture, faciles à exploiter ou facilitant les communications. Les villages, les villes sont souvent construits le long des cours d'eau. L'hydrosphère est exploitée par l'être humain essentiellement pour la pêche et la circulation maritime. La lithosphère ou pédosphère (zone de sol) sont exploitées pour l'agriculture et les ressources minières.
L'atmosphère enfin, est une enveloppe essentielle à la vie humaine, en ceci qu'elle constitue un milieu respiratoire.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens externes
- Ekopédia, l'encyclopédie des technique de vie : Wiki écologique
- Analyses littéraires des romans de Jules Verne : Analyses de quelques romans de Jules Verne envisagés sous l'angle de l'écologie humaine et de la transdisciplinarité
- De l'écologie humaine à la transdisciplinarité : L'approche retenue en écologie humaine est fondamentalement celle de la transdisciplinarité
- Le Certificat International d'Ecologie Humaine : Le site du CIEH à l'Université de Pau et des Pays de l'Adour.
- SIEH : Site de la Société Internationale d'Ecologie Humaine.

