École ganto-brugeoise

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Adam et Ève, miniature du Bréviaire Grimani, vers 1510-1520.

L'École ganto-brugeoise désigne traditionnellement un mouvement artistiques de l'enluminure flamande du dernier quart du XVe siècle et de la première moitié du XVIe siècle.

Historiographie[modifier | modifier le code]

Le terme d'« école ganto-brugeoise » a été utilisé pour la première fois par les historiens de l'art Joseph Destrée[1] et Paul Durrieu[2] en 1891. Elle désigne alors les peintres du Bréviaire Grimani et de leur entourage au tournant des XVe et XVIe siècles. Cette désignation a été contestée par Friedrich Winkler[3] trente ans plus tard pour qui ce style est plus propre à Bruges qu'aux artistes de la ville de Gand. À l'inverse, d'autres élargissent la zone géographique où elle s'est déployée à l'ensemble des Pays-Bas méridionaux[4]. Kren et McKendrick[5] vont jusqu'à éviter l'emploi du nom, car ils le trouvent trop restrictif pour décrire le rayonnement de ce style dans toute l'Europe occidentale.

Le style de l'« école »[modifier | modifier le code]

Le style de de cette école remplace le style qui présidait jusqu'alors à la cour des ducs de Bourgogne, sous la forme de manuscrits comprenant généralement une miniature de dédicace en pleine page ouvrant le manuscrit et des décorations de marge florales très stylisées en généralement d'acanthes. Aux cours des années 1470-1480, un nouveau style se met en place avec la recherche d'un plus grand naturalisme dans les personnages, la représentation des intérieurs ainsi que des paysages. Les enlumineurs prennent l'habitude de représenter des personnages (commanditaires ou non) sous la forme de portraits de grande dimension, à mi-corps voire en pied. Ce style tire son inspiration de peintres tels que Hugo van der Goes par exemple. Ce nouveau style utilise aussi de plus en plus de couleurs brillantes mais aussi pastels, alors que l'ancien style se contentait de l'usage de couleurs primaires. Les décorations de marges perpétuent l'usage des motifs floraux mais l'acanthe est abandonnée au profit de la recherche du trompe-l'œil et de la représentation de véritables plantes issues de jardins botaniques de l'époque. Petit à petit, ces décorations de marge se diversifient avec des décorations architecturales, des animaux miniatures, des pierres précieuses, des cartouches contenant des inscriptions ainsi que de petites scènes narratives. Ce type de décorations se trouve déjà chez des peintres plus anciens comme Hans Memling ou Gerard David. Petit à petit, les enlumineurs transforment les pages des livres en de véritables tableaux miniatures[4].

Les principaux représentants et leurs principaux manuscrits[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Manuscrit enluminé de l'école ganto-brugeoise.

Plusieurs enlumineurs flamands sont rattachés à ce mouvement et plusieurs de leurs ouvrages :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Colum Hourihane, The Grove Encyclopedia of Medieval Art and Architecture, vol. 2, Oxford University Press,‎ 2012, 4070 p. (ISBN 9780195395365, lire en ligne), p. 703-705
  • Joseph Destrée, « Recherches sur les enlumineurs flamands », Bulletin de la commission royale d'architecture et d'archéologie,‎ 1891, p. 263-298
  • Paul Durrieu, « Alexandre Bening et les peintres du bréviaire Grimani », Gazette des beaux-arts, vol. V, p. 353-367 et VI, p. 55-69,‎ 1891.
  • (de) Friedrich Winkler, Die flämische Buchmalerei des XV. und XVI. Jahrhunderts, Leipzig, Verlag E. A. Seemann,‎ 1925.
  • Georges Dogaer, « L'“école ganto-brugeoise”, une fausse appellation », Miscellanea Codicologica F. Masai dicata, Gand,‎ 1979, p. 511-518.
  • Thomas Kren et Scot McKendrick (éditeurs), Illuminating the Renaissance, Getty Museum - Royal Academy of Arts,‎ 2003 (ISBN 1-903973-28-7, lire en ligne).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]