École nationale des ponts et chaussées

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École nationale
des ponts et chaussées
Image illustrative de l'article École nationale des ponts et chaussées
Nom original École royale des ponts et chaussées
Informations
Fondation 1747
Fondateur Daniel-Charles Trudaine
Type Grande école d'ingénieurs publique
Budget 51 500 000 €
Localisation
Coordonnées 48° 50′ 28″ N 2° 35′ 16″ E / 48.841111, 2.58777848° 50′ 28″ Nord 2° 35′ 16″ Est / 48.841111, 2.587778  
Ville Champs-sur-Marne, Marne-la-Vallée
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Campus Campus Descartes
Direction
Directeur Armel de La Bourdonnaye[1]
Chiffres clés
Enseignants 1153
Enseignants-chercheurs 350
Chercheurs 187 directeurs de recherche
Étudiants 1230, dont 560 élèves-ingénieurs
Niveau Bac+5 à Bac+8 (Doctorat)
Diplômés/an 180 environ
Divers
Affiliation Université Paris-Est, Réseau ParisTech, CGE, CDEFI, G16+, TIME
Site web www.enpc.fr/

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
École nationale des ponts et chaussées

L'École nationale des ponts et chaussées, créée en 1747 par Daniel-Charles Trudaine sous le nom d'École royale des ponts et chaussées, est une grande école française, dont la vocation est essentiellement de former les cadres supérieurs de l'ingénierie et du génie civil. C'est la plus ancienne école d’ingénieurs de France. Elle est renommée École nationale des ponts et chaussées (ENPC) en 1775 et est couramment dénommée par métonymie, « ponts et chaussées » ou encore les « ponts ». Aujourd'hui située à Champs-sur-Marne, au cœur de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée sur le campus de la Cité Descartes, elle a le statut d'établissement public d'enseignement et de recherche et est placée sous la tutelle du Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie.

L’École recrute chaque année la majorité de ses élèves-ingénieurs par l'intermédiaire du très sélectif concours Mines-Ponts au terme de classes préparatoires scientifiques. Elle accueille aussi chaque année un grand nombre de doctorants au sein de ses laboratoires de recherche. À leur sortie de l’École, les Ingénieurs des Ponts intègrent principalement les entreprises publiques et privées, les grands corps de l'État, ainsi que de nombreuses institutions de recherche.

Le 1er juillet 2008, l'école adopte comme nom de marque « École des Ponts ParisTech » pour confirmer son engagement au sein du groupe ParisTech dont elle est un des membres fondateurs.

Historique[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

À la suite de la création du corps des ponts et chaussées en 1716, un arrêt du conseil du roi décide en 1747 de la mise en place d'une formation spécifique des ingénieurs d'État, l'École royale des ponts et chaussées, fondement de la future École nationale des ponts et chaussées, mise en place par Daniel-Charles Trudaine. Il s'agit alors du début du contrôle progressif et efficace par l'État de la construction des routes, ponts et canaux et de la formation des ingénieurs du génie civil. Auparavant, seigneurs, guildes et ordres monastiques partageaient avec l'État cette compétence et le recrutement des techniciens se faisait au coup par coup. En 1775, l'École prend le nom actuel d'École nationale des ponts et chaussées.

Le premier directeur, en place de 1747 à 1794, fut Jean-Rodolphe Perronet, ingénieur, administrateur et érudit participant notamment à l'élaboration de l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, dirigée par Denis Diderot et Jean le Rond D'Alembert. Sans enseignant, la cinquantaine d'élèves, dont Lebon, Bernardin de Saint-Pierre, Pierre-Simon Girard, Riche de Prony, Méchain et Brémontier, était dans un premier temps formée par auto-apprentissage dans les domaines de la géométrie, l'algèbre, la mécanique, l'hydraulique. La visite de chantiers, des collaborations d'apprentissage auprès des savants et seigneurs et la participation au levé de la carte du royaume complétait leur formation, d'une durée de quatre à douze ans.

L'accroissement des prérogatives des ingénieurs des ponts et chaussées, portant progressivement sur tout projet d'aménagement du territoire, entraîna l'apparition lors de la Révolution française de critiques à l'encontre d'une politique perçue comme étant autoritaire.

Un essor lié aux grands travaux et à l'industrialisation[modifier | modifier le code]

De nombreux ingénieurs des Ponts (Barré de Saint-Venant, Belgrand, Biot, Cauchy, Coriolis, Dupuit, Fresnel, Gay-Lussac, Navier, Saint-Far, Vicat) participèrent sous le Premier Empire à la reconstruction du réseau routier, non entretenu durant la Révolution, et aux nombreux projets d'aménagement d'envergure, notamment hydrauliques. Cet accroissement des travaux et de leur complexité imposa une adaptation de l'enseignement de l'École, qui devait également faire face à l'apparition d'une société où l'industrialisation et la mobilité faisaient leur entrée.

Un décret de 1851 définit l'organisation des cours, la rédaction d'un emploi du temps annuel, la qualité des professeurs et le contrôle du travail des élèves. De plus, il ouvrit l'École aux élèves non-issus de Polytechnique, qu'ils soient français ou étrangers, et aux auditeurs libres. Des classes préparatoires furent créées en 1875, afin de suppléer au niveau d'instruction moindre de ces nouveaux élèves.

Le développement des infrastructures et réseaux de déplacement de la fin du XIXe siècle fut fortement marqué par les ingénieurs des ponts et chaussées dont plusieurs sont devenus célèbres : Becquerel, Bienvenüe, Caquot, Carnot, Colson, André Coyne, Freyssinet, Résal, Paul Séjourné, Paulin Talabot… C'est à cette époque que les traits caractéristiques de l'École furent quasi-définitivement établis, en dehors des adaptations aux progrès des techniques et des créations de chaires d'enseignement nouvelles, telles que l'électricité appliquée, l'économie politique, l'économie sociale, l'urbanisme, les bases aériennes.

Une institution modernisée[modifier | modifier le code]

Nouveaux locaux de l'École des Ponts ParisTech partagés avec l'École nationale des sciences géographiques.

C'est après la Seconde Guerre mondiale que l'École s'ouvre au monde économique et accroît sensiblement les effectifs, répondant à la demande croissante d'ingénieurs tant pour le corps des ponts et chaussées que pour le secteur privé. Une importante diversification des enseignements eut également lieu.

L'année 1983 est marquée par d'importantes réformes portant sur le recrutement, le programme, les méthodes pédagogiques et les liaisons avec la recherche et les entreprises et par l'apparition de formations continues. De plus, le laboratoire de recherche, supprimé après la Seconde Guerre mondiale, est réintroduit dans l'École pour répondre au besoin de lier enseignement et recherche.

Hall de l'École des Ponts.

En mai 2005, l'ENSTA ParisTech et l'École se sont rapprochés pour offrir la possibilité aux élèves de chacune de terminer leur cursus au sein du partenaire. Entre 1997 et 2008, l'École est principalement installée à Champs-sur-Marne sur le site du campus de la Cité Descartes, mais conserve également son implantation à Paris au 28 rue des Saints-Pères; cette situation a changé en septembre 2008, à la suite de la vente de l'hôtel de Fleury par l'État. L’École possède encore aujourd'hui une implantation intra-muros via la Maison des Ponts, structure accueillant l'association des anciens (Ponts Alliance) ainsi que plusieurs autres entités liées (Ponts Formation Conseil, École des Ponts Business School).

Depuis 2013, le campus de l’École est agrandi, avec notamment la construction de deux bâtiments, "Descartes +" et "Coriolis" (bâtiment à énergie positive) qui accueillent certains laboratoires et salles de cours n'étant pas situés dans le bâtiment principal de l'École.

Par ailleurs, l'École des Ponts ParisTech fait partie des pôles de recherche et d'enseignement supérieur ParisTech et Université Paris-Est. Elle est aussi membre du réseau TIME (Top Industrial Managers for Europe), de l'EUCEET, l'IDEA League et du PFIEV.

L'appartenance à ParisTech permet aux élèves de l'École d'effectuer des options ou une partie de leur cursus dans une autre école du réseau. Elle permet aussi le lancement de projets de recherche, de formation et d'entrepreneuriat communs. Sur le plan associatif, elle est aussi l'occasion de rencontres sportives pluriannuelles avec les autres écoles du groupe (Tournoi ParisTech).

À compter de 2011, l'École des ingénieurs de la ville de Paris (EIVP) lui est rattachée au titre de l'article L.719-10 du code de l'éducation[2].

Enseignement et recherche[modifier | modifier le code]

Formations[modifier | modifier le code]

Grâce à de fortes compétences historiques en génie civil et mécanique, mathématiques, économie et finance, environnement, transport, et urbanisme, l’École des Ponts offre à ses élèves des programmes d'enseignement de haut niveau dans un vaste champ de domaines. L'École des Ponts fait partie des grandes écoles dites généralistes. Les étudiants reçoivent en effet une éducation large et orientée vers le management, et accèdent rapidement à des postes d'excellence dans l'industrie.

Trois principaux types de cursus sont proposés :

Cursus ingénieur classique[modifier | modifier le code]

Les élèves ingénieurs intègrent l’École majoritairement au terme de classes préparatoires scientifiques (MP, PSI, PC) à travers le très sélectif concours Mines-Ponts. Quelques places sont chaque année ouvertes à des élèves issus d'admissions parallèles: étudiants issus de l'université, étudiants issus de la filière BCPST de classes préparatoires scientifiques.

Un certain nombre d'étudiants issus des accords d'échanges (diplômants ou non) viennent compléter la promotion en deuxième année.

Doctorat[modifier | modifier le code]

Les laboratoires de l’École (voir section correspondante) accueillent des nombreux doctorants (thèses classiques et thèses CIFRE) souhaitant s'engager dans des activités de recherche, dont le financement se fait notamment au travers de chaires d'entreprises.

Les élèves du cursus ingénieur ont la possibilité de compléter leur formation par un doctorat au sein de ces laboratoires, ou de s'y préparer en effectuant un Master recherche toujours au sein de ces laboratoires pendant leur troisième année.

Mastère spécialisé[modifier | modifier le code]

L'École propose 11 Mastères spécialisés rattachés aux six départements d'enseignement. Ces formations sont ouvertes sur dossiers aux candidats titulaires d'un master d'une autre institution. Les MS accueillent aussi des élèves issus du cursus ingénieur classique, en troisième année.

  • Politiques et actions publiques pour le développement durable (PAPDD)
  • Aménagement et maitrise d'ouvrage urbaine (AMUR)
  • Supply Chain Design & Management - Executive Part Time
  • Génie Civil Européen (GCE)
  • Génie Civil des Grands Ouvrages pour l'Énergie (GCGOE)
  • Immobilier, Bâtiment, Énergie (IBE) - Executive Part Time
  • Conception intégrée et cycle de vie du bâtiment et des infrastructures (BIM) - Executive Part Time
  • Integrated Urban Systems (IUS) - Executive Part Time
  • Systèmes de Transports Ferroviaires et Urbains (STFU) - Executive Part Time
  • Génie urbain et technologies de l'information (UrbanTIC)
  • Ingénierie des Véhicules Électriques (IVE)
  • Ingénierie et Management de Systèmes Logistiques (IMSL)

École des Ponts Business School[modifier | modifier le code]

En 1987, l'École des Ponts ParisTech a créé son MBA in International Business, où enseignent chaque année des professeurs issus d'universités de premier plan des cinq continents. Basé à la Maison des Ponts, au cœur de Paris, le MBA des Ponts dure 10 mois et offre quatre options de spécialisation:

  • Solvay-Ponts MBA
  • Tri-Continent MBA en double-diplôme avec Temple University (États-Unis)

Les experts et managers en activité peuvent également obtenir un Executive MBA en 2 ans (1 week-end par mois), en double-diplôme avec Temple University (États-Unis)

L’École des Ponts Business School propose aussi aux jeunes ingénieurs un enseignement de haut niveau de type MBA accéléré, dénommé Certificate in International Management (cIM). Cette formation, ouverte sur candidature à tous les élèves du réseau ParisTech, regroupe un certain nombre d'enseignements théoriques et pratiques de gestion d'entreprise (management, comptabilité, finance, marketing, management des opérations, stratégie, management de l'innovation et de la technologie, entrepreneuriat), organisée sur les weekends. La formation est sanctionné par un diplôme.

Par ailleurs, en décembre 2011, l'école a signé une convention de partenariat avec l'École nationale de l'aviation civile et l'Académie internationale Mohammed VI de l'aviation civile prévoyant le lancement en mars 2012 à Casablanca[3] d'un executive MBA in aviation management s'adressant à des cadres du secteur aéronautique[4]. Depuis 2013, l'école propose un programme MBA en commun[5] avec la Solvay Brussels School of Economics and Management.

Divers[modifier | modifier le code]

L'École des Ponts forme les ingénieurs du Corps des Ponts (IPEF depuis 2009). L'École des Ponts ParisTech est également une école d'application de l'École polytechnique.

Ponts Formation Conseil[modifier | modifier le code]

Départements[modifier | modifier le code]

Façade de l'École des Ponts.

La formation du diplôme d'ingénieur s'articule autour de six départements, à savoir :

  • Génie Civil et Construction (GCC)
  • Ville, Environnement, Transport (VET)
  • Génie Mécanique et Matériaux (GMM)
  • Ingénierie Mathématique et Informatique (IMI)
  • Sciences Économiques, Gestion, Finances (SEGF)
  • Génie Industriel (GI)

Un cursus sensibilisant à l'architecture (la filière "structure et architecture"), permettant de jouir du titre d'Ingénieur architecte, et même du diplôme d'architecte via une formation supplémentaire, est proposé en parallèle au cursus Génie Civil et Construction.

Cette formation est proposée en partenariat avec l'école d'architecture voisine, l'École d'architecture de la ville et des territoires à Marne-la-Vallée.

Culturellement, les départements d'enseignement sont très proches de certains laboratoires de l'École (le CERMICS et IMAGINE pour le département IMI; le CERMES, le LAMI, l'IFSTTAR et NAVIER pour les départements GCC et GMM; le LATTS, le LEESU et le LVMT pour le département VET), ce qui se traduit par une forte implication d'enseignants-chercheurs dans la formation d'ingénieur, ainsi que de nombreux projets (projets scolaires, stages de recherche, créations d'entreprises) menés en partenariat avec ces laboratoires.

Activités de recherche[modifier | modifier le code]

Les travaux de recherche au sein de l'école s'inscrivent dans les disciplines suivantes (le nom du laboratoire correspondant est entre parenthèses)

  • Phénomènes atmosphériques (CEREA)
  • Eau, ville et environnement (LEESU)
  • Calcul scientifique (CERMICS)
  • Technologies de l'information (IMAGINE)
  • Environnement et développement (CIRED)
  • Sciences sociales et urbanisme (LATTS)
  • Transport et urbanisme (LVMT)
  • Économie (PSE)
  • Mécanique des sols (CERMES), des matériaux (LAMI), des matériaux et structures en génie civil (LMSGC), regroupées au sein de l'UMR Navier

L'École des Ponts ParisTech était également le développeur principal de Scilab avec l'INRIA jusqu'en 2007.

Le Laboratoire central des ponts et chaussées ou LCPC a été un Établissement public à caractère scientifique et technologique[6], indépendant de l'École des Ponts ParisTech. Il a fusionné avec l'INRETS pour former l'IFSTTAR le 1er janvier 2011.

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Au fil des années, l’École a tissé un grand nombre de relations avec des partenaires du monde entier. L’École a signé de nombreux accords de copération avec d'autres institutions académiques de premier rang. Parmi les choix ouverts aux étudiants au cours de leur scolarité, il est possible d'effectuer un double diplôme dans un établissement partenaire (4 continents, 23 pays, 33 universités en 2014), d'effectuer un double diplôme dans un établissement non partenaire mais agréé par l’École, effectuer un échange d'un ou deux semestres dans le cadre d'accords bilatéraux (programme Erasmus notamment), ou encore effectuer des stages de recherche au sein des laboratoires de ces partenaires académiques.

En particulier, l’École entretient des relations très étroites avec le Brésil, la Chine et l'Espagne. En deuxième année du cursus ingénieur classique, un tiers de la promotion est issu d'accords d'échanges bilatéraux avec ces partenaires.

Anciens élèves et professeurs[modifier | modifier le code]

Augustin Louis Cauchy

Parmi les anciens élèves connus (Français sauf précision contraire) :

Parmi les professeurs du présent et du passé :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Communiqué de presse relatif à la nomination d'Armel de La Bourdonnaye », sur enpc.fr,‎ 6 août 2012 (consulté le 22 août 2012)
  2. Décret no 2011-516 du 11 mai 2011.
  3. « UN NOUVEL EXECUTIVE MBA POUR L’AVIATION », sur le site http://www.leconomiste.com,‎ 13 décembre 2011 (consulté le 14 décembre 2011)
  4. « L'AIAC lance un Executive MBA in Aviation Management », sur le site http://www.aeronautique.ma,‎ 11 décembre 2011 (consulté le 14 décembre 2011)
  5. (en)Lancement du programme Solvay-Ponts MBA
  6. http://www.lcpc.fr/index2.dml
  7. Site annales.org François Prosper Jacqmin (1820-1889) lire (consulté le 4 janvier 2012).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Décret no 93-1289 du 8 décembre 1993 modifié relatif à l'École nationale des ponts et chaussées

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]